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La petite maison dans la banlieue

Un jour enfant malade

23 Novembre 2011, 21:57pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

dejeunerCela nous pendait au nez. Déjà, lors de notre week-end lorrain, Petit Châtain n'allait pas fort. Malgré un régime alimentaire constitué presque entièrement de riz et de bananes, la diarrhée revenait toujours. Le week-end dernier, il était d'humeur grognonne, alignant les siestes géantes dont on le tirait avec des hurlements. Dimanche soir, il était un peu chaud. La fameuse fièvre du dimanche soir ? pensais-je pleine d'espoir et de de terreur mêlée. Mais après tout, on glissait vers décembre, et je n'avais utilisé qu'un seul jour enfant malade sur les six dont je dispose (ma convention collective, sur ce plan, est très généreuse. D'ailleurs, on devrait faire étudier les conventions collectives aux collégiens pendant qu'ils décident de leur orientation, afin qu'ils sachent bien où ils mettent les pieds).

La nuit de dimanche à lundi a été agitée, Petit Châtain toussait, se réveillait en pleurant, avait égaré le Doudou Baveux (dit le Baveux. Son doudou chéri, interdit de séjour chez la nounou, tellement il ressemble à rien)... Au matin, il affichait un 37,7° de température qui signifiait qu'il pouvait aller chez la nounou. 37,7° ce n'est pas de la fièvre, c'est à 38°degrés que l'on s'énerve, me répétai-je en boucle. Dans le train. Au boulot, toute la journée, en m'attendant à voir mon portable sonner d'une minute à l'autre.

Finalement, il ne sonna qu'à 18 h 30 (le portable). Le Capitaine : « Petit Châtain a eu 39° de fièvre, Fatiha lui a donné du Doliprane. Prends rendez-vous chez le médecin ». Chose faite : le praticien ne consultait que le mardi après-midi, à partir de 14 heures. Je serais donc en jour enfant malade le lendemain.

Petit Châtain n'avait rien mangé au dîner. La nuit fut aussi – si ce n'est plus – apocalyptique que la veille. Je n'ai même pas entendu le Capitaine et Petit Brun partir à l'école, vers 8 h 20. Le réveil sonna à 9 heures. J'eus le temps de prendre ma douche avant d'aller (tout de même) réveiller l'enfant malade. Qui se réveilla de bonne humeur, hyper content de rester à la maison en ayant sa mère pour lui tout seul, mit une heure à croquer une poignée de céréales et but cinq verrres de jus de pomme. Non sans une crise parce qu'il voulait du jus de raisin et finit par descendre à la cave constater par lui-même qu'il n'y avait que du jus de pomme, et remonter SA bouteille. Je laissais faire, il fallait encore se battre pour l'habiller, une grosse source de conflits/colères ces derniers temps.

A 11 heures, j'appelai la mère de Princesse Louise. Qui ont emménagé pas loin de chez nous, à Joli Bois, juste à côté du Docteur. Ayant gratté une invitation à déjeuner, nous voilà partis en vélo, au soleil. Il fait très bon, j'ai sorti mes lunettes de soleil (ah bon, on est en novembre ?). Petit Châtain ne touche pas au déjeuner, sauf pour manger un peu de jambon et du gâteau au chocolat. Ils jouent gentiment avec Princesse Louise (qui persiste à appeler Petit Châtain « Petit Brun ») quand soudain un cri : « Maman, ai fait tata ». (Pour une raison inexpliquée, Petit Châtain n'arrive pas à prononcer les "c". C'est donc "touche" pour "couche", etc...)

Sueurs froides. Il n'a pas de couche, et je suis partie nez en l'air, sans sac à langer ni change. Heureusement (sic), c'est Princesse Louise qui a rempli la sienne. Pendant qu'on prend le café/thé, les petits regardent le début des 101 Dalmatiens (c'est mal, mais bien pratique, il faut l'avouer). Et c'est l'heure d'aller chez le médecin. Dont la salle d'attente, à 14 heures, est blindée (plusieurs médecins se partagent une même maison). De gens qui toussent et se mouchent dans tous les coins. Heureusement, nous ne restons pas trop longtemps dans ce bouillon de culture. Verdict : Petit Châtain a une gastro (mais sans fièvre, ce qui fait que je n'ai pas réagi tout de suite) et là-dessus, a attrapé une rhino. Pas grand chose à faire, quelques granules (c'est un homéopathe), un nez à nettoyer (hahahaha, c'est un combat pour maintenir l'animal sur la table à langer, malgré des explications pédagogiques pré-séance de lavage de nez), du smecta (beurk) et c'est tout.

Nous rentrons (avec un énorme détour because les sens uniques du Bois Joli), passons à la pharmacie et Petit Châtain, malgré ses dénégations, part faire une sieste. Moi aussi, du reste. Et quand je le réveille à 17 h 30 pour récupérer Petit Brun au centre de loisirs, il est de mauvais poil. On part chercher Petit Brun. Et c'est là que je mesure, que malgré ses demandes d'aller à l'école, Petit Châtain est encore petit. Tétanisé devant la foule du centre de loisirs. Petit Brun est en "salle de danse", vissé devant les histoires du Père Castor. Au bout de cinq appels, il daigne nous rejoindre, mains, pantalon et chaussures agrémentées de vert, résidus d'une activité peinture. Joie. Quand il découvre que c'est son frère malade qui ira sur mon vélo (que je pousserai) et qu'il marchera, c'est la désolation et nous rentrons suivi par le cri lancinant de « je veux monter sur le vééééééloooo ».Jusqu'à la maison.

conteLà, Petit Brun décide d'écouter un disque. Sa passion du moment, déclenchée par un cadeau de Grand-Maman, le CD de la belle au bois dormant, tiré de l'émission « Des histoires en musique », diffusées sur Radio Classique. Ce soir, ce sera la musique des gitans, « Le petit cheval d'étoiles ». J'ai déjà fait mettre de côté le deuxième livre CD tiré de l'émission d'Elodie Fondacci, un « Carnaval des animaux » qui viendra se glisser dans la hotte du Père Noël.

Epilogue : la nuit de mardi à mercredi fut aussi terrible que la veille. Sauf que le docteur nous avait jugés aptes, Petit Châtain et moi, à reprendre une vie normale. Nous avons même fini (pas bien, pas bien) par le prendre dans notre lit (moyennant quelques coups de Doudou baveux dans la figure), lassés de nous lever toutes les dix minutes. Au réveil, Petit Châtain était d'une humeur de dogue, au point d'aller bouder au salon pendant que nous prenions le petit-déjeuner, pendant que son frère expliquait d'un ton docte : « Tu sais Maman, Petit Châtain a fait une énorme colère et Papa l'a grondé (sic) ». Finalement, il a consenti à manger un peu en renversant un bol de lait de riz au passage. C'est un paquet rouge et hurlant que nous avons laissé à Fatiha avant de nous enfuir vers le centre de loisirs. J'ai bien cru un instant qu'elle allait me remettre le paquet hurlant dans les bras... Mais finalement, pas d'appels, et une bonne journée pour Petit Châtain. Qui a beaucoup dormi, le chanceux. J'aurais bien fait une sieste pour me remettre de la nuit de la veille.

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