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La petite maison dans la banlieue

Les bons plans de septembre

28 Septembre 2015, 19:51pm

Publié par lapetitemaison

Les bons plans de septembre
Les bons plans de septembre

Allez, je relance l'expérience de lister cinq bons plans dans le mois. Septembre, mois de la rentrée, des bonnes résolutions et des feuilles mortes qui se ramassent à la pelle.

Un objet : Une thermos habilement dissimulée dans un format canette, parce que j'en avais marre de jeter mon café dans l'évier tous les matins parce que je n'avais pas le temps de le boire (et que celui de la machine de l'étage est imbuvable et que cela fait toujours quelques centimes et quelques gobelets d'économisés).

Je l'ai trouvée là, ai choisi la plus sobre, elle tient dans mon sac à main et conserve vraiment bien la température du café. Ça donne un petit côté new-yorkais branché à être en réalité une mère de famille débordée [message de service à ma mère : oui, je pourrai me lever plus tôt et petit-déjeuner en paix, mais j'ai trop besoin de dormir].

Point noir : "l'effet biberon" du bouchon et les bruits de succion inévitables qui l'accompagnent, et la discipline de rapporter ladite canette à la maison tous les soirs... Sinon pas de café le lendemain. Pas évident quand il faut partir en trombe parce qu'il y a une faille dans l'organisation du "home front".

Les bons plans de septembre

Une action : Partager ses graines à la graineterie mise en place à la bibliothèque municipale. J'y suis allée avec trois petits sachets fabriqués à la va-vite avec des graines de rose trémière (deux couleurs tout de même) et de coquelourdes fushia, un peu vintage, qui poussent un peu où elles veulent. Je n'avais plus de graines de pois de senteur, elles s'étaient déjà auto-resemées et je n'ai pas pensé à prendre des fruits de passiflore, alors que la nôtre se replante très bien de chaque côté de la barrière (j'en arrache plusieurs pieds tous les ans...)

J'aime l'idée du partage de graines, tant pis si ça ne pousse pas, et si oui, tant mieux ! Dans mon jardin, la sauge vient de chez ma voisine Marie-Françoise, les pois de senteur de chez mon grand-père, les roses trémières de La Rinissé, etc...

D'autres jardiniers, bien plus organisés que moi, avaient patiemment fait sécher des graines et je suis repartie plus riche que je n'étais arrivée : des gaines d'ancolies bleues, de Nigelle de Damas, d'œillets des jardins, d'ipomées, de pavot parme et de haricots grimpants. Plus une grenade à partager avec ma voisine. L'année prochaine, je prépare mes sachets plus à l'avance !

Les bons plans de septembre

Un restaurant : C'est beau, c'est bon, c'est désormais l'un de mes bo bun préférés de Paris. Caché dans le joli passage Verdeau, qui ne demande qu'à être mieux connu (et que je ferai mieux d'éviter parce qu'il abrite de nombreux bouquinistes dont un spécialisé dans les livres pour enfants), Holy bol propose sur deux étages (et même dans le passage lui-même si on est pas trop frileux), une délicieuse cuisine thaï où l'on choisit ses propres ingrédients : ma salade de papaye verte et saumon cru était un délice, des produits frais et de qualité. La déco est soignée, le service très agréable, les smoothies originaux et savoureux et les desserts, des pâtisseries françaises, fameux. Pas pour tous les déjeuners, mais une bonne adresse à conserver !

Les bons plans de septembre

Un endroit où prendre un verre : Une grande grille au 28 de l'avenue Junot, avec un interphone. Pas d'enseigne, rien qui ne précise que l'on puisse trouver un bar au fond du jardin, au rez-de-chaussée d'une belle maison de maître comme il en reste quelques unes dans ce coin très propret de Montmartre. C'est au cours de l'EVJF de Sophie que j'ai découvert l'Hôtel particulier. Ce samedi-là, il pleuvait à verse, et les sœurs de la mariée nous avait offert un verre après la matinée au spa et le cours de cuisine de l'après-midi. Nous étions confortablement installées sur du velours rouge, sous la véranda, avec le bruit de la pluie. A la lecture de la carte, nous avions piaillé : Quoi ? Pas un cocktail à base de rhum, enfin un alcool un peu sucré quoi ! Je ne me rappelle ni le nom ni la composition exacte du breuvage qui nous a été apporté dans des chocolatières en porcelaine, sauf qu'il y avait une base de whisky et que c'était tout simplement délicieux. À retenter en été, pour profiter de l'improbable jardin en plein Paris.

Une (mini)(web) série à regarder : Suivez Alice, vingt et quelques années, jeune diplômée de SCF, cherche du taf. C'est drôle, bien vu, rythmé, deux minutes trente qui font une chouette récré, avec Tiphaine Haas, de "Fais pas ci, fais pas ça", juste parfaite. Il n'y a encore que deux épisodes de sorti pour le moment... Alors suivez-la dans ses aventures de jeune Y à la recherche d'un job (il y a dix ans, c'était pareil, sans iPhone et sans hashtag #vintage).

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Trente mois

24 Septembre 2015, 21:14pm

Publié par lapetitemaison

Trente mois

Comme Colombine est arrivée le premier jour du printemps, j'avais l'ambition de faire des points réguliers, à chaque changement de saison, de son évolution. C'était sans compter sur mon incapacité chronique à tenir un rythme régulier de publication…

Donc, à 30 mois, Colombine marche depuis 12 mois. Elle monte et descend les escaliers toute seule (mon dos lui dit merci), et réclame encore les bras comme un bébé qu'elle n'est plus mais qu'elle voudrait bien encore être. Elle court comme un canard, les jambes en dedans et manque parfois de s'étaler. Mais les chutes les plus spectaculaires ne sont pas celles qui font le plus pleurer.

Elle aime se faire promener à vélo (le mien ou celui du Capitaine), mais ne manifeste pas le moindre intérêt pour la draisienne, elle préfère parcourir la petite rue en trottinette à plateau.

Elle porte des couettes en semaine, et des barrettes le week-end (qui sont interdites à la crèche, des fois que quelqu'un aurait l'idée saugrenue de les avaler). Élastiques qui disparaissent à la vitesse de l'éclair et dont une bonne partie finit dans mon sac à main. Elle saute de joie à chaque nouvelle paire de chaussures qui lui échoie, et c'est parfois un drame de maintenir que, non, par 30 degrés, on ne met pas de bottes.

Elle s'est mise à jouer : à la poupée avec "Bébé", qui a été rebaptisée "Aurore" pendant un temps, et aime préparer des thés et des cafés dans sa "couisine". A dessiner (sans reboucher les feutres), à faire des gros câlins à ses frères (et les faire bisquer en refusant de leur faire des bisous le soir), à vouloir absolument jouer avec eux quand ils font des legos et des kaplas et se faire expulser en pleurs du second étage quand elle a tout éparpillé façon puzzle.

Elle fait semblant d'avoir peur de Tihi, qui n'a jamais manifesté la moindre animosité à son encontre, tout comme pour ses frères. Chaque fois qu'elle la croise, c'est un grand numéro : "ai peur, ai peur de Tihi", mais c'est la première à trépigner pour qu'on ouvre la porte au chat quand celui-ci miaule sur le rebord de la fenêtre le matin.

Elle aime trier le linge quand je le plie, l'étend, le trie pour des machines, en réattribuant chaque vêtement à son propriétaire, et sa mémoire m'étonne, elle ne se trompe jamais.

Elle parle comme une grande depuis début juillet, en éludant tous les "r", façon créole, comme Asparagus en son temps. Elle savait bien sûr nommer tous les habitants de la maison, a commencé par dire "attends", "d'accord", "c'est à moi", "tiens", "c'est moi qui fait", le stade des "pourquoi" a été atteint (trois fois plus de questions auxquelles répondre), et des dialogues ubuesques s'enchaînent quotidiennement (car Colombine est une redoutable intervieweuse, elle ne lâche jamais le morceau) :

"- Il est où, Papa ?
- Au travail.
- Pourquoi ?
- [ Excellente question ] Parce qu'il doit gagner de l'argent pour qu'on ait une maison, de quoi manger, mais Maman travaille aussi [ jeune insolente]. [Faut-il aborder dès maintenant le fait que travailler, c'est une chance aujourd'hui, qu'en plus Papa a du pot parce qu'il a une équipe et des horaires plutôt cools et qu'il fait partie de la tranche de la population active qui gagne bien sa vie, les fameuses CSP +, tu verras ça plus tard]
- Pourquoi ?
- Parce que c'est bien de travailler aussi.
- Pourquoi ?

-...
- Oh ! une moto/un cycliste [une mascarade de tentative de changement de sujet]
Parfois, elle concède : "Ah, d'accord". Mais ce n'est que partie remise.

Elle parle tellement bien qu'elle répète ce disent les grands, sans filtre : c'est ainsi que je me suis fait mettre à la porte de sa chambre l'autre matin : "Sors de ma chambre, c'est papa [qui m'habille]". Ouais. Sauf que Papa ne sait pas faire les couettes, lui...

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Première des communions, dernier jour de l'été

20 Septembre 2015, 20:13pm

Publié par lapetitemaison

Nan, mais le buffet était vraiment copieux. Sauf que personne ne l'a immortalisé./Ronde de joie.
Nan, mais le buffet était vraiment copieux. Sauf que personne ne l'a immortalisé./Ronde de joie.

Nan, mais le buffet était vraiment copieux. Sauf que personne ne l'a immortalisé./Ronde de joie.

C'était un dimanche peu ordinaire, une dernière journée d'été après presque huit jours de pluies diluviennes, de ciel gris et de luminosité tellement voilée que l'on pouvait croire qu'il était 18 h dès 8 heures du matin. La veille, j'avais jardiné en vitesse, emprunté les tables et les bancs de nos voisins. Pas eu le temps de faire une décoration de malade, mais une traversée de Paris pour trouver de jolies images pas ringardes, et des bouquets faits à 23 h, dans le noir.
C'était un grand jour, préparé depuis novembre dernier. En réalité, on aurait préféré que la fête ait lieu en mai ou juin, et puis, avec le recul, c'était un dimanche parfait. Oui, parce que dans notre paroisse, les communions sont perpétuelles, quasiment tous les mois ou presque, avec les plus gros bataillons en mai et juin. En quatre ou cinq étapes, plus la retraite de la veille chez les bénédictines de Montmartre, où Asparagus a "très bien mangé", et la confession (où il a failli presque rendre chèvre le Capitaine, ne voulant pas y aller, puis finalement si, et invoquant au final une peur du confessionnal, "tout noir"), le héros du jour était fin prêt.
C'était une belle messe, même si les lectures étaient inaudibles et le père nouvellement arrivé pas encore très bien placé dans l'axe du micro. Mes amis de la chorale ont assuré, comme d'habitude, et Asparagus a attendu la seconde partie de la célébration pour mordiller sa médaille de baptême, bailler et se balancer. Je l'ai à peine vu communier, étant donné que ses plus grands fans s'étaient levés pour voir ou immortaliser l'instant.
Il faisait beau, chaud juste ce qu'il fallait, de quoi permettre à chacun de faire un petit plein de vitamines D avant l'hiver. Le gâteau à la broche, bien qu'un peu moche, était arrivé dans les temps - pour le baptême d'Asparagus, le Capitaine avait dû forcer l'accès du centre de tri postal à Javel et le récupérer lui-même -, et comme prévu, et bien qu'il y ait eu d'autres gâteaux, a été quasiment englouti. Il m'en reste juste un peu pour le petit-déjeuner demain.
C'était trente-et-une personnes en tout, parfois venues de loin, dont certaines n'avaient pas dormi de la nuit, enquillant un mariage dans le Beaujolais direct avec la messe : "c'est la première fois que je vais à la messe après un mariage", gloussaient-ils. Les conducteurs ont fini par sombrer (la troisième larrone, ma sœur, à son habitude, avait sombré dans le sommeil au premier tour de roue). Plus Cherry appelée à la rescousse, dès samedi après-midi pour terminer de ranger la maison, faire les buffets, etc. Nimbus peut être une mini baby sitter une matinée pour sa soeur, pas une journée entière. Et lui aussi voulait qu'on s'occupe de lui. Le jour J, cela m'a permis de pouvoir superviser les buffets, les invités, indiquer dans quelle chambre faire dormir les mini-filles, et c'était bien chouette. Ceux-nés-avant-1934 ont dédaigné la table que je leur avais préparé à l'intérieur (pour qu'ils n'attrapent pas froid, on avait même chauffé préventivement la maison), pour finir par passer l'après-midi dans le jardin, refusant même qu'on ouvre le parasol...
C'était un buffet pantagruélique, presque entièrement fait maison par le Capitaine (il était tombé dans les pommes en voyant des devis), hormis la viande froide du marché : je peux apporter des boîtes quasiment tous les jours au bureau !
Bref, c'était une grande étape pour Asparagus, qui maintenant peut réellement vivre la messe comme un grand. Je crois qu'il s'est rendu compte du passage de catégorie et a vraiment passé une très belle journée. Maintenant, l'automne peut commencer...

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Celle qui n'achetait pas de surgelés

17 Septembre 2015, 19:42pm

Publié par lapetitemaison

Celle qui n'achetait pas de surgelés

20 h, ce soir, le téléphone sonne. Une fois, deux fois. Comme plus personne n'appelle sur le fixe hormis ma sœur (même ma grand-mère appelle sur mon portable, voire m'envoie des mails et des SMS avec des émoticônes, on n'arrête plus le progrès), j'ai fini par demander à Asparagus (un temps nommé Petit Brun), de décrocher pendant que Nimbus et moi déchiffrions péniblement "or", "ro", "lo, "ol". Lol, tu l'as dit. Un cauchemar.

Bref, Asparagus me passe le téléphone :
"- Oui, bonjour madame [voix onctueuse, et merde, ce n'est pas ma sœur, en même temps, cela aurait été miraculeux qu'elle soit dispo à 20 h pour m'appeler], c'est M... de la société M..., je n'ai qu'une question à poser : chez qui allez-vous acheter des surgelés, en magasin ou en grande surface ?
- je suis désolée, je n'achète pas de surgelés [ce qui est vrai, je ne fais pas les courses, c'est le Capitaine qui les fait], monsieur, au revoir.
- Ah mais attendez madame, je vous demande juste où vous achetez vos surgelés, rien de plus.
- Je vous répond : je n'achète pas de surgelés.
- Mais vous avez bien un congélateur ?! [voix impatiente]
- Oui, mais nous congelons des plats que nous avons préparés, ou de la viande, du poisson achetés frais.
- Jamais de légumes en cas de dépannage ?!
- Non, on est locavores, alors on suit les arrivages de notre maraîcher [et en cas de dépannage, il y a aussi les légumes en bocaux, qui ne sont pas emballés dans du plastique, ou un truc radical et qui marche à tous les coups : des pâtes. Ou du riz]
- Et l'été, vous achetez bien des glaces à vos enfants [hein, mauvaise mère ?] ?!?
- Non, nous faisons des sorbets avec des fruits frais [ce qui n'est pas tout à fait vrai, mais là, le gars commençait à m'énerver. Donc j'ai passé sous silence l'expédition chez P... en juillet pendant la canicule, où nous avions craqué]
- Mais ce ne sont pas des glaces [visiblement, un jésuite du surgelé]. Vous leur achetez bien des cônes quand ils vous le demandent, non ? [voix sensiblement agacée. Je n'ai pas osé demander si la conversation était enregistrée, parce qu'en matière de relation client, ça commençait à déraper sérieusement]
- Non. Ecoutez, nous n'achetons plus de surgelés parce que depuis 2009, le cardiologue me l'a interdit [et comme je suis polie, je ne ramène pas sur le plancher les histoires de lasagnes au cheval qui m'ont encore plus calmée sur les plats préparés].
- Et avant 2009, vous achetiez bien des surgelés ?!?[voix glacée d'énervement devant cette grognasse locavore, rigide, sans cœur, qui ne bourre pas ses enfants de sucres industriels] En magasin ou en grande surface ?
- J'allais chez P...
- Ah ! [satisfaction pas du tout dissimulée], c'est pour ça que vous ne prenez plus de surgelés, c'est parce qu'ils sont bien trop CHERS chez P... Bonne soirée. [clac ! ]
- bip... bip... bip...

Alors, écoute, M... D'habitude, je suis gentille avec les télémarketeurs, même quand on veut me vendre des portes et des fenêtres ou des diagnostics habitation dont je n'ai nul besoin, parce que je sais combien ce travail est pénible et frustrant. Mais parfois, il y a aussi des gens qui répondent sincèrement à ton sondage. Et qui n'achètent pas de surgelés. Que ça te plaise ou non.

Commentaire du Capitaine : "tu n'avais qu'à dire que tu n'avais pas de congélateur".

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Défi lecture/Celles qui écrivent 2/2

10 Septembre 2015, 21:14pm

Publié par lapetitemaison

© C. Vassel

© C. Vassel

Quand Milie, ma presque voisine et néanmoins amie, en septembre ou octobre 2013, m'a parlé de sa sœur et de son voyage incroyable, elle m'a dit : "Ils partent un an vers Jérusalem à vélo et à pieds avec les quatre enfants. C'est des fous, ils ont déjà fait Compostelle avec le dernier qui avait un mois et demi. Va voir son blog". C'est ainsi que j'ai commencé à suivre les aventures de tante Moyü et de sa famille, sur les multiples canaux offerts par Internet, sans jamais l'avoir rencontré en chair et en os. Encore aujourd'hui, je ne l'ai toujours pas rencontrée IRL...

J'ai toujours adoré les récits d'aventures familiales. J'avais dévoré les aventures de la famille Mahuzier, qui avaient traversé l'Afrique (avec sept enfants) dans les années 1950, puis le reste du monde (Australie, Canada, Venezuela) jusqu'à l'URSS. Le Capitaine, lui, s'est spécialisé dans les récits de tour de monde à la voile en famille : "mais regarde, ils ne savaient pas même pas faire un nœud de chaise, ils ont fait un stage aux Glénans, et hop ! Ils ont navigué en père peinard, etc, etc."

Le projet pas si fou de tante Moyü et du vaillant Ulysse son époux est né dans une bouteille de champagne, ou du moins après son ingestion. Étaient-ils vraiment heureux ? Que voulaient-ils vraiment transmettre à leurs enfants ? Des questions que généralement, lecteur lambda, tu finis par noyer dans un énième verre de champagne avant de repartir dans le grand train-train quotidien. Pas eux. Échapper au quotidien, au consumérisme : rien d'autre à faire que partir.

Eux, comme ils sont cathos (d'aucuns diraient pratiquants), leur boussole de voyage s'est aimantée direct sur Jérusalem. Tu me diras, rien de très nouveau sous le soleil pour des disciples du Christ. Alors là, je vous entend déjà soupirer, les lecteurs cathos (et néanmoins peu charitables) : "ouaaaaaaais, mais ça a déjà été fait mille fois, le plan du pélé à Jérusalem". Certes. Avec des enfants, beaucoup moins d'un coup. Semi à vélo et à pieds, à travers la France, l'Italie la Grèce avec un stop en Crète, Chypre, Israël, Liban, Turquie (oui, et un peu de bateau et d'avion), avec un budget de 100 euros par jour... Soit 10 000 kms, la performance reste à applaudir.

Le livre de tante Moyü m'a renvoyé aux grands bonheurs de la randonnée et de l'aventure, beaucoup vécues dans le scoutisme : apprendre le dépouillement (ah les menus objets que l'on oublie/perd au cours du trajet) et à se détacher du matériel, grandir dans la souffrance de la marche (physique et morale, car la marche, renvoie à l'essentiel – donc souvent pas au plus beau) et évidemment dans la Foi. Le tout en famille, avec un moins de deux ans.

Il y a un côté beatnik catho dans ce périple. Qui ne prend pas forcément les routes les plus 3 étoiles au guide vert (cf la traversée de Chypre), qui cherche des hébergements gratuits et se prend quelquefois des portes dans la figure, où les leçons d'humilité viennent des enfants, et du plus petit d'entre eux, Le Dernier, qui est un formidable ambassadeur, dans un hôpital psychiatrique comme dans un train turc où sa blondeur fait merveille. Mais leur route est ponctuée de belles rencontres... Surtout à l'Est de la Méditerranée, il faut bien le dire.

Depuis, quand les enfant sont insupportables à la messe, j'ai une pensée pour Frère stressé, qui accueillit dans un lieu de silence, l'abbaye de Latroun, les enfants-pèlerins (à qui le Saint-Esprit n'était pas encore tombé sur la tête en chemin), qui, évidemment, furent ce soir-là plus insupportable que jamais...

En refermant le livre, il me vient des envies de prendre mon duvet, mon sac à dos, mes vieilles chaussures de marche (qui prennent l'eau mais que je me refuses à jeter, je les a trimballé sur presque tous les continents), de prendre le Capitaine et les enfants par la main et de tracer la route. Pas trop loin, mais un petit bout des chemins de St Jacques, ce serait pas mal.

Quand elle est rentrée, fermant la boucle du pèlerinage là où il avait commencé, à Pellevoisin, Tante Moyü a pris au pied de la lettre l'inscription suivante : "Publie ma gloire". Elle a bien fait.

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