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La petite maison dans la banlieue

Grandes vacances

17 Juillet 2012, 21:34pm

Publié par lapetitemaison

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Enfin, demain soir, c'est la quille. Quatre semaines pour recharger les batteries, changer d'air, profiter de l'instant (oui, j'ai énormément de vacances, c'est l'un des avantages de mon poste actuel. Et en plus, je suis partie en février et en mai, donc vraiment, je suis une enfant gâtée. Et j'assume). Pas de listes homériques en poche, j'ai même mis du temps à faire les bagages - j'emporte du linge sale, c'est dire. Pourtant, je piaffe comme à l'école. Je n'ai pas rayé les jours sur le calendrier comme on faisait au collège (en ayant soin de barrer dès le jour de la rentrée TOUS les week-ends et TOUTES les vacances de l'année), mais presque. Difficile de ne pas avoir l'esprit ailleurs, de ne pas faire des listes mentalement de tout ce qu'il ne faut pas oublier.

Et encore, après huit jours helvétiques, on repasse par la capitale, histoire de bricoler un peu dans la maison (et de tondre la pelouse, impossible ce week-end à cause des... ondées régulières). Il sera toujours temps de compléter les bagages. Ensuite, cap sur La Rinissé pour dix jours en famille. Pas de programme non plus : il y a fort à parier que l'activité principale consistera à mettre les mini cousines sur un tapis sous le chêne et à passer la journée à les regarder grandir, entre deux biberons. Il faudra veiller à ménager la susceptibilité et la jalousie des princes consorts : samedi dernier, Petit Châtain a snobé la compagnie des adultes pour jouer dans l'entrée chez ses arrière-grands-parents pendant que les filles assuraient le spectacle dans le salon.
Pour finir, nous irons dans le Morbihan, où les princes du Trého pourront régner sans partage chez Manée. Pas de programme prédéfini non plus, j'espère juste que le miracle du 15 août aura lieu et que le crachin se limitera à quelques apparitions momentanées. Tout sauf revivre l'été 2007, où Manée avait cru que j'avais mis une machine en route alors qu'elle faisait la sieste (et moi aussi)... C'était tout simplement le doux bruit de la pluie. Si, si.

En vacances, pas trop d'excuses pour ne pas poster : j'esssaierai donc, en usant de moyens plus ou moins légaux, de donner quelques nouvelles. Pour une fois, j'ai réussi à glisser dans ma valise le chargeur de l'appareil photo et surtout le câble pour télécharger lesdites photos...

(Photo : lever de soleil en Colombie, août 2011)

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Au péi des merveilles/Episode 3

12 Juillet 2012, 19:54pm

Publié par lapetitemaison

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Quand nous avons grimpé par la plaine des Cafres pour rejoindre le Piton de la Fournaise, il faisait à peu près le même temps qu'aujourd'hui en métropole : un vrai mois d'octobre, avec arbres jaunissantes (normal, c'était l'hiver austral en mai). Pour nous distraire, nous avions branché Radio Freedom sur l'émission de Madame Aude, "Droit de parole".

Avant de monter dans la purée de pois, en redescendant de Hell Bourg (je sais, ce récit de voyage est totalement décousu), nous nous étions arrêtés visiter la distillerie de Savanna, à Bois-Rouge, une visite qui ravit le Capitaine, qui, pour une fois, n'a eu aucun mal à se lâcher dans la boutique, allez savoir pourquoi... Sans doute que pour acheter du rhum, ou de quoi faire du rhum arrangé, du sirop la cuite, goûter des petits pâtés créoles à la boutique, il était beaucoup plus détendu du portefeuille, d'un coup.

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Les charlottes pour visiter la distillerie... et le casque de chantier, attention, c'est la visite d'un centre industriel ! et la chaleur humide du bord de mer, qui surprend, après le bol d'air frais d'Hell Bourg

 

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Huuuuuuuummmmmmm, la fabrication du rhum, avec la fermentation dans des fermenteurs avec vue sur la mer...

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la visite du chai (où les photos sont malheureusement interdites) et de ses alignements de tonneaux, où le rhum vieillit 3, 5, 10, 15 ans... Le temps que la part des anges s'évapore...

En fin de soirée, après un plein au petit supermarché de Bourg Murat (histoire de pouvoir réaliser cinq repas, celui du soir, les deux du lendemain et le pique nique pour monter à Cilaos), nous nous installons aux chalets réservés par Ségo, que l'on a surnommé "chalet de M. Mac Gregor", parce que son propriétaire, barbu comme le héros de Beatrix Potter, y entretient un potager magnifique dans lequel Peter Rabbit pourrait faire des ravages... s'il était réunionnais.
Après un dîner dans le chalet de Ségolène et Alice, nous nous couchons tôt (nous avons une chambre dans la maison). Car demain, c'est LE volcan, LA rando de l'île (et l'une des seules que nous ferons, puisque nous voyageons avec une demoiselle de presque six mois).
Autant vous dire qu'on a la pression. La dernière rando que l'on ait faite avec le Capitaine remonte à 2005. Nous étions dans les Hautes-Pyrénées pour un week-end de 4 jours au moment où mes grands-parents vendaient et vidaient leur maison de vacances. Le temps était compté, mais je voulais quand même emmener le Capitaine "là haut", lui qui ne connaît finalement que la montagne à vaches suisses. Direction le lac d'Oredon, lac artificiel certes, mais chouette balade, à proximité de la toute mignonne chapelle d'Aragnouet, que je voulais lui faire également découvrir. Nous étions partis, en bons parisiens, en shorts, chausures de montagne (randonnée spirit), avec des pulls. Ces précisions vestimentaires ont leur intérêt. L'ascension jusqu'au lac se fit sans trop de problèmes, on envisageait même de pousser jusqu'au lac d'Aubert, quand soudain, le ciel s'obscurcit. Ce qui commençait à vouloir dire pluie. Ce fut pire : la grêle se mit à tomber. Sur nos coups de soleil, ben oui, il y avait du vent et un peu de soleil, en fait, on avait cramé. Enfin, j'avais cramé. En mode homard. Et le grêlon sur peau rougie, c'est très douloureux. Le Capitaine avait juste bruni, comme d'hab. Malgré un sprint pour rejoindre le parking, nous étions trempé comme des soupes quand nous sommes allés nous abriter dans la maison de l'office de tourisme. Où s'étaient déjà réfugiée toute une colonie de vacances. Mais il fallut ressortir sous le déluge : l'électricité avait sauté et la tenancière de la maison redescendait à Saint-Lary. Sans pouvoir nous prendre en stop. Heureusement, une voiture compatissante s'arrêta et nous redéposa à notre véhicule. Il va sans dire que notre mésaventure fit mourir de rire les anciens, et Solange, une amie de ma grand-mère, nous offrit en souvenir une photo du fameux lac, qui est depuis accrochée dans notre cuisine.

Bref. Pour le piton, on avait des pulls, des écharpes, et surtout, surtout, des PONCHOS. Achetés les yeux de la tête chez une grande enseigne (dont le nom commence par un D comme d'équipements sportifs). On avait fait provision de fruits secs et de chocolats. A 6 heures du mat, réveil. Je commence par louper la marche en bas de l'escalier (il avait plu toute la nuit). Mais on part quand même.

On suit scrupuleusement l'azimuth de madame Mc Gregor ("tournez à droite à la maison avec le paille en queue bleu, prenez à droite sur  la grande route et suivez les panneaux "Volcan"), en bas de la route qui mène au pas de Bellecombe, on voit un petit monsieur au bord de la route. Comme on a parfois remercié le ciel de nous envoyer une voiture (remember Oredon), on le prend en stop. Nous l'appellerons Chen, car bien qu'il vienne du Vietnam pour quinze jours à La Réunion, il a une tête de mandarin chinois, barbiche comprise. Chen est un autostoppeur hyper poli, qui s'excuse de ne pas avoir son permis (en même temps, il y a quasiment 30 bornes jusqu'au début de la balade). Qui s'extasie devant le paysage, magnifique. Et profite quand même de ce que je prenne des photos (il n'aurait jamais demandé au chauffeur de s'arrêter) : "je ne suis pas très photos". Pour en prendre autant que moi ! Et la route est juste...

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Splendide. Une sorte de premier matin du monde sur une petite Suisse. Les vaches ne vont d'ailleurs pas tarder à surgir, à la stupéfaction de Chen :

"Des vaches ?!? A cette altitude ?!?! Des moutons, je veux bien, mais des vaches..."

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LA vache. Qui déboule tranquillou devant la voiture.
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"Oh, encore un piton ! Il y a des pitons partout ici !"

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Paysage lunaire de la plaine des Sables...

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Et la fameuse piste, traversant la plaine des Sables, qui rejoint le début du sentier. Qu'on nous avait présentée comme étant une longue série de nids de poule. Elle vient sans doute d'être remise  en état : à part un ou deux nids de poule (pour le côté piste), c'est hyper confortable. Chen est d'ailleurs hyper impressionné, depuis que nous cheminons ensemble, par la qualité de la route forestière, puis de la piste.

Ensuite, les choses sérieuses commencent. D'abord, on ne prendra pas de petit-déjeuner. Pas pour se faire un plan détox-randonnée de ouf, non, tout simplement parce que le snack est... fermé. Mais bon, le volcan est au bout du chemin, et on a une revanche à prendre.
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Au premier arc-en-ciel, on trouve cela magique, et puis, c'est bien, au moins on s'est pas trimballé les ponchos pour rien. Ce que l'on ignore, c'est que la montée (heureusement d'un niveau tout à fait correct et accessible) va se faire sous une pluie plus ou moins fine, avec des sortes d'éclaircie. Mais qu'au final, on ne verra rien du fameux cratère.
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Au moins laissera-t-on sa petite pierre sur ces sortes de petits autels laissés par les randonneurs. Le retour s'effectue dans un crachin qui laisse à peine une visibilité à un mètre. Et comme nous ne sommes pas les seuls à arborer un magnifique poncho de chez D, gare à ne pas se tromper de point de repère, et à bien suivre les petits points blancs : tous les ans, des randonneurs s'égarent et pour certains, cela finit très mal.
On se serait presque cogné contre la paroi (qui paraît alors outrageusement verte après 3 h 30 dans un environnement basaltique) et les escaliers qui mènent au parking. Ce sera la partie la plus pénible de la randonnée. Mais en revenant vers le 27e km (nom du village qui se trouve... au 27e km), nous serons récompensé par les paysages d'un vert électrique, luxuriant, suissesques... La prochaine fois, on viendra voir le Piton d'en haut : les hélicos ne décollent que si le temps est dégagé...
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L'école est finie

5 Juillet 2012, 21:44pm

Publié par lapetitemaison

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Depuis lundi, la classe de Petit Brun a perdu son décor coloré : bien que les vacances aient été fixées à ce soir, officiellement, depuis lundi, l'école est à moitié déserte. Quasiment plus de cohue le matin, de moins en moins d'enfants présents au fil des jours...

Mais s'il en est un qui bout d'impatience à l'idée de pouvoir enfin y entrer, c'est Petit Châtain. Qui mène, tous les matins, un lobbying intense. Depuis le mois de Janvier. Toujours le même refrain : "ze veux pas aller chez Fatiha. Ze veux aller à l'étole, avec Petit Brun" (en plus d'être obstiné, cet enfant a un léger défaut de prononciation). Généralement, j'arrivais à déminer la crise avant d'arriver chez Fatiha. Mais après son anniversaire, les choses se sont corsées. Petit Châtain faisait maintenant ses réflexions devant Fatiha, ce qui était de plus en plus gênant. Et dans notre commune, pas d'entrée à l'école avant 3 ans au 1er septembre. Les natifs de janvier à août, comme Petit Châtain, n'ont qu'à prendre leur mal en patience (ou alors s'inscrire dans une école d'un secteur beaucoup moins privilégié, où, pour remplir les classes, on accepte les enfants à partir de 2 ans et demi à condition qu'ils soient propres).

Le jour de l'inscription à l'école, et de la rencontre avec la directrice, Petit Châtain était aux anges d'accompagner son frère dans sa classe, et se serait sans problème fondu dans la masse pour le reste de la journée. En attendant notre rendez-vous, fixé à 10 h 20 (so pratique), nous avons fait quelques courses. A notre retour, nous avons croisé Petit Brun qui partait en salle de motricité. Son frère lui donna la main, et sans mon intervention, partait lui aussi en cours de gym. "Oooooh il est tellllllleemmment mignon !" disaient le chœur des Atsem, trompées par les yeux bleus du jeune homme.

Dans le bureau de la directrice, ce fut une autre paire de manche. Petit Châtain ne sut pas dire de quelle couleur était le camion rouge des pompiers (alors que des histoires inintéressantes de pompiers, nous en lisons beaucoup trop à mon goût), ni chanter une chanson. À tel point qu'on me demanda s'il était gardé avec d'autres enfants... Le redéposer chez Fatiha avant de filer au bureau fut un véritable cauchemar. Pour tous les trois.

Depuis, l'envie d'école n'a pas cessé. Petit Châtain s'imagine aller dans la même classe que son frère, même s'il a déjà visité la classe de Nathalie avec son père et rencontré tous les animateurs du centre de loisirs. Maintenant qu'il a trouvé dans la boîte aux lettres un sac à dos de grand, il est over-prêt. A transféré ses affaires pour aller chez Fatiha dedans (son blouson, un pull, la voiture verte et la voiture noire, le taxi anglais, Mimi souris et La Souris) et le porte fièrement sur son dos jusqu'au bout de la rue.

J'espère juste qu'en septembre, il ne sera pas trop déçu par l'étole. Parce que là, c'est parti pour 15 ans. Minimum.

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Faux départ

3 Juillet 2012, 20:16pm

Publié par lapetitemaison

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Partir un vendredi soir au moment où les vacanciers de juillet se mettent en route, coffres pleins à craquer, toits surchargés, vélos en équilibre. Faire une route terriblement peu chargée, un petit miracle, pour arriver aux environs de minuit. Se glisser dans les lits et ne se réveiller qu'aux environs de 9 heures, vérifiant une nouvelle fois le miracle du sommeil à la campagne, qu'aucun bruit ne vient perturber.
Ouvrir la maison, enfin au minimum, puisque ce ne sont pas encore les vacances pour nous. S'apercevoir en ouvrant les volets que les pluies régulières (pour ne pas dire continuelles) de ce printemps ont profité au jardin. La glycine a des allures de Raiponce et envahit largement la terrasse, s'immisçant dans les volets. La vigogne, elle, est carrément tombée sous son propre poids.

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Le jardin, et sa bordure, puisque la maison a été un temps partagée en deux, en reste la trace avec cette bordure centrale, n'a jamais eu l'air aussi... anglais. Boule de lavande prête à éclore et à parfumer l'air, géranium géant, trémières colossales, et surtout, pelouse ENFIN verte... D'habitude, à cette époque-ci, elle est d'un beau jaune sable, et le grand Grand-Père s'escrime tout l'été à lui redonner un peu de vert...
Notre journée à la campagne a été vite pliée : une sortie culturelle (faire le plein au grand supermarché d'à côté, quitte à partir avec un minibus quasi vide, autant en profiter), un tour chez nos arboriculteurs préférés qui nous avaient indiqués dans leur newsletter avoir de nouveau des fraises, prendre des barquettes pour nos repas ainsi que du jus de pomme-cassis, faire une sieste magistrale. D'abord avec les enfants dans leur chambre, moi dans la mienne, puis avec les deux, puis enfin seule avec Petit Châtain, Petit Brun ayant déserté pour rejoindre son père, qui pensait dormir tranquille... Si nous avons écrasé une bonne partie de l'après-midi, le Capitaine s'est assoupi une demi-heure seulement. Et Petit Brun ? Il n'a pas fermé l'œil et a passé la journée à jouer avec le bracelet d'ambre (enfin le collier passé en deux boucles autour de son poignet). Béné nous avait parlé de sa nièce dont l'eczema était miraculeusement parti après le port d'un collier d'ambre. On constate une petite amélioration, mais le sujet ne doit pas le porter assez longtemps...

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Il était déjà 17 heures passées quand nous sommes sortis profiter du jardin. Pendant que nous réduisions l'avancée de la glycine, enlevions des mauvaise herbes (et des bonnes, comme les marguerites, qui avaient décidé d'annexer la pelouse), coupions les têtes des pivoines séchées, Petit Brun et Petit Châtain cueillaient des coquelicots qu'ils coinçaient derrière mes oreilles, se disputaient l'unique tricycle de la maison (pour 24 heures, nous n'avions pas descendu le vélo), demandaient au Capitaine de lire un numéro vintage de Pomme d'Api qu'ils connaissent sans doute par cœur... Ils sont partis en mission "œufs", et en sont revenus avec de quoi faire un délicieux dîner d'œufs à la coque maison, ravis d'avoir vu des lapins, visité le poulailler, "il y avait une poule morte, tu sais". C'est là que je me suis félicité de ne pas avoir pris part à l'expédition, ladite poule morte étant même, d'après le Capitaine, en voie de décomposition avancée... Est-ce pour cela que Petit Châtain nous a fait relever dix fois dans la nuit, hurlant qu'il voulait sa maman ??? (mais refusant de dormir avec moi, trop la honte sans doute).

Le lendemain matin, il faisait grand beau. La tentation de ne pas rentrer et de rester là profiter de l'été fut grande. Mais nous étions de baptême dans la capitale du Maine-et-Loire, il fallait fermer la maison à peine ouverte et vite prendre la route pour ne pas être en retard, le Capitaine était parrain. Trois semaines à tirer avant de prendre la route de l'été, un mariage, une semaine helvétique, avant de retrouver le charme de La Rinissé. Regarder les enfants marcher pieds nus, profiter des longues journées, des couchers de soleil sur la Loire, écouter le chant des hirondelles et les regarder regagner la vieille grange sans jamais s'assommer dessus, lire les vieux livres qui traînent ou aller en prendre à la médiathèque sans se planter dans les horaires, bronzer au bord de la piscine. Décider d'un programme de ministre pour ne finalement rien faire. Mais, cette année, ne pas le regretter. Juste regarder le monde bouger. Presque sans nous.

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