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La petite maison dans la banlieue

Articles avec #en attendant

Huit jours dans une bulle

3 Avril 2013, 21:08pm

Publié par lapetitemaison

Neonat.JPG

Séjourner à la maternité, c'est toujours être dans une bulle, hors du temps, où la journée ne tourne qu'autour des soins du bébé, des biberons, des visites des sages-femmes, infirmières, des repas à heures fixes... Un cocon rassurant.
Ce que je n'avais pas prévu, c'est de jouer les prolongations huit jours durant. Si je compte mon petit séjour en salle de pré-travail, j'aurais passé dix jours dans les murs de la maternité.
Vendredi en fin d'après-midi, la responsable de mon étage vient m'annoncer que les résultats de prélèvements faits à la naissance montrent que Colombine aurait un taux suspect de strectocoque B sur la peau. Mais qu'on va lui faire une prise de sang histoire de vérifier si c'est passé dans le sang. Une prise de sang. Pour un bébé de même pas 36 heures. J'ai déjà dit mon amour des aiguilles et des seringues. Autant dire que des deux, c'est moi qui en menait le moins large. Une dose de glucose dans le bec et mon petit doigt à suçoter pendant le prélèvement, Colombine ne s'est même pas réveillée.
Le soir, je l'ai confiée à la nursery, j'étais encore fatiguée, et l'un des avantages de cette maternité, c'est que les bébés peuvent aller à la nursery la nuit (trois nuits, en fait, histoire de faire une nuit à deux avant le retour à la maison). Mais j'ai très mal dormi cette nuit-là.
Aussi, quand samedi à 6 heures, sont entrées dans ma chambre la sage-femme et l'infirmière de nuit, j'étais à peine étonnée de les voir, même si j'attendais plutôt le retour du berceau de Colombine.
C'est qu'elle avait été transférée en néonatalogie, m'annoncèrent-elles. Que je devais descendre au 2e étage pour rencontrer le pédiatre qui me donnerait toutes les informations. J'enfilais vaguement un gilet sur ma chemise de nuit, "vous devriez vous couvrir, ça risque de durer". Ah. Les résultats de la prise de sang ne sont pas bons. La pédiatre de garde me cueille donc au pied du lit. Colombine est déjà sur une table d'examen, entourée par une infirmière et une aide-soignante qui lui posent une perfusion. Il y a donc bien une infection qu'il va falloir soigner en lui administrant des antibiotiques. Qui n'existent que par voie intraveineuse pour les nouveaux-nés. D'où la pose d'un cathéter. Colombine ne bouge pas un cil durant la pose du cathéter – toujours la ruse du glucose et du doigt à sucer, mais les bébés sont quand même incroyables – et je reste auprès d'elle pendant la demi-heure où la dose de médicament passe (en pleurnichant, les hormones, les hormones, d'autant qu'il est beaucoup trop tôt pour essayer d'appeler le Capitaine. Quand j'essaierai à 8 heures, son portable sera éteint, et chose incroyable, PERSONNE n'entendra ni ne répondra au téléphone fixe, alors que Petit Brun et Petit Châtain sont toujours debout le samedi matin à cette heure-là). Il est question de nous transférer en néonatalogie le temps du traitement, qui peut varier entre 5 à 7 jours. Après une heure de tergiversation, c'est oui.
J'ai juste le temps de remonter prendre mon petit-déjeuner, faire les sacs, prévenir la responsable de l'étage de notre transfert, attraper un petit biberon et descendre le donner à Colombine. En cadeau de départ, j'hérite de magnifiques bas de contension pour combattre mes pieds œdémiqueux – ils sont rectangulaires, comme ceux des Playmobil, charmant.
Le Capitaine arrive avec Petit Brun et Petit Châtain (que je n'ai pas vu depuis mardi soir), les bras chargés de cadeaux : un énorme nounours blanc qui fait la taille de Colombine de la part de Petit Brun, et une jolie robe d'été en 18 mois rayée rouge et blanc de la part de Petit Châtain. Heureusement Colombine avait elle aussi apporté des "cadeaux" pour ses frères (deux albums de Caroline tiré du tiroir où je stocke d'éventuels cadeaux). C'est là que l'infirmière de jour nous informe qu'il n'est pas question que Colombine reste avec nous pendant les visites, elle doit être dans son box, et le Capitaine doit revêtir chausses bleues et tablier vert pour aller s'occuper d'elle dans le box ou dans la chambre. Petit Brun est assez grand pour apercevoir sa sœur à travers la glace, mais il faut porter Petit Châtain... A la visite suivante, je suis dans le box pour donner le biberon et on a ouvert les portes de la poubelle pour pouvoir parler avec Grand-maman.
A cause de la perfusion (que l'on a recouvert d'une chaussette, la demoiselle attaquant la tige du cathéter lorsqu'elle est affamée), j'ai besoin d'aide pour donner le bain, éviter que la perfusion ne se détache et que l'on doive la reposer. Idem lorsqu'il faut changer Colombine de pied en cap...
La nuit de samedi à dimanche, première toutes les deux est une grande fiesta, avec biberons toutes les deux heures, suivis de maux de ventre, de rots coincés... Mais Colombine est heureusement endormie pour la séance de médicaments de 6 heures. Je me demande si le lait est suffisamment nourrissant – Petit Brun, en son temps, était passé très vite à un lait épaissi, tant le lait donné d'office à tous les bébés au biberon ne le calait pas. La pédiatre préfère espacer davantage les biberons. Et Colombine hérite d'une tétine, histoire de pouvoir assouvir son besoin de succion, au grand dam de son père. Qui n'a pas passé une heure à se faire bouffer le petit doigt dans la matinée, lui. Le soir, il faut attendre la visite du docteur R, mon gynéco, qui passera nous voir tous les soirs jusqu'à son départ en vacances, pour enfin savoir quand nous sommes autorisées à rentrer à la maison. Et à connaître les résultats de la prise de sang du matin. J'ai beau avoir demandé deux fois, il faut reconnaître que c'est beaucoup plus efficace quand c'est lui qui demande... Les résultats sont bons, le traitement fait effet, et nous pourrons sortir jeudi matin, ouf.
Lundi, le traitement s'assouplit. Colombine cesse d'être un bébé USB, reliée par un cordon sortant du pyjama au scope qui mesurait ses constantes (et réduisait nos mouvements, il fallait la débrancher à chaque fois qu'on allait dans le box, puisque le scope était installé sur ma table de nuit). Je commence à m'ennuyer un peu, même si j'essaye de faire des siestes en même temps que la miss, d'autant que notre chambre est à l'entrée du service, avec le bruit des portes de l'ascenseur toute la nuit, les pleurs des autres bébés (j'ai l'impression qu'un chat et une mouette se baladent dans le couloir), les conversations, même mezzo voce... J'ai presque envie de m'incruster à la réunion de service, juste pour voir du monde. Car il faut être honnête : s'il n'y avait pas ce traitement par intraveineuse à faire, Colombine et moi n'avons rien à faire en néonatalogie. Par rapport à la naissance de Petit Châtain, à part mes pieds rectangulaires, je suis en pleine forme maintenant que mon hypertension est soignée.
Le soir, je me sens trop fatiguée pour garder Colombine avec moi. Petit coup de blues :  le Capitaine est parti tôt, les garçons ne veulent pas me parler au téléphone, trop occupés par les albums de coloriage, mais veulent parler à leur petite sœur, le docteur R se barre en vacances... J'ai l'impression d'être coincée dans cette chambre.
Je mets la miss dans le box et l'équipe de nuit se chargera des biberons. J'ai drôlement bien fait ; elle leur fera une java monstre, réclamera un biberon à 2 heures après en avoir pris un à minuit, et se sifflera carrément 120 ml – les petits biberons de la maternité en contiennent 90...
Mardi, le pédiatre qui réalise l'examen auditif n'est pas du tout affolé par la nuit de folie de Colombine. Si elle a faim, qu'elle mange, elle se régulera toute seule sur la journée. OK, bien reçu. Je reçois les compliments des infirmières parce que je remplis très scrupuleusement les feuilles de liaison (qui se résument, pour nous, sur la quarantaine de lignes de soins possibles, à remplir les cases des biberons, donnés par qui, à quelle heure, quelle quantité, s'il y a eu des selles et des urines ou pas. Et à noter la température et le poids du jour de la bête. Ainsi que la prise des vitamines. Fastoche). "Vous pourriez pas montrer aux autres mamans comment faire ?"
Devant la peau sèche de Colombine, on décide d'un commun accord de lui donner son bain un jour sur deux, comme pour ses frères, voilà qui simplifie l'organisation...
L'après-midi, lors de la visite quotidienne du Capitaine, nous organisons la sortie de jeudi, d'autant que le centre de loisirs est en grève ce jour-là : pas de cantine donc, ni de garderie du soir. Il est décidé que Grand-Maman viendra dormir chez nous mercredi soir et emmenèra les garçons à l'école le matin, et nous ferons en sorte d'être rentrés pour les récupérer à midi.
Mercredi, dernier jour dans ce havre de paix, où tout le monde, des infirmières aux aides-soignantes, en passant par les puéricultrices et les dames de ménage ont été si gentils avec nous. Dernières prises de médicaments à 6 heures et 18 heures, heureusement il n'y a plus la demi-heure de médicaments, ce ne sont plus que de simples seringues à vider. Un troisième pédiatre, jamais encore vu, débarque dans ma chambre à l'heure du déjeuner. Et commence à lancer un premier scud : j'avais osé ouvrir la turbulette de Colombine. Parce que je trouve qu'il fait une chaleur à crever dans cette chambre et que ladite turbulette est très épaisse. "Ce n'est pas un sac de couchage, elle risque de glisser au fond et de s'étouffer". Rappellons que le berceau est à 10 cm de mon lit et que je n'ai que ça à faire, pour le moment, de la regarder dormir... Bref, je reboutonne la turbulette. Et envoie un SMS à Laeti pour lui dire que j'étais tombée sur le pédiatre psychopathe.
Cinq minutes plus tard, dans le box, pour l'examen de Colombine, deuxième scud : j'ai osé laisser mon mobile allumé près du bébé. Ai-je pensé à toutes ces ondes près de son cerveau en construction ? (Personne, depuis neuf jours, ne m'a fait de réflexion parce que je téléphonais dans la chambre ou que j'envoyais des textos). Je n'ai pas la présence d'esprit de lui rétorquer que dans ce cas, autant interdire le portable aux femmes enceintes, ainsi que toute proximité d'une borne wifi pendant la grossesse. Par principe de précaution, hein.
Autant vous dire que quand le troisième scud est tombé parce qu'on a signalé les problèmes d'eczéma de Petit Brun et que du coup Colombine a un lait hypoallergénique, j'ai contenu mes larmes en expliquant le traitement homéopathique, le seul qui ait marché, sans produits laitiers, en remplaçant le calcium par des sels minéraux. "Mais alors, qu'est-ce qu'il prend à la place du lait ?" Ben du lait de riz. "Très mauvais ces laits végétaux, ça fait des polycarencés". Là j'ai rigolé intérieurement, car Petit Brun n'a pris de lait végétal qu'à partir de 3 ans et demi, et vu la vitesse à laquelle ses vêtements deviennent trop petits, une polycarence... moui, moui.
Finalement, Colombine est déclarée apte au service et l'odieux personnage s'en va. Il reviendra le lendemain pour me dire que, "la prochaine fois, comme la petite a eu un streptocoque B, vous le dites bien avant l'accouchement, qu'on vous fasse une perfusion de médicament". Préventivement. OK...

Jeudi matin, après une dernière prise de sang pour vraiment être sûrs de sûrs que tout va bien, nous sommes prêtes à rentrer. Les sacs sont bouclés, il nous faut juste attendre le résultat des analyses. Le Capitaine a le temps d'arriver, de passer régler les papiers à l'administration, de commencer à mettre les sacs dans la voiture, Colombine prend un biberon pour la route... Les résultats tombent à 9 h 45 : tout est OK, la pédiatre, la même que samedi à 6 heures, complète le carnet de santé, nous faisons nos adieux, et à 10 heures, nous sommes enfin dehors. Tout le monde me dit qu'il fait froid depuis une semaine, mais dans un rayon de soleil et enfin sortie de la fournaise de la maternité, je trouve qu'il fait drôlement bon...

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Le jour le plus long

1 Avril 2013, 19:04pm

Publié par lapetitemaison

NaissanceNon, je n'ai pas été retenue en otage à la maternité, mais nous ne sommes rentrées à la maison que jeudi dernier. Pourquoi ? Il va falloir se taper deux billets pour le découvrir...
Oui, Colombine s'est pointée avec trois jours de retard... comme Petit Brun, l'échographe avait vu juste. Sauf que, cette fois, malgré le protocole d'huiles essentielles dûment suivi depuis le jeudi précédent, je n'ai pas coupé au déclenchement, même si en ce 19 mars, c'était le rush en salles de naissance : tous les bébés prévus pour le week-end avaient décidé de décaler leur arrivée, provoquant un petit embouteillage... Mais quand j'ai appelé à 20 heures pour savoir si on devait vraiment venir, on m'a répondu qu'on était bien attendues. Zut.

19 mars, 20 h 15 : tous les voisins se sont donnés le mot pour sortir ou rentrer chez eux EN MEME TEMPS.
19 mars, 21 heures : on est coincés sur le périph, je ne comprends pas pourquoi le Capitaine a pris cet itinéraire, j'aurais coupé par le 16e, pour foncer tout schuss sur le 15e par le pont de Javel. L'ambiance est un poil tendue dans le minibus.
19 mars, 21 h 16 : on est arrivés à destination, et en plus, on trouve une place pour se garer à deux pas de la maternité. Je prends ça pour un bon présage.
19 mars, 22 heures : après un premier monitoring, pose du tampon qui est censé déclencher les contractions. Etant donné que cela peut mettre 24 heures à agir, il est décidé que le Capitaine reparte dormir à la maison. Après deux heures sans bouger, j'ai - wouah ! - le droit de me lever, d'aller aux toilettes, et on me promet même une douche demain matin. J'ai même droit à une couverture pour la nuit - la fatigue me rend frileuse. Gros changement par rapport à la naissance de Petit Brun : il y a la télé en salle de pré-travail. Et je ne mesure pas encore combien ça va être important demain...
20 mars, 1 heure du mat : alors que je m'endormais gentiment, apparition d'Anne, la sage-femme : ma carte de groupe sanguin est pas du tout aux normes (elle est établie à mon nom d'épouse, et pas à mon nom de jeune fille comme il le faut maintenant. Je m'interroge sur l'intérêt de ce nom d'épouse qui sert jamais à rien avec l'administration. Passons). Bref, j'ai droit à une prise de sang afin d'en réétablir une sur-le-champ, afin que l'EFS (établissement français du sang) veuille bien me donner un peu d'hémoglobine si nécessaire lors de l'accouchement. Moi qui adore tout ce qui a trait aux aiguilles et aux seringues, me voilà servie.
20 mars, 6 h 45 : je suis dans la salle de pré-travail la plus proche de la porte d'entrée de l'étage des naissances. Autant dire que je capte toutes les conversations (les parturientes qui arrivent, les pères qui passent les premiers coups de fil : "il a beaucoup de cheveux, de grandes mains, il est très mignon", les blagues des sages-femmes "qui veut du placenta grillé ?"). Là, c'est une parturiente qui explique qu'elle a des contractions très douloureuses depuis deux heures. Et là, connection dans mon cerveau embrumé : je DORS donc je ne sens AUCUNE contraction. Depuis six heures. MonDieucestpaspossible. Si, si. Je suis désespérée.
20 mars, 8 heures : le Capitaine appelle pour savoir s'il doit venir. Je suis immobilisée pour un monitoring, le premier d'une longue série. Colombine a l'air de faire la sieste, donc le monitoring est prolongé, je dois rester sur le côté gauche histoire de la stimuler un peu. Je me concentre sur la perspective 1 d'aller aux toilettes, 2 de prendre un petit dej, 3 de prendre une douche. Il n'y a rien à la télé le matin, et le seul intérêt que je trouve aux chaînes d'info, c'est que le temps défile en haut de l'écran. Je chatte avec Clémence via Facebook, en Australie c'est la nuit.
20 mars, 9 h 15 : les contractions sont un peu plus douloureuses, peut-être que les choses sont en train de démarrer ? Je m'endors devant les Maternelles en attendant le petit-déjeuner.
20 mars, 10 h 15 : l'aide-soignante arrive avec le meilleur petit-déjeuner du monde, elle m'avait oubliée. Je mange le plus lentement possible les deux biscottes et bois le thé comme si c'était de l'hydromel. Pas trop vite, surtout !
20 mars, 10 h 20 : le Capitaine arrive à point pour aller me récupérer dans mon gros sac mon Trandate (pour la tension) une serviette et ma trousse de toilette, j'ai le droit d'utiliser la douche du service (qui ne ferme pas à clé, chouette). Déception : 12 heures plus tard, rien n'a bougé... Le Capitaine repart au bureau pour la journée, cela ne sert à rien qu'il reste. Consolation : je gagne un déjeuner. On décide du protocole suivant avec Marine, la sage-femme de jour : on regarde ce que ça donne dans la journée et si rien ne se passe ce soir, demain on passe à la perfusion d'ocytocine... Beuh. Sans péridurale, je ne l'envisage même pas.
20 mars, 13 h 30 : Apparition du docteur R, mon gynéco. Qui remet le tampon en place correctement et force le col, ce qu'aucune sage-femme n'a fait jusqu'à présent. C'est très désagréable, mais les contractions deviennent plus régulières et fortes.
20 mars, 16 heures : nouveau monitoring, nouvel examen, particulièrement douloureux, mais le col est ouvert à 2-3. Marine me propose la péridurale, mais je préfère attendre l'arrivée du Capitaine, prévue pour 20 heures. En marchant pour ne pas être complètement ankylosée à force de rester allongée, les contractions sont encore supportables.
20 mars, 20 heures : arrivée du Capitaine. J'ai le droit à un dîner, que je ne laisse pas passer. Le Capitaine termine son sandwich entamé dans le train. Pour la première fois depuis 1 000 ans, on est devant la télé pour les Guignols de l'info (très difficile de rire en ayant des contractions). Puis ensuite, passage en salle de travail, pour la pose de la péridurale. Parce que, comme à chaque fois, il va falloir un peu d'aide pour que les contractions soient réellement efficaces. En fait, cela attendra 21 h 30, le temps de poser la perfusion d'eau salée (miam), brancher le monitoring, le tensiomètre... Et je ne suis pas la seule à attendre l'anesthésiste.
20 mars, 22 heures : la pose de la péridurale est un peu douloureuse, les contractions sont rapprochées, du coup j'ai du mal à me détendre, ha ha ha. Je tremble comme une feuille après le passage du produit, même avec des chaussettes aux pieds.
20 mars, 23 h 30 : rien de nouveau sous la lune. Florence, la sage-femme qui nous accompagne ce soir, décide de percer la poche des eaux pour faire descendre Colombine (qui, après vérification écho, est bien placée, mais très haut). J'ai droit aussi à une vidange de la vessie par sonde. Joie, en plus j'ai bu tout l'après-midi. Petit bémol de Florence : si le bébé ne descend pas, c'est la césarienne. Chouette.
21 mars, minuit : des cris épouvantables se font entendre de la salle d'accouchement d'à côté, où officie également le docteur R. Nous ricanons nerveusement avec le Capitaine : c'est juste pas humain d'entendre ça... De notre côté, Colombine a compris ce qu'on attendait d'elle et les choses s'accélèrent. Enfin.
21 mars, 1 h 30 : fini de rigoler, en quelques poussées désordonnées (je prend mal mes respirations, je suis épuisée), Colombine pointe le bout de son nez à 1 h 35.

Le Capitaine coupe le cordon, j'ai Colombine ce qui me semble être 30 secondes dans les bras avant qu'elle ne soit embarquée par le pédiatre pour les premiers examens, et là, c'est la bousculade, je sens que quelque chose ne se passe pas comme prévu. Colombine a bu la tasse en sortant et le pédiatre met du temps – trop de temps me semble-t-il – à l'examiner. Il finit par l'embarquer dans la salle de réanimation pédiatrique. De mon côté, comme lors de la naissance de Petit Châtain, pas d'expulsion normale du placenta. Du coup, j'ai droit à une révision utérine. Là, le Capitaine – mais je ne m'en suis pas rendue compte sur le coup – a failli tourner de l'œil et est sorti de la salle (je croyais qu'il allait voir ce qui se passait pour Colombine). Petite innovation 2013 : un début d'hémorragie, qui enclenche un plan Orsec. En 30 secondes, l'anesthésiste, une deuxième sage-femme, l'infirmière qui m'avait posé la première perf, sans compter le docteur R et Florence, ont rappliqué. J'ai droit à une deuxième perf à la main gauche, en tout  il y a cinq poches qui me coulent dans les veines, j'ai un deuxième tensiomètre posé à la cheville droite, on me pince même trois fois un gros orteil pour un test sanguin... Je ne regarde même plus le plafond parce que la scène s'y reflète et que c'est un peu le massacre...

Finalement, ce n'était pas si grave, sauf qu'on est restés cinq heures en observation en salle de travail avant que l'on nous remonte dans notre chambre. Je ne peux pas prendre Colombine dans mes bras à cause de mes deux perfusions. C'est le Capitaine qui lui donne son premier biberon et je ne peux même pas immortaliser ce moment, tellement mes mains me font mal. Elle n'est toujours pas habillée – avec ses 3 kilos 700, elle va exploser dans la mignonne petite tenue de naissance que j'avais prévue – et nous n'avons pu faire aucune photo de naissance...
Sans compter que nous tombons tous de sommeil.
Enfin Colombine est habillée par Florence, le monitoring est débranché, on fait deux trois photos, je m'aperçois qu'elle a des plaies sur les mains – elle s'est mangé le dos de la main in utero, si, si c'est possible – et le Capitaine part à 5 heures pour prendre le premier train et revenir à la maison dormir un peu.
Comme je ne peux toujours pas prendre Colombine dans mes bras, et qu'elle est complètement réveillée, elle, elle part bientôt se promener dans les bras des sage-femmes, avec un deuxième biberon à 6 heures... Quand l'appétit va, tout va ! Moi, je meurs de faim et de soif (les bouffées de spray d'eau minérale, c'est quand même pas ça) depuis 2 h 30 et je m'accroche à l'idée du petit déjeuner vers 7h 30. Ou 7 h 45 au pire.
À 7 heures, Marine, la sage-femme de jour de la veille, vient nous voir et admirer Colombine... Et on monte enfin dans notre chambre. On vient tout juste d'entamer nos huit jours à la maternité, en plus des 36 heures à l'étage des naissances...

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T'es encore là ?

19 Mars 2013, 10:52am

Publié par lapetitemaison

Sacs

On devrait être à la maternité depuis hier. Mais visiblement, Colombine en a décidé autrement et marche dans les traces de Petit Brun, en prenant l'option post-terme (car non, pour répondre au chœur des grand-mères, je ne me suis PAS trompée dans les dates).
Bref, après une semaine passée à cavaler, idem ce week-end (sauf dimanche, où la pluie s'est mise à tomber au moment où nous allions partir nous promener), il a bien fallu se rendre à l'évidence dans la nuit de dimanche à lundi : il ne se passait rien. Rien de rien. Pourtant, les sacs étaient archi prêts, même bouclés.

Je dormais même très bien, même mieux qu'en janvier ou février. Et chaque passage aux toilettes me rappelait que la nuit avançait et que rien, au niveau départ à la maternité, n'avançait...

Bon, techniquement, une journée fait 24 heures, donc il restait encore du temps le jour J à Colombine pour se décider. Après un premier monitoring à la maternité pour voir que tout allait bien in utero, mais que les mini contractions qui apparaissaient de temps à autres ne servaient à rien, il a été décidé d'un deuxième monitoring le lendemain, et d'un déclenchement à 21 heures, si rien ne se passait d'ici là...
Alors que le soir toute la famille pour savoir où nous étions, que tout le centre de loisirs avait halluciné de voir le Capitaine récupérer Petit Brun et Petit Châtain – ces derniers ayant annoncé que la petite sœur devait arriver ce jour-là –, nada. En revanche, Colombine bougeait comme une folle, genre j'ai décidé de te perforer le ventre pour sortir jusqu'à une heure du matin. Et la nuit fut merveilleusement calme (et moi d'une humeur de chien au réveil).
Visiblement, elle n'est pas la seule à vouloir rester au chaud : la négociation du rendez-vous d'aujourd'hui a été compliquée, les bébés de cette semaine s'étant donné le mot pour ne pas arriver. Ou pas à la date prévue. Peut-être qu'ils attendent le printemps, tout simplement. Ils découvriront bien assez tôt que le printemps, cette année, n'arrivera que fin mai...

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Dinosaures et compagnie

15 Mars 2013, 13:53pm

Publié par lapetitemaison

Dinosaure

C'était promis, juré, craché, c'était la carotte pour que Petit Brun ne soit pas trop triste de ne pas rentrer avec son frère à la maison cette semaine et reste quelques jours de plus chez ses grands-parents : on allait voir la fameuse exposition sur les dinosaures au Muséum d'histoire naturelle. Las, notre expédition au Jardin des Plantes a été différée de 24 heures pour cause de neige, oui, la fameuse journée du 13 mars où 10 centimètres sont tombés d'un coup.
Pour activer un peu les choses, j'ai marché sous la neige toute la journée de mardi. Le soir, je commençais à baliser : la neige tombée commençait à verglacer, le Capitaine croisera sur le chemin du retour (il était parti en vélo le matin) des voitures en travers de la route et lui-même se fera une frayeur ou deux... Si jamais Colombine se décidait cette nuit-là, il serait difficile de sortir la voiture dans la petite rue (notamment parce qu'il y avait des plaques de verglas), aucun taxi n'arriverait jusqu'à chez nous, même sur les rues plus larges, et hors de question d'appeler les pompiers pour finir à l'hôpital du coin. Mais, tentais-je de me rassurer, il n'y avait aucun signe avant-coureur. Grand-maman m'objecta que pour ma naissance non plus, la veille, il n'y avait aucun signe, qu'ils avaient été se balader toute la journée à Saint-Germain des Prés et qu'à 4 heures du matin je m'étais manifestée... J'étais soulagée quand la neige a cessé de tomber à minuit (et surtout quand à 5 heures du matin, il s'est avéré que Colombine ne mouftait pas).
Le lendemain, le jardin ressemblait à ça :
Neige mars 2013Neige3 mars 2013

avec la cote témoin sur le sommet de la boîte aux lettres. Autant dire que le chat avait de la neige jusqu'au ventre et a attendu que cela fonde avant de s'aventurer sur le tapis blanc.
Neige2 mars 2013
Petit Châtain a pu revêtir sa combinaison de ski pour aller faire quelques courses (bibliothèque, pharmacie, Monoprix) et nous avons marché dans la neige fraîche, qui aurait disparu en fin d'après-midi. Déjà en centre-ville, le ballet de la circulation, même ralentie, avait bien dégagé la chaussée, laissant de grandes flaques d'eau noirâtres bien plus casse-gueules que la neige fraîche au final... Pendant ce temps, Grand-maman et Petit Brun (qui n'avait pas ses après-skis avec lui, et pour cause, qui aurait imaginé en avoir besoin ???), après un mardi passé à regarder tomber la neige sans pouvoir sortir de la station de ski, se sont aventurés mercredi dans le bois d'à côté, à courir dans la neige et à faire des batailles de boules de neige.
Comme le réseau ferré fonctionnait à grand-peine (le grand Grand-Père finira par rentrer à pied mardi soir, le train n'allant pas plus loin que la station avant la sienne... bien loin du terminus de la ligne. Et le lendemain matin, la situation ne s'était guère améliorée), c'est donc jeudi que l'on se retrouva au Jardin des Plantes pour déjeuner et ensuite aller au Museum.

Animaux 2013
Une expédition, notamment parce que Petit Châtain marche lentement, descend et monte les escaliers du métro une marche par une marche (très très lentement parce qu'il regarde les publicités en même temps, notamment celle pour la tour Montparnasse avec la nacelle de montgolfière), qu'il a tendance à me broyer la main et à me tirer le bras : au retour, Petit Brun s'était ajouté au poids de son frère, je n'avais plus de bras quand nous avons enfin repris le train du retour à Saint-Lazare. Disons-le tout net : les garçons étaient trop petits pour profiter de l'expo sur les dinosaures, nous pensions tous voir de grands squelettes de dinosaures, il n'y en avait que deux, et comme ils ne savent pas encore lire, beaucoup de choses leur ont échappé. Pas grave, on s'est rattrapés avec la galerie de l'Evolution, qui court tout autour du bâtiment sur plusieurs étages, passionnante (même en zappant une vitrine sur trois), on est même redescendus pour aller voir les poissons au sous-sol... Heureusement que Grand-maman nous accompagnait et que je n'y suis pas allée seule comme j'en avais eu l'idée un jour de grève à l'école en février dernier : être debout et piétiner pendant deux heures était pénible, mais surtout le volume sonore du bâtiment m'a achevée. La population des visiteurs se composait à 90 % d'enfants entre 18 mois et des ados de 15 ans avachis qui remplissaient des questionnaires d'une main et envoyaient des textos de l'autre, accompagnés de parents ou de grands-parents plus ou moins dépassés, et de 10 % de messieurs sexagénaires impertubables qui regardaient toutes les vitrines, toutes les vidéos, lisaient toutes les fiches... au milieu du brouhaha incessant.
Quand nous sommes repartis, la queue pour l'entrée courait tout le long du bâtiment et s'étendait dans les jardins... Autant dire que nous nous sommes félicités d'être arrivés tôt...

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Ne vois-tu rien venir ?

11 Mars 2013, 19:47pm

Publié par lapetitemaison

Ciel mars 2013
La loukoum thérapie a beaucoup trop bien fonctionné. Voilà que de la menace d'un bébé qui arriverait trop tôt on est passé à celle d'un déclenchement si rien ne se passe d'ici dimanche soir – rappelons que le jour J est fixé à dans 7 jours tout pile, on est encore dans les temps. Gynéco était à moitié déprimé : aucun signe avant-coureur de nulle part, j'ai ordre de m'agiter un peu plus – et  encore, pour venir, pour moins me fatiguer (!) j'avais pris le bus, dont le trajet est exclusivement sur pavés depuis Saint-Lazare... Sans aucun résultat.
Pourtant, ce matin, j'ai refait les sacs, vérifiant que rien ne manquait, et mettant enfin mes affaires empilées depuis trois semaines sur la commode DANS le sac (le Capitaine m'ayant fait remarquer que si jamais on me gardait parce que les choses sérieuses avaient commencé ce soir, il ne saurait pas quoi prendre pour moi). Et en effet, il y avait encore quelques petites affaires à rassembler, une batterie d'appareil photo à recharger, une pellicule de noir et blanc à trouver, un petit bavoir de naissance si jamais Colombine voudrait, comme Petit Brun, un biberon en salle de naissance tout-de-suite-maintenant-et-que-ça-saute...
C'est vrai que je me suis bien reposée la semaine dernière, dans une maison toute calme, sans heures de pointe (et de cris) le matin et le soir, Petit Brun et Petit Châtain étant partis à La Rinissé (où ils ont réveillé leurs grands-parents tous les matins à 7 h- 7 h 30, les cuistres). Les début de nuits hâchées (réveil toutes les heures jusqu'à 3 ou 4 h 30) étant compensées par des grasses matinées jusqu'à 10 heures (où je finissais par allumer mon portable, sinon on me croyait déjà partie à la maternité).

Du coup, demain, je prévois le siège de la mairie pour AVOIR UN HORAIRE DE RENDEZ-VOUS avec l'adjointe chargée de la petite enfance (on se court après au téléphone depuis jeudi, quand j'ai loupé l'appel de cet après-midi parce que j'était au sous-sol du Monoprix pour m'acheter un goûter, j'en aurais pleuré) dès 8 h 30, puis prendre le tram pour aller faire trois courses à La Défense. Mercredi, je tenterais bien de retrouver Petit Brun et Grand-maman au Muséum d'histoire naturelle pour voir l'expo sur les dinosaures... Et je trouverai bien des occupations jeudi et vendredi pour faire avancer les choses... Peut-être Colombine est-elle simplement ponctuelle... Et que rien ne bougera d'ici dimanche...

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Loukoum thérapie

4 Mars 2013, 21:30pm

Publié par lapetitemaison

Contre toute attente et les prévisions alarmistes du gynéco début février, je suis toujours à la maison. Ce qui me va très bien, car si le sac du D Day et celui de Colombine sont prêts, le mien est presque fait. Le sac est au pied de mon lit, son contenu sur la commode. Il n'y a plus qu'à faire le sac. J'ai lavé les chemises de nuit neuves de chez Monop qui gratouillent horriblement sinon, j'ai eu le temps d'aller voir l'anesthésiste pas en urgence pliée en deux par les contractions et j'ai même pu faire ma provision de livres neufs pour la maternité. Il ne me reste plus qu'à rééditer une énième fois des attestations de carte vitale (j'ai enfin reçu mon code secret par courrier de la part d'Ameli !), au cas où.
Petit Brun et Petit Châtain sont partis en vacances (merci Grand-maman), et nous avons passé un week-end très tranquille avec le Capitaine, à ranger le grenier pour installer un peu mieux la chambre de Colombine et surtout à vider le bureau qui lui servira de table à langer, profiter de l'absence de ses frères pour faire une grande lessive (couettes, peluches, etc). J'aurais voulu pousser le rangement un peu plus loin en m'attaquant à leurs étagères, mais samedi, j'ai passé une partie de la journée au lit, clouée par d'affreuses remontées acides que même le Maalox combiné au Coca light ne parvenait pas à faire passer. Dimanche soir, comme cela allait mieux, nous sommes allés au cinéma voir Argo (la salle était pleine, l'effet Oscar ?), en réussissant l'exploit de garer le minibus sur les Champs devant la salle, un vrai coup de bol !
La thérapie du loukoum (rester allongée au maximum) semble porter ses fruits, et de toutes manières, force est de constater qu'être assise devient vite inconfortable, marcher également. J'ai profité de ce mois tout doux pour lire beaucoup (la bibliothèque est encore dans un périmètre assez proche de la maison), rattraper mon retard en matière de série (merci le streaming et les codes magiques des frangins, plus qu'un mois avant le début de la saison 6 de Mad Men que j'ai enfin vu, trop hâte), m'accorder quelques siestes pour récupérer des insomnies dues aux remontées acides... Comme je n'ai pas profité du deuxième trimestre soi-disant magique de la grossesse où l'on cesse d'avoir des nausées (et des vomissements, qui ont cessé début février cette fois-ci...), je profite des derniers jours, où la maison est calme, pour recharger les batteries. Plus que quinze jours...

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Préparatifs hâtifs

11 Février 2013, 13:50pm

Publié par lapetitemaison

valise-maternite.jpgJeudi, j'avais rendez-vous chez le gynéco. La routine, quoi. J'avais d'ailleurs pas grand-chose à signaler - je suis toujours un peu malade le matin, je suis moins fatiguée, enfin ça dépend des jours, j'ai l'impression d'avoir le ventre lourd en fin de journée et Colombine prend mon utérus pour le Macumba tous les soirs dès 23 h 30, ce qui fait que mes nuits sont plutôt hâchées.

Je pensais qu'on se reverrait début mars tranquille, après le rendez-vous avec l'anesthésiste, qui avait été fixé très tard, au 25 février. Pas du tout ! Colombine étant bien descendue - le col est pas ouvert, mais bon, la semaine prochaine, on entre dans le 9e mois et tout peut arriver -, on se revoit dans 15 jours (le jour du fameux rendez-vous anesthésiste).

Sauf. Que. Je. Ne. Suis. Pas. Prête. Du. Tout. Je veux dire, ok, c'est un troisième bébé, je devrais être rôdée. Ok, à l'inscription à la maternité, on m'a dispensée des cours de sage-femme, en me disant que j'en avais pas vraiment besoin ce coup-ci. Sauf. Que. Les douleurs ventrales que je prenais pour de simples tiraillements, surtout après une journée passée hors de la maison, ou une journée normale dans la maison à ranger trois fois la chambre des garçons, c'étaient déjà des contractions. Il faut dire que lors de mes précédentes grossesses, je n'ai eu finalement que les vilaines contractions de travail. Facilement reconnaissables tellement tu as mal. Là, je ne m'inquiétais pas trop.
Sauf. Que. On avait dit le 18 mars. Pas fin février. Et j'aime bien quand on change pas les dates au dernier moment... Quand je pense que les échographes m'avaient parlé d'un bébé post-terme éventuel, comme pour Petit Brun... Et Petit Châtain, qui devait arriver n'importe quand en février, n'a eu finalement que deux jours d'avance, grâce à un arrêt net de mes activités (et  là aussi, la valise de naissance n'était pas prête du tout. Parce que, par superstition sans doute, je n'aime pas préparer les choses trop à l'avance. Surtout ce genre de bagages).
Sauf. Que. Il restait 5 semaines avant l'arrivée de ce bébé. Que nos valises ne sont pas prêtes ! "ça tombe bien, vous avez 15 jours pour les faire", rigola le gynéco. Enfin, surtout la mienne. Je n'ai aucune chemise de nuit décente (les miennes sont tombées en quenouille cet hiver, et je ne supporte qu'une  vieille chemise totalement élimée du Capitaine comme pyjama), j'ai pas les attestations de la carte Vitale avec les droits maternité marqués dessus.... Du coup, je suis rentrée (en ayant l'impression d'avoir une contraction à chaque pas), ai instauré une journée loukoum vendredi, ce qui, effectivement, a fait nettement diminuer les tiraillements. J'ai reconstitué une liste de maternité avec tout ce dont nous avions besoin (surtout moi, finalement). Colombine avait quand même déjà une turbulette, une combinaison, quelques pyjamas (est-ce que je prends du un mois ou le naissance suffira ? Gros dilemme).

Ce week-end, nous nous sommes finalement beaucoup promenés, mais avons récupéré au passage un berceau (merci Mahaut) et quelques chemises de nuit pour moi (merci Laeti). La poussette que nous avions finement commandée sur Internet ne sera pas livrée avant... fin février, mais au pire, on trouvera bien une coque quelque part pour rentrer à la maison...

Expédition prévue cette après-midi : rallier le Monoprix (en bus) et la Sécu, pour finir notre trousseau. Ensuite, on ne bouge plus jusqu'au fameux 25 février, histoire de pouvoir quand même organiser les 4 ans de Petit Châtain avec ses amis le 23...Et je négocie avec Colombine (cela avait tout à fait fonctionné avec Petit Châtain en son temps) pour qu'elle arrive comme on avait dit. Et pas avant !

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48 heures at home

1 Février 2013, 16:33pm

Publié par lapetitemaison

Quand je suis partie prendre le train à midi pour aller déjeuner à Paris du côté de Montparnasse, j'ai réalisé que cela faisait 48 heures que je n'étais pas sortie de la maison. Beaucoup trop long, pas étonnant que je commence à ruminer sur toutes les questions en suspens du moment et à mal dormir la nuit. Ce n'est pas que les conditions atmosphériques aient été particulièrement désastreuses en cette fin de semaine : pluie fine ou plus violente, plafond bas, que du très banal.

Non, c'est juste que mercredi matin, pour une raison inexpliquée, quand Grand-maman est arrivée (je devrais dire enfin arrivée tant les garçons l'attendaient avec impatience), mon estomac a rejeté tout net le petit-déjeuner. Je ne suis pas émétophobe, donc je suis malade à tous les coups. Grand-maman a illico remis son manteau, embarqué les deux loustics avec elle sous des trombes d'eau, me laissant misérablement blottie sous ma couette. Où je me suis endormie direct jusqu'à 15 h 30. Là, j'ai recommencé à manger avec précaution – en laissant un laps de temps de digestion important entre deux aliments –, mais à 15 h 30, on a pas vraiment envie de rôti de veau ou de tarte forestière. Donc une fois de plus, j'ai pris un goûter allongé : banane, fromage blanc, compote. En me demandant si j'allais être capable de tenir le coup le lendemain, jour de grève (et les institutrices de notre école sont TOUJOURS en grève).

J'avais eu des scrupules à mettre Petit Brun et Petit Châtain à l'accueil (le fameux service minimum) organisé par la mairie, priorité aux mamans qui travaillent. Je garde un souvenir cuisant de la première fois où j'y avais laissé Petit Brun, cette fois-là et l'école et le centre de loisirs étaient en grève contre les retraites – c'était en 2010. L'accueil ne se faisait pas dans "notre" centre de loisirs, ce n'était pas "nos" animateurs, mais dans le gymnase d'une école voisine. Petit Brun était alors en petite section, je l'avais quasiment abandonné près d'un tas de cubes au milieu du gymnase sans que personne ne soucie vraiment de son sort (culpabilité jusqu'à l'arrivée au bureau), et le soir, encore mal habituée de la crèche où l'on nous faisait le compte-rendu minute par minute de la journée de Monsieur, personne n'avait été capable de me dire si ça s'était bien passé...

Jeudi donc, pas de centre de loisirs. J'avais émis l'idée d'aller voir la galerie égyptienne du Louvre, ou celle des dinosaures au Museum d'histoire naturelle. En réalisant que tous les ateliers ou visites "jeunesse", ben c'est pour le mercredi ou les vacances. Le fait que vers 10 h 30, alors que nous lisions sur mon lit 13 histoires pour aller à l'école, je sois de nouveau malade – alors que prudemment, je n'avais avalé qu'un jus de pomme et la kyrielle de médicaments ad hoc – m'a dissuadée de toute tentative de sortie. Ce serait une journée lecture, Playmobils (selon les possibilités de jeux en commun de Petit Brun et Petit Châtain sans que cela ne tourne au drame). J'ai réussi à improviser un déjeuner, puis à coucher Petit Châtain pour la sieste et à négocier un "temps calme" au grenier pour Petit Brun avec deux chevaliers et deux livres. Son frère, qui a d'abord psalmodié "ze ne veux pas faire la sieste" pendant un quart d'heure, a finalement dormi jusqu'à 17 heures, j'ai réussi à terminer mon livre (parce que, une fois couchée, aucune envie de dormir) et à rembrayer sur les mêmes histoires que le matin, Petit Brun squattant depuis une heure mon lit ("je ne peux pas me reposer, la pluie fait trop de bruit").

Une après-midi vite pliée, suivie du goûter (Petit Châtain mal réveillé et d'une humeur de chien nous a snobé) et – c'est mal, mais c'est pratique et en plus c'était en anglais – visionnage de trois histoires de Peter Rabbit, je n'étais pas assez en forme pour me coltiner des épisodes de Zorro. Un mois de séries en VOSTF a grandement amélioré ma compréhension de ces épisodes et la traduction simultanée (il y a bien les sous-titres, mais comme les garçons ne savent pas encore lire...). A la fin du dernier épisode, le Capitaine avait été délivré de sa tour infernale et a pris le relais pour les bains et le dîner. J'avais survécu à la journée, ouf. Ce matin, c'est avec beaucoup de prudence que je me suis levée, que j'ai pris mes médicaments et ai mangé très très très lentement. Miraculeusement, c'était un bon jour. J'ai donc pu poster le courrier, prendre mon train sans malaise, aller déjeuner, faire même un crochet pour trouver un cadeau pour l'anniversaire auquel Petit Châtain est convié. Le tout à pas comptés.

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Une chose à la fois

29 Janvier 2013, 18:30pm

Publié par lapetitemaison

Lundi était censé être le jour le plus déprimant de l'année, les statistiques sont formelles. Pourtant, c'est pratiquement le seul matin de janvier où le soleil brillait. Du coup, j'en ai profité – une fois toutes les machines de linge qui s'étaient accumulées pour cause de week-end très occupé lancées – pour mettre le nez dehors et jardiner un peu. L'état du jardin, et des rosiers en particulier, est lamentable, je n'ai rien pu y faire cet automne. La faute au temps pluvieux, certes, mais surtout la faute à la fatigue de la semaine accumulée qui me conduisait à faire des siestes calamiteuses tous les samedi et dimanche après-midis.

J'étais pleine de bonne volonté. Mais il faut se rendre à l'évidence : je n'ai tenu qu'une demi-heure, et encore, j'ai vite arrêté de couper les roses trémières déssechées que je rêve de décimer depuis septembre : le sécateur était trop petit. Les cosmos étaient trop bas, j'avais trop de tiraillements dans le ventre pour le faire en une seule fois. J'ai quand même enlevé les feuilles sèches des iris – qui sont déjà repartis, et plus nombreux que l'année dernière, me semble-t-il – et les vieux dahlias. La sauge rose attendra. Finalement, le plus simple restait encore de commencer à tailler les rosiers, sauf que là aussi, mon sécateur était trop petit. Je n'ai pas eu le courage d'explorer l'atelier pour retrouver les grandes cisailles.

Cette demi-heure de jardinage est tout à fait révélatrice du rythme qui est le mien en ce moment : faire des choses, oui, mais par petites tranches. Commencer des rangements, oui, mais pas trop et sans se baisser. Je vais bientôt ne plus pouvoir me baisser pour ranger les Playmobil et autres jeux à pièces multiples. Ou alors le faire, mais ensuite rester allongée une bonne heure et subir tiraillements, remontées acides en tous genres.

Je peux aller déjeuner à Paris, oui. Sous peine de partir bien à l'heure et d'attraper un bus pour marcher un minimum jusqu'à la gare. J'ai rallié l'Opéra depuis Saint-Lazare en un bon quart d'heure à pied tout à l'heure, un record de lenteur. Et cela ne va pas aller en s'améliorant ! Du coup, je guette le prochain rayon de soleil pour terminer la toilette des rosiers. Pour le binage des plate-bandes, le Capitaine s'y collera, ou bien cela attendra le mois d'avril...

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Dans le flou de janvier

14 Janvier 2013, 18:09pm

Publié par lapetitemaison

kitnaissance-copie-1Presque un mois sans billet. Et je n'ai même plus l'excuse de ne pas avoir le temps parce que la course folle aurait reprise, parce que le travail, tout ça. Non, même pas. Après un congé maladie pour grosse fatigue (qui m'a permis de sauver les congés posés pour Noël, héhé), je bénéficie pour la première fois du congé pathologique. Ce qui n'est vraiment pas du luxe, puisque j'avais attrapé un vilain rhume à Noël, conséquence sans doute des heures passées en voiture, entre chaud et froid. Bref, la vraie crève, qui chez une rhiniteuse, se double de phases "j'arrive pas à respirer, mon nez ne fonctionne plus, je voudrais un nouveau nez", avec nuits à respirer par la bouche, donc à avoir le gosier desséché en deux minutes, donc à boire toute la nuit, donc à se lever toute la nuit... Je n'ai pour ainsi dire pas dormi pendant une dizaine de jours, le tout étant compensé par des siestes en journée (plus efficaces). Ajoutez à cela que Colombine a décidé de faire une java d'enfer entre minuit et quatre heures du matin TOUTES les nuits ou presque (pas encore trouvé à quel fuseau horaire cela correspondait), cela explique mon inefficacité et mon peu d'activité ici. Mais depuis quelques jours, mon nez fonctionne à nouveau (et je me couvre comme un oignon dès que je sors de peur de revivre encore un épisode pareil) et je peux presque avoir des journées normales. Petit Brun et Petit Châtain ont repris le chemin de l'école depuis huit jours, non sans quelques difficultés, la reprise n'a pas été facile pour se lever le matin, garder sa bonne humeur jusqu'au soir...

Même si j'ai l'impression de ne rien faire par rapport à mes deux congés maternité précédents (où j'étais en congé à la date officielle, jamais avant), j'ai quand même honoré quelques rendez-vous médicaux, fait les soldes (merci Lau pour la conduite aux magasins d'usine) et trouvé le welcome pyjama de Colombine ("tu ne vas pas habiller cette petite qu'avec les pyjamas de ses frères ou les affaires de ses cousines, il lui faut au moins un pyjama". Du coup, j'en ai acheté cinq, une sorte de craquage rose), trié les affaires de naissance, 1 mois, 3 mois... Rangé mon dossier médical que je baladais en pièces détachées dans un sac depuis le début. Quand ma recharge d'agenda sera enfin arrivée, je pourrais enfin tout planifier, moi qui ait besoin de post-it et de papier pour me projeter (une marotte qui fait bien rigoler mes collègues à l'heure du google agenda).
Lecteurs qui passez ici, il me reste à vous souhaiter une très belle année, et promis, je posterai plus souvent !

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