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La petite maison dans la banlieue

Articles avec #liliane, fais les valises !

Who can ever be tired of Bath ?

18 Septembre 2017, 20:55pm

Publié par lapetitemaison

Who can ever be tired of Bath ?

Parties de Paris vendredi à 9 h du matin, un Eurostar, un peu de métro et un train plus tard, nous voilà vers 13 h 45 à Bath, sous le soleil (plutôt inespéré au vu de la météo de la matinée des prévisions du week-end). Nous allons déposer nos bagages à l'hôtel, sis à six minutes à pied de la gare, ce qui est parfait : le vieux centre historique de Bath se parcourt aisément en marchant, ce que nous ferons tout le week-end, comme les héroïnes austiniennes qui battaient la campagne par tous les temps.

Le bed and breakfast donne sur une petite place ronde, avec un énorme platane. Nous y serons comme des cocottes en pâte, avec un délicieux breakfast le matin. La place est un peu bruyante la nuit (pas de double vitrage), mais cela ne nous empêchera pas de dormir. Comme il fait vraiment très beau, nous filons à Prior park, cité dans un des articles que j'ai imprimé pour le week-end, comme une promenade idéale pour aller à la recherche de Mr Darcy.

Grâce à une itinérance des données un peu aléatoire (le GPS était soit en avance soit en retard sur notre progression) (et à un plan), nous arrivons une heure et demie avant la fermeture du parc, à 17 h 30 : de quoi le visiter presque seules au monde, de profiter de la vue magnifique sur Bath, d'admirer Prior's mansion (aujourd'hui une école), et de découvrir l'adorable pont sur l'étang, "parfait pour une demande en mariage", et lieux de nombreux rendez-vous, à en croire les graffitis parfois anciens sur les colonnes.

Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?

Le soir, après notre dîner dans la plus vieille maison de Bath et être entrées dans un pub écouter un chanteur-guitariste jouer pêle-mêle Oasis, Robbie Williams, The Small faces, Electric Light Orchestra… et bien évidemment Radiohead, il était temps de faire les dernières finitions à nos robes – coudre les boutons et le ruban de la robe de L. – et d'aller enfin nous coucher.

Car le lendemain, nous devions être à 10 h 30 au départ de la Regency Walk, la fameuse balade déguisée qui était à l'origine de ce week-end dans le Somerset. Après avoir profité du petit-déjeuner, nous avons revêtu nos robes, fait mutuellement nos nœuds, mis nos chapeaux – gros fail au niveau de ma coiffure, il aurait fallu un chignon, ou des cheveux très courts, mais pas cet entre-deux, — et nos chaussures, direction The Crescent, point de ralliement des Austeniens, et lieu très pratique : devant les maisons qui s'étalent en demi-lune, il y a une grande étendue d'herbe, idéale pour ce genre de rassemblement.

En comparaison des autres participants (même s'il faut bien le dire, l'assemblée était à 80 % féminine), nous étions vraiment parties le nez au vent : pas de châle, pas de gants, pas d'ombrelle, pas de petits spencer... Et pourtant, nous n'avons pas eu froid du tout, sur les deux heures de promenade (à petites foulées), qui nous a donc mené du haut de Bath à la rivière Avon, dans Parade Garden, pour le tea final... Ecourté par une pluie aussi violente que brève, qui nous a contraintes à nous abriter sous un saule pleureur (très mauvais plan, ne protège pas de la pluie). Nous avons croisé des fans originaires du Pays-de-Galles, d'Ecosse, d'Irlande, d'Italie, de Hollande… Certaines nous ont demandé si nous lisions Jane dans le texte ou en traduction (euh, comment dire... Les films de la BBC en VOST, ça compte ?)

Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?

Un peu trempées, nous sommes repassées à l'hôtel prendre la cape et le manteau en velours noir que j'avais eu la bonne idée d'emmener (et qui prenaient toute la place dans mon énorme valise, hum hum), et avons décidé d'aller prendre un high tea à la Pump room, célèbre lieu de promenade dans les romans de Jane, où les héros, sous prétexte de boire un verre d'eau de la source de Bath, se croisent l'air de rien près de la fontaine. La fontaine existe toujours et est toujours alimentée par l'eau de la source, mais la promenade est devenue un salon de thé.

Nous avons dégusté un high tea (un Somerset high tea), avec les fameux petits sandwichs au concombre, les scones, le beurre bien jaune, les muffins, les macarons... Autant vous dire que j'avais l'impression d'avoir un éléphant sur l'estomac en sortant de là – une telle charge de gluten et de lactose d'un seul coup, je ne suis plus habituée – heureusement, la reprise de notre marche à travers la ville m'a aidé à digérer. Bien que l'après-midi soit carrément pluvieuse, le fait d'aller d'un endroit à l'autre – de la Fayre au Jane Austen Centre – me l'aurait presque fait oublier. Et puis passer la journée en costume, à faire prendre en photo avec/par des inconnus, à grands coups de "you both are so lovely", "so cute, "botiful"... fait oublier tous les nuages !

A 19 heures, nous avons repris nos habits du 21e siècle – et retrouvé avec bonheur nos chaussures plates et nos jeans – et sommes allées au spa – moderne – de Bath. Dont la particularité est d'avoir un bassin en plein air au dernier étage. Ce qui fait, que, barbotant dans une eau chaude, nous avons pu profiter du coucher de soleil à l'ouest ET d'un arc-en-ciel à l'est, en partant du clocher de Bath abbey, spectacle assez magique. Puis nous avons essayé les hammams, la chambre froide avec glaçons, celle de relaxation avec ses "chaises longues" carrelées, chauffantes, sa projection d'images de l'espace et sa fausse constellation au plafond, le bassin au sous-sol... En sortant, à 21 h 30, très inquiètes de ne pas trouver à manger, et n'ayant aucune envie de dîner d'une pizza ou de tapas, nous avons avisé un pub, qui, par chance, servait encore. Deux fish and chips plus tard,de retour à notre chambre, nous nous sommes vite endormies.

Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?

Pour notre dernier jour, nous avons passé la matinée aux bains romains. A visiter ce complexe hyraulique où l'eau circule encore, comme du temps des Romains, ce qui est assez vertigineux. Celle qui sort de la source aujourd'hui est de l'eau de pluie tombée il y a 10 000 ans. Avant les Romains, des tribus celtes avaient déjà repéré que de l'eau chaude sortait de la terre, avec des fumeroles et de grosses bulles à la surface – ce qui est toujours visible aujourd'hui dans le bassin de la source.

Les Celtes y adoraient Sulis, les Romains adaptèrent le culte en celui de Sulis Minerve, construisirent des thermes et un temple à cet emplacement : un centre à la fois spirituel et thérapeutique. Nous avons passé 2 h 30 dans le musée et il y avait vraiment de quoi faire : en effet, quantité d'objets ont été retrouvés dans la source et dans les circuits d'eau des thermes. Et notamment des messages de supplition, écrits à la déesse sur des rouleaux de plomb et jetés dans la source. Tout comme une quantité astronomique de pièces de monnaie, qui témoignent du rayonnement d'Aquae Sulis dans tout l'empire. On peut boire un verre de la fameuse eau de Bath : elle est très chaude et a un goût assez métallique… On imagine très bien le genre de cure des Romains : "un verre d'Aquae Sulis tous les matins me coupe l'appétit et rend plus svelte !"

C'est vraiment un musée génial, à découvrir. Avant de repartir, nous avons fait un tour dans l'abbaye - où l'entrée n'est pas payante, mais si tu donnes 2 livres c'est quand même mieux, et tu n'as pas le choix, puisque la petite dame à l'entrée t'agite son panier sous le nez. Nous avions admiré les anges qui grimpent sur les échelles à l'extérieur, nous avons découvert la voûte aérienne à l'intérieur et les innombrables pierres tombales qui recouvrent le sol, les murs. Un des projets de l'église actuellement est de profiter de la chaleur de la source pour chauffer l'église par géothermie. Une énième façon de profiter de l'eau bénie de Sulis !

Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?

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The Jane Austen project

13 Septembre 2017, 20:34pm

Publié par lapetitemaison

The Jane Austen project

Je ne sais même plus comment l'idée est venue. Sans doute à un dîner entre filles, un rituel perpétué depuis les bancs de l'école de journalisme. Où l'un de nos intervenants, histoire de nous déstresser en vue d'une insertion professionnelle qui nous paraissait bien périlleuse, nous avait donné cet excellent conseil : "moi, pour me déstresser, je regarde un film bien bête, genre 'Coyotes girls', vous voyez ? Je passe une bonne soirée et ça va beaucoup mieux !"

Conseil que nous continuons de mettre en pratique, et ces dernières années, nous avons souvent regardé les films de la BBC adaptant les sept romans de Jane Austen, ou les quelques films célèbres (Raisons et sentiments, Orgueil et préjugés)... Sans oublier les versions cheap Bridget Johnesques.

Je me suis livrée à un peu d'archéologie mailesque, pour trouver une première mention de cette idée de se rendre à Bath pour le 200e anniversaire de la mort de Jane Austen… en février 2016. Je ne me souviens même plus comment je suis tombée sur lla Regency walk à laquelle on peut participer si l'on est en habit d'époque. Quoi qu'il en soit, l'idée a germé... s'est concrétisée sous la forme d'un énorme cadeau commun pour les 35 ans de L., étant dit que O. et moi paierons notre voyage.

À l'automne 2016, nous avons commencé à prospecter en ligne pour nous trouver des tenues, sur des sites marchands internationaux. Rien ne nous plaisait. Nous avons alors eu l'idée de confectionner nos robes nous-mêmes, en commandant un patron aux Etats-Unis (vive Internet !), que nous avons traduit à l'heure du déjeuner, O et moi.

Hiver 2017 : il était grand temps d'attaquer le vif du sujet : la confection des robes. Nous avons acheté le tissu en mars au Marché St-Pierre, chacune le sien, chacune une couleur et qui nous correspondait bien. J'ai cousu 60 % de ma robe au cours de couture du mercredi soir : décalquer le patron (qui taillait extrêmement grand, notamment au niveau du décolleté, merci à Gaëlle d'avoir tout retaillé pour que cela tombe juste !), le reporter sur le tissu et la doublure, monter le haut, les manches. Assembler la doublure du haut, puis la coudre au haut. Assembler la jupe, assembler la doublure, faire la patte de la jupe (qui était trop courte d'un côté, trop longue derrière, la jupe beaucoup trop large, on aurait pu en mettre trois comme moi dedans). Sur ce, les vacances sont arrivées.
 

The Jane Austen project
The Jane Austen project

Je suis partie avec ma machine à coudre et ma robe en kit à assembler. Texto de Gaëlle, premier week-end de juillet : "alors, ça y est, tu l'as terminée ?" Euh non, pas du tout. Je n'y toucherai pas avant le 8 août d'ailleurs, récupérant par colis postal celle de L. qui n'avait pas beaucoup avancé non plus. Mais j'avais une alliée de taille : ma sœur, qui n'aura pas du tout suivi son programme de couture de l'été.

En deux semaines, nous avons fini ma robe (assemblé le haut et le bas, cousu la broderie anglaise au bas de la doublure, de façon à ce qu'il dépasse tout juste de la robe, fait les ourlets, recouverts les boutons pour les assortir à la robe, fait les boutonnières, cousu un galon ET une dentelle, parce que le galon ne ressortait pas assez… Ainsi que celle de L., qui n'aurait plus que son gros grain rouge assorti à son chapeau à coudre et ses boutons déjà recouverts dans le tissu de sa robe (mais montés à l'envers, hum, hum !)

Il nous fallait un chapeau : là, nous avons craqué et commandé en ligne. Grâce à la ténacité de L. (et à son enquête digne de Sherlock Holmes, avec deux passages à son bureau de poste dans le 15e), nous avons récupéré nos chapeaux (et nos réticules !) à temps pour partir. Seule ombre au tableau : O., qui a dû être hospitalisée en urgence cet été, n'a pas été du voyage.

Une valise empruntée à ma voisine J., une cape et un manteau long pseudo-Regency noir en cas de pluie, une paire d'escarpins qui feraient l'affaire, les billets Eurostar, le code pour récupérer les billets de train anglais à une borne à Paddington, les bracelets pour participer à la Regency walk... Bath, here we come !

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Onze jours sur l'eau

31 Juillet 2017, 14:13pm

Publié par lapetitemaison

Onze jours sur l'eau

Jour 1/Oublis en série

On a d’abord oublié les gourdes à La Rinissée, occasionnant un premier demi-tour. Puis, en allant prendre de l’essence, nous avons eu le temps de réfléchir, eu égard aux nombreux travaux que la DDE d’Indre-et-Loire avait choisi de réaliser ce matin-là, et de réaliser, que, beau temps aidant, nous avions totalement oublié de prendre… les vestes de quart Décathlon des enfants. Alors que nous avions tenté une expédition le 14 juillet, aux 4 Temps (l’enfer sur Terre. Plus jamais jamais ça), exprès pour éviter d’y faire un petit tour à Vannes. « La prochaine fois, on s’arrête directement à D… de Vannes pour faire les courses », en a conclu le Capitaine. D’autant que, le temps passant, il était l’heure du déjeuner pour nous 6 (cette semaine, nous avons en guest la cousine Gabirelle).

 

Après une pause galette (personne de malade, juste un déjeuner breton) et l’achat des indispensables vestes de quart et lunettes de soleil, nous sommes enfin arrivés à destination, le temps  de nous poser chez Mané et de coucher Colombine pour la sieste (dont elle avait grand besoin mais qu’elle n’a absolument pas faite, en revanche, je me suis écroulée de fatigue), et Gabirelle, qui bien qu’ayant claironné qu’elle n’avait plus besoin de la faire, a dormi 2 heures pleines.

 

Pendant ce temps, « Capitaine Papa » écumait l’Intermarché du coin et le primeur, histoire d’assurer notre bonne pitance pour les quinze prochains jours. Il a également commencé à vider le minibus, le tout sur un cagnard de folie. A 18 h il est venu nous chercher, nous avons fini de récupérer les affaires laissées dans la maison (duvets, draps, taies d’oreiller, débarbouillettes du bateau, torchons et divers matériels de pêche and co) pour enfin descendre sur les pontons installer le bateau – aka faire les lits, défaire les sacs de chacun et serrer les affaires dans les minuscules placards, organiser un minimum l’espace, trouver une place – la plus intelligente possible – pour les provisions, jouer à un Tetris géant. Le tout en commençant de faire dîner les mousses, que nous avions vissé devant un DVD dans la cabine avant histoire de nous mouvoir plus facilement dans le carré : « quoi ? il est 19 h 30 ? mais c’est l’heure de dîner ! » (#maisonderetraitebonjour. Ces enfants ne sont absolument pas dans la disruption, ils vont finir sur le bord de l’autoroute de la Start-up Nation, je vous le dis !)

 

Bref, à 21 h, la petite troupe était à peu près couchée. Il faisait encore très chaud et personne ne dormait. Il a fallu séparer les filles tellement c’était la foire, puis Capitaine Papa et moi-même avons dîné sur le pont où il faisait enfin un peu frais. Avant de nous apercevoir, à 22 h, qu’on avait totalement oublié d’installer les filets le long des filières – notre protection antichute d’enfants. Dont acte, puis, alors que le carré était enfin rangé au cordeau, la vaisselle faite et rangée, Capitaine Papa s’est avisé d’aller prendre une douche (plutôt que d’aller dormir sur le pont). Et c’est là que nous nous sommes aperçus que nous avions oublié les serviettes de toilette chez Mané. J’ai gagné au passage une couette (sinon c’était battle pour le drap et la couverture pendant 15 jours).

Onze jours sur l'eau

Jour 2/Larguer les amarres

 

Bien décidés à partir au plus vite, nous nous divisons en deux équipes après le petit-déjeuner, pris dans le carré extérieur : moi aux douches, le Capitaine et les enfants au marché pour un dernier plein de frais. Au moment de partir les rejoindre, trois gouttes de pluie tombent, le tonnerre tonne, le ciel est noir « tu es sûr que je devrais pas repasser au bateau fermer les hublots et prendre les vestes de quart des enfants ? La tienne ? » « Oui, si tu veux, mais on est à l’abri, là ». Une demi-heure après, nous repartions du marché sous le déluge, en ayant à peu près complété nos courses (mais en ayant oublié le couvercle pour les casseroles et l’entonnoir pour remplir les gourdes à partir d’un bidon de 5 l… En pleine mer, c’est précieux). On attend la fin de la pluie pour partir – enfin – avec une première marche arrière un peu périlleuse pour sortir Boléro de sa place, en évitant un moteur et que notre ancre ne racle la coque du gros bateau avec lequel nous étions à couple.

 

Il est 14 h et des brouettes, Colombine fait la sieste, nous mettons le cap sur Belle-Ile, avec un premier bord avec beaucoup de vent et un bateau qui gîte pas mal – au grand dam des enfants « Papa, tu peux mettre le bateau à plat ? ». Mais dans l’ensemble, tous se déplacent sans trop de mal et Asparagus est un mousse particulièrement efficace. Nous mouillons en fin d’après-midi aux Grands Sables et, une fois l’annexe gonflée, le Capitaine emmène la troupe sur la plage, pendant que j’essaie de calmer une horrible migraine : j'ai pas eu mon café du matin, il n'y avait que du Nescafé... Je le paie cher.

 

Deux heures après, ils sont de retour, prennent une douche froide sur le pont (nous avions oublié de brancher le chauffe-eau la veille), puis leur dîner à l’intérieur, et s’endorment quasiment instantanément. Il n’y a pas de vent au mouillage, mais un peu de clapot (en clair : le bateau oscille très régulièrement d’un côté à l’autre MAIS ne tape pas l’eau d’avant en arrière. C’est beaucoup plus confortable, mais c’est pas top non plus). C’est là que nous nous rendons compte que les distances sièges/table dans le bateau ne sont pas du tout adaptés à des enfants… Pas étonnant, quand ça clapote en plus, qu’une fois sur deux il y ait des chutes de nourriture sur les vêtements ou sur le sol… Pendant nous dînons, un brouillard se met à tomber sur Belle-Île, et se transforme en fin crachin – alors que, bien évidemment, tous les maillots de bain, T-shirt anti-UV, serviettes de bain… sèchent sur les filins.

Onze jours sur l'eau

Jour 3/Groix devant

Il crachine toujours au petit matin, nous nous levons donc relativement tard – 9 heures. Une heure après, il fait toujours aussi moche et de la pluie est prévue dans la journée. Nous décidons de partir directement à l’île de Groix – cinq heures de navigation -, nous déjeunerons en mer. Pour une fois, c’est même moi qui barre, jusqu’à Birvido. C’est beaucoup plus facile de tenir un cap avec un repère sur la côte – une pointe, un phare – que de regarder le compas. Un grain nous tombe dessus au large du Palais et de la pointe des Poulains, mais les enfants s’en contrefichent. L’apéritif en pleine mer alors que le bateau gîte et que la mer se creuse un peu les ravit – même si Nimbus vire au blanc et ne veut rien manger du tout. Ils finissent par s’endormir à moitié, Colombine et Gabirelle sont mises à la sieste malgré leurs protestations et s’endorment, bercées par le bateau.

 

Au Birvido, je passe la barre au Capitaine – j’ai moi-même un peu mal au cœur et je finis par m’endormir dans la cabine des garçons. Asparagus me réveille 20 minutes avant d’arriver à Groix. Nous sommes arrivés trop tard pour la place au pontons, nous aurons donc la joie de jouer au Tetris du marin : l’amarrage à la bouée – je déteste. Là, comble de joie, il nous faut en plus prendre la place en marche arrière – comme s’il fallait garer le bateau en épi. Heureusement, nos voisins de tribord sont au taquet, prêts à récupérer nos amarres et à repousser le bateau – nous avons manqué de taper deux petits bateaux à l’avant, tant nous avions peu de place pour redresser Boléro – qui n’a pas de direction assistée pour ce genre de manœuvre…

 

Une fois bien arrimés – ainsi que nos nouveaux voisins de babord, la vaisselle de midi faite et les affaires de toilette prêtes, nous nous entassons dans l’annexe – avec les poubelles et la bouteille de gaz vide que nous devons mettre à la consigne. Nous arrivons plutôt dignement sur le quai – hormis les pleurs de Colombine qui a mis sa sandalette dans l’eau. Dans le seul rayon de soleil de l’après-midi, après avoir trouvé le local poubelles et le code des WC et des douches, nous prenons une glace sur le port – sans serviette ni mouchoirs dans nos sacs, un massacre, seuls le Capitaine et moi sommes capables de manger un cornet sans nous salir, puis nous mettons en quête de l’Intermarché pour notre fameuse bouteille de gaz.

 

Las, il n’y a pas de consigne, il faut aller plus loin, à la station service ou au Bricorama, mais il est 19 h passée, un grain vient de tomber, la jeune troupe pleure, soupire et râle (nous n’avons même pas fait une balade d’un kilomètre). Tant pis pour la douche, nous regagnons le bateau. Problème : il y a tellement de bateaux à couple et tellement d’annexes sur l’eau que nous ne voyons pas très bien comment regagner le nôtre… En soulevant quelques bouts (et s’arroser d’eau du port au passage), nous y parvenons.

Les crêpes salées achetées la veille ayant moisi (nous ne les avions pas mises dans le frigidaire), ce sera des pâtes et des crêpes sucrées.

 

Pendant la nuit, le vent forcit énormément, même à l’abri du port. Bien plus que la musique habituelle du vent dans les haubans, on dirait qu’avec les autres bateaux auxquels nous sommes accrochés, que le vent passe sous les coques pour les soulever. Au milieu de la nuit, un Asparagus mort de trouille s’est réfugié dans notre cabine : trop de bruits bizarres, trop de vent, trop peur. S’il ne se met plus en travers de la couchette comme quand il était petit, il prend néanmoins de la place. Nous passons donc une nuit… assez mauvaise.

Onze jours sur l'eau
Onze jours sur l'eau
Onze jours sur l'eau
Onze jours sur l'eau

Jour 4/Exploration

Aujourd’hui, exploration de l’île à vélo ! Nous reprenons nos réflexes de plaisanciers : ce coup-ci, on met toutes nos chaussures dans un dry bag : ça évite les drames à l’arrivée de l’annexe (devant l’hotel et le café de la jetée). Finalement, nous faisons l’impasse du pique-nique : nous sommes déjà suffisamment chargés rien qu’avec les vestes de quart (méfiance), les gourdes et le goûter, sans compter le bras du moteur électrique – énorme succès avec nos voisins de mouillage et le loueur de vélos… qui habite sur le bateau « Sea sheperd » juste à côté de nous.

 

Chez l’unique loueur ouvert ce jour-là (deux enseignes ont l’air de se partager le marché de la location de vélos et de voitures électriques sur l’île), nous optons pour deux vélos adultes, dont un avec un siège enfant, initialement occupé par Colombine puis par le sac à dos, une charrette – tirée par le Capitaine, initialement occupée par Gabirelle, puis Colombine qui trouvait qu’il faisait « trop froid » sur mon vélo – et deux vélos enfants pour Asparagus et Nimbus. Et casques pour tous les nains. « Et pourquoi pas vous ? » (Parce que c’est moche et que ça tient chaud et qu’on va pas faire une course de vitesse).

 

Nous commençons notre balade par monter la côte à pieds (trop raide), puis pédalons en direction de la pointe des chats (en gros, nous avons choisi nos buts de randonnée en fonction de la poésie de la toponymie : va donc pour la pointe des chats, le trou de l’enfer et le camp des gaulois. Moyennant quoi, nous ne verrons aucun des menhirs de l’île, puisque nous pédalerons essentiellement en direction du sud-ouest et que ceux-ci se trouvent… de l’autre côté).

 

Le temps se couvre quand nous arrivons à la pointe des Chats (nous n’avons pas trouvé l’explication de ce nom), mais les longs éperons rocheux qui s’enfoncent dans la mer valent le détour. Le phare est fermé et ne se visite malheureusement pas, au grand dam des enfants, mais jouer dans les rochers a suffi à leur bonheur ! Pour le déjeuner, nous repartons vers Locmaria où nous avions repéré le Pop’s tavern : nous nous installons dans le grand jardin et les enfants jouent avec les chaises longues (qu’ils ne casseront miraculeusement pas) en attendant le robuste déjeuner : croque-monsieur et double dessert breton : gâteaux bretons nature et à la framboise.

 

Nous repartons affronter le faux-plat de Groix, direction le trou de l’enfer. Les distances ne sont pas énormes, mais les vitesses des vélos de location sont parfois obscures et Nimbus a été particulièrement méritant avec celles de sa monture. Installées dans la charrette, les filles chantent à pleins poumons et sont en pleine forme, nous causant quelques sueurs froides en bordure de falaise. On fait un stop à l’église de La Trinité, admirer les bateaux ex-voto offerts par les équipages reconnaissants, et on arrive sous un grand soleil au départ du sentier qui mène au trou de l’enfer, faille très profonde et abrupte dans la falaise.

 

Nimbus nous fait un magnifique vol plané à l’arrivée. A part quelques mouettes et un tapis de crottes de lapin, il n’y a pas beaucoup d’animaux en haut de la falaise. Le trou de l’enfer est effectivement impressionnant même si, la mer étant plutôt calme cet après-midi là, les vagues sont assez modérées. Gabirelle se pique sur des piquants qui lui déclenchent une série de petits boutons rouges visiblement assez douloureux, heureusement ils auront quasiment disparu à la fin de la balade – nous nous apprêtions à faire un stop à la pharmacie, voire à trouver le médecin pour faire examiner l’éruption.

A 16 heures, il nous reste encore deux heures avant que le loueur ne ferme.

 

Asparagus ayant repéré sur le plan le « camp des gaulois », nous choisissons notre troisième but de balade du jour – d’autant que cela a l’air plus près en distance que la pointe St Nicolas et que la troupe tire la langue – Nimbus, notamment. Avec le plan très sommaire donné par le loueur de vélo, en suivant les directions peintes sur la route et les panneaux, nous finissons par découvrir l’éperon rocheux où des traces d’un oppidum romain ont été découvertes. Plus loin, nous apercevons le seul menhir que nous verrons de notre séjour – mais l’heure tourne et nous n’aurons pas le temps d’y arriver.

 

Après avoir trouvé la biscuiterie du gâteau breton au sarrasin et à la confiture de framboises (miam !), nous allons rendre nos vélos et rembarquons pour préparer nos affaires pour aller prendre une douche (ce qui est quand même le gros avantage du port !) et prendre une glace – à une boule, et avec les serviettes de table dans le sac, c’est beaucoup plus jouable – sur le port, pour nous récompenser de nos efforts.

Surprise : le bassin s’est vidé de ses occupants et nous héritons de nouveaux gentils voisins à tribord. Un gros coup de vent se prépare pour le lendemain, et au vu des prévisions météos, soit nous partons à 7 h 30 pour avoir le temps de rallier Concarneau dans des conditions potables, soit nous restons à Groix un jour de plus.

 

Au vu de la fatigue de la troupe et dans la perspective d’avoir une place au ponton (plus chère mais offrant la possibilité de faire le plein d’eau et d’électricité en étant mieux protégé du vent à la bouée en cas de tempête) nous choisissons la deuxième option.

Nous repartons en annexe à la douche et nous séparons en deux épuipes : les garçons et les filles. Comme nous n’avons qu’un seul savon et un seul schampoing, les garçons passent d’abord à la douche, puis je m’occupe de Colombine (qui hurle comme un cochon qu’on égorge parce que c’est une douche fixée au mur, qui plus est la dernière de la colonne avec un filet d’eau chaude, donc quasiment froide), et de Gabirelle.

 

Nous regagnons le bateau et renonçons à faire dîner les enfants sur le pont : notre voisin fait de l’électricité en faisant tourner son moteur, dégageant une bonne odeur de gasoil et puis la fraîcheur tombe. En revanche, tout le linge laissé sur les filières pendant la journée a bien séché. Une omelette et un fruit, et hop ! tout le monde au lit. Nous pensions que les filles seraient assommées de la journée : pas du tout, il a fallu encore séparer les demoiselles pour le début de la soirée.

Onze jours sur l'eau

Jour 5/Îliens un jour de plus

Après un réveil relativement tardif, 9 heures et des brouettes, le petit-déjeuner, le gars de la Capitainerie nous informe que nous pouvons avoir une place au port. Nous décidons alors de bouger – soit ranger l’annexe, le moteur, descendre les pare-battages parce que le ponton sera plus bas – avant que le Navix faisant liaison Lorient-Groix ne parte. Le vent commence à se lever, et nous déporte vers notre voisin : nous heurtons un de ses chandeliers en nous séparant – ce qui nécessitera de le changer – et manquons de peu de taper un autre bateau, nous réussissons finalement notre demi-tour, aidés par le bateau de la Capitainerie qui nous pousse pour nous redresser – en marche arrière, Bolero est très peu mobile. En arrivant sur l’autre ponton, heureusement nos nouveaux voisins nous voient arriver et nous aident à nous amarrer, ce qui nous évite une deuxième avarie. Pour la blague, notre voisin de tribord se retrouve entre deux… Bolero.

 

En remontant l’annexe pour aller régler notre sinistre de chandelier, le Capitaine s’aperçoit que le moteur s’est désaxé par rapport à l’hélice – et bien évidemment, il n’a pas la clé Allen de la bonne taille… Il n’y a pas de magasin d’acastillage à Groix, mais nous sommes amarrés pas loin de l’atelier du rouquin-marteau, qui restaure des bateaux… et qui a le bon outil. Finalement, plus de peur que de mal : le capitaine et Asparagus peuvent partir régler l’affaire du chandelier, à l’amiable, autour d’un verre de blanc et d’un coca-cola, et en y gagnant peut-être un futur équipier pour les régates.

Pendant ce temps, j’avais préparé des salades de tomates pour le déjeuner – que nous avons pris à l’extérieur -, avec du jambon et des abricots. Puis sieste pour les filles – qui avaient été très sages, faisant des dessins -, lecture et dessins pour les garçons.

 

Et là, nouveau drame : la pompe des toilettes, qui fuyait un petit peu, a rendu l’âme, les rendant inutilisables. Nous devons aller aux toilettes sur le quai (ce qui nécessite d’escorter les enfants qui n’ont jamais envie en même temps d’y aller). Après le goûter, nous partons faire une mini-balade et en profitons pour visiter l’éco-musée : il fait moche et froid, pas possible d’aller à la plage aujourd’hui. L’éco-musée est très bien fait, retraçant l’histoire de l’île depuis le Néolithique (et même avant, Groix ayant un intérêt géologique certain), en passant par les saints solitaires (Saint Tudy serait arrivé sur un menhir), le développement des flottes de pêche et le sauvetage en mer, Groix étant l’une des premières stations de sauvetage en mer installées sous Napoléon III en France. Bien évidemment, nous l’avons visité au pas de course, mais cela valait le coup.

 

Après un petit détour par la boulangerie pour avoir de quoi petit-déjeuner demain matin, nous regagnons le bateau, en ayant acheté le dîner spécial Groix des adultes : des huîtres (plus simple que le homard). Nous regagnons le bateau juste avant le début de la tempête, mettons les enfants en pyjama pendant que le Capitaine prépare des pizzas maison pour leur dîner. Nous prévoyons de partir tôt le lendemain puisqu’un nouveau coup de vent est prévu demain vers 14 h : en partant tôt nous aurons le temps d’arriver à Concarneau où la pièce pour réparer nos toilettes nous attends (Happy end). A la fin de notre dîner, le ciel se dégage, mais le mur de la jetée nous cache le coucher de soleil : nous décidons de confier le bateau au mousse en chef, Asparagus : tout le monde a l’air de dormir ou presque et profitons un peu de la lumière du soir.

 

Quand nous rentrons, Asparagus nous débriefe la soirée : tout le monde s’est relevé pour « aller aux toilettes » (aka le seau) après notre départ, mais le calme règne dans le bateau. Nous nous endormons à peine qu’un groupe de jeunes squattant devant la capitainerie en profite pour mettre du rap à fond la caisse et ce jusqu’à 2 h du matin. Etonnement, alors que pendant deux jours, nous avons vu les gendarmes (dont la caserne est juste au-dessus du port) patrouiller au milieu des cyclistes, des retraités en voiturettes électriques, tout juste débarqués du Navix, et des gamins léchant des glaces sur le pont, là, visiblement, il n’y avait plus personne pour intervenir…

Onze jours sur l'eau

Jour 6/Où l'on arrivera jamais à Concarneau

Comme prévu, le réveil programmé à 8 heures sonne. Et là, surprise, il faut lever les mousses presque de force (ceux-ci s’éveillant pourtant naturellement et à grands bruits entre 8 h et 8 h 30 tous les matins), le seul matin où il faut se presser un peu. A 9 h 15, nous quittons (à peu près proprement en termes de manœuvre) le port de Groix, croisant tous les bateaux de la SNSM (nous avons appris hier en visitant l’écomusée que Groix avait été la première station de sauvetage en mer de France en 1866 grâce au don d’un canot de sauvetage par l’impératrice Eugénie, le développement des transports maritimes où la rentabilité primait sur la sécurité – oh wait ! – entraînant également une multiplication des naufrages, notamment à la pointe des Chats et au trou de l’Enfer).

 

Dès la montée de la grand-voile, j’ai bien senti que le vent était déjà bien fort, le bateau s’est mis à fortement gîter directement – ce qui n’a absolument pas dérangé Colombine et Gabirelle qui continuaient à dessiner impertubablement dans le carré alors que tout valdinguait autour d’elles. Impression renforcée une heure plus tard, quand j’ai dû prendre la barre pendant que le Capitaine faisait prendre un ris à la grand-voile (la réduisait pour que nous perdions un peu de vitesse et de gîte). Les vagues me semblaient énormes et décider à ma place de la direction que prenaient le bateau. Une, deux, trois, quatre… à la dixième je déclarai forfait et qu’il était hors de question de subir cela pendant quatre heures jusqu’à Concarneau. Décision a été prise donc de rallier Port-Louis (avec un peu moins de mer et de vent au final).

 

J’ai mis les filles chacune dans une cabine, rangé les feutres et les crayons de couleur, fermé la cocotte minute pour y contenir les haricots verts et l’ait coincé dans l’évier. Au bout d’une demi-heure, Colombine, apeurée, m’a appelée et je suis restée avec elle dans la cabine quasiment jusqu’à Port-Louis. Je n’avais jamais entendu Boléro craquer et gémir comme ça. Et je crois que j’ai eu un début de mal de mer pour la première fois, qui ne s’est estompé qu’après le déjeuner. Sortir de la cabine pour aider à la manœuvre d’amarrage à Port-Louis a été une lutte. Heureusement, la capitainerie est très organisée et nous avions prévenu de notre arrivée, nous avions deux places de ponton pour nous installer et n’avons pas trop foiré la manœuvre.

 

En allant à la capitainerie nous déclarer, nous décidons d’aller déjeuner à la Cité de la mer et de la visiter par la même occasion : le bateau-bus met à 10 minutes de trajet le port de plaisance et la Cité de la mer. Auparavant, le Capitaine file chez Uship récupérer la pompe des toilettes afin de la changer, mais le magasin est déjà fermé, il devra y retourner à 14 h – celle de Concarneau secourera d’autres marins – et nous allons checker les horaires de messe – il y en a une ce soir à 18 heures, parfait. D’autant que Gabirelle nous quitte ce soir pour regagner la Touraine.

 

Nous décidons d’aller déjeuner à la Cité de la mer et de la visiter : le bateau-bus qui rejoint Lorient en dix minutes fait un arrêt au pied de la Capitainerie. Ensuite, un bus fait la correspondance jusqu’au musée. Au troisième restaurant – une crêperie qui a ouvert au début du mois – nous trouvons enfin une table qui nous accepte tous les 6, de bonne tenue. Le Capitaine m’avoue alors avoir un peu sous-estimé la houle, et que, oui, des vagues de 2 mètres, ça fiche un peu la trouille. Je confirme.

Pendant que le Capitaine tente de récupérer la fameuse pompe, les enfants testent la super nouvelle aire de jeu de la Cité de la mer, d’où ils ne veulent plus repartir quand il s’agit de visiter la Cité elle-même.

 

Nous n’avons parcouru que l’aile consacrée à la navigation, hyper bien faite, où tout le bateau est expliqué de A à Z. On peut essayer de barrer sur des simulateurs, hisser le foc ou la grand-voile, je me suis fait mal au bras sur un moulin à café (un winch à double manivelle)… Mais la petite troupe se fatiguant vite et l’heure tournant, nous sommes rentrés pour avoir le temps de gouter, de faire la valise de Gabirelle en essayant de ne rien oublier, lancer une machine à la laverie et partir à la messe dans la jolie église 18e. En sortant, j’ai couru après des pièces de 2 euros pour le sèche-linge (2 euros le cycle de 20 min). Pour une très grosse machine (tambour quasi-plein à ras-bord), il m’a fallu trois cycles de séchage pour arriver à un résultat correct. Le fait d’avoir embarqué la marchette pour transporter le linge a été assez pratique.

 

Quand je suis rentrée au bateau, Pam venait d’arriver pour chercher Gabirelle, qui, au grand dam de ses cousins que nous avons mis au lit à grand-peine, a eu le droit de rester à l’apéritif dans le carré. Après leur départ, j’ai plié le linge, et mis à sécher sur les filières tout ce qui n’était pas entièrement sec, en ayant vérifié avant qu’il ne pleuvrait pas cette nuit. En revanche, le vent s’était bien levé : ici aussi, on avait l’impression qu’il faisait vibrer la coque du bateau sous l’eau.

Onze jours sur l'eau

Jour 7/Sous la pluie

Ce matin, le Capitaine est allé nous chercher des croissants et des pains au chocolat. A 9 heures et des brouettes, une voix flûtée m’apprend qu’il y a un eu un pipi au lit dans la cabine de Colombine : le temps de sortir ses draps et ses affaires et de la rhabiller, la pluie commence à tomber et j’ai tout juste le temps de récupérer le linge sur les filières, qui est sec, heureusement. Nous rangeons les cabines avec les garçons et prenons ensuite le petit-déjeuner.

 

Au menu de ce matin : douches et machines (il me restait une pastille de lessive). Le Capitaine doit racheter une bouteille de gaz et mettre la nôtre à la consigne – un feuilleton qui dure depuis trois jours – et part donc en vadrouille. Les douches de Port-Louis sont les plus cosy que nous ayons vues : un petit salon d’attente avec « Le Télégramme » du week-end pour patienter et un canapé, des douches ultra-modernes avec : de l’eau chaude, une pomme de douche et même un siège pour les vieux marins et des petits lavabos individuels à la bonne hauteur. Hyper agréable, même Colombine l’a reconnu, un peu marquée par la douche quasi froide de Groix. Comme il pleut des trombes dehors, je ne lui lave pas les cheveux. Les garçons ne voulant pas accompagner leur père en courses, ils sont censés garder leur sœur… Et bien évidemment se chamaillent tous les trois si fort que je les entend même sous la douche. En plus, on s’est fait doubler pour le sèche-linge par nos voisins de ponton.

 

Sous une trombe d’eau – le crachin s’est clairement intensifié - , nous partons en quête d’un restaurant et essuyons deux échecs avant de trouver une taverne accueillante près de l’église, où nous nous régalons de moules frites. Le Capitaine rentre coucher la troupe – Colombine a la sieste, nous savons que les après-midis comme hier où elle ne dort sont suivies de journées assez pénibles, la demoiselle étant alors d’une humeur de dogue – pendant que je retente ma chance au sèche-linge. Celui-ci est encore plein de linge – sec – que je plie, pendant que mon linge tourne. Comme la machine était vraiment à moitié pleine, deux cycles de séchage suffisent.

 

Au lever de la sieste, nous voulions aller visiter le musée de la Compagnie des Indes, mais Colombine refuse de marcher et de bouger. Le Capitaine et les garçons partent donc pour la citadelle et je reste avec la demoiselle sur le bateau. Ils reviennent enthousiasmés par leur visite. La pluie continue de tomber, l’humidité envahit le carré – mon jean teint en bleu la banquette – alors que, jusqu’ici nous trouvions que le bateau tenait pas mal l’humidité. Nous espérons que le beau temps revienne demain, pour pouvoir faire un petit saut de puce sur la côte.

Onze jours sur l'eau

Jour 8/Où l'on se retrouve à Ploemeur

Je suis réveillée par… une goutte d’eau qui tombe directement dans mon oreille : du fait du froid hier soir, nous avons dormi hublots et porte fermée (nous avons laissé le radiateur dans la voiture en partant, pensant ne pas en avoir besoin…). Résultat : il y a de l’eau sur toutes les parois, ce qui nécessite de tout essuyer et de bien ventiler le bateau. Nimbus ayant eu un accident de pipi au lit, nous sommes bons pour un nouveau cycle de lessive, ce qui me laisse le temps d’aller visiter la citadelle – je me limite au musée de la Compagnie des Indes et à l’exposition temporaire connexe, « Rien que pour vos yeux », qui est magnifique. Il fait grand beau et le spectacle de la baie depuis la citadelle est splendide. L’opération « fruits frais » du Capitaine et des enfants s’est soldée par un échec, nous partons quand même, avec dans l’idée d’aller à la plage pas très loin, à l’ouest de Port-Louis. Les Glénans, ce sera pour une autre fois.

 

Il y a encore de la mer et du vent, mais longer la citadelle à la voile est vraiment chouette. Croiser un pétrolier prénommé Aristide un peu moins – c’est vraiment très impressionnant, la masse sur l’eau de ce cargo. Nous voyons ensuite une nuée de planches à voile, partant de Groix et de Port-Louis, je n’en avais jamais vu autant sur l’eau. Le bateau gîte énormément et notre cap nous oblige à de nombreux virements de bord, avec Asparagus – nous aurons même du mal à rentrer le foc tellement celui-ci était tendu en arrivant à la plage du Stole de Ploemeur – pas du tout là où nous pensions arriver.

 

Et pile au moment où nous nous amarrons à un corps mort – qui ont l’air d’être non nominatifs, personne ne viendra nous demander ce que nous faisons là. Il y a de nombreux petits bateaux à moteur et à voile, mais nous sommes les seuls à passer la nuit là – j’entends une respiration « fffffouf » et un « splatsh » d’une quue… de dauphin ! Notre premier dauphin, qui vient nager autour du bateau, les enfants sont aux anges. Il est visiblement l’attraction de Ploemeur cet après-midi et nous le verrons nager plus loin dans l’après-midi, mais il ne reviendra pas près de nous, au grand dam des enfants (cela les aura bien occupés, merci Flipper).

 

Nous déjeunons à 14 h d’un poulet (acheté à Port-Louis) et de légumes, puis, après la sieste de Colombine, nous partons en annexe à la plage pour le goûter. A 19 h, les sauveteurs en mer sonnent la fin des bains et nous regagnons le bateau. Les enfants filent se coucher sans demander leur reste et nous pouvons profiter de l’apéritif sur le pont et du coucher de soleil (l’un des premiers de la croisière ! Nous avons beaucoup moins de chance que l’an dernier). Le bateau gîte beaucoup… mais cela nous berce vite pour dormir.
 

Onze jours sur l'eau

Jour 9/ Vamos a la playa

 

Après le petit-déjeuner, une fois la vaisselle faite, le Capitaine a mis au four un « jifoutou » (une tarte poulet tomate) et nous repartons en direction de Groix, en visant la plage des Grands Sables : une navigation facile d’une heure et demie, au soleil, en évitant le ballet des planches à voile, entre celles partant de Ploemeur et celles partant de Groix. Nous dégustons le « jifoutou » en arrivant, en déjeunant dans le carré extérieur. Puis, comme tous les jours, Colombine part faire la sieste et les garçons lisent dans leur cabine avant de se baigner du bateau sur un pare-batage attaché à un bout.

 

A 15 h 30, nous partons en annexe pour la plage, longue étendue de sable blanc, eau turquoise, avec quelques gros rochers et l’école de planches à voile et de Hobie Cat. On pourrait presque (presque) se croire aux Antilles. Les garçons se baignent, Colombine aussi, buvant même la tasse. Quand nous repartons à 17 h 30, le vent avait levé et les vagues s’étaient formées : le trajet en annexe nous a semblé particulièrement long et la remontée sur le bateau un peu périlleuse.

 

Puis, après la douche et le rhabillage des enfants, nous avons déplacé le bateau pour la nuit pas loin de la pointe de Chats, en espérant que la houle et le vent y seraient moins forts. Au milieu de la nuit, la pluie se mit à tomber… alors que toutes les serviettes de plage et de toilette séchaient sur les filières, sans compter les innombrables débarbouillettes (nous sommes un bateau 0 sopalin).

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Jour 10/Scottish day

Quand nous nous levons, un fin crachin tombe, tout le linge est trempé et nous avons 5 heures de navigation devant nous pour rejoindre Belle-Île : comme nous rendons le bateau vendredi, nous n’avons plus le temps de tergiverser : il faut faire la route ce matin d’autant que la pluie s’annonce l’après-midi.

 

Nous nous habillons chaudement, sortons les vestes de quart pour une traversée assez sportive – mer grise, vagues avec creux de 1 m, bateau constamment à la gîte mais heureusement sans trop de virements de bord. Nous chantons toutes les chansons que nous connaissons pour faire passer le temps (et la trouille aussi), finissons par déjeuner en mer – d’abord un apéritif, fromage et saucisson – puis la tarte chèvre-aubergines qui a cuit en navigation. Comme le pilote automatique (qui ne marchait pas depuis notre départ) fonctionne à nouveau, le Capitaine peut aller nous chercher les plats dans le carré, que nous mangeons à la main, façon pique-nique, on allait pas en plus sortir la vaisselle.

 

Nous arrivons à Belle-Île sous la pluie, décidons, au vu des vagues, de ne pas aller au Palais ni aux Grands-Sables (en plus il fait moche), mais de gagner la pointe en espérant être plus à l’abri de l’autre côté. Peine perdue : à Port-Blanc, il fait froid, il y a du vent et de la houle, mais nous avons trouvé un corps mort et nous posons là.

 

Au goûter, nous fêtons mon anniversaire, puis les enfants regardent un film (Peter Pan 2, je vous déconseille, c’est extrêmement mauvais), après leur dîner et leur coucher rapide (entretemps, il pleut, et le linge mouillé que nous avions mis à sécher est de nouveau trempé), nous dînons à notre tour et, comme nous n’avons pas pensé à prendre de DVD de grands, je choisis l’œuvre du soir : « Cendrillon ». C’est mon anniversaire, après tout !

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Jour 11/Houat, avant-dernière étape

Après la nuit la plus merdique de toute la croisière (en terme de houle, j’avais juste l’impression qu’une main secouait Boléro selon une chorégraphie très travaillée : appuyer deux fois sur l’avant du bateau – bam ! bam ! – puis deux fois par l’arrière en nous remuant de gauche à droite, puis nous laisser souffler une à deux minutes avant de reprendre de plus belle et ce jusqu’à 7 heures du matin – à peu près), nous avons vite rangé le bateau (en laissant le temps aux enfants de commencer « Cendrillon », puisque Colombine nous avait surpris en flag hier soir en allant aux toilettes) puis sommes partis, à petite allure (3 nœuds), ce qui nous a changé des jours précédents.

 

Il y a même eu un peu de soleil pour nous réchauffer (et commencer de sécher le linge), et nous sommes arrivés à Houat, sur la grande plage, sous un grand soleil. Nous avions projeté de déjeuner au bourg, et avons particulièrement bien réussi notre débarquement, en comparaison de celui de l’an dernier. Si la houle nous semble très faible par rapport à celle de la veille, il y a un peu de vent. Nous allons déjeuner au café du bourg puis sommes redescendus à la plage, où les garçons ont entrepris d’écrire « Vive les vacances ! » sur le sable (entreprise rendue impossible par leur sœur qui s’ingéniait à marcher dessus), après avoir vu un « Houat ze Fuk » en débarquant du bateau, qui les a enchantés. Nous avons ramassé moult coquillages avec Colombine (nous sommes arrivés à marée basse), des coquilles d’oursins qui n’ont pas tenu le choc, des carapaces de crabe vides et comme tatouées.

 

A 16 h, le Capitaine est remonté au bourg – l’épicerie et la boulangerie venaient de rouvrir – pour compléter notre dîner de légumes frais – des tomates en l’occurrence, puis tous se sont baignés et nous sommes repartis à 17 h 30, non sans nous être mouillés les fesses dans les vagues en remontant dans l’annexe – le tout assez dignement et sans larmes. Puis ceux-qui-étaient-plein-de-sable se sont lavés sur le pont, j’ai ramassé le linge qui était enfin sec et réentendu les serviettes, etc., les enfants ont dîné sur le pont… Et nous à l’intérieur, surveillés par une mouette postée sur la bouée de secours, qui entendait bien récupérer la peau du hareng fumé que nous avions au menu ce soir. Nous avons regardé le coucher de soleil en grelottant (on peut les compter sur les doigts d'une main, pour cette croisière), le joueur de biniou d'un bateau voisin n'a pas tenu très longtemps lui non plus.

Onze jours sur l'eau

Jour 11/Retour à terre

Dernière journée en mer, petit pincement au cœur à l’idée de retourner à terre : ça veut aussi dire qu’on entame la deuxième partie des vacances et que ces jours sont passés trop vite. Mais la houle qui fait valser le bateau – pendant que le Capitaine et les enfants sont descendus pour une dernière partie de plage, je commence les sacs et à ranger – nous met presque de bonne humeur pour rentrer, après un pique-nique sommaire. Colombine part faire la sieste et nous levons l’ancre.

 

Nous avançons à bonne allure, sur une baie de Quiberon presque déserte. D’ailleurs, comparativement à l’été précédent, nous avons croisé très peu de bateaux sur l’eau, comme au mouillage (à part dans les ports). En arrivant au Trého avant de nous engager dans le chenal, nous affalons les voiles, mais le foc s’enroule mal, trop vite, et forme une coque. Le Capitaine me donne la barre, va à l’avant tenter de démêler le coquetier, en vain. Evidemment, le couteau de cockpit a été rangé dans le sac de pêche… qui est au fond du coffre. Un coup de couteau plus tard dans l’écoute, le foc est finalement bien rangé, mais dans la bataille, je suis de nouveau mal tombée sur le bras droit, réveillant la douleur que j’avais réussi à calmer à coup de baume de St Bernard depuis mercredi : je suis bonne pour aller chez l’osthéopathe une fois à terre.

 

Nous devons refaire le plein d’essence, mais il y a foule à la pompe et nous devons faire des ronds dans l’eau (pas facile parce que le moteur de Boléro n’est pas très puissant et que le courant du port nous déporte) en attendant notre tour. Heureusement, comme nous sommes arrivés relativement tôt, nous avons une « vraie place » au ponton. Nous commençons à vider le bateau avec les sacs déjà bouclés (je ne peux rien soulever avec mon bras), les enfants remontent à la maison avec leur grand-mère et une partie de nos affaires. Les équipes du loueur n’ont pas le temps de faire le ménage du bateau et nous font comprendre que ce serait mieux si nous nous en chargions… Ce que nous ferons. En gros, il nous faudra 4 heures pour ranger, vider, enlever les filets et laver le pont… Notre espace est pleine jusqu’au plafond MAIS avec l’argent économisé sur le ménage du bateau nous avons une cagnotte pour prendre un pot-dîner bien mérité.

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La vie de château

16 Janvier 2017, 22:45pm

Publié par lapetitemaison

La vie de château

Il était une fois huit amies qui s'étaient laissées emporter par leurs vies bien remplies de trentenaires : travail, enfants, conjoints… Elles le déploraient mais n'arrivaient pas à accorder leurs agendas, même pour les franciliennes de la bande. Elles avaient même délaissé le forum yahoo sur lequel elles se racontaient leurs vies depuis la sortie des bancs de l'école nordiste sur lesquels elles s'étaient rencontrées (oui, ok, elles sont nées au 20e siècle et pas dans les années 1990…)

Un jour de juin, alors que deux d'entre elles s'étaient retrouvées pour déjeuner, elles constatèrent avec horreur que presque deux ans et demi s'étaient écoulé depuis leur dernier symposium (qui était en réalité un demi symposium puisque les conjoints et les enfants étaient présents). La plus organisée des deux prit les choses en main, et, grâce à un outil magique appelé doodle, réussit à trouver une date qui siérait aux huit.

Puis elle fit une petite recherche de lieux de week-ends sympas (elles avaient rêvé du soleil de Marrakech en janvier ou bien de spas bords de mer), mais la réalité (et le réseau ferré en étoile français) les rattrapa : pour l'auvergnate et la fille de l'Est, il était plus simple de se retrouver en Île-de-France.

La date était trouvée, le lieu aussi, un forfait de bon aloi également... Tous semblait espérer une réunion au sommet quand l'Actualité vient empêcher l'une d'entre elles de rallier le château…

C'est donc à sept qu'elles se retrouvèrent pour 36 heures dans le cocon de ce château-spa niché dans les riantes Yvelines (c'est ici). A faire de la chambre double leur QG pour y boire les infusions (à volonté) et déguster les macarons offerts par la direction, avant d'aller prendre un cours de yoga dispensé par un ancien pilote de ligne ("avant je fumais, même des pétards, je buvais, je mangeais de la viande... C'est fini tout ça !") qui réussit presque à les faire marcher sur la tête (tout est dans le "presque"), puis de se retrouver pour l'apéritif et le dîner.

Le personnel de l'hôtel et les autres clients pensaient qu'elles fêtaient un enterrement de vie de jeune fille, parce qu'elles riaient et parlaient beaucoup, qu'elles avaient du mal à se décider entre St Jacques et foie gras pour l'entrée. Il y avait trois ans de bavardage collectif à rattraper !

Le lendemain, elles émergèrent in extremis pour le petit-déjeuner (où elles ont cru un moment qu'on allumerait un feu rien que pour leurs beaux yeux, las, elles étaient maintenant de vénérables néo-quadragénaires), puis trois d'entre elles allèrent faire un soin au spa (j'y étais : c'était juste divin), avant de rejoindre le reste de la bande - qui était allée explorer les environs - dans l'espace piscine/hammam/sauna.

Elles y oublièrent la notion du temps, squattèrent la fontaine à tisane, regardèrent la neige tomber en se demandant, comme les enfants se découvrant fiévreux le dimanche soir pensent échapper à l'école lundi, si elles allaient pouvoir regagner la capitale. Comme le spa était désert toute la matinée, elles oublièrent de chuchoter et certaines se firent vertement rappeler à l'ordre dans l'ombre du hammam : "si vous voulez parler, allez chez Mc Do !". Ce qui n'est pas très raccord avec le concept de vie de château.

Il fallut bien quitter peignoirs et maillots de bain, régler la note (pas si douloureuse au final), promettre de se revoir très vite (pas dans trois ans !)

 

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Un nouvel an allemand

3 Janvier 2017, 22:15pm

Publié par lapetitemaison

Un nouvel an allemand

On s'était décidés. Quitte à passer la semaine entre Noël et Nouvel An sur les routes, entre le golfe de Quiberon et la Loire, autant profiter de ce lundi accordé par l'éducation nationale aux écoliers pour passer le réveillon en Allemagne, chez nos amis Henri et Katrin, que nous n'avions pas vu depuis beaucoup trop longtemps.

Nous avions eu des envies de Germanie à la Toussaint, mais nos amis avaient été prendre le soleil à Majorque : ce sera donc pour le 31, que nous arriverons sur les rives du Main, en ayant coupé la route depuis la Rinissé à Verdun (et on a même pas fait exprès).

Verdun, où je pensais au moins emmener les enfants à Douaumont : las, tout est fermé entre Noël et Jour de l'An (bon, ouvert de 14 h à 17 h, mais nous avions encore trois heures de route devant nous). Nous nous sommes rabattus sur les villages détruits, avec un arrêt très bref compte tenu du froid à la chapelle Notre-Dame de l'Europe à Fleury-devant-Douaumont.

Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand

Même 100 ans après, l'endroit impressionne et les garçons auraient bien aimé pousser plus loin l'exploration. Nous y reviendrons, promis, mais en organisant mieux les choses (et en poussant derrière les remparts derrière lesquels se blottit la vieille ville, en bord de Meuse).

300 kilomètres et trois heures plus tard, nous voici donc arrivés, après avoir passé la frontière à Sarrebrück dans de bien meilleures conditions que la veille = conduire dans un brouillard épais pendant près de 5 heures.

Nous passons la dernière après-midi de l'année au square, où Nimbus et Colombine découvrent les bienfaits des chaufferettes, ce qui fait qu'ils ne voulaient plus quitter les super installations alors que nous, les adultes mal chauffés, commencions vraiment à avoir froid (malgré les recommandations de nos amis nous avions oublié de prendre nos après-skis), puis à prendre un chocolat chaud en attendant que les choses sérieuses commencent, une fois la sizaine des enfants couchés.

Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand

A 23 h 30, nous sommes allés prendre le dessert chez des voisins (en laissant un smartphone-babyphone pour vérifier que les enfants continuent de dormir), qui proposaient que nous allions voir le feu d'artifice de leur terrasse. Car c'est une particularité du réveillon en Allemagne : tout le monde tire ses propres fusées de feu d'artifice, dans son jardin, devant sa maison, les mêmes fusées que celles qui sont utilisées (avec plus d'adresse il faut le dire) lors des feux artifices hexagonaux, le 14 juillet ou le 15 août.

Et, effectivement, à minuit, c'est un crépitement ininterrompu de fusées qui illuminent le ciel : malheureusement le brouillard et les fumées des fusées ne nous permettent pas de le voir très bien, mais cela fuse de tous les côtés et bien plus longtemps que lors d'un feu d'artifice municipal... Et sans trop de dégâts, visiblement ! En revanche, le lendemain, en nous promenant au bord du Main à Francfort même, nous verrons tout le long du quai les vestiges des fusées...

Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand

Car à Francfort, le premier janvier, tout est fermé également : si c'est la bonne date pour profiter de nos amis, ce n'est pas la bonne pour faire du tourisme... Le marché de Noël (où j'espérais trouver des décorations et des biscuits de Noël) a fermé le 23 décembre... Nous allons tout de même explorer l'hyper centre de Francfort, visiter la cathédrale gothique (bien chauffée, reconstruite après la guerre, abritant de magnifiques retables) déjeuner sur la place du Römer (où a été installé le sapin de Noël le plus grand que j'ai jamais vu), sans goûter le cidre local, très mauvais de l'avis de nos hôtes, puis rejoindre la Liebieghaus pour voir l'exposition "Heilige Nacht", retraçant l'histoire de Noël et de ses représentations, ce qui a évidemment plu aux enfants : pas de problème de langue !

Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand

Pour notre dernière soirée, Katrin nous a fait découvrir la tradition allemande du Bleigießen. Chacun choisit une forme en métal : un cochon, un éléphant, un champignon (porte-bonheur), une bouteille de champagne, une couronne, etc. Puis on la fait fondre sur une cuillère plate (au-dessus d'une bougie par exemple), avant de lancer le métal fondu dans une casserole d'eau.

En entrant dans l'eau, le métal fondu donne une forme... Qui peut rappeler un animal ou un objet, et cela donne une prédiction pour l'année nouvelle. Si j'en crois le dragon qui est apparu dans la casserole, en 2017, je dois dépasser mes limites. Cela ne change pas de d'habitude ! Je vous souhaite, vous aussi, amis lecteurs, de trouver en vous votre dragon pour dépasser vos limites, triompher des petits cailloux sur votre route, en sachant profiter des moments de bonheur !

 

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Barcelone avec les kids

12 Mai 2016, 20:10pm

Publié par lapetitemaison

Barcelone avec les kids

Kikou lecteurs bien-aimés,

voici une éternité que je n'ai pas pondu du billet... La faute (en vrac) : au boulot, à la fatigue, à ne pas avoir passé un week-end à la maison depuis un mois (et donc de courir pendant la semaine pour tenter en quatre heures de soirée d'écluser le quotidien : le linge, le bazar qui s'accumule, la paperasse qui déborde...). Et à la procrastination également, qui fait que je préfère buller dans un bain ou lire puis m'écrouler à 22 h 30 (oui, ma vie est passionnante).

Mais voilà. Je voulais quand même revenir sur cette super semaine de vacances passée à Barcelone avec les enfants, accueillis à bras ouverts par la tribu S., merci les amis ! Désolée pour la qualité aléatoire des clichés, Asparagus ayant cru bon de jouer avec mon nouvel appareil photo (de poche) et de le dérégler totalement... Ce sont donc des photos iPhone (4), pas terribles en intérieur... "Mais tu sais, maman, pour t'acheter un nouveau téléphone pour ton anniversaire, il va falloir qu'on aie de l'argent de poche, sinon on y arrivera jamais" (sic).

Barcelone avec les kids
Barcelone avec les kids
Barcelone avec les kids

Pourquoi Barcelone ? Parce que la tribu S, avec qui nous étions partis en Guadeloupe (il y a déjà presque deux ans), a des vacances espagnoles et fait la tournée des familles l'été. Et que, mis à part la Toussaint, nous n'avons pas beaucoup de vacances en commun (sauf à faire sécher aux kids la Semaine Sainte, pour la vivre pleinement et saintement en Espagne, où c'est férié...)

Nos amis sont passés du petit studio du Raval il y a onze ans à l'appartement de Margarit pour être maintenant royalement installés à deux pas de la Plaça de Cataluna. Et ils ont visiblement survécu à l'invasion pendant une petite semaine.

Comment voyager avec cinq (petites) valises...

Comment voyager avec cinq (petites) valises...

Vous voyagez toujours avec un minibus rempli ras-la-gueule. Comment avez-vous fait pour les valises ? Ah, je ne te cache pas que le Capitaine ayant radiné au moment de prendre les billets sur Easyling, pas de valise en soute à 50 euros et 5 bagages en tout et pour tout (oui, oui, le sac à langer compte quand même, ainsi que mon sac à main, ce que je trouve grave abusé). Heureusement on avait encore droit à la poussette sans supplément, ouf. Du coup, on a rapporté très peu de choses (une paire d'espadrilles compensées, du xocolat à la taza, des grains de maïs soufflé pour l'apéritif, un peu de touron et quelques gâteaux aux amandes), mais on a largement compensé en tapas sur place.

Nous avons donc fait des mini sacs, et grandement apprécié de pouvoir faire sur place moult lessives (les journées où Colombine avait sauté la sieste ayant été quelque peu fatales au niveau de la propreté). Arriver dans une maison amie nous a également permis de barboter un ciré le premier jour où il pleuvait des trombes pour le Capitaine et ainsi de sauver sa jolie veste d'été.

Après la pluie... le beau temps !

Après la pluie... le beau temps !

Le charme du Park Guell...

Le charme du Park Guell...

La nef de la Sagrada... Dont la puissance poétique a captivé les enfants.

La nef de la Sagrada... Dont la puissance poétique a captivé les enfants.

Le bleu du Ciel...

Le bleu du Ciel...

Pour les petits touristes, Barcelone offre toujours un moment de récréation  !
Pour les petits touristes, Barcelone offre toujours un moment de récréation  !
Pour les petits touristes, Barcelone offre toujours un moment de récréation  !
Pour les petits touristes, Barcelone offre toujours un moment de récréation  !
Pour les petits touristes, Barcelone offre toujours un moment de récréation  !
Pour les petits touristes, Barcelone offre toujours un moment de récréation  !

Pour les petits touristes, Barcelone offre toujours un moment de récréation !

C'est cher de partir pendant les vacances scolaires, non ? Si on ne part pas du samedi au samedi, non (ou un peu moins). Et j'ai beaucoup apprécié (surtout après un aller-retour inopiné chez ma sœur le week-end avant de partir) d'avoir deux jours tranquille à la maison pour faire les bagages, permuter les vestiaires hiver-été des nains, faire une expédition chaussures avec les garçons et commencer la semaine à la séance de 11 h pour les emmener voir "Le Livre de la Jungle" au cinéma de notre bonne ville. Bon, c'est sûr, cela fait beaucoup de jours de posé d'un coup. Et l'aller-retour Paris-La Rinissé pour déposer les garçons était un peu sportif du fait d'un mouvement social.

Mais du coup, vous n'avez pas visité grand chose ? Détrompe-toi, ami lecteur ! L'avantage de loger chez des amis avec des enfants scolarisés, c'est que tout le monde se lève tôt, et qu'à 9 heures du matin, les rues de Barcelone sont totalement à toi. Et totalement vides. Bien qu'un peu parfumées d'odeur d'urine dues aux fiestas de la nuit qui viennent juste de se terminer. Mais on peut pas tout avoir.

Alors, certes, nous n'avons pas tout vu. Cela ne nous gênait pas trop (3e tour de la ville), nous avons commencé par une journée Gaudi sous des trombes d'eau, donc, puisque, maintenant (contrairement à notre premier séjour), il faut booker à l'avance ses places pour la Sagrada Familia, la maison de Gaudi au park Guell ET l'entrée dudit park.

A la San Jordi, on offre des roses aux dames... et des livres aux messieurs / Sitges plein soleil/ Plage déserte... et pleine de Français.
A la San Jordi, on offre des roses aux dames... et des livres aux messieurs / Sitges plein soleil/ Plage déserte... et pleine de Français.
A la San Jordi, on offre des roses aux dames... et des livres aux messieurs / Sitges plein soleil/ Plage déserte... et pleine de Français.
A la San Jordi, on offre des roses aux dames... et des livres aux messieurs / Sitges plein soleil/ Plage déserte... et pleine de Français.

A la San Jordi, on offre des roses aux dames... et des livres aux messieurs / Sitges plein soleil/ Plage déserte... et pleine de Français.

Nous avons découvert le parc de la Citadelle, et diverses aires de jeux (il y en a un peu partout dans la ville), ce qui permettait aux petits de se poser pour jouer, ainsi que des cloîtres. Vendredi et lundi (nous sommes partis du mercredi au mardi, sachant que ces deux jours ont été uniquement consacrés aux transports), nous nous sommes baladés toute la matinée dans le Barri Gothic et le Raval, avec des déjeuners à la Boqueria, où les enfants sont tombés sous le charme des jus de fruit frais, du jamon, des croquetas et des tortillas... A force de jouer à qui est-ce dans les églises, c'est finalement Nimbus qui nous y faisait entrer. Et le week-end, on est partis à la playa (samedi, pour fuir la foule de la San Jordi, la Saint Georges, où les rues sont envahies de vendeurs de roses (à offrir aux dames) et de livres (pour les messieurs), généralement pour des bonnes œuvres. Samedi à Sitges, et dimanche à Gava, pour un pique-nique sur la plage.

Barcelone avec les kids

Vous n'avez pas trop marché ? Si, énormément ! Mais Asparagus et Nimbus marchent bien maintenant et n'ont pas eu mal aux pieds dans leurs chaussures neuves (leur unique paire, rapport aux mini-valises). Colombine trônait dans sa poussette ou bien marchotait un peu, et ses siestes nous obligeait à nous poser l'après-midi, ce qui n'était pas plus mal. Les garçons avaient du temps pour jouer et faire leurs devoirs. Nous avons aussi pris un peu le bus (notamment pour la journée Gaudi, la Sagrada Familia et le park Guell étant un peu plus au nord de notre point de chute), et le train pour aller à Sitges samedi.

En conclusion ? Je suis bien contente d'avoir fait pression un soir froid de janvier pour aller prendre le soleil en avril et même nous baigner dans la Méditerranée. Nos amis avaient prévu des baby sitters pour les vendredi et samedi soirs et nous avaient dégoté des restaurants super (dont Can Margarit, dans une ancienne ferme, et Bar Celta, dont le poulpe et les couteaux sont à tomber !) Cette parenthèse catalane nous a permis de faire le plein de vitamine D et bien nous en a pris, puisque de retour en France, l'hiver était revenu d'un coup...

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Ensemble, c'est tout

12 Janvier 2015, 21:12pm

Publié par lapetitemaison

Ensemble, c'est tout

Hier après-midi j'ai marché dans les rues de Paris, en compagnie de mon (petit) frère. C'est dès mercredi soir que j'aurais voulu rallier République, mais le Capitaine avait déjà posé une demi-journée le matin même pour accompagner avec moi Petit Châtain au rendez-vous avec la directrice de l'école pour le CP. Impossible de le faire revenir plus tôt le soir...

Après moult hésitations (être récupéré pour jeter un voile pudique sur les fractures françaises ? Défiler avec des mecs pas très nets mais dans le carré VIP, style Erdogan et Netanyahou ? Et c'était pas un peu gniangnian, tout ça ?), avec JB, on se donna rendez-vous à St Lazare à 14 h dimanche. La manif, pardon, la marche républicaine commençant à 15 heures, on était large. On avait même prévu de retrouver un oncle venu du Val-de-Marne à Répu. Comme nous étions innocents...

Cela a été le parcours du combattant pour rejoindre Saint-Lazare. D'abord, parce que la SNCF avait prévu des travaux sur voies entre Bécon-les-Bruyères et Houilles. Joie de la banlieue. Il fallait donc poireauter pour les bus de remplacement qui allaient TOUS à Houilles, alors que la quinzaine de personnes en goguette comme moi voulait retrouver des amis à Saint-Lazare (comme c'est original). L'heure tournant, je change le rendez-vous : quai ligne 1 à La Défense. Entretemps, pas besoin de détourner un bus, celui pour Bécon vient d'arriver. Sauf que JB s'est arrêté à La Défense (son train n'allant pas plus loin).

14 h 15 : je suis coincée, ou plutôt emboîtée dans une centaine d'autres passagers. On se croirait un jour de grève, mais en beaucoup plus jovial. On s'excuse de vous frôler le dos et de vous marcher sur les pieds. Il y a là des gens de tout âge (y compris un gang de mamies de 75 ans), de toutes couleurs. Je parviens à sortir mon portable du mini sac que j'ai emporté avec le strict minimum : 5 euros, carte bleue, clés de la maison (et de mon vélo, laissé à la gare) et ventoline (si jamais l'émotion me coupait le souffle), pour informer JB de mon arrivée à St-Lazare.

Le train était blindé à Bécon (j'avais hésité à monter), mais à chaque station des gens sur le quai veulent monter... dont un monsieur en fauteuil roulant à Asnières. Quand une vieille dame, qui était assise, voulut descendre à Pont Cardinet, le wagon la supplia de continuer jusqu'à St-Lazare et de reprendre le train dans l'autre sens "il n'y en a que pour une station !". Je vous rassure : on est descendues et on s'est ré-emboîtés les uns dans les autres (non, ce n'est pas sale). L'info arrive à mes oreilles qu'il n'y a plus de métro à St Lazare, en passant le message à ma voisine, je déclenche un mini vent de panique (nous sommes tous emboîtés les uns dans les autres, je le rappelle, j'essaie de ne pas manger les longs cheveux flottants qui m'arrivent dans la figure) et effectivement, Twitter me confirme : le réseau de métro est saturé. Je retrouverai JB à Madeleine, lui sera débarqué à Concorde.

A Madeleine, je peux enfin lui donner l'écharpe qu'il a réclamée, et qui m'a fait mourir de chaud (j'ai moi aussi une écharpe, les fumigènes, les gazs lacrymo tout ça, plus ma doudoune berlinoise) dans ce wagon.
Et on s'est mis à marcher : il nous restait un quart d'heure pour arriver au départ de la manif, euh de la marche républicaine, selon la terminologie officielle. C'était simple, il suffisait de suivre les gens. Qui marchaient d'un pas affairé, presque de marcheur rapide. Certains avaient pris des cannes de randonnée. Arrivés à Opéra, on a hésité trois minutes, avant de continuer à suivre le flot (et les panneaux jaunes indiquant République). A ce moment-là, il y avait encore des piétons lambdas, des touristes, des gens qui profitaient des soldes et des magasins ouverts. A Richelieu-Drouot, le flot des manifestants l'a emporté. Clairement. D'ailleurs, il débordait carrément sur la chaussée. Que nous avons pris nous aussi, "pour être comptabilisés".

Entre Richelieu et Bonne-Nouvelle, nous nous sommes arrêtés. La foule débordait de partout, les pigeons volaient groupés au-dessus de nous (et aucun caca de pigeon à déplorer), ils ne pouvaient plus se poser. On était tellement serrés que la bonne vieille méthode de comptage des manifestants mise au point par ma copine V. se révélait caduque. Ce n'était pas une manif, c'était déroutant : une foule calme, mais parcourue d'applaudissements nourris, de Marseillaise assez dissonantes mais émouvantes, peu de slogans qui prenait vraiment à part "liberté", martelé comme évidence, et "Charlie", bien sûr. Trois personnes en pyjama ont ouvert leurs volets et n'en revenaient pas du spectacle.

Près de Strasbourg-Saint-Denis, une sono avait été mise sur un rebord de fenêtre. Et passait "All you need is love", "Every little thing is gonna be alright" et "I'm free" Stevie Wonder, déclenchant quelques blagues sur une banque qui n'est pas populaire sans raison. Il y avait des gens en Vélib qui fendaient la foule, des gamins dans les bras de leurs parents (dont un couple mère-fille en manteaux blancs immaculés coordonné), des lycéens surexcités qui s'égosillaient. Nous étions prêts du but : on tenta des chemins de traverse en prenant le passage Meslay, mais la rue était fermée et les manifestants repoussés. Puis à la faveur d'une cour d'immeuble ouverte et d'un gardien totalement débordé, nous sommes arrivés presque par hasard sur la place de la République.

Nous avons hésité à poursuivre le parcours officiel de la manif. Mais le soir tombait, nous n'avons jamais retrouvé notre oncle, il nous restait une heure de trajet (si on arrivait à trouver un métro ouvert, ce qui n'était pas gagné). Décision fut prise de s'arrêter là. Au final, c'était parfait : nous avons marché sur un parcours qui n'était pas celui des vilains du carré VIP, au milieu et avec des citoyens lambda, sans récupération d'aucune sorte. Juste ensemble. C'est tout.

Ce bel esprit de communion a pris fin dans un café, non loin du Carreau du Temple, grâce à un serveur parisien totalement caricatural. Le premier que nous avions avisé était fermé, le second avait deux places en terrasse, "mais plus de boissons chaudes". Eux aussi avaient été débordés par les évènements. On commanda deux demi. "Ah non, on ne prend pas la carte bleue" (et il y en avait pour bien plus que 5 euros), nous fut-il répondu sur un ton proche de l'exaspération. "Et vous avez du wifi ?" (histoire de savoir quelles stations de métro étaient ouvertes). "Ah non, ça va avec les cartes bleues". Et pas de cahuètes non plus...

Une heure et demie plus tard (le temps de rallier Les Halles et le RER A), en évitant les pavés qui te détruisent la plante de pieds quand tu as piétiné tout l'aprem, nous étions de retour dans nos banlieues. Sans avoir réussi à répondre à la question qui nous est posée à tous : Et maintenant, qu'allons-nous faire ?

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Un jour sur l'eau

24 Novembre 2014, 16:39pm

Publié par lapetitemaison

Un jour sur l'eau

Sachez-le : ce n'est pas du tout un exploit de naviguer avec des enfants. Surtout quand on cabote de crique en crique, voire d'île en île et que l'on a même pas fait de nav de nuit. On est des gros nazes, comparés à ceux qui font le tour du monde en famille (sans divorcer ni abandonner de nains à chaque escale), et je ne parle même pas de ceux qui élèvent des enfants sur l'eau.

N'empêche que c'est la question que l'on nous a le plus souvent posée à notre retour : "comment faisiez-vous avec les enfants ?"

Petit-déjeuner/la gestion de l'eau/préparation de déjeuner et ombre improvisée/baignade et snorkeling/Uno/Vernis à ongles/la caravane des mers à la marina/Bonsoir ! (tous les soirs ou presque)
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Petit-déjeuner/la gestion de l'eau/préparation de déjeuner et ombre improvisée/baignade et snorkeling/Uno/Vernis à ongles/la caravane des mers à la marina/Bonsoir ! (tous les soirs ou presque)

Petit-déjeuner/la gestion de l'eau/préparation de déjeuner et ombre improvisée/baignade et snorkeling/Uno/Vernis à ongles/la caravane des mers à la marina/Bonsoir ! (tous les soirs ou presque)

6 heures : dans la cabine des enfants, chuchotements et fous rires commencent à se faire entendre. C'est que dormir sur la même couchette change les habitudes ! Comme nous avons calé notre rythme sur celui du soleil, nous commençons les journées très tôt. Entre 6 et 7 heures, l'air est doux, il fait bon. Très vite, le soleil cognera, donc on profite du petit-déjeuner ! Les enfants ont aidé à mettre la table, et mangent de bon appétit (sauf tout ce qui ressemble à une goyave en jus ou en confiture, même à la fin du voyage où il ne restera plus que ça) : grand bol de lait (un litre par jour), tartines ou gâteaux péi. Les bébés sont levés un peu plus tard et se jettent elles aussi goulûment sur leurs biberons. Généralement, les parents buveurs de thé finissent leur bol avant de s'attaquer à la première vaisselle.

7 h 30 : il fait vraiment chaud, les enfants ont déjà mis leur tenue de bord : maillots de bain, T-shirt, lunettes de soleil (bien que l'on passe une bonne partie de la journée à courir après elles, toujours abandonnées dans des endroits incongrus) et se font crémer une première fois (suivies de nombreuses autres, avant et après la baignade. Grâce à un stock généreux légué par un petit cousin à l'épiderme très sensible, nous n'avons pas eu à en acheter et nous n'avons même pas tout terminé ! ). C'est généralement l'heure du premier bain, pour la plus grande joie des plus grands, qui plongent du bateau, le frôlant parfois, alors qu'on a aucune envie de goûter les joies des urgences de Marie-Galante, Rivière-Sens, les Saintes, etc.

8 heures : Départ. Les enfants remettent chaussures et gilets de sauvetage et viennent s'asseoir dans le carré extérieur, fermé par un pare-battage plat. Pendant les manœuvres, personne ne circule, et ils suivent plutôt bien la consigne. Si l'on commence une nav un peu longue, les bébés regagnent leurs cabines respectives (et plus encore si elles manifestent un signe de contrariété). Au bout de quelques jours en mer, Colombine ne tombe presque plus et arrive à s'adapter aux mouvements du bateau. Leur grand jeu : escalader les marches qui mènent au poste de pilotage. C'est presque ça pour Colombine, pour sa comparse qui ne marche pas encore, c'est un peu plus acrobatique... Une fois arrivées en haut, ce sont les reines du monde, il faut juste tempérer leur intérêt pour tous les boutons (spécialement ceux pour démarrer le moteur, oups).

11 heures : La faim commence à gagner l'équipage (qui s'est quand même levé à 6 heures du mat). Pour les courses, nous avons fait appel à une société d'avitaillage qui avait préparé un "fond de provisions", et complété par un plein de frais commandé en ligne et recupéré au drive du supermarché à la descente de l'avion. Internet, ça change tout. Et surtout, surtout, nous avions un frigo qui marchait 24h/24 grâce aux panneaux solaires (qui fournissait aussi l'électricité pour le bateau). Grosse révolution aussi par rapport aux premières croisières, surtout dans une zone chaude et avec des enfants : cela nous a permis une meilleure gestion des provisions, d'avoir de l'eau fraîche en permanence (un litre par jour par personne en moyenne). Nous avons cuisiné local quand on a pu (pour être honnêtes, quasiment jamais, TOUT ou presque est importé), notamment des bananes plantain, des christophines, fait cuire un gâteau au chocolat en nav (ce qui a permis de se rendre compte que le four ne faisait pas la fonction "grill", le charme des bateaux de loc'), et même du pain (à la poêle). Les derniers jours de nav, nous avons été totalement autonomes. Et heureusement : du point de vue des provisions, notre seconde escale aux Saintes a été une catastrophe.

En revanche, malgré un investissement conséquent dans du matériel de pêche, le Capitaine n'a jamais RIEN pris du séjour. Alors qu'une sortie vers Houat suffit généralement à pêcher deux ou trois maquereaux. Il a ramassé quantité d'algues (qui flottent en larges bancs à la surface de l'eau), qui laissaient des traces brunâtres après avoir séché au soleil. Inutile de préciser que la remontée des lignes se faisait toujours au pire moment (sinon c'est pas drôle). Il s'est résolu à acheter du poisson à Rivière-Sens (sur le parking près de la Poste, comme indiqué par le boucher). Par chance, les pêcheurs étaient là. Nous avons pu inaugurer le barbecue (et le charbon de bois acheté pour l'occasion).

13 heures : Les bébés partent faire leur sieste. On les récupérera en sueur dans 3 heures, mais généralement, elles dorment à poings fermés, bercées par le bateau. Les plus grands font un "temps calme", dans les cabines s'ils y arrivent, sinon dans le carré ou sur le trampoline à l'avant. Quand on est en nav, ils jouent au Uno (sauf s'il y a trop de vent, notre jeu n'était pas magnétisé), dessinent (ah le drame de la boîte d'aquarelle de Paulo devant laquelle Petit Brun et Petit Châtain ont bavé tout le séjour), font des gommettes et écoutent des CD.

Le catamaran est suffisamment grand pour que l'on ne souffre pas de la "promiscuité". Paradoxalement, je pense qu'on en souffre beaucoup plus dans certains appartements de location au ski... Le trampoline permettait de quitter l'espace un peu confiné du carré extérieur (où nous passions quand même la plupart du temps), et il y avait quand même les cabines pour faire des siestes (ce qui a été mon cas après la nuit à la marina... où la boîte de nuit située à côté de la capitainerie m'a empêchée de dormir jusqu'à la fermeture de l'établissement. Le Capitaine dormait très bien, merci pour lui). Sans compter que nos nav étaient courtes, à part les deux derniers jours, où il devenait urgent de déposer les enfants sur une plage pour qu'ils puissent bouger un peu. Pensées émues pour les familles qui traversent l'Atlantique, nous n'en sommes vraiment pas encore là !

15 h - 16 h : On s'arrête au mouillage pour la nuit, on profite de la plage s'il y en a une et on prend le goûter. Evidemment, à l'îlet aux Cabris, on tombera dans le panneau du mancelinier, un petit fruit rond qui ressemble à une goyave. JB a revécu les sensations des marins de Christophe Colomb, qui s'étaient jeté sur ces fruits qui poussent en abondance sur l'îlet aux Cabris et en étaient morts dans d'atroces souffrances : une brûlure dans la bouche et les lèvres qui se poursuit tout le long du chemin du fruit jusqu'à l'expulsion... Après consultation de la pharmacie de Grand Bourg, nous avons été rassurés : il n'en avait mangé qu'un, c'est à partir de 4 ou 5 que commencent les dégâts... Les panneaux "attention danger" étaient un peu plus loin que l'endroit où nous nous étions posés sur la plage.

17 h : retour au bateau. Douches pour dessaler et désabler (ce qui n'est pas facile, le sable de Guadeloupe étant très collant, peu importe sa couleur, mention spéciale à celui de l'îlet Gosier) toute la troupe, parfois les parents prennent une douche à l'intérieur. Au stop marina à Rivière Sens, je rêvais d'une vraie douche (et d'un vrai shampoing, mes cheveux s'étant transformés en une touffe d'étoupe). Je prend une clé des douches et une des toilettes contre caution. Une partie des douches est encore en travaux et n'est pas encore en service. Reste les anciennes douches, qui semblent fonctionner. Uniquement sur l'eau bouillante. N'ayant pas vocation à finir comme un homard, je prendrai ma douche à bord...
Les bébés dînent en premier, Daphné bien installée dans sa poussette/chaise haute, et sont les premières à aller se coucher. Je tartine Colombine d'anti moustiques, mais rien à faire : chaque matin, elle arbore de nouveaux boutons qu'elle gratte ensuite toute la journée. Ce qui vaut mieux quand même que la bourbouille des premiers jours... On ferme la porte entre leur cabine et celles de leurs frangins (sinon c'est la foire à 4 h 30).

Les grands dînent pendant le coucher du soleil. Avec la douche du soir et l'arrivée de la nuit, il fait de nouveau très bon.

18 heures : prière commune dans le carré, ce regain de pratique étant attisé par le challenge de qui portera et qui soufflera la bougie (anti-moustique) allumée pour l'occasion.

18 h 30 dernier carat : lavage de dents, pipis, une histoire et au lit, chacun dans "son" aile du catamaran.

19 heures : début de l'apéritif et du dîner des parents. Généralement, une pina colada suffit à m'achever et nous sommes vraiment morts de fatigue quand vient l'heure de la vaisselle et du rangement du carré. Bonne nuit ! (vous voyez, ce n'est pas si sorcier que ça, la navigation avec les enfants).

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Belle île en mer

17 Novembre 2014, 23:12pm

Publié par lapetitemaison

Belle île en mer

Normalement, vous êtes en train de chantonner du Laurent Voulzy, encore plus si vous êtes nés avant 1985 (dans le cas contraire, cliquez ici). Mais c'est vrai qu'en cinglant (mollement) vers Marie-Galante, la ressemblance entre les deux îles est frappante (d'autant plus quand tu as quelques nav dans le golfe du Morbihan au compteur et qu'une grosse galette bleue posée sur l'horizon fait partie de tes paysages maritimes familiers).

Marie-Galante, donc, nous y avons passé trois jours. Une fin d'après-midi de plage à l'Anse Canot, (mer transparente, sable blanc, noix de coco qui tombent du cocotier, la carte postale parfaite), où les enfants ont appris à faire attention aux rouleaux et à ne pas boire la tasse, puis un dimanche à Saint-Louis, où nous avons découvert nos problèmes de moteur... Avant d'aller à la messe à 9 heures, ce qui nous a occupé une partie de la matinée. Car elle dure bien quasiment 2 heures, mais la chorale d'hommes et son orchestre qui a joué la même base rythmique sur tous les chants, les dames endimanchées et enchapeautées, les annonces où les enfants sont priés de venir faire tamponner leur carnet de catéchisme avant le début de la messe entre 8 h 50 et 8 h 55 sinon pas de première communion... Nous ont donné un petit aperçu de culture galantaise.

A la sortie de l'église, petit marché improvisé à l'arrière des pick-ups et camionnettes, où nous avons trouvé gâteaux à la confiture (de goyave, de mangue), accras de lambis (vous non plus, vous ne savez pas ce que c'est ? Un mollusque niché dans un énorme coquillage que l'on retrouve sur toutes les plages) et fruits (dont des mini bananes dont la dernière est particulièrement âcre, ce dont nous nous sommes aperçus après avoir passé un dîner à dire aux enfants d'arrêter de se plaindre et de finir leur banane, merci) et légumes. Une balade dans le bourg – désert – sous un soleil de plomb, avant d'aller déjeuner dans le seul restaurant ouvert : chez Pierrot. Celui-ci avait l'avantage d'être en bordure de plage (et à deux pas de notre zodiaque). Les quatre grands sont allés se baigner (sans surveillance, et c'est là que les cours de natation de ces derniers étés prennent tout leur intérêt) en attendant que le déjeuner soit prêt – poulet coco/riz pour eux, assiettes créoles et salades pour les parents.

Patchwork Saint-Louis : la maison rouge/le DAB version guada/les îles jumelles/un lambis, un vrai !/une voile galantaise/chez Pierrot/maraîcher ambulant/couleurs/phare/plage/en face de l'église
Patchwork Saint-Louis : la maison rouge/le DAB version guada/les îles jumelles/un lambis, un vrai !/une voile galantaise/chez Pierrot/maraîcher ambulant/couleurs/phare/plage/en face de l'église
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Patchwork Saint-Louis : la maison rouge/le DAB version guada/les îles jumelles/un lambis, un vrai !/une voile galantaise/chez Pierrot/maraîcher ambulant/couleurs/phare/plage/en face de l'église

Nous avions prévu de faire le tour de l'île, le lendemain, tôt le matin, au frais. C'était sans compter sans la panne d'un des deux moteurs. Nous finirons par démarrer par hasard (ou par miracle), non sans avoir appelé Mathieu, le copain loueur en métropole, et laissé un SOS à celui de Pointe-à-Pitre... Et non sans nous être auto-congratulé d'avoir à bord deux ingénieurs ingénieux qui savaient mettre le nez dans un moteur et voir comment amadouer la bête...

En attendant l'arrivée du mécanicien, prévue à 14 h 30 par le ferry qui relie Marie-Galante à Pointe-à-Pitre, évocation lointaine du navix de Quiberon à Belle-Ile, nous avons enterré notre escale à la Dominique : notre pause galantaise était trop longue et nous n'aurions pas le temps d'aller aux Saintes et à la réserve Cousteau. C'est dommage, nous avions une clearance valable trois jours... Tant pis pour la réserve indienne, le kif d'appeler Bounty ou Cobra à la VHF sur le canal 16 pour qu'ils nous promènent en minibus... On va être OBLIGES de revenir (c'est ce qu'on a promis aux enfants !)

Après une heure de palabres dans les rues de Grand Bourg, nous montons enfin dans le minibus – les bébés sur nos genoux, mais personne n'est très à cheval à l'agence de location sur les deux sièges autos et les quatre rehausseurs qu'il nous aurait fallu en métropole, et tant mieux ! Il n'est pas climatisé, mais – truc de dingue – il y a DE L'AIR quand on roule. Après quatre jours de nav, un rien nous ravit.

Grand bourg/pub locale/dégustation à la rhumerie/moulin Bézard/habitation Murat, l'ancienne usine à sucre/Pirates des Caraïbes/Magasin ésotérique/Quel madras choisir ?
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Direction la rhumerie Bielle, en prenant une petite route à travers les champs de canne à sucre, et les mares, qui furent, avec l'eau de pluie, longtemps la seule source d'eau sur l'île. Comme nous sommes hors-saison (de la récolte de canne à sucre), l'usine ne fonctionne pas, la visite est libre et les panneaux très pédagogiques pour que les enfants aient une idée des processus de transformation de la canne à sucre en sucre et rhum. Contrairement à la rhumerie Savanna, visitée à La Réunion, celle-ci est toute petite et... "dans son jus". Cela ne nous empêche pas de participer à un test de liqueurs pour en noter le goût, l'odeur, la couleur et l'avis général de 1 à 9... et d'acheter un peu de rhum !

Comme nous avons prévu de pique-niquer à l'ombre d'un ancien moulin (pour écraser la canne à sucre et en extraire le sucre), nous faisons le plein de "feuilletés" à la morue, au poulet, à la saucisse et au poivron, de chaussons coco et goyave. On trouve également sur le stand des jus (goyave, cerise, maracuya) que les enfants se disputeront férocement, y compris Colombine, qui maîtrise parfaitement la paille et n'est pas la dernière à descendre les bouteilles...

Le moulin de Bézard n'est pas loin. Il a cessé de fonctionner en 1920, et c'est l'un des plus originaux de l'île (dite "aux 100 moulins"). Dans la brise et à l'ombre, nous nous posons pour pique-niquer. Il fait bien meilleur sur les hauteurs de l'île que sur la côte et cela est très agréable. Une petite exploration et ascension du moulin plus tard (celui-ci a été très bien restauré), nous nous arrêtons à l'habitation Murat, qui abrite aujourd'hui l'éco-musée de la Guadeloupe. Nous n'aurons pas le temps d'explorer la côte nord de l'île : nous ne voulons surtout pas louper le mécanicien !

Nous sommes arrivés une heure avant l'ouverture de l'éco-musée (à 14 heures). Le soleil tape, l'herbe gratte, les enfants s'énervent... Mais nous aurons tout le temps de faire le tour de l'ancien moulin à vent, des bâtiments de l'usine sucrière, de la maison de maître et même du jardin médicinal... Nous avons visité le musée en un quart d'heure – en ayant néanmoins lu tous les panneaux et empêché les 12 petites mains de toucher à la maquette de la Maria Galanda, le navire de Christophe Colomb d'où vient le nom de l'île, aux outils, etc.

A 14 h 30, nous sommes de retour à Grand Bourg, pour déposer le Capitaine à l'arrivée du ferry et nous cherchons une plage où nous poser. On s'apercevra chemin faisant que la plage de la veille était en toute bordure de route (effectivement, nous avions remarqué les phares la veille en dînant) et non loin de... la décharge. Les petites s'endorment dans le minibus et nous trouvons une plage quasiment à Saint-Louis. On se change en plein air et nous prenons pour le goûter les goyaves achetées à la rhumerie : les enfants s'en régalent, alors qu'ils bouderont jus et confiture de goyave tout le séjour jusque dans l'avion du retour !

16 heures, bonne nouvelle : le moteur est réparé. Et nous aurons même une petite heure pour chercher du madras. Nous nous désablons comme nous pouvons pour rendre le Tepee aussi propre que nous l'avions loué... Pendant que les pères emmènent les enfants prendre une glace (des Magnums arrivés par cargo, gloups), les mères vont à la recherche de madras, localisé par le Capitaine dans un bazar sur la place de l'église. Une fois les emplettes faites et le choix fait parmi la vingtaine de rouleaux tous plus beaux les uns que les autres, retour au bateau. Ce soir-là, nous avons 40 minutes de retard sur l'horaire habituel, Petit Châtain va se coucher "épuisé de fatigue", les vagues des ferries et des bateaux de pêcheurs nous vont giter à intervalles réguliers, mais la nuit sera bonne (un moteur qui marche !). Nous poursuivrons notre périple vers les Saintes.

A suivre...

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Moment de grâce

6 Octobre 2014, 20:03pm

Publié par lapetitemaison

Moment de grâce

Parfois, les transports en commun sont l'occasion de rencontres uniques. Quand le bus est arrivé, il était blindé, et je me suis avancée vers le fond, suivant la démarche hésitante de la dame devant moi (le chauffeur n'avait pas attendu que nous soyons assises pour redémarrer). Après un énième cahot, je suis littéralement tombée sur le siège devant moi, un carré de quatre (pas réservé aux personnes âgées, ni enceintes, ni invalides de guerre ouf).

En face de moi, un couple. Je ne sais pas trop s'ils sont ensemble ou s'il sont justes amis. Elle a les cheveux blancs, un keffieh violet autour du cou coordonné avec une djellaba dans les mêmes tons. Elle est en colère. Ce n'est pas que sa conversation me passionne, mais elle parle tellement fort que sa conversation devient celle du carré, voire du bus.

Elle tient un exemplaire d'un journal à la main. Et vitupère contre tout et n'importe quoi : les jeunes qui ne trouvent pas de travail avec bac + 10, le traité TAFTA, "et de toutes façons ça va de plus en plus mal, regarde il y a des guerres partout" [euh, oui, mais pas plus qu'il y a vingt ou trente ans, si on commence comme ça], George Bush ( W. ? Ou son père ?) n'aurait jamais dû y aller, etc, etc."

Lui est japonais. Il a les cheveux blancs, mi-longs et un bouc de mousquetaire. Il est calme, posé, parle un français sans la moindre pointe d'accent. Un article lui est consacré dans le magazine que sa voisine ausculte et lui-même a souligné – au stabilo vert – les passages litigieux. [Je me demande in petto pourquoi il n'a pas demandé à relire au moins ses citations...]

En fait, la conversation m'apprend qu'il a aussi laissé écrire n'importe quoi, voire même apporté lui-même son lot de mensonges, quand sa voisine s'étrangle : "Comment ça on t'a envoyé en Australie ? Je croyais que c'était toi qui était parti ? Et comme ça, tu comptes partir en Andalousie en 2019 ? Tu fais bien de prévenir ta coloc et de me payer le loyer en avance !" Il répond, imperturbable : "oh, j'ai dit ça comme ça..." Ils finissent par descendre à Alma-Marceau, me laissant un peu sur ma faim.

Qui était donc assis en face de moi ? Il se fait appeler comme l'un de trois mousquetaires, mais c'est en recherchant (Google est mon ami) le site de la publication (en un quart d'heure de trajet j'ai eu le temps de la repérer, je suis prête à parier que croiser le regard de la Gorgone m'aurait transformée en statue de sel. Ou en grenouille) que je suis tombée sur l'article incriminé. Plutôt flatteur, d'ailleurs.

C'était un des pionniers de l'édition de mangas japonais en France... Un joueur de cor de chasse, danseur de flamenco parlant cinq langues, également restaurateur. De clic en clic, je suis tombée sur le site d'Espace Japon. Maintenant, j'ai envie de m'inscrire à des cours d'ikebana, de furoshiki et de paquets cadeaux... C'est malin !

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