Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
La petite maison dans la banlieue

Primée

27 Juin 2017, 21:51pm

Publié par lapetitemaison

Primée

Tout a commencé par un mail de mon père, en mars : "il y a un concours d'écriture organisé par la bibliothèque de ma ville, tu devrais essayer". Chiche. Le thème, intéressant, était : "Eux sur la photo". Inspiré par le livre d'Isabelle Monnin, "Les gens dans l'enveloppe" (on le trouve en Livre de Poche, un très bon livre d'été à glisser dans sa valise). Dans ce livre, Isabelle Monnin imagine d'abord la vie des gens figurant sur des photos trouvées dans une brocante avant de mener une véritable enquête et de reconstituer la vie des gens dans l'enveloppe. Pas moins romanesque que sa première version.

Après quinze jours de procrastination ("j'y vais ? J'y vais pas ? ça n'a rien à voir avec cet espace d'expression, pas forcément lu de tous, où j'ai finalement peu de retour sur mon écriture – ce qui me va très bien. Et puis c'est quand même une vraie histoire à bâtir, 10 à 1 pages, loin de ma production habituelle, que je ne quantifie jamais, d'ailleurs), je me lance, autour d'une photo que j'avais vu passer sur Twitter, où j'effectue ma veille professionnelle : deux funambules, sur un fil, à Toulouse, en 1954.

On est déjà début avril, j'ai 25 000 signes à pondre… Pas simple, simple. Je me documente, je reconstitue l'histoire - officielle - à partir de ce que je trouve sur Internet (merci Google), parce que je ne me vois pas tout inventer, il faut quand même que cela ait l'air crédible, réel. Finalement, à raison de 3000 signes par ci, par là, de soirées, de début de matinée au Neptune, j'ai réussi à envoyer un document, 48 heures avant la fin du concours.

Ensuite, pas de nouvelles. Comme je l'avais envoyé par mail, je me demandais si celui-ci s'était perdu dans les méandres du Web. Si ça se trouve, mon document était mal paramétré, ils ne l'ont même pas lu. Cela ne leur a pas plu du tout. C'était lourd, nianniache, mal emmanché. Bref, j'essayais de ne plus y penser tout en y pensant encore. Au début de la semaine dernière, rangeant son bureau (!), le Capitaine est retombé sur ma fiche d'inscription au concours. "Et alors, tu as eu des nouvelles ?" Non, aucune. Puis, 48 heures après, miracle :

"Suite à votre participation au Concours d’écriture, […] vous faites partie des sept finalistes. Aussi, vous êtes chaleureusement conviés à la remise du Prix, qui aura lieu lors des Fêtes de la Ville le samedi 24 juin 017 à 18 h 30 au Parc de la Grande Terre. Merci de nous confirmer ou non votre présence..."

Cela ne m'arrangeait pas du tout : j'étais toute seule ce week-end-là, le Capitaine étant en mer (comme un week-end sur deux une bonne partie de cette année), Asparagus fêtait ses 10 ans avec Grand-Maman, j'avais réussi à caser Nimbus et Colombine chez JB et tante Ma'ie (grâces leur soient rendues), mais je m'étais engagée de longue date pour la brocante de la paroisse, dimanche 25 juin, et la veille il fallait charger les cartons dans les voitures. De 17 heures à 18  heures.

Je suis donc arrivée complètement à la bourre au dit Parc, en rejoignant le lieu de la remise du prix en me fiant à la provenance du son qui diffusait les discours. Et cinq minutes plus tard, surprise, c'était moi qui était appelée pour le premier prix. Et ses 1 000  euros. Et la publication papier de ma nouvelle à la rentrée, chez un éditeur de Plaisir (Yvelines).

Je suis repartie à  19 heures, un peu sonnée par le verre de rosé, les félicitations du jury. Pour une nouvelle écrite un peu à l'arrache, que vous pouvez lire ici.

 

Voir les commentaires

120 mois

28 Mai 2017, 21:02pm

Publié par lapetitemaison

120 mois

120 mois de maternité - et de paternité. Bam. Déjà ?? Oui, si l'on en croit le compteur officiel d'Asparagus (qui, un mois avant le jour J, a tenu le décompte des jours restants avant son anniversaire tous les matins, entre deux bouchées de tartine, ce qui n'était pas toujours très intelligible) ?

Dix ans, putain, punaise. "Tu vas voir, ta vie va complètement changer après", m'avait dit à un dîner une belle-cousine. A l'époque, j'avais trouvé cela assez sot comme réflexion. Puis il y avait eu cette femme croisée chez le pédiatre, pour la visite des un mois d'Asparagus, alors que je venais de triompher d'un parcours du combattant, à savoir, entre deux biberons, harnacher l'être, le sac à langer, slalomer entre les poubelles avec la poussette jusque chez le pédiatre, défaire la coque, replier les pieds de la poussette, porter l'œuf jusque dans le cabinet, le désincarcérer de ladite coque et m'entendre dire : "profitez-en, ça passe tellement vite" (alors, que, personnellement, je trouvais que ce mois de mai 2007 n'en finissait pas).

Alors, oui, ma vie a complètement changé après. J'ai appris à démultiplier mon temps de cerveau disponible (et à laisser tomber la télé, on a même plus de poste), à dormir en mode veille (ce dont je me rends compte quand ils ne sont pas là), à trouver que un, ce n'est pas tellement de travail (parce que j'ai eu un bébé en or, qui mangeait bien, dormait bien, hormis quand il faisait ses dents la première année, ce qui fait qu'il a été très facile de repartir dans la folle aventure de la parentalité avec Nimbus 22 mois après son arrivée), à voir surgir des batailles, dont celles de l'eczema qui a bien pourri sa troisième année (nos nuits, nos jours, nos nerfs à tel point que l'on se demande encore comment nous y avons survécu) et s'est poursuivie jusqu'à ses 6 ans environ, conjointement avec celle de l'asthme (pas encore gagné, mais il a appris à le gérer comme un grand).

Alors oui, ça a passé tellement vite que les années parfois se mélangent dans ma tête, alors que je sais bien qu'Asparagus a dix ans et presque juste encore 20 cm de moins que moi, qu'il n'est qu'à une pointure de me piquer mes chaussures, que dans un an c'est le collège (et que je suis plus angoissée que lui à l'idée de batailler avec les profs et sa dysorthographie, qui passe jusqu'à présent pour une lubie de mère stressée – alors que le diagnostic est confirmé à la fois par son orthophoniste et une neuro-psy que nous sommes allés voir en janvier. Asparagus avait plié les tests à 13 h, et, au lieu de revenir chez la dame l'après-midi, nous allés déjeuner de l'autre côté de la Seine avec son père - il était aux anges.

120 mois

Pour son dixième anniversaire, nous avons offert un billet d'avion à Asparagus, direction Londres, chez son parrain. Très prosaïquement parce que Eurostar n'autorise pas les enfants non-accompagnés à bord avant leurs 12 ans. On a pris la voie aérienne (autorisée à partir de 7 ans). Asparagus, qui avait fait le fanfaron jusque-là (alors que son frère avait fondu en larmes à l'annonce de ce vol en UM : "mais comment va-t-il faire ? Il va se perdre et on ne le retrouvera jamais !"), n'en menait pas large à l'enregistrement ("mais pourquoi tu viens pas avec moi ?"), pour, au final, partir sans se retourner quand l'hôtesse est venue le chercher. Au retour, seul UM du vol, il a eu le droit d'aider le stewart à faire le service (et à gratter une cannette de coca supplémentaire), ainsi que, surprise, de venir dans le cockpit alors l'avion commençait sa descente sur Charles-de-Gaulle : voir Paris de nuit du ciel, le rêve !

Le jour J, j'avais été commandé un très bon framboisier à côté du bureau (les fraisiers avaient été pris d'assaut), que j'ai récupéré sous la pluie et porté comme un trésor à travers la foule de Saint-Lazare.

J'avais aussi, sur une excellente idée de sa marraine, édité dix droits pour ses dix ans (une idée recyclée à un ami qui avait eu les mêmes droits - en plus vintage - pour ses dix ans) :

- le droit d'avoir dix ans (ok, c'est un peu une arnaque, c'est pas vraiment un droit, mais il n'y en a plus que 9 à trouver. Pas mal, non ?)

- choisir ses vêtements : énorme challenge, Asparagus n'ayant pas exactement le sens des couleurs et des motifs. Mais il faut bien se lancer (oui je préparais leurs vêtements le soir, gain de temps le matin)

- lire jusqu'à 20 h 30 les vendredis et samedis soirs (easy. Mais le fait de gérer l'extinction de la lumière lui plaît beaucoup. En revanche, il réclame toujours bisou et câlin, on ne va pas s'en priver)

- prendre le bus seul : pas évident. Mais il l'a fait pour revenir d'un anniversaire un samedi matin, nous avions eu un SMS de la maman au départ d'Asparagus du Kids Palace, qui a pris le bus du soir, et descendu à son arrêt depuis trois ans. Opération réussie. En revanche, pour localiser le bus pour rentrer de l'escrime, ce n'est pas encore ça...

- 1 euro d'argent de poche tous les mois. Le Capitaine était contre, moi pour. Après tout, au même âge, nous avions , avec sa marraine, 1 livre d'argent de poche par semaine à Londres, nous ne pouvions rien acheter avec, économisions jusqu'à tout claquer dans le cadeau de la fête des mères - un vase que nous avions réussi à casser sur le trajet du retour à la maison. Succès total. Pour le moment, le versement de l'argent de poche est conditionné au comportement du week-end, et ça fonctionne pas trop mal... Asparagus n'a encore rien acheté avec mais prévoit malheureusement d'investir dans un horrible galion de pirates en plastique vu dans la boutique de souvenirs en Bretagne. Heureusement, il y a mon anniversaire avant, hin, hin, hin.

- choisir un menu par semaine : pas toujours appliqué, mais ça lui plaît. Et ça ne mange pas de pain.

- faire une activité une fois par trimestre avec ses chers parents : au départ, je m'étais enflammée sur une fois par mois. Une fois par trimestre c'est pas mal (et on a la pression d'ici à fin juin). Cela peut aller d'un ciné à un apéro, ou un DVD vu ensemble. Ou un truc vraiment trop cool (aka aller voir un match de foot ou de rugby).

- aller à la plage seul : dans les faits, c'est déjà le cas, enfin surtout pour rentrer seul de la plage. Mais cela veut dire aussi : cet aprem, tu fais ce que tu veux. Pas sûr que ce droit soit utilisé immédiatement...

- faire du vélo seul (et aller chercher le pain à la boîte à pain à La Rinissé) : parce que Asparagus aime faire du vélo. Mais seul, pas envie, pas là. Utilisera-t-il ce droit cet été ? Les paris sont lancés...

 

Voir les commentaires

Pendant qu'ils ne sont pas là

2 Avril 2017, 19:55pm

Publié par lapetitemaison

Pendant qu'ils ne sont pas là

Samedi matin, les enfants sont partis en vacances avec Mané, direction la Bretagne. C'était notre premier week-end seuls depuis… les vacances de la Toussaint, et, qui plus est, un week-end où nous restons à la maison. En octobre, nous avions choisi de partir en week-end (en mode improvisé = tous les hôtels en Normandie ou dans la Somme complets, il nous restait le choix entre… Versailles – paye ton exotisme quand tu as grandi à 5 km de là – ou Fontainebleau, que nous ne connaissions ni l'un ni l'autre. Va pour Fontainebleau).

Autant dire que le programme a été chargé. Avant de partir, Nimbus et Asparagus avaient rangé leurs chambres et défait les draps de leurs lits, descendu leurs peluches pour qu'elles soient lavées - un mini-ménage de printemps. La machine à laver ronronnait dans le sous-sol depuis 9 heures.

Pendant que j'allais rejoindre des amies de lycée pour le déjeuner - l'année dernière j'avais loupé la venue annuelle de la Lyonnaise pour cause de virée express à Toulon pour aider ma sœur enceinte à finir de défaire ses cartons de déménagement, le Capitaine en a profité pour solder un dossier en souffrance depuis un an : coudre les petits anneaux et fixer le store de la chambre de Colombine. Difficile à faire quand la demoiselle fait la sieste...

Vers 13 h, SMS : "vous avez l'air d'être seuls ce soir, vous êtes libres pour dîner ?" Je n'arrivais même plus à me rappeler de la dernière fois que nous avions eu une soirée vraiment impromptue (notez que "les enfants ne sont pas là, venez dîner" est le nouveau "mes parents se sont barrés pour le week-end, je fais une soirée improvisée").

Dîner improvisé sans baby sitter = pas de stress sur l'horaire ni de compteur qui tourne. Et une grasse matinée, le lendemain, fort bienvenue pour amortir le choc du changement d'heure de la semaine dernière, ainsi que la fatigue de la dernière semaine de mars.

Au vu du temps splendide et de l'absence totale de programme pour ce dimanche, direction le jardin, pour tondre, désherber (et retrouver une pivoine sur deux, des agapanthes). Comme ma réserver de graines était épuisée, nous sommes allés dans une jardinerie (la première avait fermé), celle de la ferme de Gally (puisque nous étions sur la route, autant y aller).

 

Pendant qu'ils ne sont pas là

La serre était pleine comme un œuf de jardiniers du dimanche, qui, comme nous, débordaient de projets pharaoniques. Il s'agissait de trouver des croisillons pour aider le jasmin à s'étaler sur le mur du fond, une clématite (maintenant que nous avions exterminé la passiflore et tous ses rejets qui étouffaient notre haie), et puis en passant, des plants de potiron nous ont fait de l'œil, ainsi que des plants de tomates, puis des dahlias, des renoncules, de la verveine, de l'aneth, de la menthe... Miracle, tout tenait dans la twingold.

Il a fallu planter tout cela avant que le soleil ne se couche, faire des trous gigantesques (40 x 40, c'est énorme à l'échelle de nos plates-bandes), et encore, tout n'est pas mis en terre ! Reste à voir si ces nouvelles venues s'acclimateront bien à notre jardin, à combattre la malédiction de l'arrosage automatique (qui tombe toujours en panne vers le 30 juillet) et à voir si en septembre, tous les plants auront tenu leurs promesses !

Voir les commentaires

Sète me free

20 Mars 2017, 08:13am

Publié par lapetitemaison

Sète me free

Pire que l'accouchement et la fête d'anniversaire avec les amis, il y a également les départs en classe verte. Surtout quand le rendez-vous est fixé à 7 heures du matin devant le Train bleu gare de Lyon.

Je ne suis définitivement pas du matin, ni de la team #jemeleveuneheureplustot (souvenez-vous le TRUC hype du printemps dernier. En se levant une heure plus tôt, vous pouvez méditez - sur votre triste sort -, faire du yoga, courir - avant de prendre votre douche -, écrire un roman (?!? à part Mary Higgins Clarck qui avait effectivement adopté cette technique parce que c'était la seule heure où elle était tranquille, rappelez-vous elle était veuve et élevait seule ses enfants), suivre un Mooc… N'en jetez plus.

Donc le départ de Nimbus pour Sète ce lundi matin était déjà en soi une épreuve. D'autant que, à mon bureau, le lundi commence trèèèèèèèèèèèès doucement (= ça s'agite vraiment en début d'après-midi). Ce lundi allait être de facto très, très long.

Je ne me suis vraiment attaquée à la valise que ce week-end, traquant les affaires déjà marquées (première sélection), mais j'avais tout de même une trentaine de vêtements à marquer (façon old school, au fil et à la marque en tissu, c'est plus long - surtout quand tu as un nom de famille à rallonge - mais plus écolo, surtout pour ceux qui récupèrent les affaires ensuite). Le tout en gérant les trois toute seule, le Capitaine étant en mer.

Grand-maman a retrouvé des échantillons de gel douche dans son armoire (bah oui, on utilise du savon en morceau…), j'ai miraculeusement retrouvé une paire de chaussures en plastique qui allait visiblement à Nimbus (finalement, ça sert de garder des trucs au cas où) et je suis venue à bout de ma couture ("Nimbus, je ne marque pas les chaussettes [la flemme]. Tu feras attention, hein"), ai marqué au stylo effaçable les bottes, les chaussures en plastique pour l'activité pêche, étiquetté les lunettes de soleil, la crème solaire, rajouté le dentifrice dans la trousse de toilette et l'enveloppe timbrée à notre adresse. Nimbus a choisi un autre doudou que son Baveux chéri ("on va se moquer de moi, je vais prendre le petit mouton"), ce qui me permettra de laver enfin ledit Baveux.

"Maman, je n'arrive pas à fermer ma valise." Ben tu m'étonnes. Déjà, nous avions récupéré celle d'Asparagus, plus grande et généreusement prêtée. J'ai dû m'asseoir dessus en râlant pour la fermer, et je ne sais pas si les moniteurs arriveront à remettre toute la liste d'affaires exigées dedans... Nimbus risque de revenir avec un sac de linge sale en plus, mais le Capitaine gérera gare de Lyon, vendredi à 17 h 30.

 

Sète me free
Sète me free

Comme toutes les veilles de départ, j'ai très mal dormi. J'avais réservé un taxi (merci Uber), mais je n'étais pas certaine d'en avoir un ("vous serez prévenue avant"). A 6 heures, c'était bon, d'après l'application. Nimbus, qui avait eu beaucoup de mal à s'endormir (= personne ne dormait avant le retour du Capitaine à 21 h 30), était debout d'un coup, contrairement à tous les autres matins d'école. Il grelottait au petit-déjeuner, je n'ai pas insisté sur le chocolat chaud, il a pris une banane et un jus de pomme. Le Capitaine a rajouté des petits gâteaux dans son pique-nique, et en mettant ses chaussures, Nimbus s'est aperçu que nous avions oublié les pantoufles ("tu les mets dans ton sac à dos, je ne rouvre pas la valise !)

Le taxi était pile à l'heure. Il faisait encore nuit quand nous l'avons rejoint au bout de la petite rue (il n'osait pas entrer à cause des panneaux sens interdit et je n'avais pas moyen de le signaler dans l'appli). Nous sommes entrés dans Paris par la porte de Champerret, arrivés à l'Arc de Triomphe, descendu les Champs-Elysées, pris le tunnel sous la Concorde, le Louvre, l'Hôtel de Ville, l'île St Louis, la Conciergerie, le bout des tours de Notre-Dame, puis Jussieu est apparu et nous avons piqué vers la gare de Lyon. Je me suis félicité d'avoir pris l'option taxi : c'était déjà bien chargé à la dépose.

Il est parti presque en courant avec sa valise, rejoindre sa classe sous le Train bleu, où l'attendaient ses deux meilleurs amis (bourrades, cris de joie, comparaisons de valise, etc). Le quatrième larron est arrivé à la bourre. Je suis allée acheter un petit appareil photo jetable (en précisant bien qu'il ne faudrait l'utiliser qu'une fois arrivé, et ne pas essayer de photographier le Massif central depuis le TGV). Le papa d'Adrien a donné une petite leçon de photo : bien tourner la molette, bien cadrer en posant l'œil dans le viseur, appuyer sur le bouton... Et être vraiment sûr de soi : on ne peut pas effacer les photos si on se loupe !! A 7 h 30, la petite troupe s'est ébranlée quai 19 (dans l'autre hall), où ont eu lieu les derniers adieux. Nimbus est parti en bavardant, sans se retourner.

Voir les commentaires

Opération Carnaval

6 Mars 2017, 08:53am

Publié par lapetitemaison

Opération Carnaval

"Vous lirez bien le cahier, il y a un papier concernant le Carnaval. En plus, vous avez trois enfants, c'est ça ? Vous allez avoir du travail !" m'avait dit la maîtresse de Colombine en me tendant le cahier de liaison fin janvier (elle croit toujours que nous ne le lisons pas, mais généralement, j'ai déjà eu - avec une semaine d'avance - les informations par les grands frères, super au taquet pour ce qui est de la signature des documents toujours "hyper importants" à rendre à l'école).

J'ai ri jaune. Le thème du Carnaval cette année, en lien avec le thème de l'année ("les régions de France"), c'était donc les costumes des régions de France. Asparagus prétendait se déguiser en Napoléon (j'ai refusé, il faut savoir bien lire un document, c'est un costume HISTORIQUE, pas régional), j'ai donc proposé/fortement milité pour des costumes des bergers des Pyrénées. D'abord parce que, pour les grands, ce n'était pas très compliqué (sur le papier). Et puis que c'est quand même la région la plus identifiée de l'arbre généalogique de ces enfants.

Ils avaient déjà des bérets rouges (merci les mariages au Pays basque), des pantalons sombres et mettraient pour une fois les "chemises chics" blanches qui servent - en gros - pour les fêtes de famille et Noël. Restait "juste" à faire des gilets en simili peau de mouton, de larges ceintures rouges. Je me suis enflammée plus tard : j'ai rajouté des foulards rouges.

C'était le costume de Colombine qui allait me demander le plus de travail. Car le costume traditionnel bigourdan, c'est ça : une jupe longue, grise rayée de noir, un châle (j'ai zappé), et surtout, surtout, le capulet, une longue capuche de laine, qui te donne un air de Bernadette Soubirous direct.

Bien évidemment, le Carnaval tombait juste après le week-end d'anniversaire de Nimbus, et en février, nous n'avons été là quasiment aucun week-end, entre la semaine de vacances au ski et le week-end de fin de vacances où nous avons été chercher les enfants à La Rinissé. En clair : j'étais grave, grave à la bourre. Mais, en bon Lion qui se respecte, je ne marche qu'à la pression : ça devait donc le faire.

J'ai donc filé jeudi midi au marché Saint-Pierre (cette chance de bosser dans le nord-ouest de Paris) entre midi et deux (pause-déjeuner la plus rapide ever), pour trouver : de la simili peau de mouton, de la feutrine rouge pour le capulet, du tissu rouge pour les ceintures et les foulards et du tissu rayé noir et gris pour la jupe de Colombine. Ainsi que de l'élastique pour la jupe et du scratch pour les ceintures et du croquet pour égayer un peu le capulet.

J'en suis sortie avec beaucoup trop de simili peau de mouton, la bonne dose de feutrine, tout juste de quoi faire la jupe (surtout quand on coupe la jupe dans le mauvais sens des rayures. Note pour plus tard : couper du tissu à 23 h, c'est pas un bon plan) et pas assez de tissu rouge.

 

Opération Carnaval
Opération Carnaval

J'ai découpé les gilets de berger en me basant sur un pull de chacun des garçons pour la largeur des manches et en adaptant la longueur à chacun (en gros le gilet fait au départ pour Asparagus a échu à Nimbus et j'ai rallongé ledit gilet pour le premier). Et le gilet déjà découpé et surfilé qui était prévu pour Nimbus allait comme un gant à Colombine, qui était ravie d'avoir un gilet tout doux. Ouf !

Je me suis basée sur un de mes foulards pour découper ceux des garçons, je voulais les surfiler et le Capitaine, qui me remplaçait une canette (sa modeste mais bien utile contribution à ce défi couture) m'a dit : "mais laisse tomber, tu te compliques déjà suffisamment la vie comme ça". Dont acte. Les foulards n'ont jamais été surfilés.

Pour la jupe de Colombine (une première pour moi), j'ai suivi un tutoriel en ligne et m'en suis pas trop mal sortie. J'ai bien envie de récidiver au printemps pour d'autres jupes-qui-tournent pour la miss. Colombine porte une chemise rescapée d'une tenue d'enfant d'honneur de ses frères. J'ai rajouté in extremis un tablier sur les conseils de Grand-Maman : la feutrine, c'est rapide à découper et ça fait son effet (de loin). Pour le capulet, j'avais lu qu'il fallait coudre le croquet noir à la main, mais je n'avais pas le courage sur 2 m de feutrine - et pour un déguisement qui ne risque pas vraiment de passer à la machine… Un coup de point droit et zou (A 22 h 30 le dimanche soir, tu taylorises très vite la réalisation…)

Restait les ceintures des bergers : et là, c'est le drame. J'avais vraiment acheté trop peu de tissu. J'ai donc bricolé une sorte de plastron-ceinture (qui faisait bonne figure vu de devant), et récupéré dans mes chutes de tissu de quoi faire deux nouettes pour les attacher dans le dos. De l'utilisation intensive du tissu !

Au final, ils étaient très beaux, et les autres costumes (en tout cas pour la classe de Colombine où les parents étaient autorisés à entrer) très chouettes, même si on comptait un nombre certain Bretons-parisiens, en bottes et cirés jaunes...

Bilan : 10 heures de boulot quand même, des ratés… Et même si la pression fait avancer, un peu plus d'anticipation ne fera pas de mal la prochaine fois ! Mais la gloire c'est quand même quand Asparagus m'a demandé où j'avais acheté ces gilets de berger (qu'ils portent maintenant le soir sur leurs pyjamas) et que j'ai pu répondre (épuisée mais fière) : "c'est moi qui les ai faits !"

 

 

Voir les commentaires

Huit ans et un jour

27 Février 2017, 08:36am

Publié par lapetitemaison

Huit ans et un jour

C'était fin janvier. J'avais été te chercher à un anniversaire, celui de M, et dans la nuit, du fond de la Twingold, je t'ai entendu dire : "demain, c'est le mois de février, dans 26 jours c'est mon anniversaire, et je vais avoir... huit ans !"

Tu sais que ton anniversaire, très précisément, c'est à 00 h 35 qu'il faudrait te le fêter. Ton année de 7 ans a été riche d'expériences : tu as changé d'école à l'entrée du CP, tu as relevé le défi de ton oreille cassée et appris à lire, même mieux qu'Asparagus au même âge.

Tu es parti en classe transplantée (bon, en bord de Loire, ce qui ne t'a pas beaucoup changé), tout seul pour la première fois loin de la maison, sans ton frère chéri. Tu avais tenu ma main jusqu'à apercevoir le reste de ta classe dans le hall de Montparnasse. Là, tu m'avais dit : "c'est bon", m'avait lâchée la main et était parti rejoindre les autres.

Tu en étais revenu grandi, plus autonome : pour t'habiller et préparer tes affaires, prendre ta douche seul… Même si le matin, soyons honnêtes, il faut quand même être à côté pour que tu ne te recouche pas cinq minutes et que l'on tienne les délais pour que l'on ne soit pas en retard (ta grande hantise).

Cette année, rebelote, tu pars le mois prochain, à Sète. Un endroit où tu seras le seul à être allé de tous les habitants de la maison.

Depuis toujours, tu sais t'occuper seul et pourtant, tu as noué des amitiés solides à l'école. Il suffit de t'accompagner le matin pour voir tes amis t'appeler de loin et se précipiter pour te dire bonjour. Sous des airs timides et réservés, tu caches une certaine drôlerie.

Toutes les rentrées risquent d'être compliquées, je l'ai compris. Le temps que tu t'assures que ton environnement soit sûr avant de vraiment te mettre au rythme de la nouvelle année. Soit jusqu'aux vacances de la Toussaint environ.

Tu aimes surtout qu'il n'y ait pas de règles, ou alors juste les tiennes : c'est le grand enseignement du rendez-vous chez une psychologue auquel nous avions été avec ton papa, parce que le début de l'année de CP avait été très très compliqué pour toi.

Tu préférerais transformer les soustractions en additions, parce que les soustractions t'ennuient, allonger les vacances d'une semaine pour les petites et d'un mois pour l'été… Pourtant, lundi dernier, après avoir couiné tout le week-end parce que la fin des vacances approchait, tu étais ravi d'avoir retrouvé l'école, les parties de billes à "la royale" (à la loyale, je pense), vos jeux de récré que seuls les moins de dix ans maîtrisent...

Mais avant de choisir tes règles du jeu, il nous faut t'aider à apprivoiser celles du monde qui t'entoure... Happy huit ans, mon Nimbus !

 

Voir les commentaires

Lundi matin

30 Janvier 2017, 21:52pm

Publié par lapetitemaison

Lundi matin

Lundi matin, après avoir déposé les enfants à l'école, je commence ma journée au Neptune. Sympathique café aux tables en formica, qui ne me propose même pas le wifi gratuit et qui a sa bande d'habitués autour du patron (qui attend de rejoindre sa femme à Bordeaux et de démarrer une autre vie là-bas) et la serveuse québécoise qui rapporte chaque évènement de l'actualité au Nord de l'Amérique. Il a surtout l'avantage d'être ouvert à 8 h 30, contrairement aux autres établissements plus boboisés du coin (avec déco ad hoc, smoothies healthy et wifi gratuit).

Pour 2,20 euros l'allongé, j'y reste deux heures, me réjouissant d'avoir exigé d'investir dans un Macbook (parce que c'est très léger et que cela ne me démonte pas l'épaule), partageant le wifi de mon téléphone sur mon ordi pour pouvoir travailler (#callmeMcGyver).

En liaison avec le bureau par messagerie instantanée (histoire que personne ne me croie au bistrot - sic -) je prépare, relis les articles que j'avais pris avec moi vendredi avant de partir, ce qui demande un peu d'organisation. Plus les lundi passent, moins je suis productive. L'accumulation de fatigue, le sentiment d'être décalée sans doute.

Je travaille avec Ouï FM en fond sonore, j'ai l'impression de retourner dans les années 1990-2000, c'est la même bande-son, en revanche, je pleure au moment de la coupure de la pub et du live du matin : j'avais oublié comme c'était mauvais.

A 10 h 30, je remballe mes affaires, je rapporte ma tasse au comptoir, je règle mon café et je pars chercher Nimbus à l'école : si j'erre dans les bars dès poltron-minet, c'est pour emmener Nimbus à son rendez-vous d'orthophoniste à... 11 heures.

Mille rouge, centaines bleues, dizaines vertes et unités jaunes : notre nouveau code couleur.

Mille rouge, centaines bleues, dizaines vertes et unités jaunes : notre nouveau code couleur.

Fin novembre, j'ai été convoquée par l'institutrice de Nimbus (que j'avais déjà été voir fin septembre pour "faire un point"). Là, il s'agissait de parler "de la vie scolaire" de Nimbus. Je ne voyais pas très bien de quoi on allait parler : était-ce un caïd de la cour de récré ? La tête pensante de tous les coups fourrés ?

Que nenni (au final, cela aurait été peut-être plus simple à gérer. Quoique). Nimbus devait effectuer un bilan logico-mathématiques, pour cerner ses difficultés à passer à l'abstraction en maths (comprendre : calculer de tête, différencier les centaines, dizaines, unités, etc.)

Commença alors quinze jours de quête acharnée d'une orthophoniste qui spécialisée dans la rééducation des maths. Car tout le monde ne peut pas faire passer de bilan logico-mathématiques. A base de messages téléphoniques sur des répondeurs que personne ne consulte plus (dont ceux d'orthophonistes prénommées Roseline, Geneviève, Claudine, qui étaient sans doute en préretraite), de SMS envoyés comme autant de bouteilles à la mer, de réseautage intense… Celle indiquée par l'école ne m'a tout simplement jamais répondu.

Au final, nous avons atterri chez Marie, aiguillés par l'orthophoniste d'Asparagus, qui nous a orienté vers une première orthophoniste, qui ne pouvait pas nous prendre mais qui connaissait celle-ci… Qui m'a rappelée un soir à 20 h "j'ai vu au son de votre voix que vous étiez un peu en panique". Tu m'étonnes, on est mi-décembre, mon gamin galère en maths et je dois trouver une aiguille (toi, l'orthophoniste spécialisée dans les maths) dans une botte de foin. Bilan le premier lundi des vacances de Noël (merci le télétravail), et choix cornélien d'un créneau : "lundi 11 heures, mercredi à 12 heures ou bien vendredi 11 heures, que préférez-vous ?!"

Bilan de ces cinq semaines : nous avons commandé du matériel Montessori pour compter, décomposer les nombres et faire des additions et des soustractions, ce qui effectivement donne un bon coup de pouce à Nimbus et l'aide à lire les nombres. Nimbus est ravi de cette escapade (qui lui permet de s'échapper de l'école le lundi), en confiance avec Marie et plus à l'aise en classe.

De mon côté, j'ai compris que les déjeuners du lundi, c'était fini, et que ce serait une salade au bureau, que la journée était forcément décalée par rapport au reste de la rédaction et beaucoup plus fatigante. Mais si cela permet à Nimbus de ne pas être fâché avec les maths pour le reste de sa scolarité... C'est le prix !

Voir les commentaires

La vie de château

16 Janvier 2017, 22:45pm

Publié par lapetitemaison

La vie de château

Il était une fois huit amies qui s'étaient laissées emporter par leurs vies bien remplies de trentenaires : travail, enfants, conjoints… Elles le déploraient mais n'arrivaient pas à accorder leurs agendas, même pour les franciliennes de la bande. Elles avaient même délaissé le forum yahoo sur lequel elles se racontaient leurs vies depuis la sortie des bancs de l'école nordiste sur lesquels elles s'étaient rencontrées (oui, ok, elles sont nées au 20e siècle et pas dans les années 1990…)

Un jour de juin, alors que deux d'entre elles s'étaient retrouvées pour déjeuner, elles constatèrent avec horreur que presque deux ans et demi s'étaient écoulé depuis leur dernier symposium (qui était en réalité un demi symposium puisque les conjoints et les enfants étaient présents). La plus organisée des deux prit les choses en main, et, grâce à un outil magique appelé doodle, réussit à trouver une date qui siérait aux huit.

Puis elle fit une petite recherche de lieux de week-ends sympas (elles avaient rêvé du soleil de Marrakech en janvier ou bien de spas bords de mer), mais la réalité (et le réseau ferré en étoile français) les rattrapa : pour l'auvergnate et la fille de l'Est, il était plus simple de se retrouver en Île-de-France.

La date était trouvée, le lieu aussi, un forfait de bon aloi également... Tous semblait espérer une réunion au sommet quand l'Actualité vient empêcher l'une d'entre elles de rallier le château…

C'est donc à sept qu'elles se retrouvèrent pour 36 heures dans le cocon de ce château-spa niché dans les riantes Yvelines (c'est ici). A faire de la chambre double leur QG pour y boire les infusions (à volonté) et déguster les macarons offerts par la direction, avant d'aller prendre un cours de yoga dispensé par un ancien pilote de ligne ("avant je fumais, même des pétards, je buvais, je mangeais de la viande... C'est fini tout ça !") qui réussit presque à les faire marcher sur la tête (tout est dans le "presque"), puis de se retrouver pour l'apéritif et le dîner.

Le personnel de l'hôtel et les autres clients pensaient qu'elles fêtaient un enterrement de vie de jeune fille, parce qu'elles riaient et parlaient beaucoup, qu'elles avaient du mal à se décider entre St Jacques et foie gras pour l'entrée. Il y avait trois ans de bavardage collectif à rattraper !

Le lendemain, elles émergèrent in extremis pour le petit-déjeuner (où elles ont cru un moment qu'on allumerait un feu rien que pour leurs beaux yeux, las, elles étaient maintenant de vénérables néo-quadragénaires), puis trois d'entre elles allèrent faire un soin au spa (j'y étais : c'était juste divin), avant de rejoindre le reste de la bande - qui était allée explorer les environs - dans l'espace piscine/hammam/sauna.

Elles y oublièrent la notion du temps, squattèrent la fontaine à tisane, regardèrent la neige tomber en se demandant, comme les enfants se découvrant fiévreux le dimanche soir pensent échapper à l'école lundi, si elles allaient pouvoir regagner la capitale. Comme le spa était désert toute la matinée, elles oublièrent de chuchoter et certaines se firent vertement rappeler à l'ordre dans l'ombre du hammam : "si vous voulez parler, allez chez Mc Do !". Ce qui n'est pas très raccord avec le concept de vie de château.

Il fallut bien quitter peignoirs et maillots de bain, régler la note (pas si douloureuse au final), promettre de se revoir très vite (pas dans trois ans !)

 

Voir les commentaires

Un nouvel an allemand

3 Janvier 2017, 22:15pm

Publié par lapetitemaison

Un nouvel an allemand

On s'était décidés. Quitte à passer la semaine entre Noël et Nouvel An sur les routes, entre le golfe de Quiberon et la Loire, autant profiter de ce lundi accordé par l'éducation nationale aux écoliers pour passer le réveillon en Allemagne, chez nos amis Henri et Katrin, que nous n'avions pas vu depuis beaucoup trop longtemps.

Nous avions eu des envies de Germanie à la Toussaint, mais nos amis avaient été prendre le soleil à Majorque : ce sera donc pour le 31, que nous arriverons sur les rives du Main, en ayant coupé la route depuis la Rinissé à Verdun (et on a même pas fait exprès).

Verdun, où je pensais au moins emmener les enfants à Douaumont : las, tout est fermé entre Noël et Jour de l'An (bon, ouvert de 14 h à 17 h, mais nous avions encore trois heures de route devant nous). Nous nous sommes rabattus sur les villages détruits, avec un arrêt très bref compte tenu du froid à la chapelle Notre-Dame de l'Europe à Fleury-devant-Douaumont.

Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand

Même 100 ans après, l'endroit impressionne et les garçons auraient bien aimé pousser plus loin l'exploration. Nous y reviendrons, promis, mais en organisant mieux les choses (et en poussant derrière les remparts derrière lesquels se blottit la vieille ville, en bord de Meuse).

300 kilomètres et trois heures plus tard, nous voici donc arrivés, après avoir passé la frontière à Sarrebrück dans de bien meilleures conditions que la veille = conduire dans un brouillard épais pendant près de 5 heures.

Nous passons la dernière après-midi de l'année au square, où Nimbus et Colombine découvrent les bienfaits des chaufferettes, ce qui fait qu'ils ne voulaient plus quitter les super installations alors que nous, les adultes mal chauffés, commencions vraiment à avoir froid (malgré les recommandations de nos amis nous avions oublié de prendre nos après-skis), puis à prendre un chocolat chaud en attendant que les choses sérieuses commencent, une fois la sizaine des enfants couchés.

Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand

A 23 h 30, nous sommes allés prendre le dessert chez des voisins (en laissant un smartphone-babyphone pour vérifier que les enfants continuent de dormir), qui proposaient que nous allions voir le feu d'artifice de leur terrasse. Car c'est une particularité du réveillon en Allemagne : tout le monde tire ses propres fusées de feu d'artifice, dans son jardin, devant sa maison, les mêmes fusées que celles qui sont utilisées (avec plus d'adresse il faut le dire) lors des feux artifices hexagonaux, le 14 juillet ou le 15 août.

Et, effectivement, à minuit, c'est un crépitement ininterrompu de fusées qui illuminent le ciel : malheureusement le brouillard et les fumées des fusées ne nous permettent pas de le voir très bien, mais cela fuse de tous les côtés et bien plus longtemps que lors d'un feu d'artifice municipal... Et sans trop de dégâts, visiblement ! En revanche, le lendemain, en nous promenant au bord du Main à Francfort même, nous verrons tout le long du quai les vestiges des fusées...

Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand

Car à Francfort, le premier janvier, tout est fermé également : si c'est la bonne date pour profiter de nos amis, ce n'est pas la bonne pour faire du tourisme... Le marché de Noël (où j'espérais trouver des décorations et des biscuits de Noël) a fermé le 23 décembre... Nous allons tout de même explorer l'hyper centre de Francfort, visiter la cathédrale gothique (bien chauffée, reconstruite après la guerre, abritant de magnifiques retables) déjeuner sur la place du Römer (où a été installé le sapin de Noël le plus grand que j'ai jamais vu), sans goûter le cidre local, très mauvais de l'avis de nos hôtes, puis rejoindre la Liebieghaus pour voir l'exposition "Heilige Nacht", retraçant l'histoire de Noël et de ses représentations, ce qui a évidemment plu aux enfants : pas de problème de langue !

Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand
Un nouvel an allemand

Pour notre dernière soirée, Katrin nous a fait découvrir la tradition allemande du Bleigießen. Chacun choisit une forme en métal : un cochon, un éléphant, un champignon (porte-bonheur), une bouteille de champagne, une couronne, etc. Puis on la fait fondre sur une cuillère plate (au-dessus d'une bougie par exemple), avant de lancer le métal fondu dans une casserole d'eau.

En entrant dans l'eau, le métal fondu donne une forme... Qui peut rappeler un animal ou un objet, et cela donne une prédiction pour l'année nouvelle. Si j'en crois le dragon qui est apparu dans la casserole, en 2017, je dois dépasser mes limites. Cela ne change pas de d'habitude ! Je vous souhaite, vous aussi, amis lecteurs, de trouver en vous votre dragon pour dépasser vos limites, triompher des petits cailloux sur votre route, en sachant profiter des moments de bonheur !

 

Voir les commentaires

Libérée, (presque) délivrée ?

21 Novembre 2016, 21:31pm

Publié par lapetitemaison

Libérée, (presque) délivrée ?

Mardi dernier, je suis revenue voir le docteur V. J'avais enfin réussi à trouver le temps de faire la prise de sang (pas très pratique pendant le week-end de la Toussaint, quand en plus on est à La Rinissé, et que l'actualité médicale était la crise d'asthme de Colombine…), décommandé un premier rendez-vous quand la laborantine m'a dit : "aaaaah mais non, les résultats, ce ne sera pas avant une semaine, on les envoie dans un autre labo…"

Et bam, une semaine (deux, au final), de régime restrictif dans la tronche. D'ailleurs, c'est le docteur V qui elle-même qui a fini par appeler le laboratoire : la candidose était KO.

C'était donc globalement la fête, même si, comme me l'a expliqué le docteur, il fallait y aller doucement : j'avais perdu 7 kilos en deux mois et demi (et retrouvé mon poids… d'avant les enfants toussa) "c'est votre poids de forme", mais le problème des intolérances alimentaires n'était pas encore réglé.

Donc les Quatre Indésirables sont toujours là : gluten, lactose, blanc d'œuf et amandes. De quoi faire l'impasse sur tous les desserts à l'extérieur de la maison, salade de fruits frais mises à part (ou bien, comme chez PH7, excellent restaurant végétarien à côté du bureau, la délicieuse crème de patate douce au citron : oui, moi aussi, en la voyant sur mon assiette, j'ai eu peur, en fait, c'est un délice).

Sont revenus en revanche les fruits et légumes, les fruits secs, tous les types de sucre ("en y allant doucement, vous allez voir, vous avez pris des habitudes, vous n'en aurez pas envie. Et le pire, c'est que c'est vrai) ; viandes autres que poulet et dinde, toutes les oléagineuses (hormis les amandes, donc) : c'est un peu la fête, et un peu plus facile de déjeuner à l'extérieur (hors de mes restaurants végétariens préférés), même si j'oublie quand même de demander comment sont cuisinés les plats (beurre ? crème ? yaourt ?). Et surtout, surtout l'alcool (ou presque) : plus de bière bien évidemment, ni de vins cuits (coucou, le porto) ou liquoreux (bye bye montabazillac, tariquet et sauterne). Mais permission accordée pour le vin rouge, le vin blanc sec et le champagne (le moins calorique de tous) : un verre par jour, mais un verre déjà.

De fait, j'ai changé certaines habitudes : j'ai troqué pain et confiture/miel du matin pour un bol de flackes d'épeautre avec du lait de riz. Je n'ai plus cette faim terrible de 11 h 30 et peut même tenir le coup jusqu'à 13 h sans trop de soucis. Je ne sucre presque plus jamais mon café, ou alors machinalement, en prenant le sachet de sucre en discutant. Je m'en tiens à deux cafés par jour (en arrivant/après le déjeuner), et à une infusion à 17 heures, désaltérant mes autres collègues au passage (ceux munis de tasse ou mugs).

Ce qui est compliqué, c'est la confrontation avec la vie sociale, comme dimanche, à la fête paroissiale : que des tartes, des cakes à base de blé (normal), de la salade d'endives (heureusement !) et des huîtres… Et par chance, le primeur du coin avait fait don au salon de thé de cageots de raisin et de mandarines : un dessert compatible ! Et de devoir prévenir ses hôtes des menus ("c'est pas si compliqué"), qui font gamelle séparée ("parce que ton truc de soja et de pâtes au sarrasin, ça me disait rien")…

J'y vais doucement, parce que j'ai très peur que la candidose revienne, et avec elle ses vilains effets secondaires (même si de l'avis général "je n'avais rien remarqué, tu le cachais bien"). J'ai d'ailleurs eu les félicitations du docteur pour avoir mis KO les squatteurs si vite. En attendant février et une possible réintroduction des Quatre Indésirables, c'est un peu (plus) la fête dans l'assiette !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>