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La petite maison dans la banlieue

Trois semaines

11 Avril 2013, 21:06pm

Publié par lapetitemaison

Bib_cafe.jpg

Et déjà quinze jours que nous sommes rentrées de la maternité. Mardi, le Capitaine reprend le turbin, hélas. Oui, ça aurait été très confortable qu'il soit en congé paternité aussi longtemps que moi, ou disons une semaine de plus. Mais il a déjà rajouté des congés à ses 11 jours calendaires de congé paternité officiels, alors ne nous plaignons pas. Surtout que cette fois-ci – et je touche du bois – aucune péripétie médicale n'est venue troubler ce retour à la maison, contrairement à ce qui s'était passé après la visite de Petit Châtain.

Je ne sais pas si je me suis vraiment reposée, parce que comme je suis mille fois plus en forme que les neuf mois précédents, je me suis lancée dans des rangements tous azimuts (et encore, je suis loin d'avoir tout fait). Disons que j'ai alterné les journées très remplies et les journées de siestes (après le biberon de 5-6 heures, après le déjeuner...). Et que je suis parfois tombée raide de fatigue, devant me porter pâle au dernier moment, comme samedi dernier, où l'enchaînement rendez-vous avec l'adjointe au maire à la petite enfance pour la place en crèche (une sorte d'oral bis du bac de français, encore pire quand l'examinatrice, euh l'adjointe, est plutôt cordiale), déjeuner chez des amis, dépôt des enfants chez Belle-maman pour la nuit et la journée de dimanche (avec le sac à boucler le matin) a eu raison de la soirée d'anniversaire où nous étions invités...
Une journée très remplie, c'est une journée avec des visites, pour le déjeuner ou dans l'après-midi, ou bien un rendez-vous pour Colombine (à la PMI pour peser la bête, deux fois, la première, on s'était trompées dans les horaires d'ouverture, chez l'osthéopathe pour corriger le torticolis et les problèmes de transit de mademoiselle, deux fois, du coup j'en ai profité pour faire débloquer mon dos qui me faisait atrocement mal depuis sa naissance) ou pour moi (la reprise pour la troisième fois de l'empreinte de ma dent cassée... il y a presque 18 mois, je ne sais pas si j'aurais un jour ma couronne. Soupir). Rajoutez deux ou trois biberons pris dans des endroits exotiques (un café, la PMI, la salle d'attente de l'osthéo...), et hop, il est vite 17 h 30, l'heure de récupérer les frangins au centre de loisirs (mal mais tellement pratique). Si on les récupère à 16 h 30, c'est qu'il y a une corvée administrative (les papiers de Petit Châtain, une sombre histoire dont je reparlerais, attention, teasing !) ou bien une corvée médicale (déboucher les oreilles de ces messieurs, les traîner chez l'ORL. Corvée dont s'est acquitté le Capitaine, j'ai juste récupéré Colombine in extremis pour son biberon : son père avait prévu l'eau, la dosette de lait en poudre mais oublié... le récipient à la maison, c'est pas de bol...)
Il est vrai que Colombine est un bébé tellement facile (qui mange bien, sans problèmes de coliques ou de régurgitation, qui dort bien, sans que l'on ait besoin de la bercer, qui se laisse trimballer sans broncher, manipuler sans ouvrir un œil...) que la tentation est forte d'enchaîner les occupations (comme la gestion du linge, on est pas très écolo biobio sur ce plan-là...). J'ai limite l'impression de m'occuper plus de ses frères que d'elle dans la journée.
Si Petit Brun et Petit Châtain sont très mignons avec leur "toute petite sœur", ils le sont nettement moins avec nous... Je reconnais avoir été peu disponible pour eux enceinte, très vite fatiguée par leurs jeux, pas motivée pour jouer aux Playmobil ou aux nombreux jeux de carte, même parfois pour lire, alors que c'était encore ce qui me fatiguait le moins. Et la semaine de repos forcé à la maternité n'a pas arrangé les choses.
C'est un cercle vicieux : ils se manifestent (bruyamment et dès 7 h 30, quand on vient de finir un biberon à 7 heures, c'est très énervant) pour prouver qu'ils existent encore, sont très demandeurs de notre attention mais ne comprennent pas que nous soyons fatigués, du coup irritables et très vite irrités de leur comportement. Comme hier après-midi, où nous sommes partis en grande expédition shopping, avec Grand-maman comme chauffeur et personnal shopper. Nous avons été assez gentilles pour les laisser regarder la fin du spectacle de guignol (ce qui nous ennuie à mourir autant l'une que l'autre). Peine perdue. Les deux ont été atroces dans toutes les boutiques où nous sommes entrées. C'est bien simple, j'ai failli les abandonner sur place. Et je me suis alors rappelée pourquoi je ne faisais jamais de courses avec eux... C'est peu dire que l'osthéopathe m'a déculpabilisée totalement en me disant qu'elle aussi, ne supportait plus sa fille en ce moment. Et se demandait s'il était possible de passer une journée sans se fâcher avec elle, sans répéter 150 fois les mêmes choses, sans devoir brandir des carottes et des bâtons à tout bout de champ...
Ce soir, alors que le Capitaine était chez le dentiste à 19 h 30, que c'était l'heure de dîner pour tout le monde, Petit Brun et Petit Châtain ont été des anges. Terminant leur repas tout seuls – et dans les temps pour Petit Châtain que l'on nourrit comme un bébé à la cuiller ces jours-ci – pendant que je donnais le biberon de leur sœur. Allant se laver les dents et rendant des services pendant que je couchais Colombine. Un coucher sans disputes ni discussions sans fin sur le choix du livre. Et quand le Capitaine est rentré, ils s'étaient tous endormis. La fin du bizutage ?

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