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La petite maison dans la banlieue

Accélération temporelle

25 Juin 2012, 21:45pm

Publié par lapetitemaison

 

 

 

aperojuinCes jours-ci les journées sont trop courtes. J'ai l'impression de courir après les heures, au bureau comme à la maison.

Il me faudrait du temps pour profiter des rares moments ensoleillés ou des soirées où la pluie ne tombe et où l'on peut enfin profiter du jardin, du temps pour écrire ici plus souvent, pour ne pas sortir si tard du bureau (une sorte de malédiction plane sur le réseau ouest ces derniers soirs), du temps pour préparer l'été, du temps pour passer les coups de fil en souffrance, pour souffler un peu et ranger la maison.
AidaCes derniers jours, j'ai écouté en compagnie de Belle-maman un demi opéra de Aida sous la pluie à Vincennes (on a eu le final direct après l'entracte, mais on devrait avoir la fin de l'histoire en septembre...). Cette session des opéras en plein air avait pourtant bien commencé, et la majeure partie des spectateurs bravé la pluie plutôt stoïquement (je suis rentrée les pieds bleus et mon sac pourtant anglais et imperméable avait pris l'eau...
viande... regardé le Capitaine partager les 25 kilos de barbarque achetée en commun (un bon plan locavore : la viande vient du Perche et est juste délicieuse, suffit juste de la récupérer au marché et de choisir quelle formule l'on veut), une vraie boucherie. Parce qu'il a fallu tout repeser et répartir les diverses victuailles. "Alors tu veux quoi, de la palette, un rôti ?" Et découvert une tuerie : le filet mignon fumé, délicieux en apéritif (mais pas franchement diététique).

 

... fêté la Fête des pères. Petit Brun avait caché dès fetedesperesvendredi soir ses œuvres dans son tiroir, évidemment, dans une bataille fratricide, le stylo customisé a été cassé. Je lui avais demandé de me réveiller pour que l'on aille préparer un plateau pour le Capitaine. C'est bien évidemment le seul matin où ils ont joué TOUS SEULS SANS BRUIT. Et où j'ai dû fournir un effort surhumain pour sortir du lit, quérir mes marmitons (qui du coup, voulaient petit-déjeuner et avaient du mal avec le concept "on prépare le petit-déjeuner au lit pour Papa").  Au final, ils ont été trop contents de ratisser le plateau et de manger les tartines du héros du jour...qui a dû prendre un deuxième petit-déjeuner au final !

Ileautresor

... monté la fabuleuse Île au trésor apportée par le parrain de Petit Brun. On ne savait plus à qui cela faisait le plus plaisir : Petit Brun et Petit Châtain, aux anges, ou les grands, ravis aussi de rejouer aux Playmobil (qui s'ouvre avec un code secret dans sa version 2012) : deux heures pour monter l'engin. Depuis, pour que le père Noël enregistre bien ce qu'il doit mettre dans sa hotte, Petit Brun a affiché le poster Playmobil au-desus de son lit. A bon entendeur...

crabemarteau-copie-1

... dîné de façon impromptue au Crabe-marteau avec le Capitaine, grâce à la complicité de Sophie. Au menu, dans une déco "finistérienne" (il existe un autre Crabe-marteau à Brest), tartare de lieu, chausson au crabe, turbot, demi-crabe (le Capitaine avait bien calculé son coup en prenant autre chose, puisqu'il finirait par manger l'intérieur de la tête, que je n'aime pas et qu'il adore) et huîtres, parfaites, à peine salées et tout à fait iodées... On a fini par un Paris-Brest et un far aux pruneaux sans pruneaux. Le serveur prononçait kouign amann "kouign amant" (au lieu de "kouign amanne") et prétendait que la seule patrie du kouign amann, c'était Douarnenez, mais on le sait bien, nous, que les meilleurs kouign amann se trouvent à Vannes. De toute façon, le titi parisien "chuis né dans le 20e" s'en foutait bien, du débat sur le meilleur kouign amann... Une soirée pour mieux digérer la peine de la veille, en étant sûrs qu'Olivier aurait adoré cet endroit...

soireefilles

... fait un dîner de filles avec les copines du boulot, au lieu de fêter la musique (qui se termine toujours sous la pluie, dans le froid, à errer dans les rues, comme nous avions tenté de l'expliquer à la plus jeune d'entre nous). Enfin, les copines du boulot, c'était pour moitié la réunion de celles qui sont parties trouver une herbe plus verte ailleurs, l'occasion de visionner les mille photos du mariage de notre hôtesse, de diluer dans les bulles les problèmes de management/ressources humaines/taux de renouvellement du personnel... La dînette était plantagruélique. Malédiction du smartphone, en attendant mon train, je suis tombée sur un mail annonçant de mauvaises nouvelles du côté des Pyrénées.
... suis allée à la kermesse de l'école de Petit Brun, une perspective, il faut le dire, ne m'enthousiasmait pas. Pas du tout. Un vendredi soir. Après toute une semaine de boulot. J'avais déjà évité de tenir le stand de l'arbre à bonbons (j'avais fait le stand du puzzle gérant l'an dernier, ça suffisait) et le Capitaine avait fait amende honorable en participant au buffet. Mais quand j'ai émis l'idée de ne pas être là, Petit Brun a fait les yeux du Chat Potté (long regard suppliant par en-dessous), et je me suis donc retrouvée à partir à 17 h 30 (pour mieux être coincée because problème sur les voies, et arriver à 18 h 45...)

pirateambroise

 

Spiderman

 

 

 

 

Finalement, ce n'était pas si terrible que ça. Il ne pleuvait même pas (un miracle). On a réussi à perdre Petit Châtain après une sombre dispute autour d'une pomme au sucre avec son frère (que le Capitaine a retrouvé en pleurs dans les bras d'une maman qui s'apprêtait à faire une annonce micro, il n'a même pas réagi en voyant son père dans son champ de vision). J'ai fini par manger ladite pomme qui avait traverser la moitié de la cour. Nourris exclusivement de brochettes de bonbons (ce qui nous a permis de les faire dîner à la maison, et d'éviter les trucs pleins de lait pour Petit Brun), le pirate et Spiderman sont repartis avec des tas de sifflets, les mains poisseuses et le sentiment de ne pas avoir fait assez de jeu (euh, le pistolet à eau, le stand de maquillage, la pêche à la ligne, la course en sac...). On a terminé la plaquette de jeu en piochant de magnifiques cadeaux (un magnet avec la Tour Eiffel et un pin's de la Tour Eiffel qui clignote vite mis de côté, ainsi qu'une bougie à moitié fondue, et un énième sac en tissu).

...eu une pensionnaire (Babybelle) et expérimenté la famille nombreuse. Résultat des courses : ça marche, tant qu'on pige le fonctionnement de la poussette. Babybelle a été une demoiselle adorable, essayant juste de capturer quelques chevaliers et voitures (panique de Petit Châtain), mais les deux avaient très bien enregistré que pour lui montrer l'île au trésor, il faudrait attendre encore un peu...

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Ciné à l'égyptienne

14 Juin 2012, 22:42pm

Publié par lapetitemaison

les-femmes-du-bus-678C'est devenu une habitude. En fonction des sorties, avec Noph et Laeti, mes copines de ciné, nous nous faisons une toile égyptienne, suivie généralement d'un dîner rapide. C'est ainsi que, ces dernières années, nous avons vu l'Immeuble Yacoubian et Femmes du Caire. Si vous ne les avez pas encore vus, notre trio vous les recommande chaudement. À l'ombre de la tour Montparnasse, nous avons échoué dans une brasserie ou par chance (surtout pour la fan de foot) le match Pays-Bas/Allemagne n'était pas encore terminé. Voir un film égyptien en VO à Paris demande une certaine réactivité et nous avions prévu notre coup depuis quelques temps, en se demandant, avec Noph si notre troisième larronne, tout juste sortie de la maternité, serait présente. Fallait-il l'attendre ou bien filer dans une salle obscure dès la sortie du film ? On opta pour la deuxième solution, et la jeune mère de famille nous a fait la surprise de se joindre à nous, légèrement déphasée de cette première sortie dans le "vrai" monde (hors de son quartier et du circuit bien connu maison-pharmacie-pédiatre-supermarché). Les pères aussi savent donner le biberon !
Attention, le cinéma égyptien contemporain, c'est brut de décoffrage : violences sociales et sexuelles au programme. Les femmes du bus 678 ne dérogent pas à la règle. Nelly, Seba et Fayza (de gauche à droite sur la photo, magnifiquement interprétées par Nahed El Sebaï, Nelly Karim et Bushra Rozza) ont des vies bien différentes. Mais toutes ont été confrontées au harcèlement sexuel, fléau de la vie quotidienne des femmes au Caire. Le réalisateur (qui fut autrefois banquier, comme le fiancé de Nelly dans le film, qui fait du stand up par passion en se résignant à être banquier), Mohamed Diab, s'est inspiré du premier procès intenté en Egypte pour harcèlement sexuel (qui n'est devenu un délit qu'en... 2010). Personne ne veut entendre ces femmes : ni la famille de Nelly (dont la mère a pourtant assisté à l'agression du haut de son balcon et est venue à son secours), ni la famille de son fiancé, par peur du qu'en-dira-t-on. Ni le mari de Seba, dont l'honneur lui semble entaché par l'agression subie par sa femme au retour d'un match de foot. Fayza, elle, qui vit dans un quartier populaire, subit au quotidien ces agressions dans le bus 678, même en tentant se rendre la plus repoussante possible sur le plan vestimentaire, superposant les vêtements pour masquer ses formes. La honte l'empêche d'en parler à quiconque. Et surtout pas à son mari. Leurs chemins se croisent dans le théâtre où Nelly se lance comme humoriste, où Seba donne des cours de self defense à... Fayza.
Les hommes egyptiens ne sortent pas grandis de ce film, hormis le fiancé de Nelly et l'inspecteur qui mène l'enquête sur les incidents qui émaillent le trajet du bus 678. Ce film aurait-il eu autant de poids s'il avait été réalisé par une femme ? Une chose est sûre : le trajet retour en métro n'a pas eu le même effet du traintrain quotidien…

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Merci, monsieur Probst !

10 Juin 2012, 22:34pm

Publié par lapetitemaison

expo-caroline 20120610 165957Si vous ne connaissez pas sa plus célèbre créature, une petite blonde à couettes en salopette rouge, et sa bande d'amis à poils, vous ne savez pas qui est Pierre Probst et vous avez certainement loupé quelque chose dans votre enfance. Depuis que j'avais vu une petite brève annonçant dans ELLE (merci Belle-maman, parfois on y trouve des pépites, entre 300 pages de pub et/ou de mode inabordable) la tenue d'une exposition consacrée à Caroline à Versailles, je rêvais d'y emmener Petit Brun et Petit Châtain. Nous avions projeté une première visite le week-end de la Pentecôte, mais le musée Lambinet était fermé et dimanche et lundi. Et comme c'est l'un des derniers week-ends de beau temps que nous ayons eu, au final, nous sommes bien contents de l'avoir passé dehors. Dimanche, c'était le temps parfait pour aller dans un musée : pluvieux, humide et gris. Cerise sur le gâteau, l'expo est gratuite pour les enfants, les profs et les baveux, heureusement le Capitaine s'est acquitté de son entrée, histoire de soutenir la culture.
Caroline figure parmi mes albums préférés. Nous n'en avions pas tant que ça (ou alors peu ont survécu à nos mains malhabiles), mais il y avait aussi, l'été, la plongée dans les grands albums (édition 1960's) de Grand-Maman et de ses sœurs qui étaient fabuleux. Aussi, l'année dernière, j'ai offert un premier album à Petit Brun, Caroline à Paris. Parce que la petite héroïne me semblait plus convenir à des petits garçons que Martine, beaucoup plus "girly" (quoique, on lit aussi Martine aux sports d'hiver, et le très vintage Martine prend l'avion plaît beaucoup chez leur arrière-grand-mère). Les éditions Hachette auraient d'ailleurs préféré que Caroline soit un garçon, mais comme Pierre Probst n'avait qu'une fille, Simone, il a imposé son héroïne. Petit Brun et Petit Châtain s'identifient eux beaucoup plus aux animaux (selon ce qui arrive au cours des planches), et c'est généralement moi... qu'ils relient à Caroline (bien que, niveau teinture, ce ne soit pas du tout raccord !) Nous aimons aussi retrouver dans les albums les gares des environs, car Pierre Probst a longtemps habité dans les environs de la petite maison... Et sans rêver, je suis sûre que la gare de Caroline invite ses amis, le premier album de la série, est celle que je fréquente tous les matins !
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Une chose est sûre : la muséographie était destinées aux lecteurs de la première heure de Caroline. Petit Brun et Petit Châtain n'étaient pas forcément à la hauteur des vitrines ou des cadres contenant les planches originales, nous obligeant à les avoir souvent dans les bras. C'était mieux à l'étage, où l'on s'est amusé à les photographier dans une Caroline en carton grandeur nature (ou presque)

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Avant de regarder un documentaire (25 minutes, très très long quand les chers petits trouvent très vite de quoi faire du bruit avec les tablettes des sièges, lorsque la salle de projection accueille des conférences...), qui rappelait la naissance de la série, vendue à plus de 40 millions d'exemplaires (autant que Walt Disney). Heureusement, ensuite, nous avons découvert le coin des livres (avec de super coussins décorés de la petite blondinette, que j'aurais bien embarqué, mais ils n'étaient pas à vendre, et je n'étais pas la seule à loucher dessus, d'autres petites filles les avaient aussi repérés...) et la pêche à la ligne avec des albums en édition originale dont Petit Châtain a très vite compris le principe, heureusement, les gardiens étaient d'une patience angélique.
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Entretemps, avec Grand-maman, nous avions opéré une véritable razzia dans la petite bouquinerie sise au rez-de-chaussée. Car le drame, c'est que sur les 44 albums originaux de Caroline, seuls 18 ont été réédités (et encore, avec des planches en moins, comme dans Caroline à travers les âges, un best seller dans notre petite maison). Il y en avait pour tous les portes-monnaies : des rééditions d'albums du Coq d'or à moins de 2 euros pièce quand les originaux, avoisinent les 50 euros s'ils sont en excellent état). Les grands albums de Caroline, eux, avoisinaient les 30 euros... Mais Grand-maman n'a pas résisté à l'appel de Caroline en Europe, et a reposé à regret Caroline en Inde... Le bouquiniste nous a confié avoir du mal à suivre la demande depuis l'ouverture de l'exposition et être littéralement dévalisé.

Mais comment résister à la beauté du dessin, aux couleurs et aux détails si précis ? Comment ne pas adorer les aventures de la petite bande, sans parents ni adultes aux basques ? Petit Brun et Petit Châtain ont bien repéré que nous étions rentrés les bras chargés de trésors... Trésors qui viendront alimenter la hotte du Père Noël ou les anniversaires... Et en attendant, la chasse aux « incunables » est ouverte !

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