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La petite maison dans la banlieue

Fille unique

2 Octobre 2017, 20:59pm

Publié par lapetitemaison

Fille unique

Ce week-end, nous avons eu Colombine pour nous tous seuls samedi et dimanche, ses frères étant partis camper avec joie et bonheur, une fois leurs devoirs à peu près expédiés.

Cela n'arrive pas si souvent. Au lever de notre sieste (après une semaine chargée au bureau, entre masse de boulots, cartons à faire et déménagement, même pro, qui n'est pas sans émotions), samedi, elle est venue me tirer de mon lit pour aller prendre le thé. "Viens maman, c'est le goûter".

Fille unique
Fille unique

Il y avait elle, sur sa chaise haute plus si haute – ah, la chaise Stokke qui grandit avec les enfants, meilleur investissement de puériculture, discrète à tel point que les gens la cherchent dans notre pourtant minuscule cuisine –, entre nous deux. Son verre de grenadine, nos mugs de thé et des financiers sans gluten, dont elle n'a pas voulu, préférant des biscuits industriels à ceux fait maison par son père.

Ensuite, nous sommes parties faire des courses toutes les deux – deux semaines que Colombine va à l'école avec des collants dans ses sandalettes, il était temps de trouver des chaussures d'hiver pour tous les jours... "Des boots à paillettes", des boots très discrètement pailletées nous avons trouvé, bleu marine – ça va avec tout – ainsi que des pantoufles à strass ET violettes – le comble du bonheur.

Puis nous sommes parties garnir son armoire — pas beaucoup d'affaires à récupérer de ses frangins. La demoiselle a voulu une doudoune, et je me suis rappelée que ce serait beaucoup plus facile à nettoyer comme manteau, que le joli manteau de princesse de l'hiver dernier, à envoyer au pressing à chaque tâche. Un enfer. Alors que la doudoune lavable en machine, ce sera quand même beaucoup plus simple.

On pourrait avoir l'impression que Colombine a tout choisi, mais nous sommes tombées d'accord sur tout et elle n'a rien réclamé : elle avait juste une idée très précise de ce qu'elle voulait. Pas grand choix dans le magasin de chaussures, ni pour les vêtements d'enfant. On a rajouté dans le panier une robe, une jupe et un petit bonnet rose avant de rentrer.

Elle était ravie de raconter ses histoires sans être interrompue, sans devoir se battre pour prendre la parole — même si j'essaie au maximum de faire en sorte que ses frères se taisent pour lui laisser de l'espace, qu'on soit attentif à ses histoires, toutes petites soient-elles, mêmes répétées pour la millième fois. Que l'on assiste à son dîner comme à celui d'une reine, de m'avoir pour elle seule pour son coucher et l'histoire du soir. Nous déclarant, entre deux figues : "je vous aime tous les deux".

Fille unique

Dimanche matin, notre coiffeur adoré est venu à l'aube me (nous) couper les cheveux. Avant son arrivée, Colombine était venue se glisser dans notre lit, avec un livre, ravie d'être là. Contre la promesse d'une tresse, elle s'est montrée coopérative et s'est laissée couper les pointes, juste de quoi renforcer les cheveux avant l'hiver.

Comme nous avions beaucoup de temps devant nous, nous avons lambiné en petit-déjeunant, en profitant enfin de la platine que nous avions récupérée lors du déménagement d'amis et pour laquelle j'ai enfin récupéré une courroie et un diamant qui nous permettent d'écouter les vieux vinyles de Mané, couverts de poussière mais comme neufs.

Colombine a voulu faire une partie d'"Attrape-chaussettes", ni plus ni moins qu'un memory où il faut reconstituer des paires de chaussettes. Au bout de 5, on gagne une pince à linge. C'est le Capitaine qui a gagné, ce que Colombine a semi-accepté, avant de faire équipe avec son père. Trois parties plus tard, il était temps d'aller retrouver ses frères pour le pique-nique de fin de week-end. Ce qu'elle n'a pas regretté : dès qu'elle les a aperçus, elle s'est précipitée vers eux, trop contente de les retrouver. Fille unique, oui, mais surtout après ses deux frères.

 

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Who can ever be tired of Bath ?

18 Septembre 2017, 20:55pm

Publié par lapetitemaison

Who can ever be tired of Bath ?

Parties de Paris vendredi à 9 h du matin, un Eurostar, un peu de métro et un train plus tard, nous voilà vers 13 h 45 à Bath, sous le soleil (plutôt inespéré au vu de la météo de la matinée des prévisions du week-end). Nous allons déposer nos bagages à l'hôtel, sis à six minutes à pied de la gare, ce qui est parfait : le vieux centre historique de Bath se parcourt aisément en marchant, ce que nous ferons tout le week-end, comme les héroïnes austiniennes qui battaient la campagne par tous les temps.

Le bed and breakfast donne sur une petite place ronde, avec un énorme platane. Nous y serons comme des cocottes en pâte, avec un délicieux breakfast le matin. La place est un peu bruyante la nuit (pas de double vitrage), mais cela ne nous empêchera pas de dormir. Comme il fait vraiment très beau, nous filons à Prior park, cité dans un des articles que j'ai imprimé pour le week-end, comme une promenade idéale pour aller à la recherche de Mr Darcy.

Grâce à une itinérance des données un peu aléatoire (le GPS était soit en avance soit en retard sur notre progression) (et à un plan), nous arrivons une heure et demie avant la fermeture du parc, à 17 h 30 : de quoi le visiter presque seules au monde, de profiter de la vue magnifique sur Bath, d'admirer Prior's mansion (aujourd'hui une école), et de découvrir l'adorable pont sur l'étang, "parfait pour une demande en mariage", et lieux de nombreux rendez-vous, à en croire les graffitis parfois anciens sur les colonnes.

Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?

Le soir, après notre dîner dans la plus vieille maison de Bath et être entrées dans un pub écouter un chanteur-guitariste jouer pêle-mêle Oasis, Robbie Williams, The Small faces, Electric Light Orchestra… et bien évidemment Radiohead, il était temps de faire les dernières finitions à nos robes – coudre les boutons et le ruban de la robe de L. – et d'aller enfin nous coucher.

Car le lendemain, nous devions être à 10 h 30 au départ de la Regency Walk, la fameuse balade déguisée qui était à l'origine de ce week-end dans le Somerset. Après avoir profité du petit-déjeuner, nous avons revêtu nos robes, fait mutuellement nos nœuds, mis nos chapeaux – gros fail au niveau de ma coiffure, il aurait fallu un chignon, ou des cheveux très courts, mais pas cet entre-deux, — et nos chaussures, direction The Crescent, point de ralliement des Austeniens, et lieu très pratique : devant les maisons qui s'étalent en demi-lune, il y a une grande étendue d'herbe, idéale pour ce genre de rassemblement.

En comparaison des autres participants (même s'il faut bien le dire, l'assemblée était à 80 % féminine), nous étions vraiment parties le nez au vent : pas de châle, pas de gants, pas d'ombrelle, pas de petits spencer... Et pourtant, nous n'avons pas eu froid du tout, sur les deux heures de promenade (à petites foulées), qui nous a donc mené du haut de Bath à la rivière Avon, dans Parade Garden, pour le tea final... Ecourté par une pluie aussi violente que brève, qui nous a contraintes à nous abriter sous un saule pleureur (très mauvais plan, ne protège pas de la pluie). Nous avons croisé des fans originaires du Pays-de-Galles, d'Ecosse, d'Irlande, d'Italie, de Hollande… Certaines nous ont demandé si nous lisions Jane dans le texte ou en traduction (euh, comment dire... Les films de la BBC en VOST, ça compte ?)

Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?

Un peu trempées, nous sommes repassées à l'hôtel prendre la cape et le manteau en velours noir que j'avais eu la bonne idée d'emmener (et qui prenaient toute la place dans mon énorme valise, hum hum), et avons décidé d'aller prendre un high tea à la Pump room, célèbre lieu de promenade dans les romans de Jane, où les héros, sous prétexte de boire un verre d'eau de la source de Bath, se croisent l'air de rien près de la fontaine. La fontaine existe toujours et est toujours alimentée par l'eau de la source, mais la promenade est devenue un salon de thé.

Nous avons dégusté un high tea (un Somerset high tea), avec les fameux petits sandwichs au concombre, les scones, le beurre bien jaune, les muffins, les macarons... Autant vous dire que j'avais l'impression d'avoir un éléphant sur l'estomac en sortant de là – une telle charge de gluten et de lactose d'un seul coup, je ne suis plus habituée – heureusement, la reprise de notre marche à travers la ville m'a aidé à digérer. Bien que l'après-midi soit carrément pluvieuse, le fait d'aller d'un endroit à l'autre – de la Fayre au Jane Austen Centre – me l'aurait presque fait oublier. Et puis passer la journée en costume, à faire prendre en photo avec/par des inconnus, à grands coups de "you both are so lovely", "so cute, "botiful"... fait oublier tous les nuages !

A 19 heures, nous avons repris nos habits du 21e siècle – et retrouvé avec bonheur nos chaussures plates et nos jeans – et sommes allées au spa – moderne – de Bath. Dont la particularité est d'avoir un bassin en plein air au dernier étage. Ce qui fait, que, barbotant dans une eau chaude, nous avons pu profiter du coucher de soleil à l'ouest ET d'un arc-en-ciel à l'est, en partant du clocher de Bath abbey, spectacle assez magique. Puis nous avons essayé les hammams, la chambre froide avec glaçons, celle de relaxation avec ses "chaises longues" carrelées, chauffantes, sa projection d'images de l'espace et sa fausse constellation au plafond, le bassin au sous-sol... En sortant, à 21 h 30, très inquiètes de ne pas trouver à manger, et n'ayant aucune envie de dîner d'une pizza ou de tapas, nous avons avisé un pub, qui, par chance, servait encore. Deux fish and chips plus tard,de retour à notre chambre, nous nous sommes vite endormies.

Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?

Pour notre dernier jour, nous avons passé la matinée aux bains romains. A visiter ce complexe hyraulique où l'eau circule encore, comme du temps des Romains, ce qui est assez vertigineux. Celle qui sort de la source aujourd'hui est de l'eau de pluie tombée il y a 10 000 ans. Avant les Romains, des tribus celtes avaient déjà repéré que de l'eau chaude sortait de la terre, avec des fumeroles et de grosses bulles à la surface – ce qui est toujours visible aujourd'hui dans le bassin de la source.

Les Celtes y adoraient Sulis, les Romains adaptèrent le culte en celui de Sulis Minerve, construisirent des thermes et un temple à cet emplacement : un centre à la fois spirituel et thérapeutique. Nous avons passé 2 h 30 dans le musée et il y avait vraiment de quoi faire : en effet, quantité d'objets ont été retrouvés dans la source et dans les circuits d'eau des thermes. Et notamment des messages de supplition, écrits à la déesse sur des rouleaux de plomb et jetés dans la source. Tout comme une quantité astronomique de pièces de monnaie, qui témoignent du rayonnement d'Aquae Sulis dans tout l'empire. On peut boire un verre de la fameuse eau de Bath : elle est très chaude et a un goût assez métallique… On imagine très bien le genre de cure des Romains : "un verre d'Aquae Sulis tous les matins me coupe l'appétit et rend plus svelte !"

C'est vraiment un musée génial, à découvrir. Avant de repartir, nous avons fait un tour dans l'abbaye - où l'entrée n'est pas payante, mais si tu donnes 2 livres c'est quand même mieux, et tu n'as pas le choix, puisque la petite dame à l'entrée t'agite son panier sous le nez. Nous avions admiré les anges qui grimpent sur les échelles à l'extérieur, nous avons découvert la voûte aérienne à l'intérieur et les innombrables pierres tombales qui recouvrent le sol, les murs. Un des projets de l'église actuellement est de profiter de la chaleur de la source pour chauffer l'église par géothermie. Une énième façon de profiter de l'eau bénie de Sulis !

Who can ever be tired of Bath ?
Who can ever be tired of Bath ?
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The Jane Austen project

13 Septembre 2017, 20:34pm

Publié par lapetitemaison

The Jane Austen project

Je ne sais même plus comment l'idée est venue. Sans doute à un dîner entre filles, un rituel perpétué depuis les bancs de l'école de journalisme. Où l'un de nos intervenants, histoire de nous déstresser en vue d'une insertion professionnelle qui nous paraissait bien périlleuse, nous avait donné cet excellent conseil : "moi, pour me déstresser, je regarde un film bien bête, genre 'Coyotes girls', vous voyez ? Je passe une bonne soirée et ça va beaucoup mieux !"

Conseil que nous continuons de mettre en pratique, et ces dernières années, nous avons souvent regardé les films de la BBC adaptant les sept romans de Jane Austen, ou les quelques films célèbres (Raisons et sentiments, Orgueil et préjugés)... Sans oublier les versions cheap Bridget Johnesques.

Je me suis livrée à un peu d'archéologie mailesque, pour trouver une première mention de cette idée de se rendre à Bath pour le 200e anniversaire de la mort de Jane Austen… en février 2016. Je ne me souviens même plus comment je suis tombée sur lla Regency walk à laquelle on peut participer si l'on est en habit d'époque. Quoi qu'il en soit, l'idée a germé... s'est concrétisée sous la forme d'un énorme cadeau commun pour les 35 ans de L., étant dit que O. et moi paierons notre voyage.

À l'automne 2016, nous avons commencé à prospecter en ligne pour nous trouver des tenues, sur des sites marchands internationaux. Rien ne nous plaisait. Nous avons alors eu l'idée de confectionner nos robes nous-mêmes, en commandant un patron aux Etats-Unis (vive Internet !), que nous avons traduit à l'heure du déjeuner, O et moi.

Hiver 2017 : il était grand temps d'attaquer le vif du sujet : la confection des robes. Nous avons acheté le tissu en mars au Marché St-Pierre, chacune le sien, chacune une couleur et qui nous correspondait bien. J'ai cousu 60 % de ma robe au cours de couture du mercredi soir : décalquer le patron (qui taillait extrêmement grand, notamment au niveau du décolleté, merci à Gaëlle d'avoir tout retaillé pour que cela tombe juste !), le reporter sur le tissu et la doublure, monter le haut, les manches. Assembler la doublure du haut, puis la coudre au haut. Assembler la jupe, assembler la doublure, faire la patte de la jupe (qui était trop courte d'un côté, trop longue derrière, la jupe beaucoup trop large, on aurait pu en mettre trois comme moi dedans). Sur ce, les vacances sont arrivées.
 

The Jane Austen project
The Jane Austen project

Je suis partie avec ma machine à coudre et ma robe en kit à assembler. Texto de Gaëlle, premier week-end de juillet : "alors, ça y est, tu l'as terminée ?" Euh non, pas du tout. Je n'y toucherai pas avant le 8 août d'ailleurs, récupérant par colis postal celle de L. qui n'avait pas beaucoup avancé non plus. Mais j'avais une alliée de taille : ma sœur, qui n'aura pas du tout suivi son programme de couture de l'été.

En deux semaines, nous avons fini ma robe (assemblé le haut et le bas, cousu la broderie anglaise au bas de la doublure, de façon à ce qu'il dépasse tout juste de la robe, fait les ourlets, recouverts les boutons pour les assortir à la robe, fait les boutonnières, cousu un galon ET une dentelle, parce que le galon ne ressortait pas assez… Ainsi que celle de L., qui n'aurait plus que son gros grain rouge assorti à son chapeau à coudre et ses boutons déjà recouverts dans le tissu de sa robe (mais montés à l'envers, hum, hum !)

Il nous fallait un chapeau : là, nous avons craqué et commandé en ligne. Grâce à la ténacité de L. (et à son enquête digne de Sherlock Holmes, avec deux passages à son bureau de poste dans le 15e), nous avons récupéré nos chapeaux (et nos réticules !) à temps pour partir. Seule ombre au tableau : O., qui a dû être hospitalisée en urgence cet été, n'a pas été du voyage.

Une valise empruntée à ma voisine J., une cape et un manteau long pseudo-Regency noir en cas de pluie, une paire d'escarpins qui feraient l'affaire, les billets Eurostar, le code pour récupérer les billets de train anglais à une borne à Paddington, les bracelets pour participer à la Regency walk... Bath, here we come !

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Lectures d'été, entre USA et Nigeria

27 Août 2017, 14:30pm

Publié par lapetitemaison

Lectures d'été, entre USA et Nigeria

Juste avant de partir, c'est mon rituel, mon petit plaisir. Je glisse dans ma valise quelques livres, des éditions du Livre de poche, Pocket ou Folio, histoire de ne pas trop les pleurer si je les perds, sans compter qu'en bateau, il faut composer avec l'humidité – je n'avais pas imaginé à ce point-là cependant ! Comme j'ai une fabuleuse librairie à côté du bureau, je ne me suis pas fait prier, c'est tellement plus sympa et moins anonyme que la Fnac.

Dans les étalages des livres "petits prix", j'ai retrouvé plusieurs ouvrages de Chimamanda Ngozi Adichie, extraordinaire auteure nigériane, dont j'avais déjà dévoré l'été dernier "Americanah", son meilleur livre à mon sens, sur la trajectoire entre Etats-Unis et Nigeria d'une jeune femme, de la fin de ses études universitaires à l'élection de Barack Obama. Ce printemps, c'est "L'autre moitié du soleil" qui m'a happée et fait (re)découvrir la guerre du Biafra à travers l'histoire de deux sœurs, Olanna et Kainene, dont je ne connaissais à vrai dire pas grand-chose, à part le fait qu'en a découlé la création de l'ONG Médecins sans frontières.

Dans "L'hibiscus pourpre, Kambili et Jaja sont issus d'une famille aisée, sur laquelle règne leur père, pilier de la communauté catholique locale, au sens propre comme au sens figuré. Ils trouvent un répit au cours d'un coup d'Etat en allant vivre chez leur tante, Ifeoma, jeune veuve et prof de fac, et son foyer joyeux et vivant, malgré les difficultés financières. Kambili et Jaja finiront par s'affranchir de la terreur que leur père leur impose, mais à quel prix !

"Autour de ton cou" est un recueil de nouvelles, où l'on retrouve des lieux et des thèmes qui traversent l'œuvre de Chimamanda Ngozi Adichie : le campus de Nsukka (où elle-même a étudié) et les fantômes de la guerre du Biafra, les couples séparés entre Etats-Unis et Nigeria, les émeutes religieuses visant aveuglément chrétiens et musulmans, l'étudiante nigériane baby sitter dans une famille blanche, un colloque d'écrivains, les histoires d'amour entre nigérianes et américains blancs (comme dans "Americanah")… Chacune un petit bijou.

Son écriture, s'adapte au phrasé et au parlé de chacun de ses personnages, décrits très brièvement, mais pleinement vivants par leurs paroles, généralement entrecoupées de mots d'ibo : cela donne envie d'aller au Nigeria. L'autre moitié du soleil" a déjà été adapté au cinéma [edit, merci Aurélie] et "Americanah" ferait aussi un film magnifique.

Pour la part américaine de mes lectures, j'ai enfin lu "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee. Alabama, années 1930. Atticus Finch, élève seul ses enfants, Jem et Scout – avec l'aide de Calpurnia, sa gouvernante noire. La vie s'étire lentement, entre espionnage de Boo Radley, le fils du voisin qui vit cloîtré, jeux avec Dill  jusqu'à ce que Atticus soit commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche, et que la tante Alexandra ne vienne vivre chez son frère pour reprendre en main l'éducation de ses enfants, et celle de Scout, notamment. C'est drôle, tendre et à la fois tragique, raconté par Scout qui n'a pas sa langue dans sa poche : un régal.

"Mille femmes blanches", de Jim Fergus, revient sur un épisode méconnu de l'histoire américaine dans la conquête de l'Ouest : le troc de mille femmes blanches contre mille chevaux pour aider à l'intégration du peuple indien, proposition faite par le chef indien Little Wolf au président Grant et acceptée. On suit donc May Dodd, qui a fait le pari de se proposer comme épouse, afin de sortir de l'asile où sa famille l'avait faite interner. C'est très romancé, un peu ampoulé parfois, mais c'est un témoignage incroyable sur la vie des indiens Cheyennes et sur l'extinction de ce peuple à la fois par l'armée américaine et les ravages de l'alcoolisme.

Et vous, qu'avez-vous lu cet été ?

 

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Onze jours sur l'eau

31 Juillet 2017, 14:13pm

Publié par lapetitemaison

Onze jours sur l'eau

Jour 1/Oublis en série

On a d’abord oublié les gourdes à La Rinissée, occasionnant un premier demi-tour. Puis, en allant prendre de l’essence, nous avons eu le temps de réfléchir, eu égard aux nombreux travaux que la DDE d’Indre-et-Loire avait choisi de réaliser ce matin-là, et de réaliser, que, beau temps aidant, nous avions totalement oublié de prendre… les vestes de quart Décathlon des enfants. Alors que nous avions tenté une expédition le 14 juillet, aux 4 Temps (l’enfer sur Terre. Plus jamais jamais ça), exprès pour éviter d’y faire un petit tour à Vannes. « La prochaine fois, on s’arrête directement à D… de Vannes pour faire les courses », en a conclu le Capitaine. D’autant que, le temps passant, il était l’heure du déjeuner pour nous 6 (cette semaine, nous avons en guest la cousine Gabirelle).

 

Après une pause galette (personne de malade, juste un déjeuner breton) et l’achat des indispensables vestes de quart et lunettes de soleil, nous sommes enfin arrivés à destination, le temps  de nous poser chez Mané et de coucher Colombine pour la sieste (dont elle avait grand besoin mais qu’elle n’a absolument pas faite, en revanche, je me suis écroulée de fatigue), et Gabirelle, qui bien qu’ayant claironné qu’elle n’avait plus besoin de la faire, a dormi 2 heures pleines.

 

Pendant ce temps, « Capitaine Papa » écumait l’Intermarché du coin et le primeur, histoire d’assurer notre bonne pitance pour les quinze prochains jours. Il a également commencé à vider le minibus, le tout sur un cagnard de folie. A 18 h il est venu nous chercher, nous avons fini de récupérer les affaires laissées dans la maison (duvets, draps, taies d’oreiller, débarbouillettes du bateau, torchons et divers matériels de pêche and co) pour enfin descendre sur les pontons installer le bateau – aka faire les lits, défaire les sacs de chacun et serrer les affaires dans les minuscules placards, organiser un minimum l’espace, trouver une place – la plus intelligente possible – pour les provisions, jouer à un Tetris géant. Le tout en commençant de faire dîner les mousses, que nous avions vissé devant un DVD dans la cabine avant histoire de nous mouvoir plus facilement dans le carré : « quoi ? il est 19 h 30 ? mais c’est l’heure de dîner ! » (#maisonderetraitebonjour. Ces enfants ne sont absolument pas dans la disruption, ils vont finir sur le bord de l’autoroute de la Start-up Nation, je vous le dis !)

 

Bref, à 21 h, la petite troupe était à peu près couchée. Il faisait encore très chaud et personne ne dormait. Il a fallu séparer les filles tellement c’était la foire, puis Capitaine Papa et moi-même avons dîné sur le pont où il faisait enfin un peu frais. Avant de nous apercevoir, à 22 h, qu’on avait totalement oublié d’installer les filets le long des filières – notre protection antichute d’enfants. Dont acte, puis, alors que le carré était enfin rangé au cordeau, la vaisselle faite et rangée, Capitaine Papa s’est avisé d’aller prendre une douche (plutôt que d’aller dormir sur le pont). Et c’est là que nous nous sommes aperçus que nous avions oublié les serviettes de toilette chez Mané. J’ai gagné au passage une couette (sinon c’était battle pour le drap et la couverture pendant 15 jours).

Onze jours sur l'eau

Jour 2/Larguer les amarres

 

Bien décidés à partir au plus vite, nous nous divisons en deux équipes après le petit-déjeuner, pris dans le carré extérieur : moi aux douches, le Capitaine et les enfants au marché pour un dernier plein de frais. Au moment de partir les rejoindre, trois gouttes de pluie tombent, le tonnerre tonne, le ciel est noir « tu es sûr que je devrais pas repasser au bateau fermer les hublots et prendre les vestes de quart des enfants ? La tienne ? » « Oui, si tu veux, mais on est à l’abri, là ». Une demi-heure après, nous repartions du marché sous le déluge, en ayant à peu près complété nos courses (mais en ayant oublié le couvercle pour les casseroles et l’entonnoir pour remplir les gourdes à partir d’un bidon de 5 l… En pleine mer, c’est précieux). On attend la fin de la pluie pour partir – enfin – avec une première marche arrière un peu périlleuse pour sortir Boléro de sa place, en évitant un moteur et que notre ancre ne racle la coque du gros bateau avec lequel nous étions à couple.

 

Il est 14 h et des brouettes, Colombine fait la sieste, nous mettons le cap sur Belle-Ile, avec un premier bord avec beaucoup de vent et un bateau qui gîte pas mal – au grand dam des enfants « Papa, tu peux mettre le bateau à plat ? ». Mais dans l’ensemble, tous se déplacent sans trop de mal et Asparagus est un mousse particulièrement efficace. Nous mouillons en fin d’après-midi aux Grands Sables et, une fois l’annexe gonflée, le Capitaine emmène la troupe sur la plage, pendant que j’essaie de calmer une horrible migraine : j'ai pas eu mon café du matin, il n'y avait que du Nescafé... Je le paie cher.

 

Deux heures après, ils sont de retour, prennent une douche froide sur le pont (nous avions oublié de brancher le chauffe-eau la veille), puis leur dîner à l’intérieur, et s’endorment quasiment instantanément. Il n’y a pas de vent au mouillage, mais un peu de clapot (en clair : le bateau oscille très régulièrement d’un côté à l’autre MAIS ne tape pas l’eau d’avant en arrière. C’est beaucoup plus confortable, mais c’est pas top non plus). C’est là que nous nous rendons compte que les distances sièges/table dans le bateau ne sont pas du tout adaptés à des enfants… Pas étonnant, quand ça clapote en plus, qu’une fois sur deux il y ait des chutes de nourriture sur les vêtements ou sur le sol… Pendant nous dînons, un brouillard se met à tomber sur Belle-Île, et se transforme en fin crachin – alors que, bien évidemment, tous les maillots de bain, T-shirt anti-UV, serviettes de bain… sèchent sur les filins.

Onze jours sur l'eau

Jour 3/Groix devant

Il crachine toujours au petit matin, nous nous levons donc relativement tard – 9 heures. Une heure après, il fait toujours aussi moche et de la pluie est prévue dans la journée. Nous décidons de partir directement à l’île de Groix – cinq heures de navigation -, nous déjeunerons en mer. Pour une fois, c’est même moi qui barre, jusqu’à Birvido. C’est beaucoup plus facile de tenir un cap avec un repère sur la côte – une pointe, un phare – que de regarder le compas. Un grain nous tombe dessus au large du Palais et de la pointe des Poulains, mais les enfants s’en contrefichent. L’apéritif en pleine mer alors que le bateau gîte et que la mer se creuse un peu les ravit – même si Nimbus vire au blanc et ne veut rien manger du tout. Ils finissent par s’endormir à moitié, Colombine et Gabirelle sont mises à la sieste malgré leurs protestations et s’endorment, bercées par le bateau.

 

Au Birvido, je passe la barre au Capitaine – j’ai moi-même un peu mal au cœur et je finis par m’endormir dans la cabine des garçons. Asparagus me réveille 20 minutes avant d’arriver à Groix. Nous sommes arrivés trop tard pour la place au pontons, nous aurons donc la joie de jouer au Tetris du marin : l’amarrage à la bouée – je déteste. Là, comble de joie, il nous faut en plus prendre la place en marche arrière – comme s’il fallait garer le bateau en épi. Heureusement, nos voisins de tribord sont au taquet, prêts à récupérer nos amarres et à repousser le bateau – nous avons manqué de taper deux petits bateaux à l’avant, tant nous avions peu de place pour redresser Boléro – qui n’a pas de direction assistée pour ce genre de manœuvre…

 

Une fois bien arrimés – ainsi que nos nouveaux voisins de babord, la vaisselle de midi faite et les affaires de toilette prêtes, nous nous entassons dans l’annexe – avec les poubelles et la bouteille de gaz vide que nous devons mettre à la consigne. Nous arrivons plutôt dignement sur le quai – hormis les pleurs de Colombine qui a mis sa sandalette dans l’eau. Dans le seul rayon de soleil de l’après-midi, après avoir trouvé le local poubelles et le code des WC et des douches, nous prenons une glace sur le port – sans serviette ni mouchoirs dans nos sacs, un massacre, seuls le Capitaine et moi sommes capables de manger un cornet sans nous salir, puis nous mettons en quête de l’Intermarché pour notre fameuse bouteille de gaz.

 

Las, il n’y a pas de consigne, il faut aller plus loin, à la station service ou au Bricorama, mais il est 19 h passée, un grain vient de tomber, la jeune troupe pleure, soupire et râle (nous n’avons même pas fait une balade d’un kilomètre). Tant pis pour la douche, nous regagnons le bateau. Problème : il y a tellement de bateaux à couple et tellement d’annexes sur l’eau que nous ne voyons pas très bien comment regagner le nôtre… En soulevant quelques bouts (et s’arroser d’eau du port au passage), nous y parvenons.

Les crêpes salées achetées la veille ayant moisi (nous ne les avions pas mises dans le frigidaire), ce sera des pâtes et des crêpes sucrées.

 

Pendant la nuit, le vent forcit énormément, même à l’abri du port. Bien plus que la musique habituelle du vent dans les haubans, on dirait qu’avec les autres bateaux auxquels nous sommes accrochés, que le vent passe sous les coques pour les soulever. Au milieu de la nuit, un Asparagus mort de trouille s’est réfugié dans notre cabine : trop de bruits bizarres, trop de vent, trop peur. S’il ne se met plus en travers de la couchette comme quand il était petit, il prend néanmoins de la place. Nous passons donc une nuit… assez mauvaise.

Onze jours sur l'eau
Onze jours sur l'eau
Onze jours sur l'eau
Onze jours sur l'eau

Jour 4/Exploration

Aujourd’hui, exploration de l’île à vélo ! Nous reprenons nos réflexes de plaisanciers : ce coup-ci, on met toutes nos chaussures dans un dry bag : ça évite les drames à l’arrivée de l’annexe (devant l’hotel et le café de la jetée). Finalement, nous faisons l’impasse du pique-nique : nous sommes déjà suffisamment chargés rien qu’avec les vestes de quart (méfiance), les gourdes et le goûter, sans compter le bras du moteur électrique – énorme succès avec nos voisins de mouillage et le loueur de vélos… qui habite sur le bateau « Sea sheperd » juste à côté de nous.

 

Chez l’unique loueur ouvert ce jour-là (deux enseignes ont l’air de se partager le marché de la location de vélos et de voitures électriques sur l’île), nous optons pour deux vélos adultes, dont un avec un siège enfant, initialement occupé par Colombine puis par le sac à dos, une charrette – tirée par le Capitaine, initialement occupée par Gabirelle, puis Colombine qui trouvait qu’il faisait « trop froid » sur mon vélo – et deux vélos enfants pour Asparagus et Nimbus. Et casques pour tous les nains. « Et pourquoi pas vous ? » (Parce que c’est moche et que ça tient chaud et qu’on va pas faire une course de vitesse).

 

Nous commençons notre balade par monter la côte à pieds (trop raide), puis pédalons en direction de la pointe des chats (en gros, nous avons choisi nos buts de randonnée en fonction de la poésie de la toponymie : va donc pour la pointe des chats, le trou de l’enfer et le camp des gaulois. Moyennant quoi, nous ne verrons aucun des menhirs de l’île, puisque nous pédalerons essentiellement en direction du sud-ouest et que ceux-ci se trouvent… de l’autre côté).

 

Le temps se couvre quand nous arrivons à la pointe des Chats (nous n’avons pas trouvé l’explication de ce nom), mais les longs éperons rocheux qui s’enfoncent dans la mer valent le détour. Le phare est fermé et ne se visite malheureusement pas, au grand dam des enfants, mais jouer dans les rochers a suffi à leur bonheur ! Pour le déjeuner, nous repartons vers Locmaria où nous avions repéré le Pop’s tavern : nous nous installons dans le grand jardin et les enfants jouent avec les chaises longues (qu’ils ne casseront miraculeusement pas) en attendant le robuste déjeuner : croque-monsieur et double dessert breton : gâteaux bretons nature et à la framboise.

 

Nous repartons affronter le faux-plat de Groix, direction le trou de l’enfer. Les distances ne sont pas énormes, mais les vitesses des vélos de location sont parfois obscures et Nimbus a été particulièrement méritant avec celles de sa monture. Installées dans la charrette, les filles chantent à pleins poumons et sont en pleine forme, nous causant quelques sueurs froides en bordure de falaise. On fait un stop à l’église de La Trinité, admirer les bateaux ex-voto offerts par les équipages reconnaissants, et on arrive sous un grand soleil au départ du sentier qui mène au trou de l’enfer, faille très profonde et abrupte dans la falaise.

 

Nimbus nous fait un magnifique vol plané à l’arrivée. A part quelques mouettes et un tapis de crottes de lapin, il n’y a pas beaucoup d’animaux en haut de la falaise. Le trou de l’enfer est effectivement impressionnant même si, la mer étant plutôt calme cet après-midi là, les vagues sont assez modérées. Gabirelle se pique sur des piquants qui lui déclenchent une série de petits boutons rouges visiblement assez douloureux, heureusement ils auront quasiment disparu à la fin de la balade – nous nous apprêtions à faire un stop à la pharmacie, voire à trouver le médecin pour faire examiner l’éruption.

A 16 heures, il nous reste encore deux heures avant que le loueur ne ferme.

 

Asparagus ayant repéré sur le plan le « camp des gaulois », nous choisissons notre troisième but de balade du jour – d’autant que cela a l’air plus près en distance que la pointe St Nicolas et que la troupe tire la langue – Nimbus, notamment. Avec le plan très sommaire donné par le loueur de vélo, en suivant les directions peintes sur la route et les panneaux, nous finissons par découvrir l’éperon rocheux où des traces d’un oppidum romain ont été découvertes. Plus loin, nous apercevons le seul menhir que nous verrons de notre séjour – mais l’heure tourne et nous n’aurons pas le temps d’y arriver.

 

Après avoir trouvé la biscuiterie du gâteau breton au sarrasin et à la confiture de framboises (miam !), nous allons rendre nos vélos et rembarquons pour préparer nos affaires pour aller prendre une douche (ce qui est quand même le gros avantage du port !) et prendre une glace – à une boule, et avec les serviettes de table dans le sac, c’est beaucoup plus jouable – sur le port, pour nous récompenser de nos efforts.

Surprise : le bassin s’est vidé de ses occupants et nous héritons de nouveaux gentils voisins à tribord. Un gros coup de vent se prépare pour le lendemain, et au vu des prévisions météos, soit nous partons à 7 h 30 pour avoir le temps de rallier Concarneau dans des conditions potables, soit nous restons à Groix un jour de plus.

 

Au vu de la fatigue de la troupe et dans la perspective d’avoir une place au ponton (plus chère mais offrant la possibilité de faire le plein d’eau et d’électricité en étant mieux protégé du vent à la bouée en cas de tempête) nous choisissons la deuxième option.

Nous repartons en annexe à la douche et nous séparons en deux épuipes : les garçons et les filles. Comme nous n’avons qu’un seul savon et un seul schampoing, les garçons passent d’abord à la douche, puis je m’occupe de Colombine (qui hurle comme un cochon qu’on égorge parce que c’est une douche fixée au mur, qui plus est la dernière de la colonne avec un filet d’eau chaude, donc quasiment froide), et de Gabirelle.

 

Nous regagnons le bateau et renonçons à faire dîner les enfants sur le pont : notre voisin fait de l’électricité en faisant tourner son moteur, dégageant une bonne odeur de gasoil et puis la fraîcheur tombe. En revanche, tout le linge laissé sur les filières pendant la journée a bien séché. Une omelette et un fruit, et hop ! tout le monde au lit. Nous pensions que les filles seraient assommées de la journée : pas du tout, il a fallu encore séparer les demoiselles pour le début de la soirée.

Onze jours sur l'eau

Jour 5/Îliens un jour de plus

Après un réveil relativement tardif, 9 heures et des brouettes, le petit-déjeuner, le gars de la Capitainerie nous informe que nous pouvons avoir une place au port. Nous décidons alors de bouger – soit ranger l’annexe, le moteur, descendre les pare-battages parce que le ponton sera plus bas – avant que le Navix faisant liaison Lorient-Groix ne parte. Le vent commence à se lever, et nous déporte vers notre voisin : nous heurtons un de ses chandeliers en nous séparant – ce qui nécessitera de le changer – et manquons de peu de taper un autre bateau, nous réussissons finalement notre demi-tour, aidés par le bateau de la Capitainerie qui nous pousse pour nous redresser – en marche arrière, Bolero est très peu mobile. En arrivant sur l’autre ponton, heureusement nos nouveaux voisins nous voient arriver et nous aident à nous amarrer, ce qui nous évite une deuxième avarie. Pour la blague, notre voisin de tribord se retrouve entre deux… Bolero.

 

En remontant l’annexe pour aller régler notre sinistre de chandelier, le Capitaine s’aperçoit que le moteur s’est désaxé par rapport à l’hélice – et bien évidemment, il n’a pas la clé Allen de la bonne taille… Il n’y a pas de magasin d’acastillage à Groix, mais nous sommes amarrés pas loin de l’atelier du rouquin-marteau, qui restaure des bateaux… et qui a le bon outil. Finalement, plus de peur que de mal : le capitaine et Asparagus peuvent partir régler l’affaire du chandelier, à l’amiable, autour d’un verre de blanc et d’un coca-cola, et en y gagnant peut-être un futur équipier pour les régates.

Pendant ce temps, j’avais préparé des salades de tomates pour le déjeuner – que nous avons pris à l’extérieur -, avec du jambon et des abricots. Puis sieste pour les filles – qui avaient été très sages, faisant des dessins -, lecture et dessins pour les garçons.

 

Et là, nouveau drame : la pompe des toilettes, qui fuyait un petit peu, a rendu l’âme, les rendant inutilisables. Nous devons aller aux toilettes sur le quai (ce qui nécessite d’escorter les enfants qui n’ont jamais envie en même temps d’y aller). Après le goûter, nous partons faire une mini-balade et en profitons pour visiter l’éco-musée : il fait moche et froid, pas possible d’aller à la plage aujourd’hui. L’éco-musée est très bien fait, retraçant l’histoire de l’île depuis le Néolithique (et même avant, Groix ayant un intérêt géologique certain), en passant par les saints solitaires (Saint Tudy serait arrivé sur un menhir), le développement des flottes de pêche et le sauvetage en mer, Groix étant l’une des premières stations de sauvetage en mer installées sous Napoléon III en France. Bien évidemment, nous l’avons visité au pas de course, mais cela valait le coup.

 

Après un petit détour par la boulangerie pour avoir de quoi petit-déjeuner demain matin, nous regagnons le bateau, en ayant acheté le dîner spécial Groix des adultes : des huîtres (plus simple que le homard). Nous regagnons le bateau juste avant le début de la tempête, mettons les enfants en pyjama pendant que le Capitaine prépare des pizzas maison pour leur dîner. Nous prévoyons de partir tôt le lendemain puisqu’un nouveau coup de vent est prévu demain vers 14 h : en partant tôt nous aurons le temps d’arriver à Concarneau où la pièce pour réparer nos toilettes nous attends (Happy end). A la fin de notre dîner, le ciel se dégage, mais le mur de la jetée nous cache le coucher de soleil : nous décidons de confier le bateau au mousse en chef, Asparagus : tout le monde a l’air de dormir ou presque et profitons un peu de la lumière du soir.

 

Quand nous rentrons, Asparagus nous débriefe la soirée : tout le monde s’est relevé pour « aller aux toilettes » (aka le seau) après notre départ, mais le calme règne dans le bateau. Nous nous endormons à peine qu’un groupe de jeunes squattant devant la capitainerie en profite pour mettre du rap à fond la caisse et ce jusqu’à 2 h du matin. Etonnement, alors que pendant deux jours, nous avons vu les gendarmes (dont la caserne est juste au-dessus du port) patrouiller au milieu des cyclistes, des retraités en voiturettes électriques, tout juste débarqués du Navix, et des gamins léchant des glaces sur le pont, là, visiblement, il n’y avait plus personne pour intervenir…

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Jour 6/Où l'on arrivera jamais à Concarneau

Comme prévu, le réveil programmé à 8 heures sonne. Et là, surprise, il faut lever les mousses presque de force (ceux-ci s’éveillant pourtant naturellement et à grands bruits entre 8 h et 8 h 30 tous les matins), le seul matin où il faut se presser un peu. A 9 h 15, nous quittons (à peu près proprement en termes de manœuvre) le port de Groix, croisant tous les bateaux de la SNSM (nous avons appris hier en visitant l’écomusée que Groix avait été la première station de sauvetage en mer de France en 1866 grâce au don d’un canot de sauvetage par l’impératrice Eugénie, le développement des transports maritimes où la rentabilité primait sur la sécurité – oh wait ! – entraînant également une multiplication des naufrages, notamment à la pointe des Chats et au trou de l’Enfer).

 

Dès la montée de la grand-voile, j’ai bien senti que le vent était déjà bien fort, le bateau s’est mis à fortement gîter directement – ce qui n’a absolument pas dérangé Colombine et Gabirelle qui continuaient à dessiner impertubablement dans le carré alors que tout valdinguait autour d’elles. Impression renforcée une heure plus tard, quand j’ai dû prendre la barre pendant que le Capitaine faisait prendre un ris à la grand-voile (la réduisait pour que nous perdions un peu de vitesse et de gîte). Les vagues me semblaient énormes et décider à ma place de la direction que prenaient le bateau. Une, deux, trois, quatre… à la dixième je déclarai forfait et qu’il était hors de question de subir cela pendant quatre heures jusqu’à Concarneau. Décision a été prise donc de rallier Port-Louis (avec un peu moins de mer et de vent au final).

 

J’ai mis les filles chacune dans une cabine, rangé les feutres et les crayons de couleur, fermé la cocotte minute pour y contenir les haricots verts et l’ait coincé dans l’évier. Au bout d’une demi-heure, Colombine, apeurée, m’a appelée et je suis restée avec elle dans la cabine quasiment jusqu’à Port-Louis. Je n’avais jamais entendu Boléro craquer et gémir comme ça. Et je crois que j’ai eu un début de mal de mer pour la première fois, qui ne s’est estompé qu’après le déjeuner. Sortir de la cabine pour aider à la manœuvre d’amarrage à Port-Louis a été une lutte. Heureusement, la capitainerie est très organisée et nous avions prévenu de notre arrivée, nous avions deux places de ponton pour nous installer et n’avons pas trop foiré la manœuvre.

 

En allant à la capitainerie nous déclarer, nous décidons d’aller déjeuner à la Cité de la mer et de la visiter par la même occasion : le bateau-bus met à 10 minutes de trajet le port de plaisance et la Cité de la mer. Auparavant, le Capitaine file chez Uship récupérer la pompe des toilettes afin de la changer, mais le magasin est déjà fermé, il devra y retourner à 14 h – celle de Concarneau secourera d’autres marins – et nous allons checker les horaires de messe – il y en a une ce soir à 18 heures, parfait. D’autant que Gabirelle nous quitte ce soir pour regagner la Touraine.

 

Nous décidons d’aller déjeuner à la Cité de la mer et de la visiter : le bateau-bus qui rejoint Lorient en dix minutes fait un arrêt au pied de la Capitainerie. Ensuite, un bus fait la correspondance jusqu’au musée. Au troisième restaurant – une crêperie qui a ouvert au début du mois – nous trouvons enfin une table qui nous accepte tous les 6, de bonne tenue. Le Capitaine m’avoue alors avoir un peu sous-estimé la houle, et que, oui, des vagues de 2 mètres, ça fiche un peu la trouille. Je confirme.

Pendant que le Capitaine tente de récupérer la fameuse pompe, les enfants testent la super nouvelle aire de jeu de la Cité de la mer, d’où ils ne veulent plus repartir quand il s’agit de visiter la Cité elle-même.

 

Nous n’avons parcouru que l’aile consacrée à la navigation, hyper bien faite, où tout le bateau est expliqué de A à Z. On peut essayer de barrer sur des simulateurs, hisser le foc ou la grand-voile, je me suis fait mal au bras sur un moulin à café (un winch à double manivelle)… Mais la petite troupe se fatiguant vite et l’heure tournant, nous sommes rentrés pour avoir le temps de gouter, de faire la valise de Gabirelle en essayant de ne rien oublier, lancer une machine à la laverie et partir à la messe dans la jolie église 18e. En sortant, j’ai couru après des pièces de 2 euros pour le sèche-linge (2 euros le cycle de 20 min). Pour une très grosse machine (tambour quasi-plein à ras-bord), il m’a fallu trois cycles de séchage pour arriver à un résultat correct. Le fait d’avoir embarqué la marchette pour transporter le linge a été assez pratique.

 

Quand je suis rentrée au bateau, Pam venait d’arriver pour chercher Gabirelle, qui, au grand dam de ses cousins que nous avons mis au lit à grand-peine, a eu le droit de rester à l’apéritif dans le carré. Après leur départ, j’ai plié le linge, et mis à sécher sur les filières tout ce qui n’était pas entièrement sec, en ayant vérifié avant qu’il ne pleuvrait pas cette nuit. En revanche, le vent s’était bien levé : ici aussi, on avait l’impression qu’il faisait vibrer la coque du bateau sous l’eau.

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Jour 7/Sous la pluie

Ce matin, le Capitaine est allé nous chercher des croissants et des pains au chocolat. A 9 heures et des brouettes, une voix flûtée m’apprend qu’il y a un eu un pipi au lit dans la cabine de Colombine : le temps de sortir ses draps et ses affaires et de la rhabiller, la pluie commence à tomber et j’ai tout juste le temps de récupérer le linge sur les filières, qui est sec, heureusement. Nous rangeons les cabines avec les garçons et prenons ensuite le petit-déjeuner.

 

Au menu de ce matin : douches et machines (il me restait une pastille de lessive). Le Capitaine doit racheter une bouteille de gaz et mettre la nôtre à la consigne – un feuilleton qui dure depuis trois jours – et part donc en vadrouille. Les douches de Port-Louis sont les plus cosy que nous ayons vues : un petit salon d’attente avec « Le Télégramme » du week-end pour patienter et un canapé, des douches ultra-modernes avec : de l’eau chaude, une pomme de douche et même un siège pour les vieux marins et des petits lavabos individuels à la bonne hauteur. Hyper agréable, même Colombine l’a reconnu, un peu marquée par la douche quasi froide de Groix. Comme il pleut des trombes dehors, je ne lui lave pas les cheveux. Les garçons ne voulant pas accompagner leur père en courses, ils sont censés garder leur sœur… Et bien évidemment se chamaillent tous les trois si fort que je les entend même sous la douche. En plus, on s’est fait doubler pour le sèche-linge par nos voisins de ponton.

 

Sous une trombe d’eau – le crachin s’est clairement intensifié - , nous partons en quête d’un restaurant et essuyons deux échecs avant de trouver une taverne accueillante près de l’église, où nous nous régalons de moules frites. Le Capitaine rentre coucher la troupe – Colombine a la sieste, nous savons que les après-midis comme hier où elle ne dort sont suivies de journées assez pénibles, la demoiselle étant alors d’une humeur de dogue – pendant que je retente ma chance au sèche-linge. Celui-ci est encore plein de linge – sec – que je plie, pendant que mon linge tourne. Comme la machine était vraiment à moitié pleine, deux cycles de séchage suffisent.

 

Au lever de la sieste, nous voulions aller visiter le musée de la Compagnie des Indes, mais Colombine refuse de marcher et de bouger. Le Capitaine et les garçons partent donc pour la citadelle et je reste avec la demoiselle sur le bateau. Ils reviennent enthousiasmés par leur visite. La pluie continue de tomber, l’humidité envahit le carré – mon jean teint en bleu la banquette – alors que, jusqu’ici nous trouvions que le bateau tenait pas mal l’humidité. Nous espérons que le beau temps revienne demain, pour pouvoir faire un petit saut de puce sur la côte.

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Jour 8/Où l'on se retrouve à Ploemeur

Je suis réveillée par… une goutte d’eau qui tombe directement dans mon oreille : du fait du froid hier soir, nous avons dormi hublots et porte fermée (nous avons laissé le radiateur dans la voiture en partant, pensant ne pas en avoir besoin…). Résultat : il y a de l’eau sur toutes les parois, ce qui nécessite de tout essuyer et de bien ventiler le bateau. Nimbus ayant eu un accident de pipi au lit, nous sommes bons pour un nouveau cycle de lessive, ce qui me laisse le temps d’aller visiter la citadelle – je me limite au musée de la Compagnie des Indes et à l’exposition temporaire connexe, « Rien que pour vos yeux », qui est magnifique. Il fait grand beau et le spectacle de la baie depuis la citadelle est splendide. L’opération « fruits frais » du Capitaine et des enfants s’est soldée par un échec, nous partons quand même, avec dans l’idée d’aller à la plage pas très loin, à l’ouest de Port-Louis. Les Glénans, ce sera pour une autre fois.

 

Il y a encore de la mer et du vent, mais longer la citadelle à la voile est vraiment chouette. Croiser un pétrolier prénommé Aristide un peu moins – c’est vraiment très impressionnant, la masse sur l’eau de ce cargo. Nous voyons ensuite une nuée de planches à voile, partant de Groix et de Port-Louis, je n’en avais jamais vu autant sur l’eau. Le bateau gîte énormément et notre cap nous oblige à de nombreux virements de bord, avec Asparagus – nous aurons même du mal à rentrer le foc tellement celui-ci était tendu en arrivant à la plage du Stole de Ploemeur – pas du tout là où nous pensions arriver.

 

Et pile au moment où nous nous amarrons à un corps mort – qui ont l’air d’être non nominatifs, personne ne viendra nous demander ce que nous faisons là. Il y a de nombreux petits bateaux à moteur et à voile, mais nous sommes les seuls à passer la nuit là – j’entends une respiration « fffffouf » et un « splatsh » d’une quue… de dauphin ! Notre premier dauphin, qui vient nager autour du bateau, les enfants sont aux anges. Il est visiblement l’attraction de Ploemeur cet après-midi et nous le verrons nager plus loin dans l’après-midi, mais il ne reviendra pas près de nous, au grand dam des enfants (cela les aura bien occupés, merci Flipper).

 

Nous déjeunons à 14 h d’un poulet (acheté à Port-Louis) et de légumes, puis, après la sieste de Colombine, nous partons en annexe à la plage pour le goûter. A 19 h, les sauveteurs en mer sonnent la fin des bains et nous regagnons le bateau. Les enfants filent se coucher sans demander leur reste et nous pouvons profiter de l’apéritif sur le pont et du coucher de soleil (l’un des premiers de la croisière ! Nous avons beaucoup moins de chance que l’an dernier). Le bateau gîte beaucoup… mais cela nous berce vite pour dormir.
 

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Jour 9/ Vamos a la playa

 

Après le petit-déjeuner, une fois la vaisselle faite, le Capitaine a mis au four un « jifoutou » (une tarte poulet tomate) et nous repartons en direction de Groix, en visant la plage des Grands Sables : une navigation facile d’une heure et demie, au soleil, en évitant le ballet des planches à voile, entre celles partant de Ploemeur et celles partant de Groix. Nous dégustons le « jifoutou » en arrivant, en déjeunant dans le carré extérieur. Puis, comme tous les jours, Colombine part faire la sieste et les garçons lisent dans leur cabine avant de se baigner du bateau sur un pare-batage attaché à un bout.

 

A 15 h 30, nous partons en annexe pour la plage, longue étendue de sable blanc, eau turquoise, avec quelques gros rochers et l’école de planches à voile et de Hobie Cat. On pourrait presque (presque) se croire aux Antilles. Les garçons se baignent, Colombine aussi, buvant même la tasse. Quand nous repartons à 17 h 30, le vent avait levé et les vagues s’étaient formées : le trajet en annexe nous a semblé particulièrement long et la remontée sur le bateau un peu périlleuse.

 

Puis, après la douche et le rhabillage des enfants, nous avons déplacé le bateau pour la nuit pas loin de la pointe de Chats, en espérant que la houle et le vent y seraient moins forts. Au milieu de la nuit, la pluie se mit à tomber… alors que toutes les serviettes de plage et de toilette séchaient sur les filières, sans compter les innombrables débarbouillettes (nous sommes un bateau 0 sopalin).

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Jour 10/Scottish day

Quand nous nous levons, un fin crachin tombe, tout le linge est trempé et nous avons 5 heures de navigation devant nous pour rejoindre Belle-Île : comme nous rendons le bateau vendredi, nous n’avons plus le temps de tergiverser : il faut faire la route ce matin d’autant que la pluie s’annonce l’après-midi.

 

Nous nous habillons chaudement, sortons les vestes de quart pour une traversée assez sportive – mer grise, vagues avec creux de 1 m, bateau constamment à la gîte mais heureusement sans trop de virements de bord. Nous chantons toutes les chansons que nous connaissons pour faire passer le temps (et la trouille aussi), finissons par déjeuner en mer – d’abord un apéritif, fromage et saucisson – puis la tarte chèvre-aubergines qui a cuit en navigation. Comme le pilote automatique (qui ne marchait pas depuis notre départ) fonctionne à nouveau, le Capitaine peut aller nous chercher les plats dans le carré, que nous mangeons à la main, façon pique-nique, on allait pas en plus sortir la vaisselle.

 

Nous arrivons à Belle-Île sous la pluie, décidons, au vu des vagues, de ne pas aller au Palais ni aux Grands-Sables (en plus il fait moche), mais de gagner la pointe en espérant être plus à l’abri de l’autre côté. Peine perdue : à Port-Blanc, il fait froid, il y a du vent et de la houle, mais nous avons trouvé un corps mort et nous posons là.

 

Au goûter, nous fêtons mon anniversaire, puis les enfants regardent un film (Peter Pan 2, je vous déconseille, c’est extrêmement mauvais), après leur dîner et leur coucher rapide (entretemps, il pleut, et le linge mouillé que nous avions mis à sécher est de nouveau trempé), nous dînons à notre tour et, comme nous n’avons pas pensé à prendre de DVD de grands, je choisis l’œuvre du soir : « Cendrillon ». C’est mon anniversaire, après tout !

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Jour 11/Houat, avant-dernière étape

Après la nuit la plus merdique de toute la croisière (en terme de houle, j’avais juste l’impression qu’une main secouait Boléro selon une chorégraphie très travaillée : appuyer deux fois sur l’avant du bateau – bam ! bam ! – puis deux fois par l’arrière en nous remuant de gauche à droite, puis nous laisser souffler une à deux minutes avant de reprendre de plus belle et ce jusqu’à 7 heures du matin – à peu près), nous avons vite rangé le bateau (en laissant le temps aux enfants de commencer « Cendrillon », puisque Colombine nous avait surpris en flag hier soir en allant aux toilettes) puis sommes partis, à petite allure (3 nœuds), ce qui nous a changé des jours précédents.

 

Il y a même eu un peu de soleil pour nous réchauffer (et commencer de sécher le linge), et nous sommes arrivés à Houat, sur la grande plage, sous un grand soleil. Nous avions projeté de déjeuner au bourg, et avons particulièrement bien réussi notre débarquement, en comparaison de celui de l’an dernier. Si la houle nous semble très faible par rapport à celle de la veille, il y a un peu de vent. Nous allons déjeuner au café du bourg puis sommes redescendus à la plage, où les garçons ont entrepris d’écrire « Vive les vacances ! » sur le sable (entreprise rendue impossible par leur sœur qui s’ingéniait à marcher dessus), après avoir vu un « Houat ze Fuk » en débarquant du bateau, qui les a enchantés. Nous avons ramassé moult coquillages avec Colombine (nous sommes arrivés à marée basse), des coquilles d’oursins qui n’ont pas tenu le choc, des carapaces de crabe vides et comme tatouées.

 

A 16 h, le Capitaine est remonté au bourg – l’épicerie et la boulangerie venaient de rouvrir – pour compléter notre dîner de légumes frais – des tomates en l’occurrence, puis tous se sont baignés et nous sommes repartis à 17 h 30, non sans nous être mouillés les fesses dans les vagues en remontant dans l’annexe – le tout assez dignement et sans larmes. Puis ceux-qui-étaient-plein-de-sable se sont lavés sur le pont, j’ai ramassé le linge qui était enfin sec et réentendu les serviettes, etc., les enfants ont dîné sur le pont… Et nous à l’intérieur, surveillés par une mouette postée sur la bouée de secours, qui entendait bien récupérer la peau du hareng fumé que nous avions au menu ce soir. Nous avons regardé le coucher de soleil en grelottant (on peut les compter sur les doigts d'une main, pour cette croisière), le joueur de biniou d'un bateau voisin n'a pas tenu très longtemps lui non plus.

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Jour 11/Retour à terre

Dernière journée en mer, petit pincement au cœur à l’idée de retourner à terre : ça veut aussi dire qu’on entame la deuxième partie des vacances et que ces jours sont passés trop vite. Mais la houle qui fait valser le bateau – pendant que le Capitaine et les enfants sont descendus pour une dernière partie de plage, je commence les sacs et à ranger – nous met presque de bonne humeur pour rentrer, après un pique-nique sommaire. Colombine part faire la sieste et nous levons l’ancre.

 

Nous avançons à bonne allure, sur une baie de Quiberon presque déserte. D’ailleurs, comparativement à l’été précédent, nous avons croisé très peu de bateaux sur l’eau, comme au mouillage (à part dans les ports). En arrivant au Trého avant de nous engager dans le chenal, nous affalons les voiles, mais le foc s’enroule mal, trop vite, et forme une coque. Le Capitaine me donne la barre, va à l’avant tenter de démêler le coquetier, en vain. Evidemment, le couteau de cockpit a été rangé dans le sac de pêche… qui est au fond du coffre. Un coup de couteau plus tard dans l’écoute, le foc est finalement bien rangé, mais dans la bataille, je suis de nouveau mal tombée sur le bras droit, réveillant la douleur que j’avais réussi à calmer à coup de baume de St Bernard depuis mercredi : je suis bonne pour aller chez l’osthéopathe une fois à terre.

 

Nous devons refaire le plein d’essence, mais il y a foule à la pompe et nous devons faire des ronds dans l’eau (pas facile parce que le moteur de Boléro n’est pas très puissant et que le courant du port nous déporte) en attendant notre tour. Heureusement, comme nous sommes arrivés relativement tôt, nous avons une « vraie place » au ponton. Nous commençons à vider le bateau avec les sacs déjà bouclés (je ne peux rien soulever avec mon bras), les enfants remontent à la maison avec leur grand-mère et une partie de nos affaires. Les équipes du loueur n’ont pas le temps de faire le ménage du bateau et nous font comprendre que ce serait mieux si nous nous en chargions… Ce que nous ferons. En gros, il nous faudra 4 heures pour ranger, vider, enlever les filets et laver le pont… Notre espace est pleine jusqu’au plafond MAIS avec l’argent économisé sur le ménage du bateau nous avons une cagnotte pour prendre un pot-dîner bien mérité.

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Primée

27 Juin 2017, 21:51pm

Publié par lapetitemaison

Primée

Tout a commencé par un mail de mon père, en mars : "il y a un concours d'écriture organisé par la bibliothèque de ma ville, tu devrais essayer". Chiche. Le thème, intéressant, était : "Eux sur la photo". Inspiré par le livre d'Isabelle Monnin, "Les gens dans l'enveloppe" (on le trouve en Livre de Poche, un très bon livre d'été à glisser dans sa valise). Dans ce livre, Isabelle Monnin imagine d'abord la vie des gens figurant sur des photos trouvées dans une brocante avant de mener une véritable enquête et de reconstituer la vie des gens dans l'enveloppe. Pas moins romanesque que sa première version.

Après quinze jours de procrastination ("j'y vais ? J'y vais pas ? ça n'a rien à voir avec cet espace d'expression, pas forcément lu de tous, où j'ai finalement peu de retour sur mon écriture – ce qui me va très bien. Et puis c'est quand même une vraie histoire à bâtir, 10 à 1 pages, loin de ma production habituelle, que je ne quantifie jamais, d'ailleurs), je me lance, autour d'une photo que j'avais vu passer sur Twitter, où j'effectue ma veille professionnelle : deux funambules, sur un fil, à Toulouse, en 1954.

On est déjà début avril, j'ai 25 000 signes à pondre… Pas simple, simple. Je me documente, je reconstitue l'histoire - officielle - à partir de ce que je trouve sur Internet (merci Google), parce que je ne me vois pas tout inventer, il faut quand même que cela ait l'air crédible, réel. Finalement, à raison de 3000 signes par ci, par là, de soirées, de début de matinée au Neptune, j'ai réussi à envoyer un document, 48 heures avant la fin du concours.

Ensuite, pas de nouvelles. Comme je l'avais envoyé par mail, je me demandais si celui-ci s'était perdu dans les méandres du Web. Si ça se trouve, mon document était mal paramétré, ils ne l'ont même pas lu. Cela ne leur a pas plu du tout. C'était lourd, nianniache, mal emmanché. Bref, j'essayais de ne plus y penser tout en y pensant encore. Au début de la semaine dernière, rangeant son bureau (!), le Capitaine est retombé sur ma fiche d'inscription au concours. "Et alors, tu as eu des nouvelles ?" Non, aucune. Puis, 48 heures après, miracle :

"Suite à votre participation au Concours d’écriture, […] vous faites partie des sept finalistes. Aussi, vous êtes chaleureusement conviés à la remise du Prix, qui aura lieu lors des Fêtes de la Ville le samedi 24 juin 017 à 18 h 30 au Parc de la Grande Terre. Merci de nous confirmer ou non votre présence..."

Cela ne m'arrangeait pas du tout : j'étais toute seule ce week-end-là, le Capitaine étant en mer (comme un week-end sur deux une bonne partie de cette année), Asparagus fêtait ses 10 ans avec Grand-Maman, j'avais réussi à caser Nimbus et Colombine chez JB et tante Ma'ie (grâces leur soient rendues), mais je m'étais engagée de longue date pour la brocante de la paroisse, dimanche 25 juin, et la veille il fallait charger les cartons dans les voitures. De 17 heures à 18  heures.

Je suis donc arrivée complètement à la bourre au dit Parc, en rejoignant le lieu de la remise du prix en me fiant à la provenance du son qui diffusait les discours. Et cinq minutes plus tard, surprise, c'était moi qui était appelée pour le premier prix. Et ses 1 000  euros. Et la publication papier de ma nouvelle à la rentrée, chez un éditeur de Plaisir (Yvelines).

Je suis repartie à  19 heures, un peu sonnée par le verre de rosé, les félicitations du jury. Pour une nouvelle écrite un peu à l'arrache, que vous pouvez lire ici.

 

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120 mois

28 Mai 2017, 21:02pm

Publié par lapetitemaison

120 mois

120 mois de maternité - et de paternité. Bam. Déjà ?? Oui, si l'on en croit le compteur officiel d'Asparagus (qui, un mois avant le jour J, a tenu le décompte des jours restants avant son anniversaire tous les matins, entre deux bouchées de tartine, ce qui n'était pas toujours très intelligible) ?

Dix ans, putain, punaise. "Tu vas voir, ta vie va complètement changer après", m'avait dit à un dîner une belle-cousine. A l'époque, j'avais trouvé cela assez sot comme réflexion. Puis il y avait eu cette femme croisée chez le pédiatre, pour la visite des un mois d'Asparagus, alors que je venais de triompher d'un parcours du combattant, à savoir, entre deux biberons, harnacher l'être, le sac à langer, slalomer entre les poubelles avec la poussette jusque chez le pédiatre, défaire la coque, replier les pieds de la poussette, porter l'œuf jusque dans le cabinet, le désincarcérer de ladite coque et m'entendre dire : "profitez-en, ça passe tellement vite" (alors, que, personnellement, je trouvais que ce mois de mai 2007 n'en finissait pas).

Alors, oui, ma vie a complètement changé après. J'ai appris à démultiplier mon temps de cerveau disponible (et à laisser tomber la télé, on a même plus de poste), à dormir en mode veille (ce dont je me rends compte quand ils ne sont pas là), à trouver que un, ce n'est pas tellement de travail (parce que j'ai eu un bébé en or, qui mangeait bien, dormait bien, hormis quand il faisait ses dents la première année, ce qui fait qu'il a été très facile de repartir dans la folle aventure de la parentalité avec Nimbus 22 mois après son arrivée), à voir surgir des batailles, dont celles de l'eczema qui a bien pourri sa troisième année (nos nuits, nos jours, nos nerfs à tel point que l'on se demande encore comment nous y avons survécu) et s'est poursuivie jusqu'à ses 6 ans environ, conjointement avec celle de l'asthme (pas encore gagné, mais il a appris à le gérer comme un grand).

Alors oui, ça a passé tellement vite que les années parfois se mélangent dans ma tête, alors que je sais bien qu'Asparagus a dix ans et presque juste encore 20 cm de moins que moi, qu'il n'est qu'à une pointure de me piquer mes chaussures, que dans un an c'est le collège (et que je suis plus angoissée que lui à l'idée de batailler avec les profs et sa dysorthographie, qui passe jusqu'à présent pour une lubie de mère stressée – alors que le diagnostic est confirmé à la fois par son orthophoniste et une neuro-psy que nous sommes allés voir en janvier. Asparagus avait plié les tests à 13 h, et, au lieu de revenir chez la dame l'après-midi, nous allés déjeuner de l'autre côté de la Seine avec son père - il était aux anges.

120 mois

Pour son dixième anniversaire, nous avons offert un billet d'avion à Asparagus, direction Londres, chez son parrain. Très prosaïquement parce que Eurostar n'autorise pas les enfants non-accompagnés à bord avant leurs 12 ans. On a pris la voie aérienne (autorisée à partir de 7 ans). Asparagus, qui avait fait le fanfaron jusque-là (alors que son frère avait fondu en larmes à l'annonce de ce vol en UM : "mais comment va-t-il faire ? Il va se perdre et on ne le retrouvera jamais !"), n'en menait pas large à l'enregistrement ("mais pourquoi tu viens pas avec moi ?"), pour, au final, partir sans se retourner quand l'hôtesse est venue le chercher. Au retour, seul UM du vol, il a eu le droit d'aider le stewart à faire le service (et à gratter une cannette de coca supplémentaire), ainsi que, surprise, de venir dans le cockpit alors l'avion commençait sa descente sur Charles-de-Gaulle : voir Paris de nuit du ciel, le rêve !

Le jour J, j'avais été commandé un très bon framboisier à côté du bureau (les fraisiers avaient été pris d'assaut), que j'ai récupéré sous la pluie et porté comme un trésor à travers la foule de Saint-Lazare.

J'avais aussi, sur une excellente idée de sa marraine, édité dix droits pour ses dix ans (une idée recyclée à un ami qui avait eu les mêmes droits - en plus vintage - pour ses dix ans) :

- le droit d'avoir dix ans (ok, c'est un peu une arnaque, c'est pas vraiment un droit, mais il n'y en a plus que 9 à trouver. Pas mal, non ?)

- choisir ses vêtements : énorme challenge, Asparagus n'ayant pas exactement le sens des couleurs et des motifs. Mais il faut bien se lancer (oui je préparais leurs vêtements le soir, gain de temps le matin)

- lire jusqu'à 20 h 30 les vendredis et samedis soirs (easy. Mais le fait de gérer l'extinction de la lumière lui plaît beaucoup. En revanche, il réclame toujours bisou et câlin, on ne va pas s'en priver)

- prendre le bus seul : pas évident. Mais il l'a fait pour revenir d'un anniversaire un samedi matin, nous avions eu un SMS de la maman au départ d'Asparagus du Kids Palace, qui a pris le bus du soir, et descendu à son arrêt depuis trois ans. Opération réussie. En revanche, pour localiser le bus pour rentrer de l'escrime, ce n'est pas encore ça...

- 1 euro d'argent de poche tous les mois. Le Capitaine était contre, moi pour. Après tout, au même âge, nous avions , avec sa marraine, 1 livre d'argent de poche par semaine à Londres, nous ne pouvions rien acheter avec, économisions jusqu'à tout claquer dans le cadeau de la fête des mères - un vase que nous avions réussi à casser sur le trajet du retour à la maison. Succès total. Pour le moment, le versement de l'argent de poche est conditionné au comportement du week-end, et ça fonctionne pas trop mal... Asparagus n'a encore rien acheté avec mais prévoit malheureusement d'investir dans un horrible galion de pirates en plastique vu dans la boutique de souvenirs en Bretagne. Heureusement, il y a mon anniversaire avant, hin, hin, hin.

- choisir un menu par semaine : pas toujours appliqué, mais ça lui plaît. Et ça ne mange pas de pain.

- faire une activité une fois par trimestre avec ses chers parents : au départ, je m'étais enflammée sur une fois par mois. Une fois par trimestre c'est pas mal (et on a la pression d'ici à fin juin). Cela peut aller d'un ciné à un apéro, ou un DVD vu ensemble. Ou un truc vraiment trop cool (aka aller voir un match de foot ou de rugby).

- aller à la plage seul : dans les faits, c'est déjà le cas, enfin surtout pour rentrer seul de la plage. Mais cela veut dire aussi : cet aprem, tu fais ce que tu veux. Pas sûr que ce droit soit utilisé immédiatement...

- faire du vélo seul (et aller chercher le pain à la boîte à pain à La Rinissé) : parce que Asparagus aime faire du vélo. Mais seul, pas envie, pas là. Utilisera-t-il ce droit cet été ? Les paris sont lancés...

 

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Pendant qu'ils ne sont pas là

2 Avril 2017, 19:55pm

Publié par lapetitemaison

Pendant qu'ils ne sont pas là

Samedi matin, les enfants sont partis en vacances avec Mané, direction la Bretagne. C'était notre premier week-end seuls depuis… les vacances de la Toussaint, et, qui plus est, un week-end où nous restons à la maison. En octobre, nous avions choisi de partir en week-end (en mode improvisé = tous les hôtels en Normandie ou dans la Somme complets, il nous restait le choix entre… Versailles – paye ton exotisme quand tu as grandi à 5 km de là – ou Fontainebleau, que nous ne connaissions ni l'un ni l'autre. Va pour Fontainebleau).

Autant dire que le programme a été chargé. Avant de partir, Nimbus et Asparagus avaient rangé leurs chambres et défait les draps de leurs lits, descendu leurs peluches pour qu'elles soient lavées - un mini-ménage de printemps. La machine à laver ronronnait dans le sous-sol depuis 9 heures.

Pendant que j'allais rejoindre des amies de lycée pour le déjeuner - l'année dernière j'avais loupé la venue annuelle de la Lyonnaise pour cause de virée express à Toulon pour aider ma sœur enceinte à finir de défaire ses cartons de déménagement, le Capitaine en a profité pour solder un dossier en souffrance depuis un an : coudre les petits anneaux et fixer le store de la chambre de Colombine. Difficile à faire quand la demoiselle fait la sieste...

Vers 13 h, SMS : "vous avez l'air d'être seuls ce soir, vous êtes libres pour dîner ?" Je n'arrivais même plus à me rappeler de la dernière fois que nous avions eu une soirée vraiment impromptue (notez que "les enfants ne sont pas là, venez dîner" est le nouveau "mes parents se sont barrés pour le week-end, je fais une soirée improvisée").

Dîner improvisé sans baby sitter = pas de stress sur l'horaire ni de compteur qui tourne. Et une grasse matinée, le lendemain, fort bienvenue pour amortir le choc du changement d'heure de la semaine dernière, ainsi que la fatigue de la dernière semaine de mars.

Au vu du temps splendide et de l'absence totale de programme pour ce dimanche, direction le jardin, pour tondre, désherber (et retrouver une pivoine sur deux, des agapanthes). Comme ma réserver de graines était épuisée, nous sommes allés dans une jardinerie (la première avait fermé), celle de la ferme de Gally (puisque nous étions sur la route, autant y aller).

 

Pendant qu'ils ne sont pas là

La serre était pleine comme un œuf de jardiniers du dimanche, qui, comme nous, débordaient de projets pharaoniques. Il s'agissait de trouver des croisillons pour aider le jasmin à s'étaler sur le mur du fond, une clématite (maintenant que nous avions exterminé la passiflore et tous ses rejets qui étouffaient notre haie), et puis en passant, des plants de potiron nous ont fait de l'œil, ainsi que des plants de tomates, puis des dahlias, des renoncules, de la verveine, de l'aneth, de la menthe... Miracle, tout tenait dans la twingold.

Il a fallu planter tout cela avant que le soleil ne se couche, faire des trous gigantesques (40 x 40, c'est énorme à l'échelle de nos plates-bandes), et encore, tout n'est pas mis en terre ! Reste à voir si ces nouvelles venues s'acclimateront bien à notre jardin, à combattre la malédiction de l'arrosage automatique (qui tombe toujours en panne vers le 30 juillet) et à voir si en septembre, tous les plants auront tenu leurs promesses !

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Sète me free

20 Mars 2017, 08:13am

Publié par lapetitemaison

Sète me free

Pire que l'accouchement et la fête d'anniversaire avec les amis, il y a également les départs en classe verte. Surtout quand le rendez-vous est fixé à 7 heures du matin devant le Train bleu gare de Lyon.

Je ne suis définitivement pas du matin, ni de la team #jemeleveuneheureplustot (souvenez-vous le TRUC hype du printemps dernier. En se levant une heure plus tôt, vous pouvez méditez - sur votre triste sort -, faire du yoga, courir - avant de prendre votre douche -, écrire un roman (?!? à part Mary Higgins Clarck qui avait effectivement adopté cette technique parce que c'était la seule heure où elle était tranquille, rappelez-vous elle était veuve et élevait seule ses enfants), suivre un Mooc… N'en jetez plus.

Donc le départ de Nimbus pour Sète ce lundi matin était déjà en soi une épreuve. D'autant que, à mon bureau, le lundi commence trèèèèèèèèèèèès doucement (= ça s'agite vraiment en début d'après-midi). Ce lundi allait être de facto très, très long.

Je ne me suis vraiment attaquée à la valise que ce week-end, traquant les affaires déjà marquées (première sélection), mais j'avais tout de même une trentaine de vêtements à marquer (façon old school, au fil et à la marque en tissu, c'est plus long - surtout quand tu as un nom de famille à rallonge - mais plus écolo, surtout pour ceux qui récupèrent les affaires ensuite). Le tout en gérant les trois toute seule, le Capitaine étant en mer.

Grand-maman a retrouvé des échantillons de gel douche dans son armoire (bah oui, on utilise du savon en morceau…), j'ai miraculeusement retrouvé une paire de chaussures en plastique qui allait visiblement à Nimbus (finalement, ça sert de garder des trucs au cas où) et je suis venue à bout de ma couture ("Nimbus, je ne marque pas les chaussettes [la flemme]. Tu feras attention, hein"), ai marqué au stylo effaçable les bottes, les chaussures en plastique pour l'activité pêche, étiquetté les lunettes de soleil, la crème solaire, rajouté le dentifrice dans la trousse de toilette et l'enveloppe timbrée à notre adresse. Nimbus a choisi un autre doudou que son Baveux chéri ("on va se moquer de moi, je vais prendre le petit mouton"), ce qui me permettra de laver enfin ledit Baveux.

"Maman, je n'arrive pas à fermer ma valise." Ben tu m'étonnes. Déjà, nous avions récupéré celle d'Asparagus, plus grande et généreusement prêtée. J'ai dû m'asseoir dessus en râlant pour la fermer, et je ne sais pas si les moniteurs arriveront à remettre toute la liste d'affaires exigées dedans... Nimbus risque de revenir avec un sac de linge sale en plus, mais le Capitaine gérera gare de Lyon, vendredi à 17 h 30.

 

Sète me free
Sète me free

Comme toutes les veilles de départ, j'ai très mal dormi. J'avais réservé un taxi (merci Uber), mais je n'étais pas certaine d'en avoir un ("vous serez prévenue avant"). A 6 heures, c'était bon, d'après l'application. Nimbus, qui avait eu beaucoup de mal à s'endormir (= personne ne dormait avant le retour du Capitaine à 21 h 30), était debout d'un coup, contrairement à tous les autres matins d'école. Il grelottait au petit-déjeuner, je n'ai pas insisté sur le chocolat chaud, il a pris une banane et un jus de pomme. Le Capitaine a rajouté des petits gâteaux dans son pique-nique, et en mettant ses chaussures, Nimbus s'est aperçu que nous avions oublié les pantoufles ("tu les mets dans ton sac à dos, je ne rouvre pas la valise !)

Le taxi était pile à l'heure. Il faisait encore nuit quand nous l'avons rejoint au bout de la petite rue (il n'osait pas entrer à cause des panneaux sens interdit et je n'avais pas moyen de le signaler dans l'appli). Nous sommes entrés dans Paris par la porte de Champerret, arrivés à l'Arc de Triomphe, descendu les Champs-Elysées, pris le tunnel sous la Concorde, le Louvre, l'Hôtel de Ville, l'île St Louis, la Conciergerie, le bout des tours de Notre-Dame, puis Jussieu est apparu et nous avons piqué vers la gare de Lyon. Je me suis félicité d'avoir pris l'option taxi : c'était déjà bien chargé à la dépose.

Il est parti presque en courant avec sa valise, rejoindre sa classe sous le Train bleu, où l'attendaient ses deux meilleurs amis (bourrades, cris de joie, comparaisons de valise, etc). Le quatrième larron est arrivé à la bourre. Je suis allée acheter un petit appareil photo jetable (en précisant bien qu'il ne faudrait l'utiliser qu'une fois arrivé, et ne pas essayer de photographier le Massif central depuis le TGV). Le papa d'Adrien a donné une petite leçon de photo : bien tourner la molette, bien cadrer en posant l'œil dans le viseur, appuyer sur le bouton... Et être vraiment sûr de soi : on ne peut pas effacer les photos si on se loupe !! A 7 h 30, la petite troupe s'est ébranlée quai 19 (dans l'autre hall), où ont eu lieu les derniers adieux. Nimbus est parti en bavardant, sans se retourner.

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Opération Carnaval

6 Mars 2017, 08:53am

Publié par lapetitemaison

Opération Carnaval

"Vous lirez bien le cahier, il y a un papier concernant le Carnaval. En plus, vous avez trois enfants, c'est ça ? Vous allez avoir du travail !" m'avait dit la maîtresse de Colombine en me tendant le cahier de liaison fin janvier (elle croit toujours que nous ne le lisons pas, mais généralement, j'ai déjà eu - avec une semaine d'avance - les informations par les grands frères, super au taquet pour ce qui est de la signature des documents toujours "hyper importants" à rendre à l'école).

J'ai ri jaune. Le thème du Carnaval cette année, en lien avec le thème de l'année ("les régions de France"), c'était donc les costumes des régions de France. Asparagus prétendait se déguiser en Napoléon (j'ai refusé, il faut savoir bien lire un document, c'est un costume HISTORIQUE, pas régional), j'ai donc proposé/fortement milité pour des costumes des bergers des Pyrénées. D'abord parce que, pour les grands, ce n'était pas très compliqué (sur le papier). Et puis que c'est quand même la région la plus identifiée de l'arbre généalogique de ces enfants.

Ils avaient déjà des bérets rouges (merci les mariages au Pays basque), des pantalons sombres et mettraient pour une fois les "chemises chics" blanches qui servent - en gros - pour les fêtes de famille et Noël. Restait "juste" à faire des gilets en simili peau de mouton, de larges ceintures rouges. Je me suis enflammée plus tard : j'ai rajouté des foulards rouges.

C'était le costume de Colombine qui allait me demander le plus de travail. Car le costume traditionnel bigourdan, c'est ça : une jupe longue, grise rayée de noir, un châle (j'ai zappé), et surtout, surtout, le capulet, une longue capuche de laine, qui te donne un air de Bernadette Soubirous direct.

Bien évidemment, le Carnaval tombait juste après le week-end d'anniversaire de Nimbus, et en février, nous n'avons été là quasiment aucun week-end, entre la semaine de vacances au ski et le week-end de fin de vacances où nous avons été chercher les enfants à La Rinissé. En clair : j'étais grave, grave à la bourre. Mais, en bon Lion qui se respecte, je ne marche qu'à la pression : ça devait donc le faire.

J'ai donc filé jeudi midi au marché Saint-Pierre (cette chance de bosser dans le nord-ouest de Paris) entre midi et deux (pause-déjeuner la plus rapide ever), pour trouver : de la simili peau de mouton, de la feutrine rouge pour le capulet, du tissu rouge pour les ceintures et les foulards et du tissu rayé noir et gris pour la jupe de Colombine. Ainsi que de l'élastique pour la jupe et du scratch pour les ceintures et du croquet pour égayer un peu le capulet.

J'en suis sortie avec beaucoup trop de simili peau de mouton, la bonne dose de feutrine, tout juste de quoi faire la jupe (surtout quand on coupe la jupe dans le mauvais sens des rayures. Note pour plus tard : couper du tissu à 23 h, c'est pas un bon plan) et pas assez de tissu rouge.

 

Opération Carnaval
Opération Carnaval

J'ai découpé les gilets de berger en me basant sur un pull de chacun des garçons pour la largeur des manches et en adaptant la longueur à chacun (en gros le gilet fait au départ pour Asparagus a échu à Nimbus et j'ai rallongé ledit gilet pour le premier). Et le gilet déjà découpé et surfilé qui était prévu pour Nimbus allait comme un gant à Colombine, qui était ravie d'avoir un gilet tout doux. Ouf !

Je me suis basée sur un de mes foulards pour découper ceux des garçons, je voulais les surfiler et le Capitaine, qui me remplaçait une canette (sa modeste mais bien utile contribution à ce défi couture) m'a dit : "mais laisse tomber, tu te compliques déjà suffisamment la vie comme ça". Dont acte. Les foulards n'ont jamais été surfilés.

Pour la jupe de Colombine (une première pour moi), j'ai suivi un tutoriel en ligne et m'en suis pas trop mal sortie. J'ai bien envie de récidiver au printemps pour d'autres jupes-qui-tournent pour la miss. Colombine porte une chemise rescapée d'une tenue d'enfant d'honneur de ses frères. J'ai rajouté in extremis un tablier sur les conseils de Grand-Maman : la feutrine, c'est rapide à découper et ça fait son effet (de loin). Pour le capulet, j'avais lu qu'il fallait coudre le croquet noir à la main, mais je n'avais pas le courage sur 2 m de feutrine - et pour un déguisement qui ne risque pas vraiment de passer à la machine… Un coup de point droit et zou (A 22 h 30 le dimanche soir, tu taylorises très vite la réalisation…)

Restait les ceintures des bergers : et là, c'est le drame. J'avais vraiment acheté trop peu de tissu. J'ai donc bricolé une sorte de plastron-ceinture (qui faisait bonne figure vu de devant), et récupéré dans mes chutes de tissu de quoi faire deux nouettes pour les attacher dans le dos. De l'utilisation intensive du tissu !

Au final, ils étaient très beaux, et les autres costumes (en tout cas pour la classe de Colombine où les parents étaient autorisés à entrer) très chouettes, même si on comptait un nombre certain Bretons-parisiens, en bottes et cirés jaunes...

Bilan : 10 heures de boulot quand même, des ratés… Et même si la pression fait avancer, un peu plus d'anticipation ne fera pas de mal la prochaine fois ! Mais la gloire c'est quand même quand Asparagus m'a demandé où j'avais acheté ces gilets de berger (qu'ils portent maintenant le soir sur leurs pyjamas) et que j'ai pu répondre (épuisée mais fière) : "c'est moi qui les ai faits !"

 

 

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