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La petite maison dans la banlieue

Aller en Avent

30 Novembre 2015, 21:35pm

Publié par lapetitemaison

Dernières roses avant le printemps.

Dernières roses avant le printemps.

Difficile de reprendre le cours normal des jours. Difficile d'écrire ici le livre de nos jours. Il y a cette peur, diffuse, relayée à grands bruits par la radio ("on a pas la télé, mais on a le wifi", comme nous le précisons à chaque nouvelle baby sitter), cet état d'urgence qui passe surtout par le règne de la frousse, alimentée par les conversations de machines à café qui feraient passer pour des héros les usagers de la RATP.

Tous les matins, le silence se fait dans la voiture pour ne pas perdre une miette du mini-flash info de Fip, notre radio préférée. Et même en filtrant, les infos circulent, arrivent jusqu'aux enfants, qui finissent par demander à la prière du soir de "passer une bonne semaine", cherchent les drapeaux du match de rugby pour "rendre hommage" (ils n'ont, heureusement, pas mis la main dessus). Je crains un peu l'exercice de confinement à l'école...

Mouche-bébé.

Mouche-bébé.

Comme par hasard, j'ai mis une semaine à récupérer de la fatigue de cette nuit blanche. Comme de bien entendu, j'ai attrapé un rhume carabiné, le premier de l'hiver, au premier coup de froid. Depuis, je traîne une toux de tuberculeuse, qui inquiète fortement mes collègues - on m'a même proposé de la Ventoline ! Je m'étonne encore de n'avoir pas été signalé par mes compagnons de train le matin aux autorités comme ayant un comportement suspect de type bactérien. Rhume qui a été également attrapé par Nimbus et Colombine, concert familial de reniflements, éternuements et autres mouchages de nez depuis...

Le Canard fait très bien rougir les tomates.

Le Canard fait très bien rougir les tomates.

Mais ce week-end, j'ai cultivé mon jardin. Tailler les rosiers, arracher les pieds de tomates secs et mettre les tomates encore vertes à mûrir près d'une pomme. Si on avait su, on aurait moins préparé de chutney ! Nous pouvons ainsi toujours déguster des tomates du jardin. Hiverner les géraniums lierres, planter quelques pensées. Tailler la glycine d'après les conseils de Claude, mon voisin-du-bout-de-la-rue, jardinier hors pair : "Surtout, qu'elle ne parte pas dans le grillage ! Va falloir rattraper tout ça, pas facile, facile !" Hé oui, cela fait trois ans que le Capitaine doit m'installer des arceaux pour faire courir la glycine...

Je n'ai taillé qu'un rosier sur trois, il reste le figuier à planter, et la pelouse à tondre, nettoyer un peu les plates-bandes... L'hivernage est loin d'être fini... Espérons que samedi prochain, le temps soit aussi doux...

Mousse douce...Mousse douce...

Mousse douce...

Nous avons aussi fêté l'anniversaire de Grand-Père autour d'un bon gâteau, et profité d'une balade post-prandiale pour aller récupérer de la mousse, des brindilles, et même une branche encore feuillue pour préparer notre crèche. Car Asparagus et Nimbus sont au taquet sur les préparatifs de l'Avent, qui a commencé hier.

Nous l'avons faite tout à l'heure, histoire que la mousse ne sèche pas trop. Elle était encore bien humide, et c'est un plaisir, maintenant qu'ils sont grands, de les voir remonter les caisses du sous-sol, déplier les papiers de soie et empêcher leur sœur de manger les santons, retrouver avec des cris de joie les (horribles) sapins violet, orange et rouge faits en maternelle et que je n'ai pas le courage de jeter.

Innovation 2015, nous avons installé la crèche dans le vieux buffet. La mousse habille la maison de la crèche construite par le Capitaine, pour la première fois, on a pu installer les anges sur le toit. Comme d'habitude, le petit Jésus attendra le 24 au soir dans le tiroir pour faire son apparition, et les Rois mages ont entamé leur périple sur les étagères de la salle à manger. Reste à compléter avec de nouveaux santons, si le Capitaine a assez de courage pour braver les mesures de sécurité du marché de Noël de La Défonce (détecteurs de métaux et fouilles à l'entrée).

Encore trois dimanches !

Encore trois dimanches !

Dernier petit rayon de soleil dans cette quinzaine : l'atelier couronne de Noël partagé avec Sophie la semaine dernière. Comme elle est née la veille de Noël, l'année dernière, je voulais lui offrir une couronnne de l'Avent perpétuelle, avec juste les bougies à changer. Je n'ai jamais trouvé ce que je voulais, ou alors des pseudo-couronnes à trois bougies, ce qui ne sert à rien, puisqu'il y a quatre dimanches dans l'Avent. Bref. Il y a un mois, je suis entrée par hasard dans une jolie boutique de fleuriste aux Batignolles, où l'on m'a fait un très joli bouquet. Une affiche mentionnait des cours d'art floral.

Dans les propositions de décembre, il y avait, entre autres, des couronnes de Noël. Nous étions cinq, tout le matériel était fourni, nous avons appris surtout à placer les branches de sapin Nordmman sur la base de paille, puis à fixer les bougies - il y en avait bien quatre - puis à répartir, en collant, les plantes grasses, les baies rouges, étoiles en bois, etc... Et le tube en plastique où mettre une renoncule. C'était un moment très doux, calme, apaisant. A refaire sur un autre thème !

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Vendredi noir

15 Novembre 2015, 22:57pm

Publié par lapetitemaison

Vendredi noir

Vendredi soir, je me réjouissais d'aller fêter la "libération" de mes anciennes collègues, Millux et PPS (avec qui j'ai travaillé ce printemps-été dans des conditions assez rock'n'roll), c'était prévu depuis 15 jours. Au déjeuner, Millux m'avait dit : "tu verras, c'est génial, c'est à dix minutes à pieds de ton taf". J'ai donc terminé mon taf, suis partie en faisant un crochet par Maturalia (pour trouver du savon de Marseille pour faire ma lessive) et une bouteille de cidre bio (il n'y avait pas de champagne bio). J'ai traversé le 9e et le 10e, en passant par des rues poétiques : "Papillon", "bleue", "paradis", pour arriver enfin dans celle de Millux, monter les 5 étages à pieds.

S'en est suivie une soirée ordinaire, avec des ex-collègues de différentes boîtes, des amis de longue date, autour de chips aux légumes, de hoummos et de beignets et de jus de baboab (c'est délicieux, vraiment !) confectionnés par Yacine et Mariam, et du champagne quand même. Jusqu'aux alertes sur les portables. Annonçant l'inimaginable : des fusillades, oui, c'est le premier mot qui a surgi, des fusillades dans l'arrondissement même où nous nous trouvions. Dans des cafés et des restaurants fréquentés par nos hôtes et leurs amis.

Avec le recul, les terroristes auraient détesté cette soirée, qui nous étions : des juifs, des musulmanes, des cathos et des athées réunis dans une même pièce, autour d'un repas commun (fût-il constitué de beaucoup d'alcool et de chips), écoutant de la musique, dansant même, fumant des cigarettes, riant aux éclats.

A ce moment-là, on ne comprend pas tout. Que le danger est proche, les terroristes seraient en scooter, armés. Ils opèrent dans plusieurs endroits à la fois, cela devient terrifiant. Je crois avoir dit que c'était le point Gorafi de la soirée : une info tellement incroyable qui te tombe sur la gueule que tu ne la comprend pas. Nos amies sénégalaises sont déjà reparties en banlieue, on leur demande par SMS si elles sont bien rentrées. On se connecte sur le site de BFM TV, sur Twittter, en pros, on critique le commentaire du mec, sérieusement, "badauds" ?! On a un peu bu, on a peur, peur des nouvelles qu'on va entendre. Cela devient n'importe quoi. Des amis, qui ont garé leur voiture gare du Nord au parking, décident de rentrer en banlieue sud, on les regarde partir un peu inquiets. On décide de ne pas sortir.

Je décide de ne pas rentrer, j'appelle le Capitaine (qui était, Dieu merci, resté garder les enfants. Je n'imagine pas s'il avait fallu demander à un baby sitter de rester toute la nuit avec les enfants en attendant notre retour) pour lui dire qu'en l'état des choses, je reste à Paris. J'ai bêtement mis une robe (il fait si doux en ce moment), je ne me sens pas de rentrer à pied jusqu'à St Laz. J'ai la trouille, voilà, et la nuit est menaçante. Un tour sur Twitter m'informe qu'il y a plus de train à St Lazare. Et mes dernières mésaventures avec des taxis détestables en juillet ne me donnent vraiment pas envie d'en chercher précisément ce soir.

Je n'appelle pas ma mère. Pas envie de la stresser, ni de me faire engueuler. Tout va bien, on est dans le 10e, certes, mais au 5e étage d'un immeuble. Donc on se calme (un peu). Mais mon frère m'appelle, en m'enjoignant de ne pas bouger, d'une voix si grave que j'obéis. Pendant ce temps, le site de BFM a buggé, nos hôtes n'arrivent pas à brancher la télé (bah ouais, plus personne n'a de télé aujourd'hui), donc on finit par écouter le site de France Info en direct en mode Radio Londres. On parle d'état d'urgence. Mais ça veut dire quoi, au fait, quand tu as appris rapidos en cours que l'état d'urgence, c'était pendant les "évènements" en Algérie (1955-1962) ? Wikipedia a déjà mis la fiche à jour, c'est glaçant. Visages graves, défaits. Plus personne n'a envie de rigoler. On pense à ceux qui sont au Bataclan. Je ne réalise pas encore que mon frère y était pile il y a 8 jours pour voir K'sChoice.

Je découvre avec stupeur que Facebook me propose, parce que je suis dans une zone d'attentat (sic) de préciser si je vais bien ou pas. Je refuse de répondre, mais je suis rassurée de voir que mes copains d'école un à un signalent qu'ils vont bien. J'ai trop peur qu'un ancien élève de mon école de journalisme figure parmi les victimes. Ce sera le cas. Dieu merci, mes beaufs n'étaient pas au Stade de France. Ceux qui vivent à l'étranger sont vissés devant leur télé, on échange par Whatsapp.

On finit par aller se coucher vers 3 heures, après répartition des couchages dans l'appartement : le couple invité dans le lit double, le stagiaire par terre sur des coussins, moi sur le canapé. J'ai clairement passé l'âge des soirées impromptues avec un plaid sur canapé. Je ne dors pas de la nuit ou d'un demi-œil, jusqu'à avoir Mimoufle, le chat de la maison qui me saute sur le visage. Je ne dors pas parce que tout ce que je veux, c'est être à la maison auprès des miens, pas dans cette ville qui suinte la peur, avec le ballet des ambulances qui filent vers la Pitié-Salpêtrière.

À 7 h 30, je m'habille (Millux ayant gentiment fourni un pyjama dans lequel j'étais bien boudinée puisqu'elle fait au moins deux tailles de moins que moi), je récupère tant bien que mal mon manteau, mon sac de courses, et je pars dans des rues désertes, à part des nuages de pigeons qui s'envolent (et je déteste ces oiseaux). Je finis par descendre dans le métro à Bonne nouvelle. 4 arrêts jusqu'à Saint Lazare, c'est rien, mais après une nuit blanche, c'est très long. La RATP parle d'un "incident sur la voie publique" ?! Pour parler d'une nuit de cauchemar.

À 8 h 15, je suis à la maison, après avoir traversé une gare St Lazare déserte où je n'ai croisé qu'une patrouille de trois soldats. Juste le temps de me coucher l'air de rien pour ne pas affoler les enfants. Enfants que j'informe très vite. Après tout, ils avaient appris en janvier les mauvaises nouvelles en même temps que moi, puisque c'était un mercredi et que nous déjeunions ensemble avant d'aller à l'escrime quand j'avais vu la nouvelle tomber sur Twitter. Ensuite, nous avions entendu les hélicoptères survoler notre banlieue et suivi la traque des frères Kouachi pendant deux jours. Je ne voyais pas pourquoi leur cacher les raisons de notre inquiétude. Je leur ai donc expliqué au petit-déjeuner que cette nuit, des gens méchants ("des terroristes ?" a dit Asparagus) ont tué des gens dans Paris, pas loin de là où je me trouvais, parce qu'ils aimaient se retrouver dans des cafés et des restaurants et écouter de la musique, et que cela ne leur plaisaient pas. Asparagus a dit : "mais on a pas tous les mêmes goûts ! Pourquoi ils les ont pas laissé tranquille ?"

Je finis par avoir ma mère au téléphone, me faire gronder (comme prévu) : Quoi ?! Tu étais dans le 10e ?! Quoi ?! MonFils était au Bataclan vendredi dernier ?!

À 11 heures, j'apprends qu'un ami de mon frère est à Bichat - qui était avec lui au Bataclan huit jours avant pour écouter K's Choice avec d'autres. Touché à l'abdomen, entre la vie et la mort. Lui qui est l'un des gars les plus gentils que j'ai rencontré, serviable, toujours de bon poil, que je croise à chaque anniversaire-surprise-pas-surprise de ma belle-soeur autour d'une bière. Depuis samedi, nous le portons dans nos prières. Asparagus m'a dit : "c'est la première fois qu'on connaît quelqu'un qui est blessé dans les attentats". Nimbus a dit : "ceux qui ont fait ça, j'ai envie de les ratatiner". Je n'ai pas précisé que ce n'était plus possible puisqu'ils s'étaient auto-ratatinés.

Je passe la matinée à me faire servir des faux cafés par Colombine, à dévorer des montagnes de faux gâteaux. On allait zapper les rendez-vous chez l'ophtalmo qu'on attend depuis deux mois avec tout ça. Le Capitaine reviendra une première fois (oubli de portefeuille), puis une deuxième (oubli de l'ordonnance chez le docteur), on est mal réveillés.

Je zone sur Twitter ( pas bien), à voir des avis de recherche se transformer en avis de décès. A voir des visages qui ressemblent à ceux de mes amis, de ma famille, de nos baby sitters. Des jeunes, beaux, de différentes nationalités, éduqués, souriants, vivants. Jusqu'à la nausée. J'écoute, stupéfaite, le message de revendication, enregistré, avec cet hymne semi groovy, hypnotique, de presque 3 minutes. Les mots. "Celle qui porte la bannière de la croix". "Capitale de la perversion". "Les rues malodorantes de Paris"."Le début de la tempête". G, catastrophée, me rappelle la folie de ces hommes endoctrinés, comme dans "Le Destin" de Youssef Chahine.

Samedi soir, j'ai rallumé ma lanterne, que j'avais allumée pour la première fois sur notre perron quand notre ancien aumônier scout avait été pris en otage par Boko Haram au Cameroun en 2013. Beaucoup trop de soirs où je l'ai allumée. Et encore combien à venir ?

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La détox numérique malgré moi

9 Novembre 2015, 21:03pm

Publié par lapetitemaison

La détox numérique malgré moi

Aujourd'hui, je suis partie à la bourre déposer les enfants – c'est-à-dire qu'à 7 h 30 j'étais encore en train de tenter de coiffer Colombine avec les trois élastiques survivants de la rentrée et de lui faire des couettes, ce qui n'est précisément pas un de mes talents. Pour un départ à 7 h 45, quand je dis départ, c'est tous dans la voiture, chaussés-habillés-cartables faits-boîtes-à-goûter-remplies.

7 h 46 : je sors la voiture en grognant "j'ai dit on se tait quand maman fait une manœuvre, on discutera sur la route, okay ?" [notre rue est très étroite. Et encore, même en le disant cela reste un euphémisme. Ne me demandez pas comment on y rentre le minibus. Pour ma part, je crée – on peut parler de création, à ce stade – un paysage en mouvements sur les portières. Bref, je les raye une fois par an minimum.]

8 h 11 : je dépose les garçons au dépose-minute (soit une rue adjacente au grand boulevard sur lequel est situé leur école). On a battu des records de vitesse ce matin, on voit que certains font le pont du 11 novembre.

8 h 30 : on gare (enfin je gare) la voiture avec Colombine, puis nous partons à vélo à la crèche.

8 h 45 : j'arrive à la gare, il y a encore plein de place pour mon vélo, chouette, on voit que certains font le pont du 11 novembre (bis). Je vais même pouvoir attraper le train de 9 h (en plus ce matin, miraculeusement, aucun problème de circulation n'est à déplorer). Je me dis que je vais envoyer un SMS au Capitaine pour lui dire que ce matin, malgré un départ à la bourre de chez bourre, on a battu des rec... Ben alors... Où est... Merde, merde, merde. [ Oui, bon, ça va. Mon portable, ce n'est pas juste un téléphone : c'est mon annuaire perso/pro/home front ; mon appareil photo de poche ; ma station météo ; mon réceptable nomade de mails, SMS, etc. Et encore, j'ai un fonctionnement très primaire : je ne l'utilise pas comme transistor – je suis traumatisée par un article de Télérama sur les ravages des écouteurs et de la surdité –, ni comme agenda – je ne retiens rien si je ne réécris pas moi-même –, et n'ai pas mille applis dessus : les mises à jour successives du système me bouffent toute la mémoire].

9 heures : Heureusement, le train arrive. Et je trouve un exemplaire de 20 minutes du jour même. Par-fait.

9 h 15 : En plus, c'est un spécial James Bond, donc au passage j'apprends des trucs.

9 h 20 : Arrivée à St Lazare. Généralement, le matin, je profite de mes dix minutes de marche à pied pour passer un coup de fil. Pas tous les jours non plus. Comme j'ai spécialement les mains libres, j'observe le paysage encore plus avidement que d'habitude. Je ferai bien une ph... Ha ha ha. Oh wait. Mon téléphone est à la maison. Enfin mon appareil photo de poche.

9 h 40 : J'arrive au bureau. Bon, au moins, pour les mails, je suis sauvée. Mail au Capitaine : "j'ai oublié mon téléphone. En cas d'urgence de chez urgence, tu peux me joindre au 01........". Statut Facebook pour prévenir le reste du monde (et spécialement Grand-maman, qui a certainement déjà essayé de me joindre au moins une fois).

10 h : J'ai les doigts qui semi papillonnent dans le vide.

10 h 30 : en plus c'est l'anniv de ma frangine. Je peux pas l'appeler de mon poste, dans l'open space, ça craint. Bon, je vais sauver les meubles avec un mail. Et ce soir, je suis sûre qu'ils vont au resto, ou que si j'appelle à 20 h, mon beauf va râler parce que j'appelle pendant le dîner (le Capitaine fait de même de l'autre côté de la ligne. Il paraît qu'on s'appelle tout le temps et qu'on reste une heure au téléphone. Ce qui est strictement faux).

10 h 45 : réponse du Capitaine : "oui, j'ai vu que tu l'avais oublié, je l'ai mis sur la table de la salle à manger". Sauf que je ne suis pas rentrée dans la maison...

11 h 30 : pétard, c'est évidemment le seul jour où j'ai laissé mon portable qu'une jeune fille avec des horaires disponibles répond à mes SOS pour nos soucis de sortie d'écoles/de crèche.

12 h 45 : au bureau, je survis très bien sans téléphone.

15 h : en fait, c'est très reposant, je devrais l'oublier plus souvent.

17 h : Je pars chercher Nimbus pour sa séance d'orthophonie. Heureusement que j'ai repéré le chemin vendredi pour la première séance et qu'il n'y a pas de code pour la porte (cela dit, je l'aurais sans doute noté dans mon agenda papier). J'espère qu'elle n'a pas cherché à me joindre pour annuler la séance, j'espère qu'elle n'a pas cherché à me joindre pour annuler la séance, j'espère qu'elle n'a pas cherché à me joindre pour annuler la séance (ad lib).

17 h 30 : je me félicite d'avoir prévenu hier la baby-sitter du lundi soir qu'elle n'aurait que Titouan à récupérer. Bon, j'aurais pu retrouver ses coordonnées et la rappeller, mais cela aurait été très fastidieux.

17 h 45 : la séance n'a pas été annulée et nous poireautons dans la salle d'attente, Nimbus et moi. "Tu prends une photo de mes oiseaux ?" [qu'il a fait en assemblant des Plus] "Ben non, j'ai oublié mon téléphone".

18 h 30 : je suis tellement absorbée par les magazines d'il y a deux ans que je n'ai pas vu l'orthophoniste rentrer dans la salle d'attente.

19 h : dans le bus, pour échapper à la lecture, Nimbus me demande : "Tu peux me montrer des photos ?" "Ben non, mon chou, il est à la maison".

19 h 30 : je retrouve mon Précieux. Je n'ai pas loupé grand-chose (mais j'avais bien un coup de fil de ma maman à 9 h 50 !). Et j'ai survécu !

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