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La petite maison dans la banlieue

Bons plans d'octobre

16 Octobre 2014, 17:09pm

Publié par lapetitemaison

Bons plans d'octobre

Cette semaine, entre un déménagement des sacs à faire pour notre départ de vendredi outre-Atlantique, j'ai trouvé le temps de dénicher quelques bons plans. Me demandez pas comment, mais disons qu'on va inaugurer une nouvelle rubrique, que l'on appellera, avec une originalité démentielle : "Bons plans". J'vous dis quoi ?

Récupérer les fleurs municipales
C'est une proposition que je vois passer depuis que nous avons emménagé dans notre banlieue. Deux fois par an, à l'automne et au printemps, la mairie propose aux habitants de venir récupérer les fleurs des massifs. J'ai toujours joué de malchance, mais mardi, j'étais au rendez-vous... Devant un tas de géraniums qui avaient dû être suspendus dans des paniers aux lampadaires, façon hanging baskets, et jetés tels quels. (Je m'imaginais benoîtement récupérer des plants préparés avec amour dans des godets et transmis avec moult conseils par les employés municipaux. Moralité : les dons municipaux, ce n'est pas Truffaut.

J'aurais dû venir outillée (sécateurs, petite pelle ou griffoir), mais finalement, j'ai réussi à en entasser 5 dans la marchette du marché et quelques plants de fleurettes blanches dont personne ne connaissait le nom. "Il suffit juste de les rempoter, moi, ils passent l'hiver sur la terrasse, avec un voile d'hivernage", disait une première dame. Une deuxième renchérissait : "ça coûte cher, les géraniums, alors c'est une bonne idée de les donner !". Le seul homme qui passait par là attendait que nous ayons fini de séparer les lourdes roues enchevêtrées et comptait récupérer la terre : "de toutes façons, ça ne repousse pas, ils les forcent trop". Mes nouvelles amies jardinières le toisaient en haussant les épaules : elles y arrivaient très bien, elles, peut-être Monsieur n'avait-il tout simplement pas les pouces verts ? Nous attendions de nous attaquer aux horribles jardinières en béton (mais néanmoins très fournies) derrière nous... Mais quand je suis passée devant tout à l'heure, elles n'avaient pas été démantelées. J'attends le printemps et la récupération d'oignons avec impatience !

Bons plans d'octobre
Bons plans d'octobre

Aller chez Antropologie sans prendre l'Eurostar. J'avais vu l'info circuler cet été mais n'avait pas pu encore me rendre dans l'unique corner d'une de mes boutiques préférées à Londres, pour la déco ou les vêtements (d'ailleurs la sélection vêtements du jour ne m'a pas inspirée, vous ne trouverez que des photos déco !)... Antropologie a donc ouvert un "corner", comme on dit, au BHV. J'y ai retrouvé ma mug de petit-déjeuner au milieu d'une collection de vaisselle ravissante (sur les étagères, on voit ses sister mugs, avec toutes les autres lettres de l'alphabet), admiré ces jolis (mais très chers) torchons, et surtout, me suis dit que je reviendrai, puisque les collections changent très souvent, à l'image de leur site, où l'on peut se perdre pendant des heures, tellement l'offre est riche ! Le corner présente l'énorme avantage de pouvoir ESSAYER les vêtements, mes tentatives d'achat en ligne en taille anglaise n'ont jamais été très fructueuses... Je vais attendre le plein hiver, voire même les soldes, héhé ! Pour l'instant, ce petit miracle dure jusqu'en février, et plus si affinités...

Bons plans d'octobre

Trouver des tisanes en vrac. Et pousser enfin la porte d'une des plus vieilles herboristeries de Paris (c'est simple, il n'y en a plus que trois), en face du mausolée de Louis XVI, à deux pas de St Lazare (mais POURQUOI n'y suis-je pas allée plus tôt ?) Je connaissais ce plan depuis longtemps, soufflé par une collègue qui allait y acheter en vrac ses tisanes. Cela tombait bien : plus de verveine ni de camomille à la maison.

Dès que l'on pousse la porte, avec le vieux timbre, les étagères qui ont l'âge de l'établissement (depuis 1920), voire plus, l'odeur des plantes vient chatouiller vos narines (et pour ma part, me renvoyer direct dans les souks aux épices syriens, mais je me suis abstenue de partager ma madeleine de Proust avec la vendeuse, au risque de passer pour une allumée. Néanmoins j'ai respiré bien profondément pour ne pas perdre une miette de l'odeur !).

J'ai choisi 50 g de camomille romaine et 50 g de verveine (le paquet faisant le double de taille, parce que les feuilles de verveine, c'est tout léger. Je vais essayer d'en semer de la citronnée dans le jardin, comme m'y enjoint le lobby des buveurs de verveine). Dans les jolis bocaux en verre, c'est très joli en plus d'être odorant. Pour le goût, on attendra un peu, pas eu l'occasion d'en faire une ! Si proche de Saint-Lazare, ce serait trop bête de s'en passer (et comment ai-je fait pour survivre si longtemps sans ?) Pour les non-Franciliens qui me liraient, l'herboristerie existe en ligne ici

D'ici novembre, si je trouve 3 "bons plans" ou plus, je vous dis ! N'hésitez pas à donner les vôtres dans les commentaires !

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Moment de grâce

6 Octobre 2014, 20:03pm

Publié par lapetitemaison

Moment de grâce

Parfois, les transports en commun sont l'occasion de rencontres uniques. Quand le bus est arrivé, il était blindé, et je me suis avancée vers le fond, suivant la démarche hésitante de la dame devant moi (le chauffeur n'avait pas attendu que nous soyons assises pour redémarrer). Après un énième cahot, je suis littéralement tombée sur le siège devant moi, un carré de quatre (pas réservé aux personnes âgées, ni enceintes, ni invalides de guerre ouf).

En face de moi, un couple. Je ne sais pas trop s'ils sont ensemble ou s'il sont justes amis. Elle a les cheveux blancs, un keffieh violet autour du cou coordonné avec une djellaba dans les mêmes tons. Elle est en colère. Ce n'est pas que sa conversation me passionne, mais elle parle tellement fort que sa conversation devient celle du carré, voire du bus.

Elle tient un exemplaire d'un journal à la main. Et vitupère contre tout et n'importe quoi : les jeunes qui ne trouvent pas de travail avec bac + 10, le traité TAFTA, "et de toutes façons ça va de plus en plus mal, regarde il y a des guerres partout" [euh, oui, mais pas plus qu'il y a vingt ou trente ans, si on commence comme ça], George Bush ( W. ? Ou son père ?) n'aurait jamais dû y aller, etc, etc."

Lui est japonais. Il a les cheveux blancs, mi-longs et un bouc de mousquetaire. Il est calme, posé, parle un français sans la moindre pointe d'accent. Un article lui est consacré dans le magazine que sa voisine ausculte et lui-même a souligné – au stabilo vert – les passages litigieux. [Je me demande in petto pourquoi il n'a pas demandé à relire au moins ses citations...]

En fait, la conversation m'apprend qu'il a aussi laissé écrire n'importe quoi, voire même apporté lui-même son lot de mensonges, quand sa voisine s'étrangle : "Comment ça on t'a envoyé en Australie ? Je croyais que c'était toi qui était parti ? Et comme ça, tu comptes partir en Andalousie en 2019 ? Tu fais bien de prévenir ta coloc et de me payer le loyer en avance !" Il répond, imperturbable : "oh, j'ai dit ça comme ça..." Ils finissent par descendre à Alma-Marceau, me laissant un peu sur ma faim.

Qui était donc assis en face de moi ? Il se fait appeler comme l'un de trois mousquetaires, mais c'est en recherchant (Google est mon ami) le site de la publication (en un quart d'heure de trajet j'ai eu le temps de la repérer, je suis prête à parier que croiser le regard de la Gorgone m'aurait transformée en statue de sel. Ou en grenouille) que je suis tombée sur l'article incriminé. Plutôt flatteur, d'ailleurs.

C'était un des pionniers de l'édition de mangas japonais en France... Un joueur de cor de chasse, danseur de flamenco parlant cinq langues, également restaurateur. De clic en clic, je suis tombée sur le site d'Espace Japon. Maintenant, j'ai envie de m'inscrire à des cours d'ikebana, de furoshiki et de paquets cadeaux... C'est malin !

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