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La petite maison dans la banlieue

Articles avec #petits ennuis, grosses contrarietes

Lundi matin

30 Janvier 2017, 21:52pm

Publié par lapetitemaison

Lundi matin

Lundi matin, après avoir déposé les enfants à l'école, je commence ma journée au Neptune. Sympathique café aux tables en formica, qui ne me propose même pas le wifi gratuit et qui a sa bande d'habitués autour du patron (qui attend de rejoindre sa femme à Bordeaux et de démarrer une autre vie là-bas) et la serveuse québécoise qui rapporte chaque évènement de l'actualité au Nord de l'Amérique. Il a surtout l'avantage d'être ouvert à 8 h 30, contrairement aux autres établissements plus boboisés du coin (avec déco ad hoc, smoothies healthy et wifi gratuit).

Pour 2,20 euros l'allongé, j'y reste deux heures, me réjouissant d'avoir exigé d'investir dans un Macbook (parce que c'est très léger et que cela ne me démonte pas l'épaule), partageant le wifi de mon téléphone sur mon ordi pour pouvoir travailler (#callmeMcGyver).

En liaison avec le bureau par messagerie instantanée (histoire que personne ne me croie au bistrot - sic -) je prépare, relis les articles que j'avais pris avec moi vendredi avant de partir, ce qui demande un peu d'organisation. Plus les lundi passent, moins je suis productive. L'accumulation de fatigue, le sentiment d'être décalée sans doute.

Je travaille avec Ouï FM en fond sonore, j'ai l'impression de retourner dans les années 1990-2000, c'est la même bande-son, en revanche, je pleure au moment de la coupure de la pub et du live du matin : j'avais oublié comme c'était mauvais.

A 10 h 30, je remballe mes affaires, je rapporte ma tasse au comptoir, je règle mon café et je pars chercher Nimbus à l'école : si j'erre dans les bars dès poltron-minet, c'est pour emmener Nimbus à son rendez-vous d'orthophoniste à... 11 heures.

Mille rouge, centaines bleues, dizaines vertes et unités jaunes : notre nouveau code couleur.

Mille rouge, centaines bleues, dizaines vertes et unités jaunes : notre nouveau code couleur.

Fin novembre, j'ai été convoquée par l'institutrice de Nimbus (que j'avais déjà été voir fin septembre pour "faire un point"). Là, il s'agissait de parler "de la vie scolaire" de Nimbus. Je ne voyais pas très bien de quoi on allait parler : était-ce un caïd de la cour de récré ? La tête pensante de tous les coups fourrés ?

Que nenni (au final, cela aurait été peut-être plus simple à gérer. Quoique). Nimbus devait effectuer un bilan logico-mathématiques, pour cerner ses difficultés à passer à l'abstraction en maths (comprendre : calculer de tête, différencier les centaines, dizaines, unités, etc.)

Commença alors quinze jours de quête acharnée d'une orthophoniste qui spécialisée dans la rééducation des maths. Car tout le monde ne peut pas faire passer de bilan logico-mathématiques. A base de messages téléphoniques sur des répondeurs que personne ne consulte plus (dont ceux d'orthophonistes prénommées Roseline, Geneviève, Claudine, qui étaient sans doute en préretraite), de SMS envoyés comme autant de bouteilles à la mer, de réseautage intense… Celle indiquée par l'école ne m'a tout simplement jamais répondu.

Au final, nous avons atterri chez Marie, aiguillés par l'orthophoniste d'Asparagus, qui nous a orienté vers une première orthophoniste, qui ne pouvait pas nous prendre mais qui connaissait celle-ci… Qui m'a rappelée un soir à 20 h "j'ai vu au son de votre voix que vous étiez un peu en panique". Tu m'étonnes, on est mi-décembre, mon gamin galère en maths et je dois trouver une aiguille (toi, l'orthophoniste spécialisée dans les maths) dans une botte de foin. Bilan le premier lundi des vacances de Noël (merci le télétravail), et choix cornélien d'un créneau : "lundi 11 heures, mercredi à 12 heures ou bien vendredi 11 heures, que préférez-vous ?!"

Bilan de ces cinq semaines : nous avons commandé du matériel Montessori pour compter, décomposer les nombres et faire des additions et des soustractions, ce qui effectivement donne un bon coup de pouce à Nimbus et l'aide à lire les nombres. Nimbus est ravi de cette escapade (qui lui permet de s'échapper de l'école le lundi), en confiance avec Marie et plus à l'aise en classe.

De mon côté, j'ai compris que les déjeuners du lundi, c'était fini, et que ce serait une salade au bureau, que la journée était forcément décalée par rapport au reste de la rédaction et beaucoup plus fatigante. Mais si cela permet à Nimbus de ne pas être fâché avec les maths pour le reste de sa scolarité... C'est le prix !

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Fluctuat nec mergitur

13 Novembre 2016, 22:18pm

Publié par lapetitemaison

Fluctuat nec mergitur

Je n'ai pas regardé à la télévision les reportages sur le 13 novembre. J'ai suivi de loin, sur Twitter (après avoir passé la journée à chercher mon portable, bien planqué sous le plaid de mon lit) les commémorations.

Paris se souvient. Nous ne souvenons. Je me souviens. Je n'ai pas allumé de bougie sur le rebord de ma fenêtre, mais à l'issue de la messe, les enfants ont réclamé d'allumer une veilleuse à Marie. J'en ai laissé deux de plus : une pour F., l'ami de mon frère. Ils étaient au Bataclan le 9 novembre pour un concert, F. y est retourné le 13. Il a survécu à ses blessures. Et une pour L., qui travaillait en CDD dans un service de ma rédaction, qui a été fauchée sur le trottoir où elle devisait avec un ami.

Depuis un an, je filtre les informations pour ne pas effrayer plus les enfants : je n'ai pas parlé de Nice – nous partions opportunément en mer le 15 juillet au matin, ils n'ont pas pu entendre la radio, ni lire des titres au vol dans la rue. Je n'arrivais pas à trouver les mots pour raconter l'inexprimable. Une fois de plus. Je ne voulais pas gâcher leur plaisir du feu d'artifice du 15 août. Ils se font déjà suffisamment peur tous seuls, par les rumeurs qui parcourent la cour de récré. J'ai parlé de l'assassinat du père Hamel parce qu'il fallait bien expliquer la présence des gendarmes devant l'église cet été. Mais tu l'attentat de Magnanville, en juin.

"Ce n'est pas prudent que tu prennes les transports en commun, Maman", m'avait dit Asparagus après les attentats de Bruxelles, en mars. Certes, mais il faut bien aller travailler. "Tu vas à un concert ? Mais aux concerts, il y a des attentats", m'a dit Nimbus en juin, quand je suis allée voir Muse à la tour Eiffel. Non, en fait, il n'y a JAMAIS d'attentat au concert. Sauf ce soir funeste. Un concert, c'est un moment de musique, de joie, d'énergie partagée. Pas un massacre à huis clos. "Et toi, tu as fait un exercice de confinement au bureau ?" m'ont-ils demandé en septembre. Non (d'ailleurs j'aimerai bien savoir comment me barrer de mon bâtiment au cas où), et c'est vrai que cela doit leur sembler étrange d'apprendre à se taire, à se planquer sous leur tables, à faire le roi du silence dans la salle de sieste pour Colombine "et la maîtresse disait à Melchior de se taire, mais il arrêtait pas de pleurer"… Sans que leurs parents ne soient pas soumis aux mêmes bizarreries. Nimbus, le jour de l'exercice, a cru que c'était pour de vrai. Et je suis sûre que ses difficultés à s'endormir depuis la rentrée ont un lien avec ces mesures de protection...

Je me surprends à être aux aguets à Paris. Dans le quartier où je travaille, je ne m'habitue pas aux patrouilles de soldats, armés, ni à me retrouver avec un canon de kalachnikov pointé vers moi au tournant d'une rue en allant chercher un sandwich. Je ne suis plus à l'aise dans la foule, je n'aime pas quand les trains sont retardés à St Lazare et que la foule se masse devant les quais. En terrasse, je regarde plus attentivement les voitures qui passent, je préfère être en deuxième rangée que vraiment au bord du trottoir (et mon excuse de la peur des pigeons, qui reste valable, camoufle un peu cette psychose). Petit à petit, la vie reprend le dessus. Fluctuat nec mergitur. Mais mon insouciance s'est bien envolée le 13 novembre dernier.

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Au revoir, Là haut

29 Octobre 2015, 21:18pm

Publié par lapetitemaison

Au revoir, Là haut

La dernière fois que j'ai perdu mon grand-père, c'était à Alep, il y a, pfou, 24 ans. Nous habitions alors Damas et Grand-Père était venu nous voir au mois de mai. Nous avions dû profiter des jours fériés de l'école française pour aller nous promener : Tartous, Lattaquié, la côte en remontant vers Appamée, Alep.

Nous nous promenions en fin d'après-midi dans les souks. Il marchait devant moi, puis la foule, dense, le fit disparaître puis réapparaître. J'allais entrer derrière lui dans un khan de verriers quand Papa m'a arrêté : ce n'était pas lui. Je suivais un homme qui lui ressemblait énormément, chauve, avec le même genre de lunettes, qui portait lui aussi un polo bordeaux et un pantalon beige. Nous nous étions retrouvés à notre hôtel. Depuis, il ne m’a plus jamais fait faux bond.

Jusqu'à ce soir d'octobre, où, alors que nous étions tous - mes parents, mes frères et soeurs et tous les enfants - au mariage d'une très chère amie, dont j'étais témoin. Nous avons appris son AVC, devant un match de rugby. Et ça avait l'air plus grave que l'AVC de mars, si grave que Grand-maman est repartie à Paris dans la soirée avec mon beau-frère. L'AVC était hémorragique, il n'y avait plus rien à faire. Grand-Père est parti à 23 h 30.

Nous sommes repassés par la Rinissée dimanche fermer la maison. Vider le frigidaire. Refaire les sacs (le tout en pleurant, comme depuis la soirée de la veille, où j'ai été une très mauvaise témouine). Que la route jusqu'à Paris était longue (bien que sans circulation et avec des conditions de route impeccables).

Le lundi suivant, je suis allée travailler, Cherry est venue garder les garçons, dont Grand-maman devait s'occuper cette semaine-là. Une fois de plus, j'ai béni cette convention collective, qui offre quatre jours de deuil. De quoi te remettre de cette fatigue poisseuse où le chagrin te plonge devant l'irréalité de cette disparition brutale.

Cette semaine d'attente avant l'enterrement m'a paru interminable. Les tracasseries, innombrables : "non, les enterrements, c'est dans l'église du bas, pas dans celle du haut", "le prêtre préfèrerait qu'on chante le Notre Père en français et non pas en latin". Sans compter cet épisode magique au funérarium mardi, où le monsieur de l'accueil nous annonce posément, à ma sœur, mes cousins et moi, que Grand-Père n'était plus là mais au cimetière de Saint-Cloud (le tout sous des trombes d'eau).

Heureusement que ma grand-mère avait renoncé à venir au dernier moment... Ma sœur, glaciale : "vous êtes SURS que vos registre sont bien tenus ?". Au final, Grand-Père n'avait pas bougé d'un pouce (si j'ose dire). Et d'après les pompes funèbres, c'était encore le funérarium du coin où il y avait moins de problèmes (ah bah si vous le dites !) Il était tout beau, avec le costume qu'il avait pour le mariage de ma cousine en août et la communion d'Asparagus en septembre, et, évidemment, une cravate, sa préférée. Il en mettait une tous les jours...

Pourtant, cette semaine était douce aussi. Elle m'a permis de voir mes cousins éparpillés aux quatre coins de France, à Asparagus et Nimbus de profiter de mes cousines, leurs tantes, qui ont juste deux à quatre ans de plus qu'eux, et de leurs petites cousines. Nous nous sommes fait de gros câlins, les enfants, le chat et moi. Tihi ne m'a jamais autant collée que ces derniers jours, comme si elle sentait mon chagrin. Nous avons même fait un dîner de cousins au complet moins une le jeudi soir. Le cousin de 14 ans avait la permission de 23 h 30 et le droit de boire les bières sans alcool de notre hôtesse enceinte, il y avait des pizzas, des rires, les grosses voix des garçons sur le balcon résonnaient dans la résidence vide.

Vendredi, la levée de corps, puis la messe ont été de beaux moments. Les témoignages émouvants (j'ai rédigé mais pas lu), la musique parfaite, notre chagrin profond. Grand-Père aurait détesté être au centre de l'attention, lui toujours si discret et modeste. Le prêtre, qui avait l'air de passer les plats et que j'ai surpris à regarder sa montre pendant la bénédiction du cercueil à la fin, l'aurait horripilé. Je suppose que c'est le prix à payer pour entrer au Paradis.

Son "nouvel appartement", comme dit ma grand-mère, est pas mal situé dans sa nouvelle résidence, loin de la route, indépendant, bien qu'un peu étroit. On y entend les oiseaux chanter. Avec Nimbus - qui avait dit ne pas vouloir bénir le cercueil - nous avions cueilli des roses dans le jardin, pour les mettre dans la tombe. Je les ai distribué jusqu'à épuisement du stock.

Lors du goûter organisé après, il y avait des enfants qui couraient (qui sautaient aussi sur les lits, alors que c'est formellement interdit), des gens plein le salon et le jardin. Il faisait bon. Il y a eu du porto servi dans des tasses à café, les 150 macarons préparés par T ont disparu...

En lui disant au revoir, j'ai fermé la porte de l'enfance. Tout en sachant que c'était sans doute mieux ainsi, qu'il avait vécu comme il le souhaitait, chez lui jusqu'au bout, aussi bien qu'on puisse l'être à 92 ans et surtout avec toutes ses capacités intellectuelles. Mais cela n'adoucit pas la peine pour autant.

Le dimanche soir, j'ai pris des pieds de belles-de-nuit pour les replanter dans mon jardin, nous en avions parlé en septembre. Il m'avait aussi préparé des graines, que j'ai précieusement récupéré. Lundi matin, j'ai eu la flemme de me lever plus tôt pour aller jardiner, comme lui avait l'habitude de le faire quand ils s'étaient installés dans leur maison. C'est donc à la lampe de poche et à la va-vite que j'ai transplanté mes belles-de-nuit. Ça a dû bien le faire rire, Là haut.


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Celle qui n'achetait pas de surgelés

17 Septembre 2015, 19:42pm

Publié par lapetitemaison

Celle qui n'achetait pas de surgelés

20 h, ce soir, le téléphone sonne. Une fois, deux fois. Comme plus personne n'appelle sur le fixe hormis ma sœur (même ma grand-mère appelle sur mon portable, voire m'envoie des mails et des SMS avec des émoticônes, on n'arrête plus le progrès), j'ai fini par demander à Asparagus (un temps nommé Petit Brun), de décrocher pendant que Nimbus et moi déchiffrions péniblement "or", "ro", "lo, "ol". Lol, tu l'as dit. Un cauchemar.

Bref, Asparagus me passe le téléphone :
"- Oui, bonjour madame [voix onctueuse, et merde, ce n'est pas ma sœur, en même temps, cela aurait été miraculeux qu'elle soit dispo à 20 h pour m'appeler], c'est M... de la société M..., je n'ai qu'une question à poser : chez qui allez-vous acheter des surgelés, en magasin ou en grande surface ?
- je suis désolée, je n'achète pas de surgelés [ce qui est vrai, je ne fais pas les courses, c'est le Capitaine qui les fait], monsieur, au revoir.
- Ah mais attendez madame, je vous demande juste où vous achetez vos surgelés, rien de plus.
- Je vous répond : je n'achète pas de surgelés.
- Mais vous avez bien un congélateur ?! [voix impatiente]
- Oui, mais nous congelons des plats que nous avons préparés, ou de la viande, du poisson achetés frais.
- Jamais de légumes en cas de dépannage ?!
- Non, on est locavores, alors on suit les arrivages de notre maraîcher [et en cas de dépannage, il y a aussi les légumes en bocaux, qui ne sont pas emballés dans du plastique, ou un truc radical et qui marche à tous les coups : des pâtes. Ou du riz]
- Et l'été, vous achetez bien des glaces à vos enfants [hein, mauvaise mère ?] ?!?
- Non, nous faisons des sorbets avec des fruits frais [ce qui n'est pas tout à fait vrai, mais là, le gars commençait à m'énerver. Donc j'ai passé sous silence l'expédition chez P... en juillet pendant la canicule, où nous avions craqué]
- Mais ce ne sont pas des glaces [visiblement, un jésuite du surgelé]. Vous leur achetez bien des cônes quand ils vous le demandent, non ? [voix sensiblement agacée. Je n'ai pas osé demander si la conversation était enregistrée, parce qu'en matière de relation client, ça commençait à déraper sérieusement]
- Non. Ecoutez, nous n'achetons plus de surgelés parce que depuis 2009, le cardiologue me l'a interdit [et comme je suis polie, je ne ramène pas sur le plancher les histoires de lasagnes au cheval qui m'ont encore plus calmée sur les plats préparés].
- Et avant 2009, vous achetiez bien des surgelés ?!?[voix glacée d'énervement devant cette grognasse locavore, rigide, sans cœur, qui ne bourre pas ses enfants de sucres industriels] En magasin ou en grande surface ?
- J'allais chez P...
- Ah ! [satisfaction pas du tout dissimulée], c'est pour ça que vous ne prenez plus de surgelés, c'est parce qu'ils sont bien trop CHERS chez P... Bonne soirée. [clac ! ]
- bip... bip... bip...

Alors, écoute, M... D'habitude, je suis gentille avec les télémarketeurs, même quand on veut me vendre des portes et des fenêtres ou des diagnostics habitation dont je n'ai nul besoin, parce que je sais combien ce travail est pénible et frustrant. Mais parfois, il y a aussi des gens qui répondent sincèrement à ton sondage. Et qui n'achètent pas de surgelés. Que ça te plaise ou non.

Commentaire du Capitaine : "tu n'avais qu'à dire que tu n'avais pas de congélateur".

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La politique des petits pas

31 Août 2015, 21:16pm

Publié par lapetitemaison

La politique des petits pas

"Et alors cette rentrée ?" Et alors ? Comment te dire, ami lecteur, qui a encore la bonté de passer le bout de ta souris sur ce blog en jachère (j'y peux rien, l'été, je déconnecte, je paresse, je suis incapable de me tenir à un rythme hormis celui des sempiternels repas, machines à laver la vaisselle à remplir, à vider, lave-linge à remplir, à étendre, à repasser...).

On est rentrés sous des trombes d'eau, les Grands et moi, le Ciel ayant décidé qu'il était grand temps de feignasser au soleil et de trouver un dressing pour l'hiver, de contrôler les yoyos de Nimbus (qui vont très bien merci. Et merci au passage à tous ceux qui ont joué le jeu du bandeau et des caches-oreilles tout l'été : Nimbus a récupéré toute son audition, ce qui devrait lui permettre d'être un peu moins dans la lune). Oui, tu ne liras plus Petit Brun et Petit Châtain.

Le premier s'est transformé en asperge (pourtant il ne cesse de manger, et termine ses repas en disant : "j'ai encore faim". L'adolescence, c'est pas censé commencer dans 4-5 ans ?), une asperge qui jouerait les durs (ne pas dire bonjour aux filles) mais avec un gros besoin de câlin et qui fond complètement devant la Reine des Cœurs de cette maison, pas moi, lecteur, mais Colombine.

Nimbus grandit lui aussi, à sa hauteur. Il trouve tout "nul", mime toutes les lettres de l'alphabet avec souplesse (comment peut-il être hyperlaxe alors que le Capitaine et votre servante étaient des quiches en sport, encore un mystère de la génétique) et ne cesse de ramasser des cailloux que je retrouve généralement APRES qu'ils aient été bien lavés à la machine.

Quant à Colom
bine, après un mois de juillet en totale régression en août avec ses cousines 2014 (à passer des heures entières dans un parc alors qu'elle n'y est jamais allée au même âge), elle a totalement régressé au niveau de la propreté, apprentissage qu'elle avait elle-même initié à Pâques en voyant ses cousines cuvée 2011 sur le pot. En revanche, au niveau du langage, elle gagne en maîtrise de jour en jour, à coup de "c'est quoi ça ?", "pourquoi ?", "attends", "c'est moi qui fait", "toute seule". Oui, Colombine elle aussi est entrée en pré-adolescence : bien normal pour une prépa petite section à la crèche.

Une chose à la fois, c'est mon mantra en cette rentrée. En même temps, changer d'employeur un 28 août et commencer dans un nouveau bureau la veille de la rentrée... Ce n'est même plus un choix, c'est une question de survie.

Les cartables sont presque remplis, les livres presque couverts (si le Capitaine daigne s'y mettre), mon système de garde assuré jusqu'à mercredi soir (j'attends avec impatience les emplois du temps des lycéens, qui tombent demain, pour savoir qui pourra récupérer les Grands à l'école jeudi et vendredi, l'étude ne commençant que... la semaine prochaine). Jusqu'ici, tout va bien.

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La juinite

30 Juin 2015, 22:42pm

Publié par lapetitemaison

Vœu pieux. Ex : "quand on aura fini notre juinite, on profitera du jardin".

Vœu pieux. Ex : "quand on aura fini notre juinite, on profitera du jardin".

Je sors à peine d’une juinite sévère, qui explique que ce blog soit couvert de toiles d’araignée, alors que je fourmille d’idées de billets qui ont du mal à sortir sur le clavier. Et ami lecteur, cela ne va pas te rassurer, mais c’est pareil au bureau.

Bref. La juinite. Mais qu’est-ce que c’est ? C’est une maladie qui dure approximativement 30 jours et qui commence fin mai, lorsque tu te rends compte que Mon-Dieu-ça-y-est-l’année(scolaire)-est-terminée-plus-qu’un-mois-avant-l’été (techniquement, un peu moins mais on va pas chipoter).

Disons moins d’un mois avant la grande transhumance, que tu fasses le grand chelem juillet-août, ou l’un ou l’autre, ou bien que tu tentes le mi-juillet-mi-août.
Bien évidemment, si tu as des colocs de moins de 1,20 m qui vivent chez toi, voire, si tu es joueur, plusieurs petits colocs, tu peux attraper une juinite plus ou moins sévère.

La juinite, c’est un gonflement de l’agenda : alors tu as hiberné quasiment toute l’année en semaine (ce qui te permet en passant de maintenir la maison à flot niveau linge et autres travaux domestiques), d’un coup tu as des trucs tout le temps. Voire de multiples invitations le même jour.

Commence alors un long et joyeux marathon où tu risques d’avoir mal au foie (abus de gâteaux au chocolat – le Capitaine en a confectionné une dizaine cette année), aux dents (abus de coca, de bonbons divers et variés), à la tête (abus de mauvais rosé et de vin rouge qui tâche, spécialement à jeun et en fin de semaine quand tu n’as rien dans l’estomac) et de manquer de sommeil (ce qui fait que, généralement, alors que tes enfants n’ont plus du tout envie de faire la sieste, à part Colombine à qui on ne demande pas son avis, tu t’écroules de fatigue le dimanche après-midi).

C’est ainsi que ces derniers jours, nous avons cumulé deux fêtes de l’école (et délégué la fête de la crèche à Cherry, qui n’a pas trop eu le choix, Colombine ayant déjà quitté sa section et attaqué le buffet), une fête de l’escrime, un dîner de chorale et un dîner de l’escrime, un dîner de voisins, des déplacements professionnels, dont un débordant sur le samedi avec retour à 3 heures le dimanche matin parce que l’avion était en retard, un petit-déjeuner des CE1 (pour-dire-merci-à-la-maîtresse), une projection du film tourné par Petit Châtain avec sa classe, une brocante, un mariage civil, un barbecue (parce-que-ça-fait-longtemps-qu’on-a-rien-fait-chez-nous)…

Au bout d’un moment, tu files des billets de 10 euros sans savoir trop pourquoi ni pour qui (les cadeaux des maîtresses/la sortie à Provins), tu signes des bulletins et des livrets scolaires sur n’importe quel support, les enfants ne cessent de te rappeler que tu oublies des choses et tu finis par dire que tu ne peux résoudre qu’un problème à la fois, merci, pas tous en même temps !!

Ajoutez à cela que le salon a été enfin repeint et le plancher reposé après la grêle de l’an dernier, que nous dormons avec les fauteuils du salon et que nous n’avons pas encore remis les meubles en place, que l’on a découvert que Petit Châtain n’entendait plus trop de l’oreille gauche à cause d’une otite céreuse et qu’il fallait lui poser un yoyo le jour de la sortie des classes (ajoutant donc une prise de sang et un rendez-vous avec l’anesthésiste au calendrier)… On est plus que contents de voir juillet arriver !

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L'épreuve de l'année

1 Juin 2015, 19:44pm

Publié par lapetitemaison

L'épreuve de l'année

C'est sans doute la chose que je déteste le plus dans la parentalité, presque à égalité avec les jeux au square, les fêtes d'école et même avant l'accouchement. C'est dire. Déjà parce que cela revient tous les ans, et pas question que cela passe à la trappe : le maudit goûter d'anniversaire avec les amis, les enfants l'attendent avec autant d'impatience que le matin de Noël.

Je déteste parce que je suis toujours à la bourre pour les invitations (trouvées cette année chez Hema), pour la date. Surtout pour le natif de Mai, Petit Brun, surtout cette année avec les 15 000 ponts. On a fini par le faire dimanche, jour de la fête des mères, notamment parce que Petit Brun avait été invité à un anniversaire la veille, DES 9 H DU MATIN. Juste avant que j'écrive les invitations.

Et pour les petits cadeaux aussi, même si on a considérablement revu notre copie au fil des ans : une surprise par sachet (en papier, trouvé chez Monoprix) et trois bonbons épicétou. Parfois un livre, des nombres à relier, et là des Mixels, que le Capitaine a trouvé à La Défonce après une pause déjeuner d'errance à la Grande Arnaque.

"Remettez vos chaussures pour aller dehors !"/"Moi, moi je sais où c'est le Nord"/Un message est caché sur cette photo. Sauras-tu le retrouver ?/Des boîtes mystérieuses.../"Ah ! une grille comme dans les mystères de Pékin !" (zut, démasqués. Toi aussi, tes parents ont eu 8 ans dans les années 1980 ?)"Remettez vos chaussures pour aller dehors !"/"Moi, moi je sais où c'est le Nord"/Un message est caché sur cette photo. Sauras-tu le retrouver ?/Des boîtes mystérieuses.../"Ah ! une grille comme dans les mystères de Pékin !" (zut, démasqués. Toi aussi, tes parents ont eu 8 ans dans les années 1980 ?)
"Remettez vos chaussures pour aller dehors !"/"Moi, moi je sais où c'est le Nord"/Un message est caché sur cette photo. Sauras-tu le retrouver ?/Des boîtes mystérieuses.../"Ah ! une grille comme dans les mystères de Pékin !" (zut, démasqués. Toi aussi, tes parents ont eu 8 ans dans les années 1980 ?)
"Remettez vos chaussures pour aller dehors !"/"Moi, moi je sais où c'est le Nord"/Un message est caché sur cette photo. Sauras-tu le retrouver ?/Des boîtes mystérieuses.../"Ah ! une grille comme dans les mystères de Pékin !" (zut, démasqués. Toi aussi, tes parents ont eu 8 ans dans les années 1980 ?)"Remettez vos chaussures pour aller dehors !"/"Moi, moi je sais où c'est le Nord"/Un message est caché sur cette photo. Sauras-tu le retrouver ?/Des boîtes mystérieuses.../"Ah ! une grille comme dans les mystères de Pékin !" (zut, démasqués. Toi aussi, tes parents ont eu 8 ans dans les années 1980 ?)

"Remettez vos chaussures pour aller dehors !"/"Moi, moi je sais où c'est le Nord"/Un message est caché sur cette photo. Sauras-tu le retrouver ?/Des boîtes mystérieuses.../"Ah ! une grille comme dans les mystères de Pékin !" (zut, démasqués. Toi aussi, tes parents ont eu 8 ans dans les années 1980 ?)

Bref, dimanche, on fêtait les 8 ans de Petit Brun. Il faisait un temps de Toussaint et la chasse au trésor concotée par le Capitaine depuis la veille menaçait de tomber à l'eau. Une version "in door" a été prestement préparée 40 minutes avant l'arrivée des invités. "Tu vois, c'était vraiment pas la peine de vouloir les emmener faire de l'accrobranche, ils auraient tous été malades", me dit le Capitaine. La perspective de 7 garçons hurlant dans la maison pendant la sieste de Colombine ne me console pas vraiment.

Comme d'habitude, on a ressorti les ballons, la guirlande "Joyeux anniversaire", j'ai (un peu) culpabilisé parce que je n'avais pas fait une déco de dingue, alors le Capitaine avait préparé une chasse au trésor aux petits oignons, avec azimuts, messages codés, boîtes à mystères où plonger la main, chamboule-tout, etc. la veille jusque tard dans la nuit.

Comme d'habitude, les amis (3 de l'école, un de l'escrime, le-nouveau-voisin-qui-était-en-maternelle-avec-Petit-Brun, et Petit Châtain) sont arrivés pile à l'heure. Ils ont joué le jeu de se déguiser (en gros, choisir un couvre-chef et une arme, sauf un qui a chopé l'écusson de policier, heureusement la collection des garçons commence à être assez fournie) pour commencer la chasse au trésor dans le salon.

Comme d'habitude, à peine le premier message trouvé, Petit Brun a commencé à être odieux, à arracher les messages des mains de ceux qui les trouvaient, à essayer de resquiller au chamboule-tout et aux boîtes mystérieuses (où nous avions pourtant instauré un "plouf" pour plus d'égalité).


Comme d'habitude, nous nous sommes fâchés, à tour de rôle.


Comme d'habitude, la chasse au trésor a duré une demi-heure. Plus que deux heures à tuer.


Comme d'habitude, tout s'est réglé à l'ouverture du coffre au trésor et à l'ouverture des (trop) nombreux cadeaux, une fois les bougies soufflées.


Comme d'habitude, personne n'a touché au gâteau mais le niveau des bols de bonbons est descendu très rapidement. Colombine a goudîné essentiellement à base de chocolat et de glucides. Très équilibré.


Comme d'habitude, ils ont fini par aller jouer aux legos dans la chambre de Petit Brun. Au bout d'une demi-heure, ils sont tous descendus jouer au foot/rugby, bref avec un ballon. Tous, sauf Petit Brun, Petit Châtain et un troisième larron.

Comme d'habitude, on a fini par se dire que l'année prochaine, on ne ferait pas de goûter pour Petit Brun, parce que cela finit toujours au clash. Alors que pour Petit Châtain, tout se passe toujours bien. Ou alors autre chose, en invitant moins de personnes. Une activité peut-être...

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Un demi-comprimé

13 Avril 2015, 21:16pm

Publié par lapetitemaison

Un demi-comprimé

Une maladie souterraine, avait dit le docteur D, la première fois que nous nous étions rencontrés. Petit Châtain avait six jours, et depuis j'avais des céphalées terribles, moi qui sait à peine ce qu'est une migraine, le cœur qui battait à toute allure, les mains et les pieds gonflés, les avant-bras comme engourdis et comme si on me serrait des gants très étroits autour des mains.

Il est vrai que pendant le travail, le monitoring ne cessait de biper parce que ma tension était haute (ce qui est tout à fait normal). Tellement que l'on avait coupé le son et le bip incessant. Seulement je ne suis jamais redescendue. Perchée à 15/10 non stop, le tensiomètre auquel les infirmières me reliaient plusieurs fois par jour ne cessait de le confirmer.

Le docteur D m'a mise au régime peu salé (= cuisiner sans saler, plus de plats surgelés, ce qui explique aussi que le Capitaine se soit lancé dans la cuisine maison à fond, plus de vin blanc sucré liquoreux, alors que j'avais rêvé de Montbazillac toute ma grossesse, plus d'alcool à base d'anis, mon préféré, plus de réglisse non plus), trouvé le médicament qui m'a fait redescendre à des tensions normales. Adieu céphalées, chamades, fourmis et gants trop serrés.

Samedi, après être arrivée au bout de mon dernier demi-comprimé deux jours avant et n'avoir pas pris le temps de passer à la pharmacie, ces symptômes se sont rappelés à moi. Six ans de traitement quotidien, de rendez-vous bisannuels parfaitement routiniers avec le docteur D... J'avais presque oublié. Que j'étais hypertendue et que cela pouvait faire mal, voire mal se terminer.

J'avais relâché un peu la pression. Parce que c'est pénible de demander dans les restaurants si les plats peuvent ne pas être salés (alors qu'ils sont réchauffés et déjà cuisinés), que les cartes comprennent souvent charcuteries ET fromage à tous les plats, et qu'il y a six ans, les restaurants végétariens se comptaient sur les doigt de la main. C'est pénible de devoir dire aux amis qui t'invitent : "ah, ce soir c'est fondue/tartiflette/raclette ? En fait, je peux rien manger..." Les plus proches font des efforts et je les remercie de s'en souvenir.

Pénible aussi de trimballer une ancienne boîte à thé en métal contenant toute ma pharmacopée à chaque fois que l'on bouge (et que très souvent une bonne âme a rangé dans l'armoire du petit-déjeuner, la voyant en évidence sur le plan de travail. Que parfois j'ai oublié en partant). Cette maladie ne m'empêche pas de mener une vie normale, de travailler, de faire du sport, de voyager, ni même d'avoir d'autres enfants.

Je n'ai pas voulu admettre que j'étais malade. D'autant que je n'ai pas l'âge de l'hypertendu moyen : les plaquettes à destination des hypertendus me font bondir, avec leurs sexagénaires aux cheveux blancs, hilares, qui cuisinent des légumes sautés. Ou les groupes de parole pour personnes en surpoids et/ou diabétiques. J'avais une hygiène de vie globalement saine avant que le terrain cardiaque familial ne décide de se réveiller. A tel point qu'à notre première rencontre, le docteur D pensait que j'avais peut-être consommé de la C (pour cocaïne, si toi aussi lecteur, tu vis dans le monde des Bisounours). Après trois ans de traitement, j'avais même convaincu le docteur D de me laisser expérimenter une "fenêtre thérapeutique", avec port d'un holter pendant 24 heures, histoire de voir. Tellement l'idée de prendre un médicament à vie me terrifiait. C'était tout vu : hop, de nouveau à 15/10. On referme la fenêtre.

L'expérience de ce week-end a été un rappel cuisant, la leçon bien comprise. Un demi-comprimé par jour, une prise de tension au repos. Ce n'est pas plus compliqué que ça. Pour que la maladie redevienne souterraine le plus longtemps possible.

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Pour solde de tout compte (épisode 1/2)

19 Janvier 2015, 21:03pm

Publié par lapetitemaison

Pour solde de tout compte (épisode 1/2)

C'est l'histoire d'une salariée (ma pomme) qui n'arrivait plus à travailler avec son chef. Depuis son départ en congé maternité, mais pour être tout à fait honnête, ça n'avait jamais vraiment fonctionné depuis sa prise de poste, en septembre 2010. Mais elle fait des efforts, y mettant du sien, soutenant les cadences, toujours plus fortes. Un poste mal bâti (à cheval entre deux services, à coordonner des gens déjà largement sur-occupés qu'il fallait toujours solliciter en plus, donc des relations toujours un peu tendue), et un chef tantôt enjôleur, pleins de Grands Projets et de Démarrages en flèche,tantôt cruel et méprisant. Dans les phases "down", la Salariée ne savait pas s'organiser, ne travaillait jamais assez ou alors mal ("alors que tout le monde ici travaille énormément ici et personne ne se plaint"). Bref, c'était toujours de sa faute et jamais de celle de l'organisation.

En 2012, lors de l’entretien d’évaluation de la Salariée, il lui fut présenté le redémarrage des publications en ligne dont elle s'occupait, avec une véritable équipe, de véritables moyens, et même (champagne !) le recours à une agence d’infographistes : « ce sera les Cent Fleurs, vous pourrez demander tout ce que vous voulez ». Pour compléter le personnage, Chef a été dans sa prime jeunesse trotskiste. Ce qui n’apparaît plus du tout aujourd’hui (il est devenu plus libéral que Tatcher), à part ces quelques références et ce mantra qui tourne en boucle sur l’écran de veille de son poste, pendant ses longues péroraisons, lors de réunions soporifiques : « l’imagination est plus importante que l’intelligence ». Les Cent Fleurs, j’aurais dû me méfier : ça c’est quand même très mal terminé…

Pour la petite équipe dédiée au relancement des sites, cela a été pareil. En septembre 2012, je préviens que je suis enceinte et partirait en congé maternité mi-janvier pour un troisième bébé prévu pour mi-mars. En fait, ma grossesse étant beaucoup plus fatigante que prévu, je serai en poste adapté à partir de novembre. Je préviens très tôt que j’aurais besoin d’une remplaçante, pour avoir le temps de la former. Je suis sur un poste technique dont mes collègues, même si elles utilisent la même interface, ne maîtrisent pas toutes les facettes et c’est bien normal. Nous ne sommes pas interchangeables. Croyais-je. En fait, si.
Je suis arrêtée en avance, mi-décembre . Mon poste ne sera jamais remplacé. En même temps, nous apprenons que le redémarrage des sites n’est pas si spectaculaire et que finalement, un des deux sera fermé.

Pendant tout mon congé maternité, avant et après la naissance de Colombine, je suis les péripéties du bureau à distance, n’étant jamais informée par Chef directement, devant passer des coups de fil réguliers pour avoir une information « officielle » (et non pas celle de mes collègues-et-amies), et revenant même – alors que je suis déjà en congé maternité – passer un entretien d’évaluation qui tourne au règlement de compte, au sujet de l’échec du business plan (auquel je n’ai pas participé et sur lequel je n’ai aucune information précise).

Pendant que je biberonne, l’équipe est atomisée : deux changements de service, deux ruptures conventionnelles accordées du bout des lèvres après une procédure épuisante. Je n’ai aucune visibilité sur mon poste, son périmètre, la taille de mon équipe. Je n’ai aucune envie de revenir. Quand j’en parle aux délégués du personnel, ils tentent de me raisonner : trois enfants, un secteur où les bonnes nouvelles se comptent sur les doigts de la main… Je renonce à la démission et décide de revenir en 4/5e, une option jamais testée. Chef étant en télétravail (de droit divin) tous les vendredis, il ne reste qu’à cohabiter trois jours. Ça devrait le faire.

En octobre 2013, il faut bien revenir. Avec une nouvelle collègue, choisie par Chef directement et qu’il avait en vue depuis un moment. Au moment de la relance des sites, elle avait été jugée « trop chère ». La voici en place depuis fin août, et tellement contente de me voir que cela semble suspect. Il n’y a pas de raison pour que les gens changent. La première réunion de travail à huis clos (Chef, elle et moi) est un cauchemar. Il est extrêmement nerveux, cassant, agressif. Ma nouvelle collègue finira par donner sa démission avant la fin de sa période d’essai, par bravade et pour s’éviter une nouvelle humiliation. Je récupère une deuxième nouvelle collègue en décembre. Tout à recommencer, une fois encore.

Une énième crise nous oppose fin avril, sur une bête proposition d'inversion de dates de publication en mai. Nous publions toujours un gros dossier au début du mois. Sauf que le mois de mai 2014 est un véritable tunnel de ponts. Je propose donc d’inverser et de publier le dossier plus tard, pour qu’il soit mieux lu (et aussi parce qu’on aura un peu plus de temps pour caler les interviews et le préparer). Hurlements. Tempête. La crise de trop. Comme les ruptures conventionnelles ne sont jamais ou que très rarement accordées, je décide de donner ma démission début juin. Avec un mois de préavis dans notre convention collective, ce sera parfait, je serai libérée pour le début des grandes vacances. Un dîner d’amies d’école de journalisme. Qui écoutent mon projet, le soutiennent. C me dit : « tu ne vas pas partir sans rien. Appelle Maître C., une amie avocate qui m’a bien aidée ».

Mi-mai, Maître C me reçoit dans son cabinet. Je lui raconte cette même histoire. Elle m’écoute, prend note que la DRH de ma société est parfaitement au courant de mes problèmes, mais que rien ne change. N'a pas l'air de trouver que j'exagère ou que j'affabule, comme une partie des collègues de mon service. Et ne trouve pas le comportement de Chef très réglo. Me propose de rédiger un courrier où nous rappellerons tous les évènements noir sur blanc et de demander qu’une solution soit trouvée pour se séparer à l’amiable. Fin mai, j’envoie le courrier n°1…
(to be continued)

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24 heures aux Enfants malades

10 Septembre 2014, 19:04pm

Publié par lapetitemaison

24 heures aux Enfants malades

Depuis jeudi dernier, la paupière gauche de Petit Brun était enflée. Peut-être une piqûre d'araignée ? Un coup de pied mal placé de son frère ? Lors de la consultation médicale (pour la gastro qui était repartie de plus belle), le médecin examina bien l'œil : pas de conjonctivite, mais une pommade ophtalmique pour faire dégonfler la paupière.

Vendredi, samedi, dimanche... La paupière ne cessait d'enfler et l'œil de Petit Brun de diminuer. Je n'étais pas très tranquille, que faire, à part attendre lundi d'aller voir un ophtalmo ? Petit Brun se plaignant de douleurs à l'œil, on finit par appeler SOS Médecins à 20 heures.

L'urgentiste de garde (un hipster barbu en chemise à carreaux) arriva à 22 heures, comme annoncé au standard, "il arrivera dans les deux heures". Petit Brun entretemps s'était endormi. Ce n'était pas une conjonctivite mais une ethmoïdite (pour faire court, une infection d'un sinus placé derrière l'ethmoïde, os situé derrière le nez, entre les orbites. D'où le gonflement de la paupière).

Pour plus de sûreté, il fallait voir un ORL le lendemain (l'occasion de découvrir que celui que nous avions consulté une fois en centre-ville avait pris sa retraite)... et commencer tout de suite la prise d'antibiotiques, le Capitaine allant à la pharmacie 24/24 la plus proche, aux portes de la capitale.

24 heures aux Enfants malades
24 heures aux Enfants malades

Le lendemain, Petit Brun ne pouvait plus ouvrir l'œil gauche et avait l'air aussi dynamique qu'un boxeur vaincu par K.O. Je réussis à obtenir un rendez-vous à... 14 h 45, le cabinet étant fermé le lundi matin. A 14 heures, il fallut réveiller et habiller Petit Brun qui s'était endormi, et marcher sous un soleil de plomb.

La secrétaire de l'ORL nous toisa quand elle vit l'œil de Petit Brun : "s'il a mal à l'œil, il doit voir un ophtalmo !" Ben non, justement... Après la lecture d'un "J'aime lire" particulièrement anxiogène en salle d'attente (sur un petit garçon atteint d'une leucémie), le diagnostic fut confirmé. Pour déterminer la gravité de l'ethmoïdite, il fallait que Petit Brun passe un scanner. L'hôpital de notre ville ne disposant pas de l'équipement nécessaire, l'ORL nous envoya aux Enfants Malades aux urgences ORL.

Terrorisé par la lecture du "J'aime lire", Petit Brun commença à pleurnicher à l'idée de passer un scanner. Je lui proposai une expédition au Monop, histoire de trouver de nouveaux livres à lire (surtout pour moi) et des Kinder moineaux et des Dragibus©. Puis un passage rapide à la maison (pour prendre Nounours, un pyjama et le chargeur de mon téléphone qui commençait à décéder), avant de rejoindre l'hôpital en transport en commun. Pas la peine de prendre le minibus et de laisser une fortune en parc-mètre...

24 heures aux Enfants malades

Comme indiqué par l'ORL, c'est aux urgences ORL qu'il fallait aller. La dame des admissions habitait dans la même banlieue que nous et tint à porter elle-même notre dossier au bureau 243. A peine le temps de lire un quart d'"Astérix gladiateur" et la consultation commença. Seul le scanner pouvait déterminer s'il fallait une opération pour drainer le pus si d'aventure celui-ci avait touché l'œil.

Qui dit scanner, dit pose de cathéter pour injecter le produit permettant de "colorier" le scan. Et si - dénouement heureux – Petit Brun n'écopait que d'un traitement par intraveineuse, "IV", il fallait de toute façon un cathéter pour injecter le produit.

Je me souvenais de la pose du cathéter à Colombine en néonat... Elle n'avait pas bronché. Là, alors Petit Brun commençait à paniquer, les infirmières sont arrivées avec l'arme fatale : le gaz hilarant. Une fois sous masque, on n'entendait plus que les rires aux éclats de Petit Brun, qui s'arrêta très vite en découvrant sa main droite entièrement bandée.

Pas même le temps d'attendre au scanner. Petit Brun a été impressionné par la taille de l'appareil, j'avais oublié le poids du tablier anti-radiation, et une demi-heure après l'examen, le résultat tomba : on échappait au bloc opératoire et Petit Brun écopait "juste" de 24 heures d'intraveineuse.

Le traitement commença dès que Petit Brun fut allongé sur son lit, dans une chambre lumineuse, équipée d'un fauteuil lit pliant au design très basique mais qui se révèlera extrêmement confortable : une certaine marque de mobilier au logo jaune et bleu pourrait s'en inspirer...

Le Capitaine passa nous voir vers 20 h 30, notamment pour m'apporter une sorte de dîner (je pouvais rester dormir mais n'étais pas comprise dans les repas puisque Petit Brun avait été admis dans le service après 17 heures... Et la caféteria avait fermé à 18 h 50), un pyjama, ma trousse de toilette (que, par superstition et pour voyager léger, je n'avais pas pris).

C'est après le départ de son père que Petit Brun fit une crise d'angoisse (et de fatigue) : impossible de s'endormir sans son pouce droit (et je n'y avais même pas pensé au moment de la prise de sang, le bras droit ayant été choisi pour sa veine "belle comme un boulevard"), j'ai maaaaaaaaaaaal à la main, pouvait-il y avoir des voleurs dans l'hôpital ? (on m'avait dix fois depuis notre arrivée de faire attention à nos affaires personnelles, de rien laisser de précieux dans al chambre) C'était quoi, tous ces bruits ? Je veux rentrer à la maison/Je veux Papa/Petit Châtain/Colombine, je veux dormir avec toi (ce qui est strictement interdit)

Nous allions (enfin) tomber dans les bras de Morphée quand une armoire à glace d'infirmier entra dans la chambre. "Vous avez appelé ?" (dans la panique, Petit Brun avait dû presser sans le vouloir le bouton rouge). Ben non, mais peut-être que si... Petit Brun se prit une soufflante parce qu'il tenait mal sa main et que le sang refluait dans le cathéter. Sur la menace d'une pose d'une autre perfusion s'il ne faisait pas des mouvements de temps à autre, le cerbère sortit.

Nous venions tout juste de nous endormir que l'équipe de nuit arriva... J'ai cru voir un changement de poubelle vers 3 h du matin ?!? et une nouvelle salve de médicaments qui ne réveilla pas Petit Brun.

A 7 h 40 je me réveillai en sursaut : il était bien spécifié que l'accompagnant devait être habillé, le lit replié pour la visite des médecins à 7 h 30. Evidemment ceux-ci passèrent pile au moment où j'étais allée chercher un café... Mais tout allait bien, Petit Brun pouvait ouvrir son œil, on sortirait le soir même.

24 heures aux Enfants malades
24 heures aux Enfants malades

Vers 10 h du matin, nous avions lu tous les livres apportés, joué avec les trois personnages de Legocity Starwars et téléchargé péniblement un ou deux extraits d'Alice au pays des Merveilles. C'est alors que Céline, l'éducatrice responsable de la salle de jeu du service, nous proposa de la rejoindre.

C'est là que nous avons passé toute la matinée, à jouer au circuit de train, aux legos, à Uno,au jeu des ouistitis (une sorte de mikado), à voir passer les clowns du Rire médecin (mais Petit Brun ne voulut pas assister à leur concert dans le couloir) et les bénévoles de Main dans la main et les blouses roses. Je ne sais pas si Petit Brun s'est rendu compte de la gravité de l'état de santé des autres enfants, qui sortaient ou allaient entrer au bloc opératoire, des poupées de trois ans en corset et mentonnière qui allaient être opérées pour la deuxième fois de la moëlle épinière, du petit garçon chauve qui devait combattre un cancer...

A midi, il fallut regagner la chambre pour le déjeuner, où nous avons eu la visite de Lémence, qui m'avait apporté un bagel et SURTOUT du Coca, il fallait bien ça pour enchaîner sur une après-midi de jeux (merci les Pièces jaunes !). Petit Brun était quasiment le seul petit patient à pouvoir en profiter, les autres étant au bloc ou en salle de réveil.

Je n'ai jamais autant joué de ma vie : mistigri, qui est-ce ?, Rêve de pirates, Sardines (une sorte de mémory), avec interruption pour la visite du professeur (qui a duré deux minutes "ça a bien dégonflé, hein ? Une petite ethmoïdite"). A 17 h 30, après une dernière partie de Blocus, Céline nous a raccompagné en "perfsurf" : la salle de jeux fermait et la dernière intraveineuse faite, nous pouvions regagner la maison. Peut-être qu'on la croisera dans notre banlieue, puisqu'elle aussi habite là, comme beaucoup de personnes qui travaillaent aux Enfants malades, nous a-t-elle dit. Encore huit jours d'antibiotiques et une "semaine blanche" d'école...

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