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La petite maison dans la banlieue

London calling

28 Octobre 2011, 14:00pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

3808446391_ba766a33dc.jpgDemain, je rejoins le Capitaine gare du Nord, terminus Londres, St Pancras. Pour un week-end de la Toussaint partagé entre Greenwich, chez Jérôme et Chrissy, et Holland Park, chez  le frère du Capitaine et sa femme.
J'ai eu la chance de vivre à Londres il y a presque vingt ans (calculez pas, c'était à l'aube des années 1990). Et c'est la ville où je suis revenue le plus souvent depuis. J'aurais adoré être anglaise. J'aurais adoré être anglaise et londonienne. J'ai envie de me perdre dans ses rues aux maisons toutes identiques, aux façades crémeuses, aux noms de rues si poétiques qu'une auteure de romans policiers en a fait sa marque de fabrique pour les titres d'une de ses séries. J'ai presque envie qu'il pleuve et qu'on boive une tasse de thé devant un faux feu de cheminée. J'ai envie d'aller me balader dans Holland Park et de regarder les écureuils courir, de montrer au Capitaine comme les playgrounds sont géniaux pour les enfants. J'ai envie de jackson potatoes avec des pickles et d'une demi-pinte dans un pub où il y aurait des jardinières déborbantes de bégonias que ma mère n'a jamais réussi à reproduire. J'ai envie d'un afternoon tea qui te sert de déjeuner tellement c'est copieux. J'ai envie de prendre des bus à deux étages, rien que pour le panorama. J'espère qu'il y aura encore un receveur qui viendra contrôler les billets. Bizarrement, je n'ai jamais visité la tour de Londres, et c'est au programme ce week-end. On ira aussi à Covent Garden (une pensée pour Eliza Doolittle), fouiner dans les rayons des friperies, se rhabiller pas cher pour l'hiver. Et à la Tate. Je veux aller chez Hamleys trouver des trésors pour Petit Brun, Petit Châtain et pour Babybelle et Marie-Vanille, et rêver aussi devant leurs rayons extraordinaires. J'ai envie d'entrer dans des boutiques chics juste pour entendre les vendeuses parler. Chez Liberty, pour le plaisir des yeux, et trouver peut-être un coupon ou deux pour ma sœur aux doigts de fée (ou pour me motiver, maintenant que j'ai récupéré la machine à coudre de Grand-maman). Traîner dans Portobello Road et chez les antiquaires. Maybe... maybe !

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Le télétravail, c'est la santé

27 Octobre 2011, 19:08pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

DSC05120-Pola-20111027201154Ce mercredi-là, Fatiha était en vacances (pour profiter du pont de la Toussaint) et Grand-maman s'envolait en fin d'après-midi à La Réunion réceptionner Marie-Vanille, la deuxième petite cousine. Petit Châtain ne montrant aucune volonté à tomber malade, il a bien fallu se résigner à télétravailler. Petit Brun, lui, irait exceptionnellement au centre de loisirs (et pendant tout le mois de novembre, en l'absence de Grand-maman).
7 h 30 : après une nuit merdique (où Petit Brun nous a appelé toutes les demi-heure en mode "je suis malaaaade, j'ai mal au ventre, j'ai le front tout chaud, j'ai de la fièèèèèèèvre"), alors que, en fait, rien, on se lève dans le cirage.
8 h 40 : le ventre vide (il a refusé de petit-déjeuner), mais finalement habillé (il prétend ne pas vouloir aller au centre de loisirs), Petit Brun part avec son père. J'ai habilement évité de préciser que je restais à la maison aujourd'hui pour m'occuper de Petit Châtain, sous peine de déclencher un drame. Petit Châtain, lui, est de fort bonne humeur. Nous nous installons dans le grenier où est sis l'ordinateur familial. Je suis encore en robe de chambre et pyjama, j'ai prévu de prendre ma douche à l'heure du déjeuner.

9 h 00 : l'ordinateur me demande d'installer 7 modules dont j'ai toujours remis l'installation à demain. Comme j'ai toute la journée devant moi, je clique sur "installer maintenant". Petit Châtain, tel un ange descendu du ciel, construit des châteaux avec les cubes.

9 h 25 : l'installation est enfin terminée j'ai cru que ça ne finirait jamais. Je me connecte sur Skype pour être joignable par le bureau (et bavarder avec mes copines collègues à distance), j'ouvre ma boîte aux lettres pro à distance et hop, c'est parti.
9 h 30 : l'architecte manifeste des signes d'impatience. Il demande très clairement à regarder la télé. Comme il a monté des livres avec lui, je lui suggère de lire un livre.
9 h 35 : premier arrêt pipi. Ce qui inclut de descendre l'escalier avec Petit Châtain, qui d'un coup, n'est plus du tout pressé et détaille tous les barreaux de la rampe.
9 h 50 : deuxième arrêt pipi. Pour trois gouttes. Ma productivité est au top.
10 h : troisième arrêt pipi. Heureusement qu'on est descendus, là, c'était la bonne. Et comme les garçons partent en train ce soir avec Mané, c'est vraiment pas le moment de laver des pantalons pour rien.
10 h 05 : Petit Châtain ne veut plus jouer aux cubes, ni lire Martine aux sports d'hiver, ni faire un puzzle. Il veut regarder la télé. Il me le répète en boucle depuis cinq minutes en me montrant du doigt l'écran, au cas où je n'aurais pas compris.
10 h 07 : mettant mes principes éducatifs dans ma poche, je lance un DVD de Petit Ours Brun. Pour me consoler, je me dis que, techniquement, Petit Châtain regarde un DVD sur l'écran de la télé, donc on ne peut pas vraiment dire qu'il regarde la télé. Si ?
10 h 20 : on enquille le 5e épisode de Petit Ours Brun, et j'ai de plus en plus de mal à me concentrer. J'ai l'impression que le générique revient à fréquence de plus en plus rapide.
10 h 25 : je chante sans m'en apercevoir : "tape tape dans tes mains, Petit Ours Brun, saute saute les pieds joints, Petit Ours Brun Petit ooooooouuuuuuuuuuuurrrssssssss Petit Petit Ours Brun". Petit Châtain, ravi, tape lui aussi dans ses mains.
10 h 30  : trop de culpabilité, trop de générique abrutissant, je coupe le DVD.
10 h 32 : Petit Châtain me fait clairement la gueule. En châtiment, je dois lui lire Martine aux sports d'hiver (prenons ça comme une pause). Mais je le comprends : clairement, il ne comprend pas pourquoi je suis là avec lui, rivée à l'ordi, sans jouer avec lui. D'un coup, c'est un peu une punition. Et il réclame sa nounou (la honte !)

10 h 45 : il accepte de bonne grâce de reprendre ses cubes. Il faut tenir jusqu'à midi, heure du dej. Jamais la matinée ne m'a paru aussi longue (ou disons pas depuis avant l'an 2000, en 1994 ou 1995, en cours de maths). Mais, effets non négligeables du télétravail : je bosse plus vite et me dis que, sur ce poste où il me manque quelques logiciels nécessaires à mon activité, puisque je bosse sur mon ordi perso et non pas sur un portable du bureau, j'aurais dû prévoir plus de choses pour aujourd'hui. Mais j'évite ainsi de prendre un jour sans solde, c'est mon banquier qui va être content.

11 h 45 : j'ai faim. On a petit déjeuné il y a quatre déjà.
12 h 00 : j'annonce noblement au reste du bureau - via skype - que je vais faire déjeuner le lardon.
12 h 05 : Petit Châtain regarde avec dédain l'assiette de courgettes préparées avec amour par son père la veille. "Fromaze", demande-t-il sans faire de manière en tendant la main vers le frigo.
12 h 40 : Je couche Petit Châtain pour la sieste. Il a très mal déjeuné, pas touché à ses courgettes, mangé beaucoup de fromage et de crumble aux pommes.
12 h 45 : Bien installé dans son lit, avec moult peluches, puzzles, etc, tout en se frottant les yeux, Petit Châtain m'annonce qu'il ne veut pas dormir. Je pars prendre ma douche.

13 heures : Petit Châtain ne dort toujours pas. Je l'entend bramer "pas dormir, pas dormir" derrière la porte. J'ai l'impression d'être un dictateur arabe, mais, en même temps, il faut bien que je bosse un peu. Et je comptais justement sur la sieste de cet enfant.
14 h 30 : c'est moi qui lutte contre le sommeil devant l'ordi. La nuit a vraiment été trop agitée. Et mon lit est juste un étage plus bas. Je m'autorise une micro sieste de 20 minutes. Petit Châtain brame toujours.
15 heures : Il s'est enfin endormi. Je n'ose pas ouvrir la porte pour vérifier. Je travaille l'esprit tranquille.
17 h 30 : Je réveille un Petit Châtain de fort mauvais poil. Son père et son frère sont censés revenir dans une demi-heure pour prendre les bains, finir leur paquetage et partir les déposer chez leur grand-mère.
18 heures : Nous avons fini de goûter, et en mode "image d'Epinal", lisons sur le canapé en compagnie du chat, Tihi, qui s'est enhardie au point de venir se nicher entre Petit Châtain et moi. Une première depuis la naissance des enfants. Je regrette de ne pas avoir d'appareil photo greffé au bout du doigt. Et j'ai laissé mon téléphone au grenier.
18 h 30 : Le Capitaine, qui avait pris tout son temps pour rentrer (puisque j'étais à la maison aujourd'hui, alors que je m'imaginais déjà veuve), arrive avec Petit Brun, qui a été absolument a-do-ra-ble toute la journée. Et me dit : "tu as l'air drôlement reposée. Tu devrais télétravailler plus souvent à la maison". Certes, travailler une journée loin du marigot du bureau, sans mes deux heures quotidiennes de trajet, c'est clairement moins fatiguant et on bosse beaucoup plus efficacement. Mais sans Petit Châtain, alors. Travailler et garder son gamin, ce n'est vraiment pas la panacée, surtout pour lui.

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Come as you are

16 Octobre 2011, 21:31pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

DSC05087.JPGNon, je me spécialise pas dans les billets à titres de chansons. Non, il n'y a pas de grunge ni d'hommage aux 20 ans de Nirvana dans ce billet. Du tout.

En revanche, il y a une après-midi au soleil, des copains (dont on doute un moment qu'ils viendront, étant donné que le gros de la troupe est arrivé vers 15 h 30. Avec un débarquement de poussettes, sieste terminée, vers 17 heures).

Ce week-end, une bonne année après notre déménagement, on a enfin pendu la crémaillère. Cela faisait un an que le Capitaine m'en parlait. J'avais dit au printemps, qu'on ait le temps de s'installer un peu. Mais au printemps mariages, travaux et communions en tous genres ont vite rempli le calendrier. L'été est passé. On avait toujours pas trouvé de date. Septembre, c'était vite bouclé, entre un mariage, une brocante. Ce qui nous menait à Octobre. "En octobre, on est pas sûrs de profiter du jardin", grommelait mon cher et tendre. Mais Dieu merci, on a l'automne le plus chaud depuis 1921 en Île-de-France. Le week-end dernier, quand nous avons passé notre dimanche enfermés alors qu'une fine bruine tombait sans discontinuer, j'ai commencé à douter. "Tu vois, je t'avais dit qu'il fallait le faire le week-end dernier", disait le Capitaine en regardant la pluie. En cas de mauvais temps, où faire tenir la quarantaine d'amis, progéniture comprise, qui avait dit passer ?

Pour satisfaire tous les agendas, nous avions convenu d'une formule "maison ouverte", de midi à 18 heures, étant dit que certains viendraient déjeuner, juste prendre un café, relayés par d'autres pour le goûter. Mais la chance était avec nous : nous avons choisi le dernier dimanche de l'été indien.

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La veille, après avoir déposé Petit Brun et Petit Châtain chez leurs grands-parents pour pouvoir avoir le temps de faire les courses et la cuisine tranquilles, nous avions été au pays où la vie est plus grande, avec un logo jaune et bleu, mais beaucoup plus pro, qui nécessite une carte magique pour entrer. Là, on a fait le plein de bonbons (2 kilos de crocrodiles, des mini carambars, des chamallows), de fromages, d'œufs,  etc. avant de se mettre six heures en cuisine (j'ai capitulé à 23 heures, le Capitaine a continué jusqu'à 1 heure du matin). Mais nous avions de quoi décemment recevoir nos invités, dont finalement très peu sont passés déjeuner, beaucoup prendre un café et des desserts, et certains uniquement pour goûter. Le soleil nous a tous fait profiter des chaises longues et les enfants de la tente (décédée depuis sous les coups des monstres). Il y avait des femmes très enceintes qui n'en pouvaient plus, des femmes dans le premier trimestre de leur grossesse dont on espérait qu'elles passeraient les prochains caps avec succès et dont la présence, en dépit des difficultés, nous était une grande preuve d'amitié. Il y avait des copains célibataires et célibattants qui ont supporté le comportement tout à fait odieux de Petit Brun tant que les autres enfants de son âge n'étaient pas arrivés (ensuite, on l'a beaucoup entendu mais peu vu), des bouquets de fleurs, des macarons prestement planqués, et des chocolats ramenés de Suisse, après une commande pour le fun sur Face de bouc - mille mercis Sébouille ! - trois, quatre conversations commencées en même temps et jamais finies, des visites de la maison du sol au plafond. Cette maison que certains n'avaient jamais vu de jour, qui la trouvaient très grande, des enfants jamais aperçus qu'endormis dans leurs lits qui paraissaient tellement grands déjà, un tout petit bébé qu'on a à peine entendu, un chat qui devient de plus en plus sociable, sauf quand des garnements la poursuivent en hurlant. Mais déjà, le soleil se couchait, l'ombre devenait rasante. Le cercle des chaises longues, déjà déplacé une fois, ne pouvait plus être reculé plus loin. Le clan des poussettes repartait déjà, avec la promesse de dîners et de goûters pour réchauffer l'hiver. Un hiver qui promet d'être rude. La maladie rôde et les nouvelles de mes grands-parents du Nord ne sont pas bonnes. Cela a beau être dans l'ordre des choses, quand l'horizon s'obscurcit, il est toujours trop tôt.

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These shoes aren't made for walking

9 Octobre 2011, 22:16pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

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Parfois, organiser un cadeau commun pour une amie peut tourner à la partie de plaisir. Si, si. Vendredi dernier, je suis donc allée chercher une paire de Louboutin.
12 h 30 : je parviens à m'exflitrer du bureau. J'ai rendez-vous à 13 heures rue de Grenelle avec Amélie devant la boutique. D'après les commentaires laissés sur Internet, les vendeuses ont l'air odieuses. Alors j'ai enlevé mon uniforme jean-T shirt pour m'habiller un peu plus, histoire de ne pas faire tache dans l'écrin de la boutique.

12 h 35 : j'ai oublié mon portable à la maison. Si Amélie essaye de m'appeler, elle ne pourra jamais me joindre. Bon, après tout, elle n'a pas envoyé de mail pour dire qu'elle ne pouvait pas venir (en fait si, mais il est passé en spam et je ne m'en apercevrai que trois jours plus tard). Et dans les années 1990, au siècle dernier, quand on se fixait un rendez-vous, on arrivait quand même à se retrouver, non ?
12 h 50 : Mais où est le Saint des Saints ? Ha ha, suivant ma bonne habitude, j'ai pris la rue dans le mauvais sens.

12 h 58 : Amélie est là. On entre dans la boutique, moquette rouge partout, des Louboutins à perte de vue. Les deux vendeurs sont déjà occupés avec une blonde très indécise. Et une fille qui a un problème de semelles. On passe en revue les chaussures, on ose à peine les toucher.
13 h 05 : Amélie me dit que notre amie a flashé sur des balllerines, mais qu'elle trouve ça bizarre tout de même, de vouloir absolument une paire de ballerines de chez Louboutin. On tombe d'accord pour dire que des ballerines chez Repetto, ok, mais des ballerines de chez Louboutin… Pas question ! D'autant que celles en vitrine sont écossaises avec un bout argenté... sont un peu trop néo-16e. Bref, on reprend notre étude de marché.

13 h 15 : on a mis de côté les chaussures à paillettes (2 000 euros, prestement remises en place). On soupèse les chaussures, on les tourne de tous les côtés, les Pigalle vernies portent bien leur nom, je me laisserai presque tenter par les vernies rouge (et pourtant j'aime pas les chaussures vernies), finalement on se décide pour du velours. Ils sont hyper cools dans cette boutique, on peut tout toucher, commenter, critiquer, soupeser... Du velours, ok, mais quelle forme ? Pointue, ronde ? Finalement, un modèle (dont j'ai oublié le nom mais que je rebaptise "Audrey Hepburn")  me paraît fait pour notre amie : élégant, girly mais pas trop. Et on se décide pour le plus cher, comme cela, s'il y a besoin de faire un échange, notre amie n'aura pas besoin de compenser de sa poche, c'est tout de même plus élégant.
13 h 20 : on demande à John Lennon, euh au vendeur (pas du tout fringué, lui ! Cheveux longs en dessous des épaules, petites lunettes rondes, jean à trous et poétique tatouage de roses naïves qui s'enroulent autour de ses bras) une paire d'« Audrey Hepburn » en 37 1/2 (la taille a été dûment vérifiée par l'Homme de notre amie, et après avoir mené l'enquête auprès de détentrices de Louboutin, qui sembleraient tailler petit, on prend une demi-taille au dessus.
13 h 25 : John Lennon nous tend la boîte de chaussures entourée d'un joli ruban. Comme c'est un cadeau, je lui demande si on peut avoir un emballage, parce que tout de même, c'est un cadeau. « Christian ne veut pas », nous répond-t-il doucement mais fermement.
13 h 28 : d'un coup, je me demande si ma carte bleue va bien vouloir fonctionner, je n'ai plus en tête le montant hebdomadaire autorisé et ce serait ballot de devoir payer par chèque avec quatre pièces d'identité. Ouf, le dieu du commerce est avec moi, ça passe.
13 h 30 : on quitte à regret la boutique, mais je me dis qu'on peut toujours y retourner pour essayer sans acheter (en laissant la carte bleue et le chéquier au Capitaine, par exemple, pour éviter tout risque). D'autant que je ne sais pas marcher sur 12 cm de talons (« mais avec la plate-forme, la cambrure n'est que de 10 cm », nous a rassuré John Lennon.)
13 h 35 : je me la pète grave avec la poche estampillée Louboutin au bout des doigts.
13 h 40 : il commence à pleuvoir. Bien ma veine, la poche Louboutin est en papier kraft et elle doit survivre jusqu'à samedi. C'est pas gagné.
13 h 50 : alors que je rallie le bureau, une des lanières de la poche se détache. Je suis dégoûtée. Heureusement, à l'épicerie italienne, le patron me donne un coup d'agrafeuse pour que la poche tienne le coup jusqu'à samedi.
14 h 30 : les fashionistas du bureau tournent autour de ma « précieuse ». Mais hors de question de délier le nœud et de les regarder.
19 h 00 : je rallie les Champs-Elysées où je rejoins Sophie pour un ciné. C'est là que la deuxième lanière casse. Et pas la moindre agrafeuse à l'horizon.
19 h 30 : le seul endroit où dîner rapidement sur les Champs, c'est un restaurant gastronomique dont le nom commence par Q et finit par k. Je proteste mollement en disant que les Louboutin vont avoir l'odeur des frites et que l'on risque de faire des traces de gras sur la poche, où ce qu'il en reste, mais en même temps, j'ai hyper faim.
20 heures : je mets la poche sur un siège à côté de nous, histoire que personne ne le pique pendant la séance, sait-on jamais.
23 h 30 : j'ai passé 20 minutes dans le train à trouver une solution pour rentrer en vélo avec une poche contenant des Louboutin aux lanières cassées. Finalement une seule solution : poser le sac sur le siège bébé et pousser le vélo jusqu'à la maison.
Le lendemain, 19 heures :

Comme on est hyper à la bourre et que ce serait vraiment pas discret d'arriver avec la poche chez notre amie, profitant de ce que l'on enchaîne deux anniversaires de trentenaires, on planque le sac Louboutin avec nos déguisements de chasseurs (c'est une soirée d'anniversaire Chasse et moustaches) dans un énorme sac Tati. C'est là que je m'aperçois que nous n'avons pas utilisé toute la cagnotte.

19 h 30 : pour la solder, direction le fleuriste, pour un gros bouquet de fleurs et une orchidée.
00 h 15 : après avoir soufflé ses bougies, reçu son bouquet et admiré l'orchidée, notre amie reçoit de bonne grâce notre immonde sac Tati. Et s'illumine quand elle découvre la boîte à l'intérieur. Comme recommandé par John Lennon, on lui fait essayer les chaussures sur de la moquette, pour ne pas abîmer la semelle. Finalement, elles sont un peu grandes (les autres Louboutin girls auraient-elles des pieds larges ?), mais leur propriétaire est aux anges... et peut aborder sa nouvelle dizaine avec des semelles rouges aux pieds !

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Le syndrome jaune et bleu

3 Octobre 2011, 21:18pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

DSC04228.JPGGénéralement, le mal me prend en septembre. Des catalogues aux maisons impeccables débarquent dans ma boîte aux lettres, avec mille idées pour avoir la maison de la famille Ricoré. Si je suis sûre que les membres de ma maison feraient des mannequins tout à fait plausibles (le papa bricoleur, les anges descendus du ciel et la chatte angora tricolore alanguie telle une diva sur le canapé), je suis beaucoup moins sûre du décor.

En revenant de Colombie, les yeux éblouis de couleurs, mon décor quotidien me sortait par les yeux. Et après avoir parcouru de long en large les catalogues reçus, j'ai été reprise du syndrome jaune et bleu. Dont la victime collatérale a été ma coloc de l'été, Sophie, obligée de m'assister sans broncher lors de studieuses soirées. Le syndrome jaune et bleu se manifeste par une soudaine poussée de rangement et d'envie de vide. Alors que j'entasse pendant 11 mois des magazines, découpe des pages de journaux (mais sans aller jusqu'à me faire un aussi beau carnet de tendances que celui de ma copine Vio que l'on peut admirer ci-dessus - le carnet, pas ma copine), sous l'effet du syndrome jaune et bleu, je balance tout. Notre chambre, celle des enfants ont bénéficié chacune d'une soirée de soins constants, destinées à enrayer le bazar ambiant. Dégager notre commode, trier le bazar de la petite table de nuit, trier les livres qui sont venus s'accumuler par strates. Découvrir des piles de courrier (jetées là avant un dîner, pour faire style on a une maison presque parfaite, le rangement de fortune) datant de Mathusalem. Faire un sac de vêtements à donner. Faire un sac pour la pharmacie en culpabilisant de tous ces médicaments pas consommés et périmés.
Point culminant du syndrome : aller se ressourcer dans le temple jaune et bleu. Comme 500 autres personnes à la même époque. Le circuit du magasin en lui-même impose de passer par tous les rayons. Mais comme fin août, on avance comme à 18 heures dans les couloirs du métro dans le magasin, pas moyen d'y couper. Pour ma part, voir si en vrai, les objets et astuces de rangement sont aussi classes que dans les magazines. Généralement, c'est la déception, au niveau des matières (cheap), du toucher des matières (trop rêches). Et puis, quelle idée de se meubler uniquement en jaune et bleu ; c'est bien mieux de procéder par petites touches, pour créer son style, dissertions-nous avec Sophie en tentant de trouver un lit pour Petit Brun. Quelle bande de cruches. Un léger détail m'avait échappé : la chambre de Petit Brun et de Petit Châtain est quasiment intégralement meublée en mobilier suédois. Les lits. Les petits casiers carrés, dédoublés, un pour chacun. Le panier à peluches. La table et les deux chaises. La table à langer, vintage certes (© 1992), jaune et bleue quand même, c'est mon ancien bureau, super table à langer positionnée dans la longueur, pas homologuée niveau sécurité mais les petits ont survécu. Le tapis. Et je ne parle pas des draps, housses de couette, jeux... Tu parles d'une déco originale !
Il n'empêche. Début octobre, le syndrome n'est pas tout à fait circonscrit. J'ai encore des boîtes à monter pour ranger les affaires d'été, mais avec cette canicule, je suis bridée dans ma rangeoïte aigüe. J'attends que le Capitaine ait presque terminé le placard commencé ce week-end pour que les cartons-d'informatique-à-ne-trier-sous-aucun-prétexte-on-ne-sait-jamais-ça-peut-servir (et dont curieusement, en sept ans de mariage, on ne s'est jamais servi...) quittent les combles et que cette pièce ait moins l'air d'un dépotoir. Puis il y a tous ces bricolages jamais mis en place : des sacs pour trier le linge avant les machines, recouvrir les coussins du convertible, faire des housses de couette avec des batiks indonésiens et le tissu polynésien... qui commencent à remplir un placard entier. J'ai des envies de stores pour ne plus être hypnotisée par les lumières de l'écran des voisins d'en face (qui eux aussi n'ont pas de rideaux). De couvrir tout le jaune mexicain de la maison d'une couleur douce et moins agressive, mais je n'ai pas encore déterminé laquelle. Mais je sais que l'hiver, les aléas du quotidien calmeront petit à petit le syndrome. Jusqu'à la rentrée prochaine.

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48 heures de soleil en plus

2 Octobre 2011, 21:51pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

DSC05068.JPGEtre en robe d'été un 1er octobre, record battu. Passer le week-end pieds nus, jusqu'à 20 heures, être dehors pour déjeuner, même pour dîner samedi soir, privilège des petits qui dînent avant la nuit... Je crois que nous avons profité de toutes les minutes de soleil de ce week-end, même si Petit Brun déplorait l'oubli de ses lunettes de soleil à La Rinissé.
C'est ce week-end que le déclic s'est fait et que les petites roues de son vélo ont été démontées pour vrai. Petit Brun n'a plus besoin de son père pour se lancer, juste encore pour veiller sur lui dans la petite rue, peu passante, mais surtout pour le réceptionner en cas de gamelle, puisqu'il omet tout simplement de se servir de ses freins, préférant freiner avec ses chaussures... Il ne monte plus sans son casque orange sur un vélo (le sien ou celui de ses parents). Il faudra sans doute un nouveau destrier pour Noël : ses genoux cognent le guidon, maintenant. Quand le fameux vélo bleu lui a été offert pour ses deux ans, il pouvait à peine pousser sur les pédales, ses oncle et tante avaient vu un peu grand ( « mais comme ça, ça durera longtemps »).

Epuisé par une heure de vélo cet après-midi, Petit Brun a été parfaitement odieux quand les amis sont venus goûter (il s'agissait aussi d'épater la petite voisine, ahum). Pour mieux s'écrouler, endormi dans le salon, juste au moment de passer à table, et de redescendre dîner une fois l'histoire lue et son frère couché.

J'ai finalement retrouvé les affaires de l'hiver dernier qui avaient mystérieusement disparu et, avec la petite moisson trouvée samedi, Petit Brun peut affronter les premiers frimas (et avoir un peu de temps pour trouver un manteau digne de ce nom). Pour Petit Châtain, je n'ai pas encore ressorti la caisse des "3 ans"… Trop la flemme de changer les vêtements de saison. Car à partir de mardi, l'automne, le vrai, est là... Vu l'aspect paillasson de la pelouse, un peu d'eau ne serait pas de trop... Je demande juste un peu de soleil pour notre crémaillère (un an et des brouettes plus tard, il serait temps !!!)

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