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La petite maison dans la banlieue

Vivement février

30 Janvier 2012, 14:22pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

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Le week-end avait pourtant bien commencé : La Poste avait livré le colis attendu tôt le matin (9 heures. Avec l'autoradio si fort qu'il en a fait sortir de sa maison, Hélène, la vieille dame d'en face, 88 ans au compteur), nous avions donc pu vaquer à nos occupations, répartis en deux équipes : le Capitaine et Petit Châtain en ravitaillement terrestre, Petit Brun et moi en nourritures de l'esprit, à la bibliothèque, notre promenade quasi-hebdomadaire du week-end en hiver. A 13 heures, nous étions attendus aux Trois Obus pour un déjeuner familial : à douze, nous étions considérés comme "le groupe", et les menus des enfants, prestement commandés, arrivèrent plus vite que le reste de la troupe... Jour à marquer d'une pierre blanche : Petit Brun et Petit Châtain ont enfin réussi à dire BONJOUR et AU REVOIR à leur arrière-grand-mère. (En jeu : le dernier gâteau anglais de la boîte en forme de bus ramené par les Londoniens il y a 15 jours. Il va sans dire que je n'ai pas pu en manger UN SEUL).
Il paraît qu'une Américaine a érigé l'éducation à la française (in english in ze text) en nec plus ultra. Tu parles. L'éducation à la française, c'est beaucoup de chantage ("si vous êtes sages et polis avec X/à la messe/au restaurant/pendant qu'on fait les boutiques/chez le médecin etc, etc, etc, vous aurez..."), des repas en famille le samedi et dimanche midi (et tous les soirs de la semaine) qui ressemblent à des cours de maintien made in Nadine de Rothschild ("enlèves ton coude de la table !", "tiens-toi droit !", "le couteau dans la main droite et tu coupes DEVANT la fourchette et pas derrière !", "pique avec ta fourchette !", "ne pousse pas avec ton doigt !", "termine ton assiette !", "attention, attention à ton verre/assiette/cuillère"), et dont les parents ressortent en général épuisés, dépités devant la lourdeur de la tâche (la pédagogie, c'est l'art de la répétition. Arf). Mais, samedi, à 15 heures, tout le monde a menti en disant que les chers petits avaient a-do-ra-bles (tout le monde avait oublié les sauts sur la banquette, les courses pour aller quémander au serveur une boîte de Smarties supplémentaires...). Nous, nous étions très contents de ressortir la tête haute des Trois Obus, sans avoir à raser les murs.
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Sur le trajet du retour, nous nous sommes endormis, les garçons et moi, pendant que le Capitaine finissait le ravitaillement hebdomadaire : et hop ! du lait de riz à la Biocoop indiquée par Emilie (et dotée d'un parking gratis pendant 20 minutes, trop bien), et hop ! un arrêt dans notre Franprix préféré. Quand les garçons se sont aperçus que l'on ne roulait plus, pour les faire patienter, nous avons regardé les photos de Marie-Vanille, que sa mère avait eu la bonne idée de nous envoyer...

De retour à la maison, coup de fil de La Réunion, malheureusement interrompu par un pouce malencontreusement coincé dans une porte... Et des pleurs (du blessé) et du coupable, blessé d'être puni. La soirée se déroula tranquillement, pour une fois, le panier de linge ne débordait pas...

C'était sans compter avec la gastro que Petit Châtain incubait depuis trois jours. Jeudi matin, quand je l'avais déposé, c'était le mur des lamentations chez Fatiha : "c'est la dernière fois que je prends des enfants qui sont malades, à chaque fois c'est la même chose, je le fais pour rendre service, et après, tout le monde est malade, moi comprise !" Jeudi soir, nuit tranquille, vendredi, idem. Je pensais l'avoir échappé belle.

Erreur. À 2 heures du matin dimanche, Petit Châtain fut touché deux fois. Je vous passe les hurlements quand il a fallu lui arracher le baveux puis Peter Rabbit qu'il fallait prestement laver. Les 5 machines qui ont tourné (pyjamas, oreillers, couette...). Dimanche matin, il semblait aller mieux. On envisagea presque de partir comme convenu tous les quatre à la messe dite pour Gramie, un mois déjà. Mais la gastro se rappelait à nous : je resterai avec lui pendant que le Capitaine et Petit Brun suivraient le programme prévu ce dimanche.

gastro
La journée se passa sans histoires, entre puzzles, livres, sieste de 5 heures. Même pas le temps de regretter de ne pas être allés voir le défilé du Nouvel An chinois chez Amandine, nouvellement installée dans le 13e arrondissement. L'ultralevure (j'ai abandonné le Smecta, trop galère et trop infect) a été prise sans trop d'histoires, ainsi que le traditionnel menu riz-bananes. Quand la tuile tomba à 18 heures : Fatiha était au fond de son lit, et avait même appelé SOS Médecins tellement elle était mal. Fini de tergiverser, mise en place du plan de secours : je serais donc en jour enfant malade lundi, histoire d'amener Petit Châtain chez le médecin (tout de même) et de le garder au chaud. Mardi, tante Anne prendrait le relais, mercredi, on verrait avec Grand-maman, en espérant que tout le monde soit sur pieds jeudi... Princesse Louise et sa mère ne viendraient pas nous rendre visite comme nous en avions pris l'habitude : la Princesse ayant une bronchite, nous avons préféré faire miasmes à part... Et de toute façon, le froid étant arrivé, la sortie prévue à 17 heures chez le médecin sera largement suffisante !!!

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La saga dentaire, épisode 3

25 Janvier 2012, 20:56pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

Toujours pas de photo pour cet énième épisode de la dent (qui a commencé ici, et s'est poursuivi ). Je revenais donc voir ma gentille dentiste pour terminer de soigner ma dent dont le nerf avait décidé de mourir la semaine dernière. Après avoir évité un charcutage sans anesthésie ("euh, vous ne m'endormez pas le côté gauche ? Non, parce que c'est du côté gauche que ma dent..." "ah oui, excusez-moi"), j'étais donc hyper à l'aise. Il suffisait "juste" de prendre les empreintes de la dent (en croquant dans une espèce de chewing gum rose hyper épais, puis dans une espèce de chewing gum vert, plus précis) pour m'en refaire une à l'identique, de me poser un champ en plastique (ce qui m'a permis d'avoir une bonne odeur de plastique dans le nez tout le long de l'intervention), de finir de désinfecter la dent, de la rogner, de me poser une fausse dent en plastique, avant, me promettait la dentiste comme si elle allait m'envoyer en shopping (aux frais de la mutuelle) chez Louboutin, choisir la teinte de la merveilleuse dent en céramique qui viendrait couronner mon moignon de dent restant. Et puis voilà, on coulerait des jours heureux, ma couronne et moi. (Oui, j'aime poser des questions chez le dentiste. Ou chez le médecin. Savoir ce qu'il se passe me déstresse. Sauf que les praticiens n'ont pas vraiment le réflexe d'expliquer ce qu'ils vont faire. Et poser des questions avec une babine de babouin, et une dent presque en moins, c'est chaud).
Sauf que. Evidemment, ça ne s'est pas passé comme ça. Il y avait une autre fracture "basse" (soit près de la gencive) cachée. Pas vraiment vue lors de l'accident. Du coup, envolés "mes" rêves de couronne parfaitement assortie à mes autres dents. Ce n'est pas encore sûr, mais un lourd faisceau de présomption penche plutôt pour un implant. De la valeur de deux billets pour La Réunion (je me suis réjouie de m'être enfin décidée et d'avoir pris les nôtres pour fin avril début mai mardi dernier...). Donc, pour le moment, je suis ressortie avec une fausse fausse dent en plastique (malgré les efforts de la dentiste pour la rogner, elle continue de cogner sur les dents du bas. Donc de risquer de me faire mal. Et comme l'anesthésie diminuait, je suis bonne pour y retourner. Pour avoir une fausse dent, toujours en plastique, mais mieux calibrée.

En deux heures, j'avais eu largement le temps de me demander 1 000 fois pourquoi la marque de la lampe s'appelait "Delight", alors que, franchement, à qui peuvent-ils faire croire qu'on passe un bon moment chez le dentiste ??? De remarquer que l'appareil pour faire les radios avait été fabriqué à Helsinki, en septembre 1998, l'année pile où mes ennuis dentaires ont commencé avec l'arrachage de mes dents de sagesse. De me demander pourquoi j'ouvrais toujours les yeux pile au moment  où des pinces se baladaient devant mes yeux, pourquoi j'arrivais à capter des morceaux de scène d'extraction de morceau de dent dans les reflets de la lampe ou dans les lunettes du dentiste. Alors qu'il aurait été tellement simple de garder les yeux fermés... Mais je n'ais pas osé demander à la dentiste si elle pouvait mettre Radio Classique, histoire de me concentrer sur autre chose que les bruits de la fraise (et les odeurs. Parce que, pour mon plus grand malheur, je sens les odeurs en ce moment...)

Urgence demain : appeler le chirurgien dentiste qui va décider si oui on peut quand même faire une couronne ou si non, on passe par la case implant. Evidemment, il est booké depuis un mois – mais a des créneaux réservés aux urgences, et il semblerait que j'en sois une. J'ai pour mission de passer le barrage du secrétariat et d'obtenir un rendez-vous à l'autre bout de Paris en me présentant comme "une fracture basse palatin 22, dent traitée sous provisoire"... Et de me trouver un iPod, un baladeur, enfin un truc dans les oreilles qui balance de la musique pour survivre à la pose de l'implant (parce que je sens que ça se finir comme ça. Je le sens depuis le début d'ailleurs, depuis les urgences de décembre dernier). Et que je n'ai aucun courage dans un fauteuil de dentiste.

À suivre...

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Le prix de la famille Ricoré

23 Janvier 2012, 22:23pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

petitdej.jpgCe matin, pas d'enfants à tirer avec une grue du lit. Ou qui ne veulent descendre que dans les bras de leur père, les deux en même temps de préférence. Pas de bol de lait de riz renversé, ni de batailles pour les boîtes en fer ni même pour avoir un verre de jus de pomme en rab. Pas de pleurs incontrôlés parce que l'un a été servi avant l'autre. Premier miracle : on pouvait presque écouter NORMALEMENT le journal de France Inter (je ne suis pas vraiment réveillée avant d'avoir repris contact avec le reste du monde ET bu mon thé. ET mangé aussi. Bien que certains matins, je fasse l'impasse et soit obligée de prendre une pépite au chocolat en bas du bureau).
Petit Brun, qui avait déjà terminé son petit déjeuner quand je suis descendue (car 1, je suis incapable de me lever avant eux sauf absence du Capitaine, 2, je fais les lits et vérifie les tenues de ces messieurs – le Capitaine s'étant déjà habillé tout seul, tout de même –, 3, j'essaye de présenter une figure à peu près humaine pour mes semblables pour le restant de la journée), a demandé à sortir de table et a enlevé sa serviette avant de monter dans sa chambre. Je n'y avais pas vraiment prêté attention, jusqu'à ce que le Capitaine interrompe mon écoute distraite de la radio pour me dire : "Mais... Petit Brun joue TOUT SEUL ?"
Après 4 ans et demi, il s'avère que Petit Brun est effectivement capable de jouer tout seul. Pendant au moins un quart d'heure. Ce qui tient du miracle pour un enfant qui, jusque là, avait besoin d'un adulte pour jouer avec lui ou au moins de le regarder jouer...

Ce deuxième miracle nous a permis de déjeuner tranquille, dans un tête-à-tête bien rare avec Petit Châtain (dont on a cru un instant qu'il était malade parce qu'il ne finissait pas ses céréales carrées ni ne pipait mot. En fait, Petit Châtain reprend un petit-déjeuner chez Fatiha tous les matins. Et 7 h 45 - 8 h 15, cela doit être un peu tôt pour lui… Heureusement, on posa la question fatidique : "Zorro, c'est Petit Brun ?" "Zorro c'est moi", répondit-il aussitôt. Ouf, Petit Châtain était en pleine forme. Bien que son frère ait trouvé la veille la parade aux prétentions du blondinet aux yeux bleus "moi, z'ai les cheveux moirs comme Zorro". Quel dommage que Zorro n'ait pas de frère... Même Fatiha était fatiguée à l'avance du refrain psalmodié toute la semaine passée par Petit Châtain et n'osait même pas prononcer le mot qui commence par Z de peur de réamorcer la machine).
Des enfants qui ne chouinent pas pour s'habiller (pas de "Petit Brun en premier", auquel fait écho quasi simultanément un "Petit Châtain en premier", pas de "Nooon, pas la crème", pas de "Noooon, pas ce pull, il gratte", pas de placage sur la table à langer d'un Petit Châtain qui trouve que vraiment, 8 h 28, c'est l'heure parfaite pour jouer à cache-cache, ou demander à aller sur le pot une fois qu'il est entièrement habillé), un Petit Brun qui prend ses granules sans moufter, et le troisième miracle : on peut partir à 8 h 30, sans rien avoir oublié (la souris pour Petit Châtain chez Fatiha, puisque le doudou baveux, le doudou chéri, est interdit de séjour là-bas, et son sac bleu, plus un Popi ou un livre en plus, le sac de pique-nique de Petit Brun, son sac à dos – qui ne sert à rien sauf à mettre ses moufles et un sac de change qui a pas été utilisé une seule fois depuis le début de l'année – et l'inévitable Nounours, voire même le lapin blanc), avec tous les paquets harnachés sur le guidon de mon vélo.
Pas d'adieu déchirant chez Fatiha, avec qui j'ai même eu le temps de débriefer du déroulement du week-end et des progrès de Petit Châtain, un trajet tellement fluide jusqu'à l'école que j'ai cru m'être trompée de jour, mais non, on était bien lundi, et nous sommes arrivés bien avant l'ouverture des portes. Un matin presque parfait. Qui laisse le temps de faire un câlin baveux (et d'éprouver mon sens de l'équilibre) devant l'école, puis dans le couloir, puis dans la classe et re dans le couloir (un Petit Brun en larmes ayant resurgi en hurlant "Maaaaaaaaaamaaaaaaaaannnnn", me faisant limite passer pour une marâtre dans le couloir aux yeux des autres parents...).
Certes, j'ai eu au final le train de 9 h 08 (j'aime cette précision poétique de la SNCF. 9 h 08, parfois  9 h 10, jamais 9 h 06) , comme tous les matins. Mais sans cris, imprécations, vociférations de ma part, discussions, bouderies, pleurs et colères de leur part, quand on est encore de petit-déjeuner et que Bernard Guetta commence sa chronique (souvent anxiogène en raison de son thème mais plus encore parce que c'est le début de MA zone rouge) pour arriver en sueur à 8 h 50 chez Fatiha, poursuivie par deux petits garçons qui s'informent : "Maman, est-ce qu'on est à la bourre, là ?"
Pour un peu, je nous aurais attribué le prix de la famille Ricoré. En sachant très bien que je n'y aurais pas droit tous les matins...

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Cassée en décembre, couronnée en janvier

17 Janvier 2012, 21:00pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

La saga de la dent continue. Moi qui déteste aller chez le dentiste, me voilà servie. J'ai trouvé une très gentille dentiste, qui ne fait presque pas mal. Car depuis vendredi, ma dent, qui jusque là allait plutôt bien, me faisait un mal de chien. Et plus particulièrement depuis hier : c'est simple, j'ai mangé une boîte de dafalgan en 24 heures. Sans que cela soit très efficace aujourd'hui. J'ai donc importuné mes collègues, avec grimaces et gémissements "tu as mal là, non ?" toute la journée, avant, délivrance, d'aller revoir la dentiste à 19 heures. Limite j'avais hâte, tant j'avais des sortes de contractions dans la dent.

Le verdict tomba : il fallait dévitaliser bien que tout ait été fait pour la sauver. Hum, comme en fait, ça m'a toujours plus ou moins lancée depuis l'accident, je me demande pourquoi on a pas dévitalisé plus tôt, à part d'être un exercice pratique pour le jeune étudiant qui avait plutôt bien recollé ma dent. Heureusement, le cabinet de la dentiste est dans un vieil immeuble du centre-ville, avec de jolies moulures au plafond. Et elle écoute Radio Classique, ce qui permet de s'évader un peu pendant le charcutage. Depuis, je suis shootée jusqu'au bout du nez, je ne peux plus me moucher...

Bref, le nerf, qui se nécrosait bien (j'avais donc bien mal), a été enlevé. Sauf que. Le bout recollé en décembre s'est refait la malle ("ce n'est rien, je vais le recoller"). Hum. Du coup, j'y retourne la semaine prochaine, pour la finition de la dévitalisation (là, j'ai un médicament dans la dent, un antibiotique à prendre vendredi et l'ordre d'appeler à la moindre douleur), avant que ne soit fait le devis pour une couronne. Pour une belle dent en plastique (sic), dont la teinte s'accordera parfaitement à ses nouvelles copines (gloups, couleur café, la nouvelle dent ? On peut pas blanchir tout d'un coup, tant qu'on y est ?), "pour que ce soit plus esthétique" (vive les mutuelles et leurs forfaits, j'ai un peu peur de la note). Le rendez-vous pour le simple détartrage prévu la semaine dernière s'éloigne... Et il y a intérêt à ce que les magazines de la salle d'attente soient un peu renouvelés, parce que je vais finir par les connaître par cœur, puisqu'il semblerait que je doive aller chez le dentiste toutes les semaines ou presque...

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Soldes en mode mineur

15 Janvier 2012, 20:43pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

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J'avais l'illusion d'être aussi sage qu'un moine bouddhiste le jour de l'ouverture des soldes. Certes, comme j'allais chez le dentiste à 9 heures ce matin-là, l'idée m'a traversé l'esprit de me lever aux horreurs pour faire des bonnes affaires au Monop du coin (visite de contrôle de ma dent miraculée, qui va bien merci. Avoir mal, c'est bon signe, pour le moment, on ne touche à rien). Mes besoins étaient simples (j'avais déjà acheté une robe en novembre, une en décembre... et deux paires de chaussures...) : je ne faisais les soldes que pour rhabiller Petit Brun et Petit Châtain, qui manquaient cruellement de pulls et de pantalons (merci l'école, merci la récré, merci les fabriquants de petites voitures qui font que les petits garçons passent leur vie à ras le sol. J'ai repris le chemin de la mercerie pour trouver des pièces, parce que, sinon, 50 pantalons par an, ça va pas le faire, rapport à l'empreinte carbone, etc).
Alléchée par la perspective de préparer mon panier en ligne sur le site d'une grande enseigne "Esprit de famille", j'ai eu toutes les peines du monde à le valider le mercredi matin, comme sans doute 50 000 autres greluches. Surtout que (et cela m'étonnait beaucoup, à l'heure du 2.0), QU'IL FALLAIT VALIDER LE PANIER DEPUIS L'ORDINATEUR OÙ L'ON AVAIT PASSE COMMANDE...  donc, celui de la maison. Tss.

Bref, évidemment, le site plantait, et je suis partie en 4e vitesse déposer Petit Châtain et encore plus rapidement sur mon vélo chez le dentiste en priant le Ciel qu'il ne m'arrive pas une autre catastrophe dentaire. Le Ciel m'a écoutée, mais le soir, toutes les petites paires de chaussettes avaient été raflées...
Profitant de ma pause déjeuner pour prospecter en boutique, ma moisson fut maigre : un pull et un pantalon pour Petit Châtain, un pantalon pour Petit Brun : visiblement les 10 jours précédents à - 30 % avaient vidé les rayons. Heureusement qu'on avait été faire un tour aux magasins d'usine en décembre... Je résistai vaillamment à tous les appels des multiples boutiques, trouvais que la parka qui me faisait de l'œil depuis le mois d'octobre (pas trop mémère, avec une capuche bordée de chat, ou dans le meilleur des cas, de lapin) était insuffisamment soldée, et puis, l'hiver était doux, finalement, ça pouvait attendre l'année prochaine... Et me félicitai de ma capacité de résistance.
De retour à la maison, je réussis enfin à valider le panier récalcitrant (moins les chaussettes, grr) et à commander un 3e pull pour Petit Châtain – et quelques paires de chaussettes pour compenser celles qui s'étaient évanouies sur la Toile.
Je me trouvais extrêmement sage...

Sauf que. Le lendemain, petit craquage. Oh, pas grand chose, et d'utilité publique : quelques soutifs chez la Princesse (et j'ai reposé les pyjamas en rayon). Le soir, Jean-Claude Trichet (qui n'était pas encore traumatisé par la perte du triple A, merci Standard & Poor's d'avoir préservé les soldes) m'indiqua que le compte en banque conjugal était déjà vide. "Justement, j'ai trouvé tout ce que je voulais". (Hum, à partir du 28 janvier, c'est reparti, mon Dieu, laissez quelques trucs potables en rayon s'il vous plaît !!!)
nosoldes-copie-1D'autant que quelques achats pour la maison s'imposaient : un nouvel aspirateur (du coup, Jean-Claude Trichet trouvait des lignes de crédit à débloquer instantanément pour la friteuse que le Père Noël avait laissé dans sa hotte, tiens donc) et des poêles bio, le revêtement des nôtres étant bien abîmé, nous avions décidé de renouveler notre batterie, et tant qu'à faire, au terme d'une recherche approfondie, d'opter pour de l'inusable, du non-toxique (soit de la fonte ou de l'inox, il n'y a pas 36 solutions). Dimanche après-midi, on tenta une incursion à Darly Peu, le grand centre commercial sis près de chez Grand-maman et Grand-Père, qui a l'insigne avantage d'abriter un BHV. Le Capitaine (alias Jean-Claude Trichet dans ses phases de contrôle budgétaire) avait bien trouvé un site de vente en ligne de poêles bio, mais si l'on pouvait éviter de payer des frais postaux pour le transport de poêles en fonte depuis la Bretagne (bien que lesdites poêles soient acheminées à vélo à la Poste...).

Là, déception : évidemment, les poêles écolos avaient attrapé une vilaine varicelle : celle des articles non soldés. Darly Peu était noir de monde, bien que les boutiques soient vides, ça sentait la frite et des hommes abandonnés, patientaient dans des fauteuils pseudo-design, l'air tout à fait accablés (ils avaient appris pour le triple A, eux).
On poussa jusqu'à Habitat (trouver des cadres et un nouveau verre à dent), et nouvelle déception : aucun cadre n'était soldé et les verres à dent étaient hideux. Nous sommes rentrés broucouilles... Bilan de la semaine : soldes en mode mineur...

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Requiem pour un chien jaune

10 Janvier 2012, 22:33pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

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Aujourd'hui; le chien jaune de mes parents s'en est allé. Un cancer fulgurant, pas décelé lors de sa dernière visite, il y a à peine huit jours. La décision a été prise d'abréger ses souffrances. Toffee était arrivée il y a dix ans à la maison. Aux vacances de Pâques, Ségo et Batiss avaient fondu devant l'adorable boule de poils – mais néanmoins la plus affirmée de sa portée, la seule femelle, une dominatrice nous dira-t-on plus tard. Ségo l'avait ramenée de ses Pyrénées natales au terme d'un épique voyage en train, à ce moment-là, elle tenait dans un sac. En grandissant, Toffee était devenu une dame chien au caractère affirmé, dont le dressage ne fut jamais complètement terminé... Ses grands bonds de joie à l'arrivée de visiteurs inconnus pouvaient être impressionnants, mais elle a vite adopté les pièces rapportées (qui ne l'appréciaient pas à sa juste valeur) et les bébés qui agrandissaient la famille, sans jalousie. Et eux aussi, finalement, après une phase d'adaptation, étaient trop contents de lui faire des câlins. Nous n'avons encore rien dit à Petit Brun et Petit Châtain...
Sa gloutonnerie, sa boulimie pourrait-on dire, appartient à la légende. Elle s'était d'abord attaquée à nos chaussures, rongeant des talons, mangeant le cuir tendre de mes bottes ("c'est de votre faute, vous n'avez pas qu'à les laisser traîner"). Puis les nouritures terrestres : camembert, bananes, mandarines, croutes de fromage, gâteaux au chocolat d'anniversaire (elle parvenait toujours à tromper notre vigilance pour se glisser dans la cuisine, et en se mettant sur ses pattes, était à bonne hauteur pour attraper ce qui restait sur le plan de travail), plateau entier de pruneaux au bacon AVEC les piques, sans compter la fameuse quarantaine de saucisses restantes d'un rallye auto, qu'elle avala – et recracha d'un coup – juste avant un barbecue... On appris qu'il ne fallait jamais lui donner du riz, mais elle se précipitait quand même sous les chaises de Petit Brun et de Petit Châtain pour un nettoyage complet du sol, quelque fût le menu...

On ne compte pas non plus les nombreuses expéditions désespérées pour aller chercher Truffy quand elle avait pris la poudre d'escampette. Voire même pris un bain dans la Loire le matin de notre mariage, obligeant Batiss à plonger dans le fleuve pour la récupérer... Bizarrement, elle n'aura pas fait le grand plongeon dans la piscine de La Rinissé comme nous l'avons toujours craint... Elle finissait toujours par revenir... ou nous par la retrouver... au refuge de la SPA... chez une voisine compatissante... ou tout simplement en train de se promener de son pas tranquille, en musardant...
En vieillissant, elle avait pris de mauvaises habitudes et on la retrouvait souvent en odalisque sur le canapé BLANC du salon, ou faisant la sieste sur la couette de la chambre du rez-de-chaussée (les portes modernes, si légères, s'ouvrent très simplement en poussant avec une truffe), voire même sur le palier du premier étage (pour un chien qui devait dormir à la cave, hum). Je crois qu'elle n'était jamais aussi heureuse que quand la maison était pleine, et  notamment quand, à La Rinissé, elle se glissait sous la table de la cuisine pendant nos repas et en ronflait de contentement.

Ce fut un chien heureux, choyé... Alors, Toffee, profite bien du paradis des chiens !

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365 jours

9 Janvier 2012, 22:32pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

que ce blog est ouvert. Il y a un an, dans les vapeurs post-réveillon d'où l'idée d'ouvrir la petite maison était née, je me suis lancée. Créer un compte sur cette plate-forme, trouver un design (gratuit) et pas trop moche. Et le nom du blog, qui, s'il n'est pas le plus original du monde (les vapeurs de champagne, franchement, n'aident pas à clarifier la réflexion), correspondait assez bien à mon idée : une chronique quotidienne, et si possible légère. Pour m'offrir un espace récréatif, sortir des lourdeurs de l'écriture codifiée qui est la mienne au bureau, sans censeur (ou presque) sur mon épaule, en espérant (quand même) écrire pour être lue.
L'an dernier, à la même époque, j'avais commencé par raconter notre combat contre la machine administrative mise en branle malgré nous par l'adoption d'un régime sans produits laitiers pour juguler l'eczéma de Petit Brun. Je ne regrette pas ce choix : tout le monde passe des nuits sereines, la peau de Petit Brun est presque nickel et on a trouvé des solutions accomodantes pour adapter notre alimentation.
75 articles plus tard, je suis fière d'avoir tenu le rythme (un post tous les 4 jours en moyenne), même si, bien sûr, la qualité des billets dépend en grande partie de l'heure à laquelle ils sont rédigés... et du temps que je peux y consacrer.
Depuis, ce blog tient lieu de carnet de bord, et la famille et les amis au loin ont des nouvelles à peu près fraîches. Je n'ai pas pris de bonne résolution pour 2012. D'abord parce que je les tiens jamais. Mais si j'arrivais à écrire plus régulièrement, ce serait déjà ça...

Merci à ceux qui m'ont poussée la main, à tous ceux qui sont passés par là... Par hasard ou pas... Venez passer 2012 ici !

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Petits rois

8 Janvier 2012, 22:09pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

DSC05822C'était un week-end entre frangipane et dernière vague de Noël. Un samedi tranquille à la maison, où nous n'avons pas bougé de la journée de notre cité, sauf pour la visite annuelle de Tihi chez le vétérinaire. Indispensable, surtout que depuis notre installation, la miss passe toutes ses journées dehors, à prendre des bains de soleil sur le toit du minibus qu'elle parsème de ses empreintes, à surveiller la rue du haut de la jardinière devant la fenêtre du salon, ou planquée derrière le vieux rosier, pour des siestes plein sud derrière le laurier rose... Il fallait la faire vacciner et faire le plein de vermifuges.
epiphanie 20120107 101412Et surtout, faire rentrer la bête dans la boîte à chats. Ces cinq dernières années, la mise en boîte prenait des allures d'interpellation. La stratégie finement pensée ("tu ouvres la porte de la cage, là, juste devant le canapé, je soulève le canapé et hop, tu la chopes !"), finissant en rodéo, avec une bête flippée se barrant dans tous les coins de l'appart et de mauvaise humeur quand on arrivait – enfin – à la coffrer.
Aussi étions-nous très fiers de nous d'avoir mis au point LA bonne stratégie : le Capitaine allait chercher la boîte à chats dans la remise en sortant par la porte de la cuisine qui donne sur le jardin. La porte de la cuisine étant fermée. Il rentre de l'autre côté, l'air de rien (pas tant que ça, puisque Tihi s'était déjà réfugiée sous la table de la cuisine). En essayant de l'attraper, je la fais rentrer dans la cuisine, et il ne reste plus qu'à la pousser dans la boîte. En 2 minutes, yes !
Chez le vétérinaire, au terme d'une échographie de la vessie et des reins (on ne rigole pas, tss), il apparut que Tihi était en pleine forme et que les problèmes de reins dont elle souffrait auparavant étaient sans doute psy (traduction : l'appartement, c'était pas pour elle). Soulagement du Capitaine (nous avons connu une période rocambolesque de prélèvements urinaires à envoyer en Colissimo, afin de surveiller la malade, si si), et affolement : "mais elle va vivre combien de temps ???" (oui, car Tihi aura 12 ans cette année...Soit 64 ans d'homme, pas si vieux !)
DSC05824DSC05828Après une tentative de sieste, le Capitaine releva le défi de réaliser une galette sans beurre et sans pâte feuilletée, Petit Brun compatible. En lisant les recettes de ELLE de la veille, dédiées à la galette des rois, je trouvais l'astuce de remplacer la pâte feuilletée par des feuilles de brick. Notre essai avait l'air très appétissant, mais la margarine, c'est un peu... gras. En mettant plus de purée d'amandes, peut-être sera-t-elle moins écœurante la prochaine fois. Petit Châtain, pas réveillé, ne voulut pas distribuer les parts sous la table, son frère fut trop content de s'y coller. Comme par hasard, il trouva la fève (et ne voulut jamais manger sa galette. Ni couronner une reine, arguant du fait que la sienne était dans la classe de Barbara. Pff.) DSC05834DSC05830La fin de l'après-midi fut occupée par le déshabillage du sapin, qui commençait à prendre la poussière, et dans notre élan, on remit également les santons dans leurs papiers de soie, inaugurant deux nouvelles caisses pour les décorations de Noël au lieu de la dizaine de cartons de toute taille qui les abritaient jusque-là.

DSC05833Pendant ce temps, le Capitaine remplaçait l'horrible lampe extérieure par la jolie lanterne dénichée dans les trésors de Manée lors de son déménagement. Notre perron a bien meilleure allure (bon, ok, on aurait pu nettoyer les vitres avant de la suspendre, j'ai peur qu'il soit un peu tard maintenant...)
Vint l'heure du bain, un grand moment ces temps-ci, grâce aux sachets rigolos. Ce soir, un bain moussant rouge : l'un s'éclate, l'autre ne veut même pas s'asseoir dans la mousse...
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Le lendemain, nous avions un Noël de rattrapage dans le nouvel appartement de Manée. "Mais ce n'est pas ça, le chemin pour aller chez Mané", objectait Petit Brun. il fallaut lui rappeler que celle-ci avait déménagé, s'éloignant pour le moment de la tour Eiffel.

DSC05842Ce fut l'occasion de vérifier que tout tenait ou presque dans cette nouvelle maison et que son entrée était une fabuleuse salle de jeu. Notamment pour la gigantesque grue et le camion téléguidé ("pour le jardin"), ainsi que le jeu de la grenouille, au succès immédiat.

DSC05843Nous en sommes partis encore plus gâtés qu'en arrivant, avec la deuxième galette du week-end, une brioche aux fruits. DSC05846Et je préfère de beaucoup cette forme de galette à celle à la frangipane, que je trouve assez écœurante, trop vite arrivée après les excès de Noël. Car généralement, en plus des galettes familiales, il y a la galette du bureau, voire celle de la cantine... Vers le 15 janvier, la frangipane me reste définitivement sur l'estomac jusqu'à l'année suivante. On tricha un peu pour que Petit Châtain soit couronné, en évitant un coup d'état de Petit Brun qui voulait la couronne de la reine et ne se résignait pas à être Premier ministre...

Sur le chemin du retour, premier stop chez Flo et Laure, dans notre ancien appartement. Amusement de voir Petit Brun se rappeler très bien où était notre chambre, où était la leur, de tomber sur notre ancienne voisine du second qui leur passait tous leurs jeux bruyants tellement elle était fan d'eux. Changement de voiture (le minibus étant parti en livraison du lit récupéré par la sœur du Capitaine), direction la troisième galette du jour, une institution, celle organisée par le père de JB, qui réunit famille et amis et amis des enfants et enfants des enfants maintenant. Le principe étant que celui qui trouve une fève (en l'occurence Petit Brun et moi) reparte avec un cadeau (deux CD de M, du coup, on en a laissé un). Nous étions montés avec le DVD de Peter Rabbit et le jeu de la grenouille afin de parer au désœuvrement de Petit Brun et de Petit Châtain. Qui du coup ont été invisibles.
Vers 19 h 15, je sonnais l'heure du retour. Epuisés par leur journée de fête, Petit Brun et Petit Châtain ne dirent pas ouf pour se coucher, non sans avoir rangé tous leurs nouveaux jouets. Devant la crise du logement qui menace leur chambre, il devient urgent de procéder à un grand rangement...

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Montagnes russes

5 Janvier 2012, 21:56pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

DSC05706DSC05620DSC05624DSC05643DSC05646DSC05707-copie-1DSC05758DSC05770DSC05785-copie-1Difficile de résumer autrement ces dix jours et quelques de vacances de Noël. L'arrivée du colis péi bouleversa un peu les plans de Grand-Maman, Marie-Vanille fut vite rebaptisée la petite sirène, après que nous ayons pu mesurer la puissance de son chant quand 1 elle avait faim, 2 elle n'était pas dans les bras de quelqu'un ou de sa mère, 3 personne ne berçait sa coque ou son couffin. Joie et excitation de la veille de Noël, où Petit Brun avait décidé de ne pas dormir pour voir arriver le Père Noël et s'est limite mis à pleurer lorsque j'ai eu l'idée (saugrenue) de fermer les volets : " Mais je vais pas voir le Père Noël arriver !" Pogo de joie de Petit Brun et Petit Châtain en découvrant les puzzles de Cars "Flasse Mac Couine ! Flasse Mac Couine !" hurlaient-ils, 9,90 euros, pas la peine de se ruiner pour leur faire plaisir... Bons vins et mets fins (j'ai quand même enlevé l'étiquette "85 francs" sur la bouteille de bordeaux, hum) et la fameuse bûche de Noël de Grand-maman, réclamée par Ségo "sinon c'est pas Noël", nécessitant l'évacuation de la maison par les petits et grands hommes "attention, c'est le plus difficile", étant l'antienne de chaque étape de ce fameux dessert... A peine sortis de table, que nous rallions St Cloud pour un deuxième Noël... et un goûter non moins fameux, même si en arrivant, l'inquiétude planait, le petit Grand-Père ayant été pris de crampes terribles juste avant notre arrivée. Plus de peur de que mal : il nous rejoignait et tout le monde se laissait tenter par un petit verre de pacherenc-du-vic-bilh (18 heures, c'est l'heure), délicieux avec la farandole de desserts déployée sur la table. Il était temps de rentrer découvrir ce que le Père Noël avait laissé sous l'arbre à Colombes (Petit Châtain n'avait absolument pas trouvé curieux de mettre ses bottes sous l'arbre la veille à 14 heures et m'avait aidé à préparer l'assiette de friandises pour le Père Noël). Re-pogo de joie à la vue du déguisement de pirate (celui-là même qui nous avait donné tant de mal), que Petit Brun revêtira tous les jours des vacances. Gros succès du garage (en kit, hum, joie du Capitaine) de Petit Châtain. Le déguisement, ce sera pour son anniversaire...

Deux jours plus tard, direction le Nord, pour aller voir mes grands-parents paternels dans leur maison de retraite. Après les alertes très sérieuses du mois d'octobre qui les avaient laissé tous les deux en très petite forme, c'était presque miraculeux d'aller fêter Noël avec eux. Contrairement aux autres années, les pièces rapportées ne feraient pas le voyage, tout comme les arrière-petits-enfants : une si longue route pour Marie-Vanille et Gaby, est-ce bien raisonnable, et puis il fallait déménager une imposante commode pour permettre la circulation des fauteuils roulants, donc partir avec le minibus, seul véhicule capable de nous transporter avec un chargement au retour. La veille, le Chien jaune nous avait fait un cirque jusque tard dans la nuit, refusant de rentrer dans la maison, malgré tout un tas de stratagèmes, de croquettes agitées. Nous étions donc passablement mal réveillés en montant dans le minibus, à 8 heures du matin, pour arriver suffisamment tôt pour profiter du meilleur de leur forme, déjeuner ensemble et partir avant la nuit, en ayant procédé au déménagement.
Gramie était beaucoup plus affaiblie qu'en octobre, mangeant encore moins qu'avant. Ecoutant nos bavardages, regardant toutes les photos qu'on put lui montrer sur l'ayaPhone de Grand-maman. Bon-Papa, que j'avais vu en octobre, me parut en bien meilleure forme. Mais ils étaient très vite fatigués.
Mais nous n'aurions pas cru que jeudi, en sortant de l'expo Babar, que les multiples messages laissés par Grand-maman sur mon portable étaient porteurs d'une mauvaise nouvelle. Bizarrement, jusqu'ici, je craignais les coups de fils matinaux, aux alentours de 8 heures du matin, plus particulièrement sur le téléphone de la maison.
Gramie était partie dans la matinée, dans son sommeil. Nous sommes rentrées en catastrophe récupérer Marie-Vanille et Petit Châtain, laissant le grand Grand-Père et Grand-Maman prendre la route. Non sans avoir avant validé une annonce de faire-part dans son quotidien préféré (et être légèrement estomaquée du tarif au passage...). Le chien jaune refusait de manger, de sortir de sous la table de la salle à manger où elle avait trouvé refuge. Ségo resta dormir seule, et le lendemain, Aline et Rémi ayant accepté de garder Marie-Vanille et Gaby (que l'on avait survendu en bébé a-do-rable-ne-pleurant-jamais), Ségo, Batiss et Ma'ie dormiraient sur place avec les bébés. L'enterrement aurait lieu samedi matin, avant le retour de Ségo à La Réunion. Qu'il fut difficile de trouver une église, un prêtre, un diacre ou même un laïc pour diriger la cérémonie. Finalement, la dame qui devait diriger la bénédiction fut frappée d'une gastro-entérite et les prêtres de la paroisse rentrèrent plus tôt que prévu. En 24 heures à peine, Grand-maman et le grand Grand-Père réussirent à organiser une cérémonie sobre, mais belle. De très jolies fleurs sur son cercueil pour celle qui les aimait tant. Avec un orgue qui réchauffait l'église et même une petite chorale. La présence d'un prêtre, l'homélie, fut un réconfort. On écourta les condoléances, entre deux portes à la sortie de l'église – dehors, il pleuvait un fin crachin. Bon-Papa, trop fatigué pour aller au cimetière, emmitouflé dans sa couverture, sur sa chaise roulante, partit déjeuner à la maison de retraite en compagnie de son frère aîné, Raymond (96 ans) et de sa sœur Nicole. Didier, le fils de Raymond, les accompagnait. Il avait notamment pour mission d'obtenir deux plateaux repas supplémentaires pour leur déjeuner (ceux-ci doivent être commandés 48 heures à l'avance. Or, 48 heures auparavant, on ne pouvait pas savoir qu'ils déjeuneraient là...). Le reste de la troupe prenait la direction du village natal de ma grand-mère, en pays minier, avec des terrils à droite, à gauche, qui dans la brume prenaient des airs de pyramides égyptiennes. Au cimetière ancien, on retrouva des cousins, le voisin qui avait racheté la maison de mes arrières-grands-parents. Entre deux ondées, on lui dit adieu. Le soir, Petit Brun me demanda où était Gramie. Je lui dit qu'elle avait une jolie maison dans un petit cimetière où les oiseaux chantaient. Ce qui ne lui posa aucun problème avec le fait qu'on lui ait dit qu'elle était au Ciel. On a passé suffisamment de messes dans des cimetières lorsqu'ils entourent les églises pour que cela ne lui semble pas incongru.

Le soir, Anne-Dodominique et Ebouard avaient préparé tous les petits plats du réveillon qui devait avoir lieu chez nous. Fait une quantité impressionnante de nourriture, un repas gargantuesque. Ce fut un réconfort de se mettre les pieds sous la table chez soi, en petit comité, en profitant de ceux qui venaient de loin. Et finalement de se coucher très tard (mais à ce moment-là, levée depuis 6 h 45, j'avais l'impression de commencer une 3e journée, voire une 4e). La première journée de l'année se déroula dans du coton. On passa pour le café une dernière fois dans l'appartement de Manée, qui accueillerait ses nouveaux propriétaires dans le courant du mois de janvier.
Lundi, il fallut bien aller travailler. En douchant l'enthousiasme de mes petits camarades à chaque joyeux "Bonne année !" "Tu as passé de bonnes vacances ?" (hum, oui, alors, euh...) Ce qui fait que je fus presque soulagée en recevant l'appel de Grand-Maman à 16 h 45. Elle gardait Petit Brun et Petit Châtain (pas de Fatiha, pas encore rentrée du ski. Et pas d'école, mais ça, je l'ai découvert le 15 décembre et j'avais pas vraiment réalisé pourquoi tout le monde au bureau posait son lundi, quelle drôle d'idée). Ségo avait mal lu les horaires de son billet d'avion... et devait rallier Orly plus tôt que prévu. On l'aurait bien gardée plus longtemps, était-il vraiment nécessaire qu'elle rentre ?
Evidemment, malgré ses promesses, Grand-maman pleura à l'aéroport. Et gagna ainsi le droit de passer après l'enregistrement, grâce au bon cœur d'une hôtesse de l'air grand-mère elle aussi. Comme l'avion était en retard (car pas nettoyé), elle gagna un dernier biberon avec Marie-Vanille, toute calme, comme si elle savait qu'elle rentrait au péi…
ps : après ne rien avoir mangé pendant quatre jours et inquiété ses maîtres, le Chien jaune fut traîné chez le vétérinaire, ce qu'elle déteste. Après une batterie d'examens médicaux et essayage de diverses croquettes, il s'avéra que la bête pétait la forme et n'avait fait que réagir au deuil qui frappait la maison... Le Chien jaune médium ?

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