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La petite maison dans la banlieue

Silence, ça pousse....

31 Mars 2014, 20:38pm

Publié par lapetitemaison

Silence, ça pousse....

C'était la dernière phase des travaux. Le jardin, et plus particulièrement la pelouse, avait bien souffert du matériel – et des gravats – entassé là au gré des travaux. Quand nous sommes revenus en septembre, on ne pouvait pas ouvrir le portillon, coincé par une montagne de déchets. La cheminée s'était cassée sur la lavande, des tuyaux avaient creusé des sillons dans le gazon... La décision fut prise d'attendre le printemps pour remettre la pelouse en état, et carrément la resemer, car la nôtre était plus moussue qu'autre chose, parsemée de pissenlits et pas vraiment très plane...

Démonté le bac à sable, arrachés les deux althéas qui poussaient trop près du mur (et contrariaient mes projets de treille), aplani le potager (les jardiniers nous ont donné un pot de petites pommes de terre qui dormaient encore bien au chaud), recréée une allée qui mène à la descente vers le sous-sol, emprunté tous les jours pour sortir et rentrer le carosse de Colombine : l'herbe nouvelle n'aurait pas résisté longtemps. Il a fallu également remettre à niveau les vieux pavés de l'allée, qui s'étaient enfoncé sous le poids des matériaux - créant une mare les jours de pluie – reboucher les trous que le maçon n'avait plus envie de revenir combler, et changer enfin la barrière qui nous sépare d'Yvette, la voisine. En concertation avec elle, nous avons choisi un grillage aéré pour qu'elle puisse continuer à profiter des fleurs du pommier du Japon et du rosier. Elle est ravie du résultat.

Silence, ça pousse....

Le jardin n'est plus qu'une étendue brune. J'ai peine à croire que, malgré les 15 minutes d'arrosage quotidiennes (sauf en cas de pluie, mais il ne pleut pas beaucoup ces jours-ci), bientôt il verdira, enfin si les merles n'ont pas mangé toutes les graines d'ici là (Tihi se révélant tout à fait inefficace comme chat de garde) et si Tihi, donc, cesse de prendre le jardin pour une litière géante...

Cela nous oblige à emprunter des chemins compliqués pour rentrer, notamment avec les vélos (rentrer ceux-ci par le grand portail, le fermer à clé, puis emprunter le portillon). Petit Brun et Petit Châtain jouent dans la rue. Où ils ont passé quasiment tout le week-end à jouer avec les petites filles qui se sont installées en juin dernier.

Pendant l'hiver, ils ne se sont pas croisés. Mais là, c'est parti : cris, courses, cache-cache pour eux, paix royale pour nous (occasion de ranger pour moi, sieste au calme pour leur sœur, terminer les bricolages pour leur père). Une vraie bénédiction !

En attendant d'avoir une pelouse presque anglaise, une haie (je compulse le Truffaut des jardins trouvé dans mon soulier à Noël, même s'il faut bien avouer qu'il est lourd à tenir à bout de bras comme lecture du soir, c'est aussi un excellent somnifère), je me console avec les prémices de notre glycine, qui, pour sa troisième année, a fait énormément de fleurs.

Je ne l'ai pas taillée comme il l'aurait fallu cet hiver, ni montée sur un arceau au-dessus de la grille (elle s'enroule au milieu, tant pis)... Ce sera pour cet automne. Quand nous avons cherché notre maison, il y a presque quatre ans, nous avons visité quantité de maisons avec des glycines, ce qui me semblait être un excellent argument de vente. Hélas, nous avons acheté la seule maison sans glycine du quartier. C'est la première grimpante que j'ai planté, et elle a l'air de se plaire chez nous. J'attends son feu d'artifice...

Silence, ça pousse....

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Parés à plier

23 Mars 2014, 23:04pm

Publié par lapetitemaison

Parés à plier
Parés à plier

J'avais reçu l'e-mail pendant une réunion. Petit Bateau (qui est un peu la seule marque rigolote pour habiller les garçons, la seule dont les pulls résistent à mille lavages, que je fréquente sur les marchés, en magasin d'usine – il y en a un à 20 minutes en voiture de la maison – en boutique, pendant et hors soldes, et même sur Internet), Petit Bateau donc, proposait un atelier Pliages dans sa boutique des Champs-Élysées.

Chiche, me suis-je dit. Comme je ne gagne jamais à ces jeux-là, cela ne me coûtait rien d'essayer (et cela faisait passer le temps). J'ai bien fait, car pour une fois, j'ai gagné.
Samedi donc, une fois les devoirs faits et les quenottes de Petit Châtain examinées par le dentiste, nous sommes partis rejoindre la plus belle avenue du monde.

Après un déjeuner au Georges V Café (les garçons refusant d'aller chez Mc Do, si, si, c'est possible et ne voyant pas d'Hippopotamus à l'horizon), c'était presque l'heure de l'atelier. Tout avait été très bien préparé : une belle table bleue et blanche, un buffet à l'arrière-plan avec déjà des verres fermés et munis de paille (comme chez Starbuck's) pour les enfants.

6 enfants (3 filles, 3 garçons), 4 mères, 2 animatrices (allez voir le joli blog de Lisa). Des carrés de feutrine, quatre bobines de fil (bleu, rouge, jaune, blanc) et... des mini moulins à vent à confectionner et à coudre sur les marinières préalablement choisies. C'était un peu chaud de coudre à la chaîne les ailes des moulins et les fixer sur les marinières (j'étais la seule avec deux enfants), d'autant que je ne sais pas vraiment coudre, c'est ma sœur qui sait. J'ai tout de même appris à faire un noeud qui tienne la route et à doubler mes aiguillées pour que les points soient plus solides... J'ai à peine profité du buffet, (brochettes de fruits, macarons et mini cupcakes), au bout de deux heures, les enfants étaient moins concentrés (mais le serveur était impressionné par leur calme) et Petit Brun et Petit Châtain, Montebourg-isés en rayures bleues et blanches, sont repartis avec leurs marinières customisées (plus des origamis à faire, mais j'invoquais l'aide du Capitaine, j'avais déjà épuisé mon quota créatif du week-end).

Nous sommes rentrés en faisant de multiples pauses pipi, dont une sauvage avenue de Friedland (Petit Châtain s'étant réveillé à la sortie du magasin) et un arrêt crêpes ("nous n'avons pas goûté !") près de Saint-Augustin... L'opération chaussures a été faite (Petit Châtain n'aura plus de chaussures trouées lundi, ouf) et nous nous sommes offert une pause photomaton à l'ancienne au Citadium derrière Saint-Lazare : les enfants n'ont pas laissé les photos sécher assez longtemps, j'avais oublié l'odeur de l'encre, et le flash s'était réfléchi dans mes lunettes que j'avais gardé pour une fois... Mais pour 2 euros, on ne boudera plus notre plaisir quand on revient dans le quartier !

Parés à plier
Parés à plier

Aujourd'hui, entre deux ondées, nous avons fait des origamis (le Capitaine étant bien plus doué que moi, comme prévu), qui ont fait une très jolie décoration de table pour l'anniversaire de Colombine, qui a soufflé sa bougie avec 48 heures de retard. En fait elle n'a rien soufflé du tout, mais essayé de mettre sa main dans la flamme et très vaguement joué avec l'adorable mouton à roulettes que nous lui avons offert : en ce moment, c'est mon sac à main (et tout ce qu'il contient) qui la fascine.

Parés à plier
Parés à plier

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Au 366e jour

21 Mars 2014, 21:15pm

Publié par lapetitemaison

Au 366e jour

Tu souris, tu babilles, tu « jases »
Tu dit « mamama » et « papapa »
Tu as gardé les yeux bleus, tes cheveux ne sont jamais tombés et prennent des reflets un peu roux,
Tu souris, rit (parfois un peu grassement) aux éclats
Tu envoies des bisous dans l'air
Tu aimes être dans les bras
Tu fais tourner tes mains, tu aimes "les petites marionnettes", tu connais à cheval gendarme" par cœur

Tu détestes rester seule dans ton parc
Tu as très bien compris que pleurer sans larmes permet de sortir du parc/du lit ou au moins de faire venir quelqu'un près de ta porte
Tu rampes façon commando de parachutiste, roule-boule et t’assoit seule
Tu ne marche pas encore, et jusqu'à présent, on doit bien dire que cela nous arrangeait. Maintenant, tu pèses un peu lourd sur mon bras

Tu es un bébé facile, que l'on voit pas grandir, sauf à chaque changement de taille de vêtements
Tu as fait tes nuits vite, et période de poussées dentaires non comprises, tu fais le tour du cadran, pourvu que tu aies ta souris bleue près de toi
Tu t'endormais avec un lange sur les yeux, les dames de la crèche avaient peur que tu ne t'étouffes
Tu as supporté des multiples changements de chambre et dormi quasiment six mois dans un lit pliant en attendant la fin des travaux

Tu as bien effrayé les puéricultrices avec tes épisodes de vomissements pendant la sieste de l'après-midi, de mi-décembre à mi-février, tu as même fait un tour dans l'ambulance du Samu
Tu as eu pour la peine radio, prise de sang et TOGD (Transit Oeso-gastro-duodénal), soit une radio et une scopie pendant l'ingestion d'un biberon à l'iode. Finalement, pieds en l'air, le radiologue a fini par trouver un mini reflux. Tout ça pour ça. Mais à la maison, tu as eu le bon goût de ne jamais nous faire peur

Tu fais des siestes énormes le week-end pendant que tes frères crient à tue-tête, alors qu'en semaine, le moindre bruit des autres bébés te réveille aussitôt
Tu supportes sans broncher les longs trajets en voiture et les journées à Disneyland passées en poussette et dans le porte-bébé, tu voyages sans papiers parce qu'on a toujours pas trouvé le temps de te faire ta carte d'identité, et non, décidément, la carte famille nombreuse n'est pas un papier officiel,

« Le troisième s'élève tout seul », dit souvent ton pédiatre. Dans ton cas, pour le moment, c'est presque sans souci. Bon anniversaire Colombine !

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Magnolia forever

19 Mars 2014, 21:46pm

Publié par lapetitemaison

Magnolia foreverMagnolia forever
Magnolia foreverMagnolia forever

Au bout de la petite rue, pile en face de chez Fatiha, tous les printemps, je guette l'éclosion. L'arbre est assez grand et large pour que ses branches dépassent du mur et viennent même s'aventurer dans le jardin suivant.



Cela dure si peu de temps : quinze jours de floraison à peine, et la brièveté participe certainement à mon émerveillement, chaque fois le même devant la beauté de ces fleurs cireuses, à la couleur changeante selon le moment de la journée et la luminosité, que même la lumière crue du lampadaire ne parvient pas à enlaidir une fois la nuit tombée.



C'est le plus beau magnolia du quartier, le plus grand, mais pas le seul. En ce moment, prendre le tramway est presque un plaisir des yeux : dans le décor minéral, les tous jeunes et encore frêles magnolias offrent une alternance de fleurs roses et blanches, ces dernières se déployant en étoiles...



On ne peut pas encore parler de « grands champs de magnolias » (tu ne vas pas y couper, lecteur, lectrice ! Et ne me remercie pas, c'est cadeau) jamais vu, tout comme des magnolias par centaines (cela dit, je n'ai pas encore compté ceux du tramway, en voilà une bonne idée pour supporter la promiscuité !)



Moi qui ne connaissait que le magnolia "lambda" du bout de la rue, mon cœur balance désormais entre deux variétés... Il va bien falloir remplacer le laurier rose mort du froid il y a deux ans... Magnolia ? Cerisier ? Haie de camélias touffus pour se cacher un peu des badauds du week-end ?



Pour le moment, difficile de se décider. La floraison est presque terminée, les pétales commencent à tomber. C'est le feu d'artifice qui annonce l'arrivée du printemps. L'air devient plus doux. Cette année, on a à peine senti l'hiver passer.



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Miam miam, loto, dodo

17 Mars 2014, 21:00pm

Publié par lapetitemaison

Miam miam, loto, dodo

Mardi soir, alors que je rentrais exceptionnellement tôt à la maison (soit à 19 h 25), je trouvais les enfants en train de dessiner à la cuisine, le Capitaine préparant le dîner (non, je ne cuisine toujours pas) et Cherry qui donnait le repas de Colombine. Vision idyllique du foyer après une harassante journée de travail (à lire avec le nez bouché comme un speaker d'avant-guerre).

« Bonsoir ! Tout s'est bien passé ? » demandai-je, histoire de vérifier puisque visiblement oui. En fait, non. « Petit Brun a fait une énorme bêtise », annonça le Capitaine, visage fermé. Je pensais à quelque chose de matériel. Cherry, raide comme la Justice, m'expliqua alors que le papa de Zoé l'avait alpaguée alors qu'elle allait chercher Petit Châtain au centre de loisirs. Le mot de "racket" fut prononcé : une sombre histoire de goûter.

Petit Brun n'en était pas à son premier fait d'armes, hélas : il y avait eu l'histoire des boulettes de papier toilette balancées au plafond des WC, le harcèlement d'une petite fille bouclée qu'il poursuivait avec ses acolytes K et E : "on va te brûler les cheveux !" « L'année de moyenne section, c'est un peu l'adolescence de la maternelle », avaient dit les institutrices pour nous consoler.

En comprenant que ça allait barder pour lui, Petit Brun adopta sa technique de défense préférée : faire semblant de pleurer très fort (ce qui sature nos oreilles), rejoint par solidarité par Petit Châtain. Une fois Cherry partie, Petit Brun fut dûment interrogé (et sa version mise par écrit, parce qu'elle avait déjà plusieurs fois changé depuis l'arrivée de son père).

En CP, les enfants n'ont plus de goûter préparé par le centre de loisirs et pris à la cantine comme en maternelle : chacun ramène une boisson et des gâteaux (l'institutrice ayant bien spécifié à la réunion de septembre que les chips et biscuits apéritifs étaient interdits) et le mange dans la cour.

Le « jeu du miam-miam », m'expliqua Petit Brun consiste en l'affrontement de deux bandes, qui se piquent plus les cartables que les goûters. Il faut éviter d'être pris et narguer les autres si possible en leur piquant leur cartable. Rien de nouveau sous le soleil.

Nous étions furieux que Petit Brun ait suivi le chef de file de son équipe sans jamais se poser de questions, que Cherry ait été alpaguée à notre place (il aurait été plus simple de juste lui demander nos coordonnées ou d'aller voir directement les animateurs du centre de loisirs, responsables de la surveillance de la cour).

Je complétais mon enquête par un coup de fil à la maman de S. « C'est dommage, S. dort déjà sinon je lui aurais posé la question ». Le lendemain elle confirma la version de Petit Brun. Mercredi soir, je fis un crochet par le centre de loisirs. Au fur et à mesure de mon récit, le responsable du centre de souriant devenait blême, m'assurant que les animateurs seraient avertis et qu'un point serait fait avec la directrice dès le lendemain. Plus besoin de mettre un mot dans le carnet de liaison de Petit Brun – celui-ci voulait échapper à la punition générale qui risquerait de tomber « c'est vraiment pas juste que ceux qui n'aient rien fait soient punis ». Le message était passé.

Miam miam, loto, dodo

Petit Brun faisant profil bas, aucune raison de ne pas aller au loto organisé à l'école le vendredi soir (en plus, une excellente excuse pour partir tôt du bureau, héhé). Deux heures de loto dans la grande salle qui sert de centre de loisirs m'a totalement lessivée. Nous avions eu la bonne idée de nous installer pile en face des enceintes, ce qui n'était pas très malin (mais bien pratique pour entendre les numéros).

Nous étions répartis en deux équipes : Petit Brun et son père, moi et Petit Châtain (scotché sur mes genoux à enquiller les verres d'Oasis). Les parents étaient censés amener à boire et à manger, las, pas de miracle de multiplication des chips ou des verres de Coca ce soir-là...Au tour de chauffe, Petit Châtain a gagné un ma-gni-fi-que stylo (publicitaire EDF 2013).

Heureusement, ce fut notre seul fait d'arme. Nous n'avons pas réussi à aligner 5 haricots sur la même ligne, ou 10 haricots sur deux lignes ou 15 haricots sur trois lignes... Yeux pleins d'étoiles de Petit Brun quand on énonça le lot pour les 3 lignes complètes de la première carte "une boîte de magicien", son air tragique et furieux – pour un mauvais joueur, l'essentiel n'est pas vraiment de participer — quand il a réalisé qu'il perdait non seulement sur la première carte mais aussi pour la deuxième... Avant de retrouver le sourire quand il pouvait enfin placer quelques haricots : « J'ai presque gagné ! » Mais la chance n'était avec nous, nous sommes repartis bredouilles, fauchés… et épuisés !

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Cinq années-lumière

11 Mars 2014, 20:45pm

Publié par lapetitemaison

0,1,2,3,4...
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Depuis fin février, Petit Châtain, tu a soufflé ses cinq bougies. Je ne les ai pas vues passer, ces cinq années. D'abord, parce que tu as été un bébé tranquille, souriant, que nous emmenions partout, qui restait à jouer dans son parc seul, ce qui n'a jamais été possible pour Petit Brun. Ensuite parce que tu as marché tôt, à un an, et que dès lors tu as suivi ton frère dans toutes ses aventures, dont tu partageais déjà la chambre.

Nous avons tendance à ne pas faire de différence entre vous, souvent à tort, car nous oublions alors que tu as deux ans de moins que Petit Brun. Souvent, tu dis que tu as les yeux et les cheveux noirs, comme lui. Alors que les tiens sont bleus et changeants comme le soleil sur la mer, selon que l'inquiétude les assombrissent ou que la joie les illuminent. Et tu as beau faire, si tes cheveux foncent avec le temps, chaque passage au soleil et au grand air ramène encore quelques paillettes d'or.
Tu as trépigné d'aller à l'école alors que ce n'était pas encore l'heure. Une fois en petite section, la maîtresse nous avait demandé si tu parlais à la maison, puisqu'elle n'entendait pas le son de ta voix en classe. Tu t'es rattrapé, n'hésitant pas à défendre son temps de parole "je parle ! Tu m'as coupé la parole !" J'ai rarement vu quelqu'un si heureux d'aller à l'école. Nous disant même, comme la semaine dernière, que les vacances avaient été un peu longues.
J'ai découvert cette année ta propension à te mettre la pression. Tout seul. « Il faut que je fasse pleins pleins d'efforts pour très bien travailler à l'école », m'as-tu confié un matin. Alors que nous ne faisons jamais de remarques sur ton travail – sauf quand tu refuses «d'être évalué en relation duelle sur les syllabes ». « J'ai complètement raté ton cadeau », m'as-tu dit un soir. Et au chalet, je t'ai retrouvé pas encore endormi parce que tu avais « de très gros problèmes en ski », alors que je ne t'ai jamais vu chuter au téléski et descendre les pistes si vite que je craignais à chaque fois le carambolage à l'arrivée.
Tu ne veux pas être grand. Mais pas être un bébé comme Colombine non plus. Tu as cherché ta place cet été dans cette nouvelle fratrie. Et tu l'as trouvée, dans ce duo complice avec ton aîné, ma plus grande fierté, et dans cette relation protectrice avec Colombine « la plus jolie des petites sœurs », comme vous le chantiez ce matin alors que nous étions une fois de plus à la bourre et qu'elle trépignait d'être dans sa chaise haute pendant que je me préparais à la hâte. Tu nous dis souvent que « quand on est vieux, on est mort », et je ne sais pas d'où te vient cette affirmation. L'autre jour, tu as demandé à ton père si tu pouvais l'accompagner à son bureau « quand je serais grand et qu'[il] ne sera pas encore vieux (sic) »...

Tu as encore le temps. Plusieurs quinquennats même. Profites-en !

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Chez Camille

3 Mars 2014, 22:58pm

Publié par lapetitemaison

Saucisse de Morteau et galette de pommes de terre.

Saucisse de Morteau et galette de pommes de terre.

Ce n'est pas un restaurant côté, guindé, qui a travaillé le décor autant que les produits. Quoique. C'est notre trouvaille sur le chemin du retour des vacances, dans notre traversée du Jura par les chemins de traverse, découvert grâce à Googlemaps cet été et retrouvé avec bonheur ce mois-ci, qui fait paraître moins longues les 9 heures de route.

Nous avions bien roulé (et réalisé une heure après le départ que Petit Châtain avait oublié ses doudous,dont le baveux. On a évité, on ne sait trop comment, le drame, et l'on a filé vers la frontière (sortant pour la deuxième fois ni vu ni connu une clandestine par la route : je me suis aperçue la veille du départ que Colombine n'avait toujours pas de carte d'identité ni de passeport. Seulement une carte famille nombreuse), que l'on a passé à 11 heures.

Dès 11 h 15, les enfants criaient famine (alors qu'ils grignotaient depuis le départ). On tenta une médiation sur le mode : "on s'arrêtera vers midi". Comme il faisait à peine 2 degrés dehors et que Colombine était chonchon depuis une semaine, poussée dentaire oblige, le Capitaine nous épargna le pique-nique dans la neige et dans le froid et l'on se mit en quête d'un restaurant.

Le problème des chemins de traverse, c'est qu'ils filent à travers la campagne. Voire des bourgs (mais il était à peine 11 h 20, trop tôt pour s'arrêter). Au pire, on passait par Poligny avant de raccrocher l'autoroute. A 11 h 56, quand on vit "Chez Camille Bar Restaurant", on stoppa net le minibus (en prenant soin de trouver une place tout de même) et l'on envahit le bar. J'avais quand même aperçu sur le muret du jardin trois plaques en métal du Routard, généralement de bon augure.

Ce n'est pas un ballon de rosé mais un verre de grenadine.

Ce n'est pas un ballon de rosé mais un verre de grenadine.

Miam...

Miam...

...Miam

...Miam

« C'est menu unique, assiette de pays, galette de pommes de terre et saucisse de Morteau, avec une salade, ça ira pour les enfants ? », demanda la dame. Les enfants ont complètement aimé. Nous aussi. Pour patienter, nous avons eu droit à un verre de chardonnay (les dessous de table de la route des vins du Jura 2008 indiquait que j'avais droit à un verre, le Capitaine trois ou quatre, on est restés à un verre chacun) et les garçons à un verre de grenadine. On avait tellement guetté le restaurant qu'on ne savait même pas le nom du village où nous nous étions arrêtés. « Saint-Germain-en-Montagne ». La saucisse était parfumée, les galettes de pomme de terre fondantes et légères, juste salées comme il faut. Nous n'avons pas fini l'énorme saladier de salade au comté, un peu trop pour deux personnes, les garçons ne mangeant pas de salade. Petit Brun a tout dévoré, Petit Châtain a préféré les saucisses aux pommes de terre. Nous avions à peine fini les assiettes des enfants qu'un deuxième plat de saucisse et de galettes arrivait : « Il faut prendre des forces pour faire la route », commenta la cuisinière. Deux glaces au chocolat et deux canards dans un café plus tard (Petit Brun et Petit Châtain avaient eu les yeux plus gros que le ventre), nous sommes repartis. Certainement un de mes meilleurs souvenirs culinaires, parce que tout à fait inattendu, le premier de l'année 2014. Il va sans dire que le soir, nous avons jeûné !

Chez Camille, les sucre sont à l'abri dans une soucoupe volante.

Chez Camille, les sucre sont à l'abri dans une soucoupe volante.

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