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La petite maison dans la banlieue

L'oreille cassée

29 Mars 2012, 20:48pm

Publié par lapetitemaison

IMG_20120329_094506.jpgDepuis deux jours, Petit Brun couinait qu'il avait mal à l'oreille, symptôme qui disparaissait comme par enchantement dès que l'on parlait de lui donner du Doliprane. Nous avions mis cela sur le compte de la fatigue. Mais ce matin, quand il est venu nous réveiller en pleurant, j'ai compris que l'otite était bien là. Petit Brun était chaud, un peu de température, et surtout prêt à boire la bouteille de Doliprane tellement il avait mal.
Après dix minutes à jouer à "qui va garder le nain malade aujourd'hui ?", une sorte de courtepaille incluant les réunions et autres échéances dans nos bureaux respectifs, j'ai vite capitulé et sorti le joker "jour enfant malade". Il faut dire que j'ai une sacrée avance sur le Capitaine, et ai découvert récemment que pour deux enfants, j'ai le stock faramineux de 10 jours enfants malades, contre 1 seul pour le Capitaine.

Lundi matin, j'avais gardé - mais en télétravail, ce qui n'est pas la même chose - Petit Châtain, qui avait trouvé le moyen en trois heures (de 5 heures à 8 heures, sinon c'est pas drôle) de repeindre draps, housses de couette, taies d'oreiller et pyjamas. Une sorte de gastro. J'avais préféré le garder au chaud.
Là, il fallait emmener Petit Brun chez le médecin. D'habitude, on obtient un rendez-vous vers 17 heures. Aujourd'hui, " le docteur est en congés et il n'est pas remplacé", gazouilla la secrétaire. Non, il n'y avait pas d'autre généraliste dans le cabinet, "mais vous pouvez prendre rendez-vous avec l'ORL, si vous voulez". Je répliquais que pour une simple otite, fallait peut-être pas pousser. Je cherchais un médecin généraliste, option homéopathie, pour rester dans le sentier lumineux du docteur Lumière. Las, aucun homéopathe dans le coin ne répondait. Je finis par appeler Fatiha pour retrouver le nom de son généraliste. Miracle, celui-ci consultait à partir de 14 heures.
En attendant d'aller chez le médecin, une fois le bureau et l'école avertis (à 9 h 30, hum, cela m'était totalement sorti de la tête) de l'intermède médical du jour, nous avons joué, lu des livres... Car Petit Brun, dopé par le Doliprane, eut une heure de grande forme. Avant de s'endormir en écoutant un conte. Je dus le réveiller pour le déjeuner, pris en tête-à-tête sur son lit. Une fois de plus, le plateau de lit (avec pieds), un achat que le Capitaine avait trouvé tout à fait ridicule, reprit du service. Petit Brun ne voulait pas manger, mais moi oui. Finalement, il picora un peu, s'habilla en ronchonnant, direction le cabinet médical, lestés de trois bouquins, pour la salle d'attente. Où on entra même pas, puisque nous étions les premiers patients de l'après-midi.

Mon diagnostic était bon : une otite. Qui nécessitait que Petit Brun reste à la maison demain également. Problème : demain, je dois VRAIMENT être au bureau. Tante Anne et Mané étaient dans l'Eurostar pour Londres, Grand-maman noyée dans ses bacs blancs et bien enrhumée... Pas de plan B : le Capitaine sacrifia donc son jour enfant malade 2012.

J'avais beaucoup d'ambition pour cette journée : et finalement, à part trier les médicaments périmés, je n'ai rien fait de plus... Car jouer au jeu des familles (une sorte de Memory que Petit Brun connaît par cœur et au cours duquel il multiplie les entourloupes pour gagner), lire des livres à la chaîne occupe bien la journée. Seul bienfait : la sieste calamiteuse que nous avons faite cet après-midi. Et si Petit Brun ne s'était pas réveillé mort de faim, je dormirai sans doute encore !

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Dimanche au soleil

26 Mars 2012, 20:51pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

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Après deux semaines de jours radieux enfermée au bureau et de week-ends nuageux ou bien carrément pluvieux (c'est mon intro Météo France), nous avons passé le week-end dehors. J'en avais rêvé toute la semaine : sortir les chaises longues, se poser et ne rien faire. Dej2403Avec le premier déjeuner en terrasse de l'année chez Grand-maman et le grand Grand-père samedi (celui-ci, bien que subclaquant le vendredi soir, a poussé le vice jusqu'à petit déjeuner dehors samedi matin), puis tri des trésors pour la brocante de samedi prochain. Mais le Capitaine avait rendez-vous avec sa commère, celle de son futur filleul, prévu pour fin mai. Une réunion au sommet avait été organisée par les futurs parents, et l'après-midi au soleil fut un délice. Alors que la route avait été étonnament dégagée à l'aller, nous n'avons pas échappé aux bouchons du premier après-midi printanier de l'année. Le soir, invités à un anniversaire du côté de Bastille, nous avons bien failli faire demi-tour tellement il devenait évident que nous n'arriverions jamais à garer le minibus. Même le parking indiqué par la tante Nicole était blindé. Après avoir fait du lèche-vitrine (bien involontairement) du côté de la place des Vosges, on alla engraisser Vinci (10 euros de parking la soirée, mmmh), car 1) la maréchaussée était de sortie 2) toutes les voitures mal garées avaient des sabots. On a joué la sécurité...

gateau2503Du coup, le lendemain, nous avons grasse matiné, Petit Brun et Petit Châtain ayant choisi de ne se manifester qu'à 9 heures. Le petit déjeuner traîna en longueur, on décida d'aller à la messe le soir. Il fallait remettre de l'ordre dans la maison, faire tourner la machine à laver (ma prérogative. Et deux soirs sans être à la maison, c'est autant d'accumulation de linge...). La lumière qui entrait à larges flots rendait encore plus insupportable le bazar de notre chambre : il était temps de ranger un peu, de trier les magazines, en attendant que les accumulations ne se reforment. Nous avions choisi de ne pas courir : les garçons firent donc un gâteau ("avec des fraises, des raisins, des abricots, de la farine, des œufs, du lait de riz" détaillaient-ils). J'ai étrenné mon premier T shirt sans manches de l'année, acheté à Londres, il n'y a pas si longtemps que cela, et pourtant, que cela semble bien loin déjà.
Linge2503J'eu juste le temps avant que l'on ne passe à table (à l'intérieur, il ne fait pas encore si bon pour déjeuner à l'ombre, nous n'avons toujours pas de parasol...) de passer un chiffon sur les fils à linge, pour mon premier plaisir de la ménagère du printemps : étendre la lessive dehors. Une opération qui prend du temps, peut-être, mais le linge sèche mieux, est plus facile à repasser car moins froissé qu'au sèche-linge (mon sauveur de l'hiver, il faut le reconnaître). J'avais même vu un peu grand et ne put tout mettre dehors cette fois-ci. Il me faut reprendre mes marques. Normalement, dans quelques semaines, il ne faudra qu'une heure et demie pour qu'une grosse lessive ne soit sèche, et pouvoir en aligner plusieurs dans la journée. Fin de la minute écolo-bobo.
Mieux que les chaises longues, chiliennes et autres transats, j'avais envie que l'on installe le hamac, ramené il y a quelques années par le parrain de Petit Brun d'un voyage en Amérique du Sud. Difficile à ce moment là de suspendre ce hamac dans notre appartement, et à La Rinissé, le chêne était encore trop jeune. Le hamac resta donc presque six ans dans un carton. Mais cette année, j'avais glissé dans la hotte du Père Noël une structure de hamac. Certes, j'avais omis de mesurer ledit hamac. Celui-ci est donc beaucoup trop grand pour la structure... Mais, après quelques ajustements, s'avère parfait pour Petit Brun. Si le Capitaine y monte, il touche presque terre, moi un peu moins et Petit Brun se balance parfaitement. Bref, c'est un peu Boucle (dort) et le hamac. Le hamac est en outre un parfait contenant de Petit Brun, qui y passa l'après-midi dedans, se balançant, changeant 10 000 fois de position, enlevant ses bottes, les remettant pour aller chercher Nounours, réclamant une couverture, jetant tout par-dessus bord… Et réclamant, au final, qu'on l'emmène cet été à La Rinissé.
Hamac2

Hamac32503Je m'étais un peu activée : désherbage au pied des rosiers, envahis de mauvaises herbes. Découverte d'un rejet de lilas qui a l'air de prendre racine. Visiblement, un rameau coupé à la fin du printemps dernier a bourgeonné. Nous l'avons déplacé derrière le laurier rose (qui a vraiment très mauvaise mine), en espérant qu'il s'y sente bien, et finisse par nous masquer de la rue. Les myosotis ne sont pas revenus... Ce n'était peut-être pas l'affaire du siècle de les acheter chez un fleuriste parisien. Mais peut-être que dimanche prochain, je pourrais en prendre quelques pieds dans le jardin du petit Grand-Père, ainsi que du muguet, nous n'en avons pas. Et je rêve de pois de senteur, « attention, c'est très invasif », me disait-on ces jours-ci. Mais je voudrais bien qu'il recouvre le grillage mochard qui nous sépare du voisin, et nous masque de la rue ! On décida de reprendre le potager en main après Pâques, une fois que nous aurions accompli une razzia dans notre serre tourangelle préférée : ce serait toujours meilleur marché qu'en région parisienne. Le Capitaine remit le goutte à goutte en marche : le programmateur était visiblement mort de froid cet hiver dans l'atelier. On programma un traitement anti-puces pour les rosiers, histoire d'éviter de l'invasion de l'année dernière. 

goûterPetit Châtain, qui ne voulait pas faire la sieste, ne se réveillait jamais. Je finis par aller le chercher pour le goûter, le premier dehors. Premiers sirops d'orgeat. Il faut quand même une bonne dose de soleil pour l'apprécier…
Je commençais à me dire que nous avions enfin tourné la page de l'hiver et de ses maladies diverses… Las, Petit Châtain nous rappela, entre 5 heures et 8 heures du matin, que les virus étaient encore là : trois housses de couette, trois draps housses, trois taies d'oreiller et autant de pyjamas y passèrent. Il termina sa nuit dans notre lit... Et il faisait jour depuis longtemps déjà. On va encore attendre un peu pour le changement de vêtements...

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Prémices

18 Mars 2012, 21:48pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

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Nous avions prévu de nous réunir en février, mais la neige avait empêché Vio de rejoindre la capitale. Cette-fois ci, miracle, à part la fille de l'Est, partie skier, nous étions huit au rendez-vous. Nous avions projeté de revenir à l'Echappée, spa découvert l'année dernière lors d'un enterrement de vie de jeune fille. D'un excellent rapport qualité-prix et plus vaste que notre hammam favori, qu'il fallait prévoir des semaines à l'avance, ce qui avait fini par nous lasser (d'autant qu'il était vraiment à l'autre bout de Paname), nous nous étions jurées d'y revenir. Cela nous a pris... quasiment un an.
Cette fois-ci, malgré des budgets serrés, on essaya le brunch de l'endroit. Ce qui, pour une journée qui commençait à 13 heures, était tout indiqué. Petite salade de fruits, thé ou café, jus d'orange (pas du tout docteur Lumière compatible, hum hum), cakes délicieux, mousses au chocolat à tomber (et encore, je n'ai pas cédé aux sirènes du plateau de fromage, pas pris de tartines de confitures)... Je me contentais du crumble de légumes, au lieu du cocktail explosif œufs brouillés/pommes sautées. Mais quand la longiline et blonde (et jeune) serveuse vient nous demander : "et en dessert, nous avons du pain perdu..." On tomba toutes dans le piège, et il était délicieux (d'autant que le "pain" était tout bonnement de la brioche). De l'avis général, le brunch en valait la chandelle et l'on mit même du temps à gagner le hammam, pour enfiler maillots de bain, tongs et peignoirs moelleux. À cause (ou grâce à) la défection de Laeti, qui préférait rester chez elle se reposer (nous la rejoindrons pour le dîner et la soirée), je bénéficiais d'un gommage... pas plus mal pour commencer le printemps que de laisser sa vieille peau d'hiver... Avons-nous laissé un peu de la fatigue et des coups du sort de cet hiver dans la vapeur du hammam ? Les difficultés de la vie sont-elles solubles dans l'eau ? L'unique célibataire et nullipare du groupe avait reçu comme mot d'ordre de placer le mot "daïquiri" dans la conversation si celle-ci venait à tourner trop "Magicmaman". Et avec six enfants à 5 (dont une femme enceinte), le risque était réel... En tout cas, nous étions toutes détendues, sur le point de nous endormir en repartant (quand nous avons trouvé que la piscine était un peu trop remplie, notamment de nullipares au ventre plat), bien que nous n'ayons pas pu avoir de massages, le planning étant plein (signe que l'endroit commence à être couru, malédiction !) cette zénitude retrouvée, ajoutée aux difficultés de la circulation parisienne, explique peut-être notre itinéraire louvoyant jusque chez Laeti, pour celles qui ont profité de la voiture (de fonction, ce qui est encore mieux !) de Vir.
IMG_20120317_204800.jpgUn petit plein au supermarché du coin (notamment pour boire autre chose que du jus de fruits, héhé) et nous avons rejoint Laeti. Celle-ci, bien que devant se reposer, sautillait partout pour préparer le repas, malgré nos remarques et sermons. Même la menace d'un boulet à son pied pour la contraindre au repos fut inefficace. Il fallut développer des stratégies de Sioux pour la faire asseoir et ranger la cuisine à sa place. Après une délicieuse tarte roquefort-poire et des glaces hautement caloriques, nous avons poursuivi notre soirée pyjama devant un chef d'œuvre du cinéma des années 1980, une illustration de la lutte des classes dans le milieu de la sidérurgie à Pittsburg, avec les costumes, la musique et les coupes de cheveux réglementaires (c'est... c'est...). Je ne sais pas à quel moment nous avons sombré dans le sommeil, mais à 8 h 30, nous avons ouvert un œil en même temps avec Violaine, consulté nos montres, et décidé que, vraiment, il était trop tôt pour un matin où n'avions pas de petits bonhommes affamés dans les environs, et nous sommes rendormies illico jusqu'à 11 heures. Il était temps de rentrer retrouver les hommes et nos invités du week-end. Les premiers auraient dû aider à des opérations de jardinage, mais il pleuvait des cordes (mais cela est bon pour le jardin). Les seconds venaient pour que soit établi un diagnostic des disparités d'énergie de la maison, pendant que l'on discutait une nouvelle fois... bébé, congé parental, nounou, etc. 4 femmes enceintes en un week-end, je ne compte même plus les naissances attendues en 2012 (et nous ne sommes que mi-mars...) : baby boom en vue !

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Festivités

13 Mars 2012, 20:27pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

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Ce week-end, nous étions de mariage en Normandie (enfin, aux confins de l'Île-de-France, on ne va pas chipoter), puis d'anniversaire le dimanche. Autant dire que le démarrage lundi a été rude. Très rude. Et que la seule perspective de ce blog en friche me force à faire un effort surhumain.

Donc, dès vendredi soir, nous étions en mode bagages (les nôtres surtout). J'avais poussé la coquetterie à prendre rendez-vous pour une manucure à côté du bureau, mon vernis Chanel n'a pas été accepté : "Chanel, c'est de la me'de", a asséné la patronne. "ça coûte che' et ça ne tient pas. Combien vous l'avez payé ? 40 euros ?" (ah non, quand même, je voudrais pas que Jean-Claud Trichet, alias le Capitaine, meure bêtement à cause de l'achat d'un vernis "rouge fatal"). "Non, je l'ai payé 20 euros, et cet été, en Colombie, il a très bien tenu, même en me baignant matin et soir", ai-je quand même ergoté pour la forme (parce que zut. En plus, le vernis O.P.I qui a été finalement appliqué est un poil plus vif que le "rouge fatal". Allez, encore 10 ans et j'aurais assez d'assurance pour ne pas me laisser déborder). Grâce à la brosse soufflante que Grand-maman m'a gentiment offert pour avoir vaillamment supporté d'être charcutée mercredi midi par le dentiste (une élongation coronaire, avec points de suture et très longues enfilées de fil dentaire qui font des chatouilles sur le visage. J'ai rien senti, shootée comme j'étais jusqu'au bout du nez, mais un sale moment à passer. "Détendez-vous madame, si vous ne vous détendez pas, je ne peux pas travailler", a ronchonné le praticien alors que mes mâchoires tremblaient. La prochaine fois, je demande du Valium), brushing à domicile samedi matin. Le résultat est presque professionnel, je n'ai pas encore le coup de main.

Rassembler ma tenue, le costume du Capitaine, deux cravates (dont aucune n'irait, note pour plus tard: préparer moi-même chemise et cravate la prochaine fois), nos chaussures, les bijoux, des tenues "civiles" pour le lendemain, des pyjamas, les trousses de toilettes, les cadeaux pour l'anniversaire, un sac avec des livres et des jeux pour les enfants pour la chambre d'hôtes, conjurer le mauvais sort en prenant deux pyjamas chacun, deux tenues "civiles", une tenue "chic" pour Petit Châtain, qui n'était pas enfant d'honneur, contrairement à Petit Brun.

Celui-ci la veille, rejouait le mariage de son parrain en nous demandant pourquoi on ne prenait pas l'avion (hum, pour aller dans le Vexin, le minibus sera suffisant) et s'il y avait une piscine à l'hôtel (sic).

Au final, le minibus était bien chargé pour une escapade de 24 heures. Une heure de trajet pour rallier le gîte réservé par Mané, à la déco… raffinée (mais les photos ont malencontreusement disparu de mon appareil), et dont les deux chambres, où nous devions dormir nous 4 ainsi que Flo et Laure, étaient en enfilade. Après étude des lits disponibles, on s'installa dans la première chambre, laissant celle du fond aux tourtereaux, d'autant que Petit Brun était miraculeusement volontaire pour dormir dans le petit lit à barreaux (si on l'y avait obligé, crise nucléaire garantie, mais là...). Après un pique-nique à l'intérieur (le temps était couvert) et avoir rencontré notre propriétaire (qui vendait d'ailleurs la maison et le gîte pour partir à Perpignan. Et qui était aussi pressé que gourmand, mais merci, nous n'étions pas intéressés), on se mit sur notre 31, direction le lieu du mariage pour vêtir l'enfant d'honneur et le faire figurer sur les photos. La première partie de l'opération fut rondement menée (bien qu'on ait d'abord tenté de l'habiller avec la tenue d'un certain Dimitri), la seconde échoua lamentablement, même les Sugus orange que le Capitaine avait pris ne suffirent pas à raisonner Petit Brun, qui ne figure donc pas sur les photos officielles. Scotché à la veste en fourrure que j'avais empruntée à Grand-maman (vive le mouton doré, oui, c'est de la vraie fourrure, mais vintage et pyrénéenne), il refusait de me quitter.
Au moment de rallier la collégiale pour la messe (et le deuxième challenge, que Petit Brun daigne mener avec le reste du cortège la mariée à l'autel), coup de fil de Mané, hilare : "on est à 10 kilomètres de l'église avec la voiture de Bonne-maman [sa mère], on a crevé, il n'y a pas de roue de secours, on attend Flo pour qu'il nous apporte MA roue de secours [Flo avait la voiture de Mané]". Sauf que nous avions quitté le gîte en emportant la clé... On fit un petit crochet pour déposer la clé puis on rallia fissa la collégiale, le Capitaine nous jetant devant avec Petit Brun, que j'abandonnais à l'entrée de l'église avec le cortège pour aller réserver un banc pour les retardataires. Comme tout avait l'air de bien se passer, je ne revins jamais à l'entrée. Et là, miracle, challenge remporté (sans Sugus) : Petit Brun, tel un ange descendu du Ciel (avec Nounours sous le bras, hum), accomplit son devoir d'enfant d'honneur. Et se tint à peu près sage jusqu'au début du sermon, où, dans le silence de l'église recueillie, sa voix flûtée s'éleva soudaint : "Mamaaaaaan, j'ai envie de faire pipi". Provoquant l'hilarité du banc de derrière, et notre sortie en 4e vitesse, à la recherche d'un PMU. Dont le patron fut assez adorable pour me laisser entrer deux fois (Petit Châtain ayant lui aussi une envie pressante mais n'ayant pas réussi à l'exprimer en même temps que son frère), et les joueurs de baby foot, qui bloquaient l'entrée des toilettes, ne s'offusquèrent pas d'être sans cesse interrompus. La fin de la messe se joua plutôt au fond de l'église pour moi et le Capitaine, à piquer des cracottes dans les provisions des petits cousins, parce qu'on avait oublié que la messe tomberait au moment du goûter. Et le livre-puzzle de Tchoupi eut beaucoup plus d'intérêt aux yeux de Petit Brun et de son frère que nos livres de messe habituels (soupir). Grâce à la veste en mouton doré, je survécus au froid, mais soyons clairs, je n'ai absolument rien suivi. Et je me suis rappelée pourquoi d'habitude, sauf raison d'Etat (famille proche et/ou enfants dans le cortège), nous n'avions jamais emmené nos enfants aux mariages auxquels nous étions invités… Autant attendre la sortie de la noce au PMU d'en face, ce sera beaucoup moins frustrant.
DSC08077-copie-1DSC08086DSC08087La suite de la soirée fut moins stressante : Petit Brun et Petit Châtain disparurent dans la super nursery installée au-dessus de la salle où avait lieu le cocktail (avec un dortoir, des jeux, une télé et des dessins animés en pagaille, de quoi faire des dessins... Trois étoiles, la nursery). Petit moment de solitude en me trompant de baby-sitters : certains invités étaient avec leur PROPRE baby-sitter... Et à part un ou deux bisous quémandés pendant le dîner (et une chute magistrale en quittant un peu trop vite la mezzanine où les enfants dînaient... Bilan : une chaussure au talon défoncé et deux méga bleus sur la cuisse, mais pas de dent cassée, hahaha), Petit Brun et Petit Châtain furent très discrets. Certes, à 1 h 30, comme ils ne dormaient toujours pas, et que notre journée de dimanche s'annonçait longue, on rentra au gîte. Où Petit Brun s'endormit sans vouloir se déshabiller, avec réveil cause pipi au lit à 5 heures du matin, grand classique des week-ends agités. Les deux pyjamas emmenés pour conjurer le sort n'ont pas été suffisants. Il termina sa nuit dans notre lit, prenant toute la place (ou un deux coups de Nounours dans le nez suffisent à nous éloigner pour finir par dormir sur la tranche, pendant que Petit Brun se prélasse au milieu du lit).
DSC08101Avec un réveil des troupes à 10 heures du matin, on pouvait s'estimer chanceux. Flo et Laure n'ont pas paru souffrir du bruit qu'inévitablement nous avons fait (mais nous n'avons jamais entendu Flo ronfler comme l'a craint Laure), et nous avons quitté le gîte (toujours pas intéressés) vers midi pour le brunch, où notre passage fut rapide, le temps d'embrasser les mariés et de déjeuner sur le pouce : Petit Brun et Petit Châtain étaient attendus à un anniversaire à 14 h 30 (bon en fait, plantés par le GPS qui avait décidé de nous faire prendre toutes les autoroutes payantes du coin, on est plutôt arrivés à 15 h 15, ce qui laissa le  temps aux garçons de faire une sieste pendant le trajet). Mon amie Ghania, ne craignant rien, avait convié 9 enfants de 3 à 5 ans pour souffler les 4 bougies de son fils.
DSC08104DSC08107Le plan était d'emmener la petite troupe au château de la Malmaison pour faire le parcours destiné aux 4-7 ans "des animaux au château". Ghania a toujours été une grande retardataire... Et faire bouger neuf enfants (avec chaussures et manteaux à mettre, répartitition dans trois voitures et ralliement du château nez au vent, parce qu'on avait perdu la voiture de Ghania au premier feu rouge) prend bien une grosse demi-heure… À une minute près, les grilles du château de Joséphine se sont fermés sur notre nez. Mais les petits garçons étaient ravis déjà d'être dans la cour et prétendaient avoir aperçu la princesse, là, derrière la fenêtre. Et la petite chasse au trésor impromptue que l'on organisa dans le parc tout proche (et encore ouvert, ouf) suffit largement à leur bonheur, la visite du château, ce sera pour une prochaine fois !
Après tant d'émotions, bain et dîner furent vite expédiés : extinction des feux à 19 h 45 pour ces messieurs, 22 heures pour nous... On ne va pas avoir assez de la semaine pour s'en remettre !

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Demi-teinte

5 Mars 2012, 22:42pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

tabledenuitCe week-end avait pourtant très bien commencé. Samedi, nous avions été à la bibliothèque rendre tous les livres empruntés pendant les vacances avec Petit Brun, dont un retrouvé au chalet et qui s'était fait la malle tout seul. Petit Châtain pleurait toutes les larmes de son corps à l'idée de devoir rendre “Tom Chaton”, de Beatrix Potter, mais est parti faire le marché avec son père. Et nous nous sommes retrouvés autour d'escalopes de veau monstrueuses (le boucher a la main leste) et de petits pois carottes. J'ai été la seule à faire la sieste gentiment, pendant que les petits investissaient fait vite le jardin, "c'est bon, on a fini de dormir" (en faisant tourner en bourrique leur père). Quand je les ai rejoint, nous avons enfin repris en main le jardin : première tonte 2012, désherbage, inspection des rosiers (qui ont tenu le coup malgré le gel, bien penser à les traiter contre les pucerons dans 15 jours), de la glycine (qui semblerait vouloir repartir. En tout cas, je l'espère très fort), du laurier rose, qu'il faudrait tailler à ras pour qu'il retrouve un air plus guilleret (certaines branches ont carrément grillé pendant les jours de gel). J'ai râlé contre les petits cailloux qui parsèment la pelouse, en me demandant si on aurait pas mieux fait de faire une terrasse à l'arrière en teck, ou en pin (plus économique), ça aurait un petit air marin, et on s'embêterait pas avec ces xdpwdf de cailloux qui font glong en passant dans la lame de la tondeuse (qui a plutôt bien résisté, merci). J'ai taillé à ras la menthe, la rose trémière a l'air de repartir en feuilles mais pas de vouloir grandir. J'étais bien contente de voir sortir jonquilles et tulipes, ça valait la peine de s'être gelé les doigts en novembre, il y a deux ans, pour planter la centaine d'oignons que, dans ma fièvre d'apprentie jardinière, j'avais acheté chez Botaland, “en plus, regarde, elles sont en promo, ce serait bête de se priver”. Surprise de voir que les iris, transplantés n'importe comment en juin avant les travaux, ont l'air de reprendre du poil de la bête, feron-ils des fleurs au printemps ? Le Capitaine a fini par débiter en bûchettes le sapin de Noël qui végétait dans un coin (rien ne se perd). Et nous sommes rentrés, avec la pluie, prendre le goûter.
Pendant la soirée, j'ai commencé à mal respirer. Le temps était humide, et d'habitude, deux bouffées de Ventoline, un comprimé de Polaramine, et tout rentrait dans l'ordre. Sauf que là, ça n'allait pas. J'ai fini par m'endormir, abrutie de sommeil. Et au matin, ça sifflait toujours. Comme un vieux soufflet d'accordéon qui expire, ce bruit qui exaspère et qu'on ne parvient pas à faire taire, respiration après respiration. Le petit-déjeuner, l'habillage des enfants suffit à m'épuiser suffisamment pour me recoucher. Et me rendormir presque aussitôt. C'était dommage pour le repas dominical où nous devions nous rendre, mais je n'étais pas en état. Vers 16 h 30, ils sont revenus et je les entendais jouer dans le salon avec les cadeaux reçus par Petit Châtain qui avait resoufflé ses bougies cet après-midi là. Sans être capable de les rejoindre. À 17 h 45 heures, tuile : plus de Ventoline, pas de deuxième tube dans la pharmacie, une respiration toujours plus étouffée et pas d'ordonnance valide sous la main pour envoyer le Capitaine me ravitailler (ce qu'il aurait fait en m'engueulant de ne pas avoir été prévoyante, et pourquoi n'avais-je pas un tube d'avance, etc, etc).

Pour la première fois de ma vie, j'ai appelé SOS Médecins. 36 heures que cela durait, sans amélioration aucune. J'étais épuisée et me voyais déjà sous masque à oxygène. Le médecin coordonateur de notre département a été très doux, prenant les renseignements usuels et demandant : "vous n'êtes pas seule ?", "vous pouvez prendre des respirations lentes ?". Une heure après, toujours pas de médecin. Je rappelais. Et passait illico en prioritaire. Les 20 minutes qui suivirent ont été très lentes. Je me demandais bien où pouvait être le médecin, peut-être de l'autre côté de la ville ? En train de chercher une place dans notre quartier ingarable ? perdu avec son GPS ?

Il finit par arriver (pile au moment où Grand-maman appelait). Le médecin ressemblait à Raphaël Mezrahi et avait l'air un peu dépassé et complètement paniqué parce qu'il avait laissé sa voiture devant un portail. Devant mon état, il me fit direct une piqûre de cortisone, une prescription de cheval (avec enfin de la Ventoline), et m'enjoignit de consulter un pneumo-allergologue, c'était bien une crise d'asthme, aucun doute et aucun signe d'une rhinite allergique là-dedans. Il ajouta que les causes de l'asthme étaient bien mystérieuses, même si un terrain allergique certes n'aidait pas. En cela, il rejoignait le docteur Lumière, qui m'avait dit la dernière fois, en mode gourou, que les crises d'asthme étaient une manifestation d'une inadaptation aux contrariétés du monde extérieur. Qu'il fallait apprendre à ne pas surréagir... Il partit en me disant d'arrêter mes mélanges dans mon coin, et sans m'avoir demandé si je travaillais ou pas (ni d'ailleurs en arrivant en me demandant si j'avais d'autres pathologie que la rhinite allergique ni même si j'étais enceinte, par exemple), j'en conclus que j'étais bonne pour aller pointer demain – ce que j'aurais fait de toutes façons. Pour les pharmacies de garde, comme c'était déjà la nuit (sic), le Capitaine appella le commissariat. Qui le renvoya sur le commissariat de la ville d'à côté. Finalement, il préféra faire un petit tour au Drugstore des Champs-Elysées, c'était beaucoup plus simple...

Dopée à la cortisone, je dormais presque comme un bébé. Le trajet au bureau fut une horreur : mon odorat, d'habitude endormi par la rhinite, est très limité. Là, je sentais TOUT, et de façon disproportionnée, je dois dire. Et spécialement les eaux de toilettes trop poivrées, les mauvaises haleines, le linge mal séché... Et aucune femme aspergée d'Angel de Mugler (le seul parfum qui surmonte la rhinite et le seul donc que je reconnaisse illico) ne passa près de moi... Dans l'open space, cela sentait les pieds, le café refroidi et une légère odeur de tabac froid de mes collègues fumeuses. J'ai terminé la journée sur les rotules, épuisée par tant d'émotions olfactives. Et avec un rendez-vous chez un pneumo-allergologue dans 15 jours...

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