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La petite maison dans la banlieue

En attendant la Toussaint

30 Septembre 2014, 09:29am

Publié par lapetitemaison

En attendant la Toussaint

Septembre touche à sa fin... L'occasion d'un petit bilan automnal ?

Petit Brun a une super maîtresse, il a l'air d'être content en classe et est prêt à tout pour décrocher la "gommette d'or" du cahier bien tenu. Il n'a pas été élu délégué de classe, malgré un programme tout à fait démago – des ballons de foot et un panier de basket pour les récrés – mais a quand même passé le second tour, pas mal pour un nouveau qui a loupé dix jours de classe ce mois-ci. Entre les filles qui se colorient les ongles avec le feutre d'ardoise rouge "pour faire comme du vernis" et les "croix rouges" pour bavardages ("au bout de trois, je suis exécuté de l'école"), sa classe ressemble beaucoup à celle du "Petit Nicolas"... Gros point noir : les réveils et un comportement qui oscille entre le gros bébé et le préado : "j'aime pas me lever [sauf le samedi et le dimanche à jouer aux Playmobil sur nos têtes dès 7 heures du matin], j'aime pas aller à l'école, etc, etc."

L'emmener à sa nouvelle école (à 3,8 km de chez nous, pas le bout du monde, mais bien 30 minutes de trajet créneau compris, surtout le matin. Je rêve de trajets "à vol d'oiseau"...) a nécessité une organisation en béton. En attendant qu'il soit assez grand pour prendre le bus, on partage une conduite avec une autre famille le matin et une autre maman le récupère le mercredi midi (heure à laquelle Petit Châtain termine lui aussi), parce que je n'ai toujours pas le don d'ubiquité, ce qui me désole, parce que cela serait très pratique.

Petit Châtain est tellement content d'être chez les grands qu'il se lève presque tout seul le matin. Comme son frère émerge à 7 h 15, il suit le mouvement, ce qui lui laisse presque 90 minutes pour petit-déjeuner. Les grands étant de dernier service à la cantine, ils n'ont qu'une demi-heure pour manger. Sachant que Petit Châtain mange "à deux à l'heure", je suis quasiment sûre qu'il ne mange rien, autant partir le ventre bien calé pour tenir la matinée. Petit Châtain a lui aussi une super maîtresse, adepte du cahier de vie : je n'ai pas fini de faire des devoirs le dimanche ! Cette année, les institutrices ont choisi de voyager dans le temps (l'an dernier c'était dans le monde, grâce à Loup). Un sablier est déjà parti à l'école...

Il n'a pas encore testé les ateliers des nouveaux rythmes scolaires dont l'application s'est faite dans la douleur. Pour résumer : en mars, changement de municipalité, nouvelle maquette des rythmes scolaires, soutenue par les équipes enseignantes du quartier. Parallèlement, changement complet de direction et d'équipe au centre de loisirs qui marche avec l'école maternelle, sans que les mauvais parents qui ne passent pas au centre ne soient tenus au courant dans le cahier de correspondance (comme moi, qui ne met pas Petit Châtain dès 7 h 30 le matin et qui ne passe plus le soir, puisque Cherry, notre baby-sitter prend le relais). L'école, c'est l'école, le centre de loisirs, c'est le centre de loisirs. Ne pas oublier par dessus un conflit social interne à la mairie (des primes malheureusement attribuées aux mauvaises catégories de personnels...). Vous obtenez trois vendredis foireux, sans crèche et vendredis après-midi libres pour les plus grands. Du coup, vendredi, il y a bien eu ateliers, mais nous avions pris la poudre d'escampette pour aller déjeuner avec la marraine de Petit Châtain. Et d'ailleurs, je ne sais toujours pas ce qu'il va faire : arts plastiques, théâtre ou gym ?

Colombine marche sur ses deux pieds depuis début septembre (après des petites séries de pas distillées tout au long du mois d'août pour faire durer le suspense jusqu'au bout). Elle a une démarche de tortue, tête rentrée dans le cou, pas vacillants, mais ne vous y fiez pas : elle est capable de traverser toute la maison et de se retrouver au second étage ni vu ni connu. Revers de la médaille de l'indépendance de la marche : un pouce coincé dans une porte par Petit Châtain, comme son frère l'avait fait au même âge avec lui... Elle mange seule, presque proprement (hum) et hurle dès qu'on tente de l'aider avec une cuillère. Elle n'aime pas rester toute seule dans sa chambre, et j'ai tendance, c'est vrai, à demander à ses frères de jouer avec elle. Elle manifeste de la jalousie si j'ai le malheur de lire une histoire à Petit Châtain, n'hésitant pas à le taper pour le faire descendre de mes genoux. C'est encore pire quand son père ou moi avons une nièce dans les bras. Pas partageuse du tout ! Pour le reste, c'est un amour de petite fille, qui ADORE ranger les chaussures, et sortir les pantoufles de son père le soir quand il rentre (sans que personne ne lui ai jamais demandé de le faire)...
Les prochaines vacances sont dans trois semaines déjà... Et on ne sera pas fâchés du tout de se poser !

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Eiffel power

22 Septembre 2014, 19:55pm

Publié par lapetitemaison

Eiffel powerEiffel power
Eiffel powerEiffel power

Hier, on a dîné dans les nuages, arrimés au sol par quatre piliers en dentelle de fer. Pour célébrer une décennie et un septennat conjugaux, je complotais avec AnneDo depuis le mois de juillet pour réserver une table pour quatre au Jules Verne, le restaurant du deuxième étage. Oui, j'ai complètement craqué le Livret développement durable, oui c'était un peu de la folie, oui, on risque de ne manger que des pâtes tout l'hiver, mais on ne vit qu'une fois ! J'aurais aimé avoir une table notre jour J, mais les malices de la réservation en ligne ont rendu la chose impossible. Et finalement, cela tombait très bien, entre nos deux dates anniversaires. Plusieurs mails, SMS et même coups de fil de confirmation à passer : a priori, une table nous attendait bien pour 19 heures.

Seuls étaient dans la confidence (hormis Edouard et AnneDo) notre babysitter et le chauffeur de VTC (pas envie de conduire un dimanche soir pour aller au centre de Paris. Erreur, il n'y avait quasiment pas de monde, nous sommes arrivés très tôt sous la dame de fer. Mais aurions été incapables de conduire au retour après 5 ou 6 verres de vin).

Quand le babysitter est arrivé et que j'ai demandé au Capitaine de s'habiller chic, il a commencé par râler : "j'aime pas les surprises, j'ai pas d'autres chemises, je savais pas qu'il m'en fallait une pour ce soir, j'espère que tu sais où tu vas parce qu'il n'y a plus de sous sur le compte". Nous avions une demi-heure à attendre avant de pouvoir entrer dans le restaurant (enfin, emprunter l'ascenseur privé qui monte le long du pilier Sud). Après avoir fait un brin de queue au pilier Nord ("mais pourquoi tu n'as pas réservé les billets avant ?"), fourni des explications complètement foireuses, nos convives ont fini par nous rejoindre.

 

Eiffel power
Eiffel power

Il a fallu laisser passer quatre ascenseurs – que des touristes étrangers, Japonais et Américains – passer un portique de détecteurs de métaux et montrer le contenu de nos sacs à main avant de pouvoir entrer dans le restaurant. La salle n'est pas très large et la vue magnifique, mais très peu de tables en profitent – à moins de prendre le package total, qui te laisse totalement sur la paille. J'avais spécifié dans les 250 signes de commentaires lors de la réservation que nous aurions aimé avoir une table avec vue parce que nous venions fêter nos anniversaires de mariage.

Et table avec vue nous avons eue. Avec coucher de soleil sur les Invalides, l’École militaire, Montparnasse. L'autre partie de la salle donnait sur la vue trois étoiles Trocadéro/Arc de Triomphe/Seine/Concorde, mais nous étions ravis.
Grisée par la vue (et la coupe de champagne rosé en apéritif), je n'ai pas immortalisé tous les plats, mais la cuisine de Ducasse est aussi bonne au palais que belle à l'œil. Et le menu m'a semblé aller crescendo jusqu'au feu d'artifice final du dessert — ça tombe bien, je suis plutôt bec sucré.

Même si je n'aime pas la betterave ni le cœur d'artichaut, j'ai apprécié "l'escalope de foie gras de canard en cocotte, betteraves cuites et crues", suivi d'une "belle langoustine dorée, légumes croquants, sucs de cuisson", puis de "petits artichauts poivrade en barigoule". Pour le plat, avec Anne Do nous avions opté pour le "blanc de turbot à la plancha, oignon/raisin/noix, réduction d'un verjus", tandis que les messieurs se laissaient tenter par la "poulette de Bresse en fricassée, cèpes cuisinés, jus perlé".

Une fois que le soleil s'était couché, les lumières se sont tamisées, pour nous laisser profiter du spectacle de Paris la nuit. L'occasion de vérifier que les abords de la Tour sont très peu habités, au nombre de fenêtres éclairées... On a encore plus l'impression de flotter dans les airs, hors du temps (et au bout de trois excellents verres de vin, avec l'excitation de la surprise, il ne m'en fallait pas beaucoup pour être sur un petit nuage).

Eiffel power
Eiffel power
Eiffel power

Au moment des "figues rôties en feuilles, brousse de brebis et cassis", nos quatre assiettes sont arrivées, décorées d'un "joyeux anniversaire" et d'une bougie, délicate attention qui nous a touché (j'avoue, j'ai brandi la pancarte "anniversaires de mariage" surtout pour avoir la table avec vue, et cela a fonctionné !)

Le bouquet final a été "l'Ecrou croustillant au chocolat", accompagné de guimauves, de macarons et de petits fours. J'ai regretté de m'être fait avoir par le "pain brioché" proposé dans l'énorme corbeille de pains qui revenait à chaque plat : en fait un croissant salé présenté sous forme de pain... Ne me demandez pas la carte des vins : elle n'était pas indiquée sur la carte et je ne les ai pas retenus.

Au moment de régler, les cartes bleues ne sont pas restées muettes (même si les comptes étaient un peu dans le rouge, il restait lundi pour rectifier le tour), ouf. Nous avons admiré les points de vue, la dentelle des poutrelles... Non sans projeter de revenir : pour la décennie de nos amis ? Dans dix ans ? Ou jamais ? Munis d'un menu-souvenir (ben oui, c'est la tour Eiffel tout de même) et de madeleines (proustiennes), nous avons repris l'ascenseur à regret... Regagner la terre( à terre) ferme, mais la tête encore un peu dans les nuages...

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Broc au soleil

15 Septembre 2014, 20:37pm

Publié par lapetitemaison

Broc au soleil

Hier, j'étais aphone mais j'étais sur le pied de guerre dès 6 heure du mat. Champ de bataille : la brocante du quartier d'à côté. Objectif : vider la cave chambre du sous-sol de toutes les merdouilles merveilles dont nous n'avons plus l'utilité. Soit une huitaine de cartons qui remplissaient tranquillement le minibus.

On s'était décidés pendant le pont du 14 juillet, en allant acheter de la peinture pour retaper une armoire pour Petit Brun (attention teasing, billet "home staging" à venir). Par chance, la dame du pressing s'était désistée, on a récupéré ses deux mètres linéaires, extrêmement bien placés : pas loin du carrefour qui mène à la gare, avec les principaux lieux de restauration, en face du café (extrêmement pratique pour aller aux toilettes). De quoi voir défiler toute la foule devant soi.

Quand nous sommes arrivés sur les lieux, il faisait encore nuit, on ne voyait que les lampes de poche des "pros", qui t'abordent sans un bonjour alors que tu es à peine réveillée et que tu dois monter ton stand à toute vitesse (l'Homme étant parti garer la voiture... à deux pas de la maison tellement le quartier était saturé de véhicules. Il reviendra en vélo). "Est-ce que vous avez des jeux vidéos ? Des téléphones portables ? De l'argenterie ? Des bijoux ? Des cartes postales ? Alors, vous avez déballé vos trucs anciens ?" Parfois, ils regardent un truc dans tes cartons, généralement d'un air dégoûté...

Je regrette de ne pas avoir pris un pull, mais comme mon frère et ma belle-sœur sont venus dormir à la maison, impossible de remonter prendre un pull dans ma chambre (nous avons dormi à la cave. Dans la cave, on entend pas les enfants). Brrr. Avec mon frère, nous avions monté un plan de garde machiavélique : on gardait samedi mes nièces pendant que leurs parents étaient d'EVJF/EVG et le lendemain, ils gardaient la troupe pendant que nous étions à la brocante.

"Il y a juste un truc que tu brades pas, c'est l'ordinateur", m'a lancé le Capitaine en allant se garer. Pour finir, on a tout bradé, parce qu'au bout d'un moment, le plus important, c'est de repartir avec presque rien. L'acheteur ne s'attend pas à payer le prix indiqué, mais monnaye au plus bas "c'est ton dernier prix ?". A tel point qu'en allant chercher des mouchoirs (because sinusite) et des chips (because la faim) au Franprix, j'avais très envie de marchander moi aussi : "ce paquet de mouchoirs, c'est ton dernier prix ? Allez, 2 euros".

Il y a les acheteurs qui sont équipés : charrette de marché, valises à roulettes. Qui savent ce qu'ils veulent et font leur super marché. Et ceux qui se promènent, spécialement l'après-midi, en faisant la tronche devant ce qui est exposé, comme s'ils s'attendaient à retrouver le Carré des antiquaires du Louvre. Bizarrement, mes chaussures les plus loufoques (des instants d'égarement) et mes robes chics-mais-que-je-mets-plus n'ont pas forcément trouvé preneur : chez les vraies dames, la taille M c'est trop petit...

Il y a eu des moments étranges : cette dame qui marchande des fleurs artificielles dont je lui vante la qualité et qui balance : "de toute façon, c'est pour le cimetière, ça fera l'affaire". Ce jeune homme qui tombe en pâmoison devant les 26 volumes de la collection du Royaume des animaux, mais qui n'a pas encore son propre chez-lui "parce que sinon je vous les aurais pris, c'est tellement génial". La tronche des amateurs de vinyles, silencieux comme des chats, qui font un petit tour et puis s'en vont, et parfois en prennent qui n'avait jamais trouvé jusque là. Cette dame qui revient une fois, deux fois, trois fois regarder une des robes. Puis s'éloigne. Je regrette de ne pas l'avoir rattrapée pour lui demander combien elle m'en donnait et lui laisser la robe. Le gamin qui achète l'ordinateur (bradé à 20 euros par un Capitaine attendri), "c'est la première fois que je dépense autant d'argent, je suis fou !" avec sa sœur qui levait les yeux au ciel à côté... Le monsieur qui regarde une robe sur le portant, demande la taille et est reparti offusqué parce que le Capitaine avait tenté une blague : "c'est pour vous la robe ?" Il a été interdit de trait d'humour autour du portant jusqu'à la fin de l'après-midi...

C'est ce qui me plaît le plus dans les brocantes : vider ses placards, faire de la place, bien sûr, voir sa caisse se remplir petit à petit et ressentir l'excitation de la vente, se faire un (tout petit) peu de beurre, mais surtout observer les gens. La débauche de fringues qui est mise en vente (à côté mon portant à 15 cintres avait l'air de venir de Corée du Nord), tout comme l'étrangeté des objets achetés (le rotin a la cote cette année, sachez-le).

Je ne me suis éloignée du stand que pour des besoins essentiels. Interdit de revenir avec autant de trucs que nous étions venus : nous avons un certain nombre de bricolages en retard à terminer avant de retourner écumer les brocantes côté allées !

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24 heures aux Enfants malades

10 Septembre 2014, 19:04pm

Publié par lapetitemaison

24 heures aux Enfants malades

Depuis jeudi dernier, la paupière gauche de Petit Brun était enflée. Peut-être une piqûre d'araignée ? Un coup de pied mal placé de son frère ? Lors de la consultation médicale (pour la gastro qui était repartie de plus belle), le médecin examina bien l'œil : pas de conjonctivite, mais une pommade ophtalmique pour faire dégonfler la paupière.

Vendredi, samedi, dimanche... La paupière ne cessait d'enfler et l'œil de Petit Brun de diminuer. Je n'étais pas très tranquille, que faire, à part attendre lundi d'aller voir un ophtalmo ? Petit Brun se plaignant de douleurs à l'œil, on finit par appeler SOS Médecins à 20 heures.

L'urgentiste de garde (un hipster barbu en chemise à carreaux) arriva à 22 heures, comme annoncé au standard, "il arrivera dans les deux heures". Petit Brun entretemps s'était endormi. Ce n'était pas une conjonctivite mais une ethmoïdite (pour faire court, une infection d'un sinus placé derrière l'ethmoïde, os situé derrière le nez, entre les orbites. D'où le gonflement de la paupière).

Pour plus de sûreté, il fallait voir un ORL le lendemain (l'occasion de découvrir que celui que nous avions consulté une fois en centre-ville avait pris sa retraite)... et commencer tout de suite la prise d'antibiotiques, le Capitaine allant à la pharmacie 24/24 la plus proche, aux portes de la capitale.

24 heures aux Enfants malades
24 heures aux Enfants malades

Le lendemain, Petit Brun ne pouvait plus ouvrir l'œil gauche et avait l'air aussi dynamique qu'un boxeur vaincu par K.O. Je réussis à obtenir un rendez-vous à... 14 h 45, le cabinet étant fermé le lundi matin. A 14 heures, il fallut réveiller et habiller Petit Brun qui s'était endormi, et marcher sous un soleil de plomb.

La secrétaire de l'ORL nous toisa quand elle vit l'œil de Petit Brun : "s'il a mal à l'œil, il doit voir un ophtalmo !" Ben non, justement... Après la lecture d'un "J'aime lire" particulièrement anxiogène en salle d'attente (sur un petit garçon atteint d'une leucémie), le diagnostic fut confirmé. Pour déterminer la gravité de l'ethmoïdite, il fallait que Petit Brun passe un scanner. L'hôpital de notre ville ne disposant pas de l'équipement nécessaire, l'ORL nous envoya aux Enfants Malades aux urgences ORL.

Terrorisé par la lecture du "J'aime lire", Petit Brun commença à pleurnicher à l'idée de passer un scanner. Je lui proposai une expédition au Monop, histoire de trouver de nouveaux livres à lire (surtout pour moi) et des Kinder moineaux et des Dragibus©. Puis un passage rapide à la maison (pour prendre Nounours, un pyjama et le chargeur de mon téléphone qui commençait à décéder), avant de rejoindre l'hôpital en transport en commun. Pas la peine de prendre le minibus et de laisser une fortune en parc-mètre...

24 heures aux Enfants malades

Comme indiqué par l'ORL, c'est aux urgences ORL qu'il fallait aller. La dame des admissions habitait dans la même banlieue que nous et tint à porter elle-même notre dossier au bureau 243. A peine le temps de lire un quart d'"Astérix gladiateur" et la consultation commença. Seul le scanner pouvait déterminer s'il fallait une opération pour drainer le pus si d'aventure celui-ci avait touché l'œil.

Qui dit scanner, dit pose de cathéter pour injecter le produit permettant de "colorier" le scan. Et si - dénouement heureux – Petit Brun n'écopait que d'un traitement par intraveineuse, "IV", il fallait de toute façon un cathéter pour injecter le produit.

Je me souvenais de la pose du cathéter à Colombine en néonat... Elle n'avait pas bronché. Là, alors Petit Brun commençait à paniquer, les infirmières sont arrivées avec l'arme fatale : le gaz hilarant. Une fois sous masque, on n'entendait plus que les rires aux éclats de Petit Brun, qui s'arrêta très vite en découvrant sa main droite entièrement bandée.

Pas même le temps d'attendre au scanner. Petit Brun a été impressionné par la taille de l'appareil, j'avais oublié le poids du tablier anti-radiation, et une demi-heure après l'examen, le résultat tomba : on échappait au bloc opératoire et Petit Brun écopait "juste" de 24 heures d'intraveineuse.

Le traitement commença dès que Petit Brun fut allongé sur son lit, dans une chambre lumineuse, équipée d'un fauteuil lit pliant au design très basique mais qui se révèlera extrêmement confortable : une certaine marque de mobilier au logo jaune et bleu pourrait s'en inspirer...

Le Capitaine passa nous voir vers 20 h 30, notamment pour m'apporter une sorte de dîner (je pouvais rester dormir mais n'étais pas comprise dans les repas puisque Petit Brun avait été admis dans le service après 17 heures... Et la caféteria avait fermé à 18 h 50), un pyjama, ma trousse de toilette (que, par superstition et pour voyager léger, je n'avais pas pris).

C'est après le départ de son père que Petit Brun fit une crise d'angoisse (et de fatigue) : impossible de s'endormir sans son pouce droit (et je n'y avais même pas pensé au moment de la prise de sang, le bras droit ayant été choisi pour sa veine "belle comme un boulevard"), j'ai maaaaaaaaaaaal à la main, pouvait-il y avoir des voleurs dans l'hôpital ? (on m'avait dix fois depuis notre arrivée de faire attention à nos affaires personnelles, de rien laisser de précieux dans al chambre) C'était quoi, tous ces bruits ? Je veux rentrer à la maison/Je veux Papa/Petit Châtain/Colombine, je veux dormir avec toi (ce qui est strictement interdit)

Nous allions (enfin) tomber dans les bras de Morphée quand une armoire à glace d'infirmier entra dans la chambre. "Vous avez appelé ?" (dans la panique, Petit Brun avait dû presser sans le vouloir le bouton rouge). Ben non, mais peut-être que si... Petit Brun se prit une soufflante parce qu'il tenait mal sa main et que le sang refluait dans le cathéter. Sur la menace d'une pose d'une autre perfusion s'il ne faisait pas des mouvements de temps à autre, le cerbère sortit.

Nous venions tout juste de nous endormir que l'équipe de nuit arriva... J'ai cru voir un changement de poubelle vers 3 h du matin ?!? et une nouvelle salve de médicaments qui ne réveilla pas Petit Brun.

A 7 h 40 je me réveillai en sursaut : il était bien spécifié que l'accompagnant devait être habillé, le lit replié pour la visite des médecins à 7 h 30. Evidemment ceux-ci passèrent pile au moment où j'étais allée chercher un café... Mais tout allait bien, Petit Brun pouvait ouvrir son œil, on sortirait le soir même.

24 heures aux Enfants malades
24 heures aux Enfants malades

Vers 10 h du matin, nous avions lu tous les livres apportés, joué avec les trois personnages de Legocity Starwars et téléchargé péniblement un ou deux extraits d'Alice au pays des Merveilles. C'est alors que Céline, l'éducatrice responsable de la salle de jeu du service, nous proposa de la rejoindre.

C'est là que nous avons passé toute la matinée, à jouer au circuit de train, aux legos, à Uno,au jeu des ouistitis (une sorte de mikado), à voir passer les clowns du Rire médecin (mais Petit Brun ne voulut pas assister à leur concert dans le couloir) et les bénévoles de Main dans la main et les blouses roses. Je ne sais pas si Petit Brun s'est rendu compte de la gravité de l'état de santé des autres enfants, qui sortaient ou allaient entrer au bloc opératoire, des poupées de trois ans en corset et mentonnière qui allaient être opérées pour la deuxième fois de la moëlle épinière, du petit garçon chauve qui devait combattre un cancer...

A midi, il fallut regagner la chambre pour le déjeuner, où nous avons eu la visite de Lémence, qui m'avait apporté un bagel et SURTOUT du Coca, il fallait bien ça pour enchaîner sur une après-midi de jeux (merci les Pièces jaunes !). Petit Brun était quasiment le seul petit patient à pouvoir en profiter, les autres étant au bloc ou en salle de réveil.

Je n'ai jamais autant joué de ma vie : mistigri, qui est-ce ?, Rêve de pirates, Sardines (une sorte de mémory), avec interruption pour la visite du professeur (qui a duré deux minutes "ça a bien dégonflé, hein ? Une petite ethmoïdite"). A 17 h 30, après une dernière partie de Blocus, Céline nous a raccompagné en "perfsurf" : la salle de jeux fermait et la dernière intraveineuse faite, nous pouvions regagner la maison. Peut-être qu'on la croisera dans notre banlieue, puisqu'elle aussi habite là, comme beaucoup de personnes qui travaillaent aux Enfants malades, nous a-t-elle dit. Encore huit jours d'antibiotiques et une "semaine blanche" d'école...

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Rentrés à demi

4 Septembre 2014, 20:18pm

Publié par lapetitemaison

Rentrés à demi

Enfin, nous voilà de retour, enfin, ce blog reprend du service (j'avais oublié le coup de la mise en ligne de pubs automatiques si tu n'écris pas pendant 45 jours...).

On va dire que cette année, j'avais de bonnes excuses. Dont une dont j'espère pouvoir vous raconter le feuilleton épique très bientôt. La fatigue – réelle – post GUE. Les vacances avec 4 à 5 enfants entre 7 ans et quinze jours. Une amie jeune maman (lestée d'un bébé de moins d'un an) m'a dit : "tu ne m'avais pas dit que c'était aussi fatiguant les vacances avec un enfant". La flemme de l'été, de préférer lire (je vais essayer de lister mes coups de cœur de l'été).

Bref, et cette rentrée ?

On était fin prêts pour la nouvelle école de Petit Brun. Comme l'année dernière, nous étions allés Colombine, Petit Châtain, Petit Brun et moi au supermarché de B. La liste de Petit Châtain était succincte : un grand protège-cahier transparent en 24 x 32, un petit protège-cahier transparent (pas trouvé, j'ai recyclé celui de l'année dernière), une paire de chaussons de gym et une boîte de mouchoirs. Celle de Petit Brun beaucoup plus complète, mais pas trop farfelue, à part les fameuses étiquettes en 6 x 4 cm qui restent introuvables.

Bien qu'étant la plus petite, Colombine est rentrée la première à la crèche. Sans jeter un regard à son père, elle a rejoint ses petits camarades (qui marchent tous, eux). Le Capitaine était un peu vexé. Moi très soulagée, car une petite personne de 17 mois qui ne rêve que de se jeter dans les escaliers sans savoir marcher, c'est compliqué. Surtout quand il pleut des trombes et qu'on ne peut même pas profiter de la jungle du jardin.

Dans la nuit de dimanche à lundi, sur les coups de trois heures du matin, Petit Brun a été pris de violents vomissements (émétophobes s'abstenir). Suivis de diarrhées très violentes. Il tenait à peine debout. Or lundi après-midi, il avait rendez-vous avec sa maîtresse dans sa nouvelle école.

En le surveillant comme le lait sur le feu, après un déjeuner riz-bananes écrasées (qui sera notre menu de la semaine au déjeuner comme au dîner), nous sommes partis au rendez-vous. La fin de la journée se passa bien, tout comme la nuit.

Le lendemain, c'est Petit Châtain qui avait repris le flambeau niveau vomissements et diarrhées. Avec force cris et larmes. Serait-il émétophobe ? Petit Brun ne voulait rien manger au petit-déjeuner, si, quand même un "gâteau anglais" au chocolat... Et en sortant de la voiture, hop ! De nouveau malade. Nous n'avions plus qu'à faire demi-tour.

Petit Brun s'endormit, sur les coups de 11 heures, son frère m'annonça qu'il voulait s'habiller et aller à l'école. Après un bol de riz (sic), je partis pour la rentrée de Petit Châtain, qui avait lieu de 14 h à 16 h 30. On donna (enfin moi, un Petit Châtain tout rougissant caché derrière mes jambes) l'herbier réalisé cet été à Anne, son institutrice de l'an dernier.

Mercredi matin, Petit Brun réussit à franchir les grilles de l'école (pour une matinée), son frère idem. Et ce matin, le même scénario que lundi matin se répéta. J'ai gardé aujourd'hui un Petit Brun patraque, que j'ai traîné chez le médecin. Lu une bonne partie des Trois mousquetaires à haute voix (version courte, la prolongation de l'excellente expo "Mousquetaires !" vue début juillet aux Invalides avec les garçons).

En fin de journée, il était à nouveau en forme. Ira-t-il toute la journée de demain à l'école ? ça m'arrangerait, parce qu'il n'y a pas de crèche pour Colombine, ni d'ateliers "rythmes scolaires" pour Petit Châtain, les agents communaux sont en grève ("illimitée" même pour la crèche)... J'espère que nous aurons (re)trouvé notre rythme de croisière... la semaine prochaine ! Là, c'était juste une demi-rentrée.

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