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La petite maison dans la banlieue

These shoes aren't made for walking

9 Octobre 2011, 22:16pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

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Parfois, organiser un cadeau commun pour une amie peut tourner à la partie de plaisir. Si, si. Vendredi dernier, je suis donc allée chercher une paire de Louboutin.
12 h 30 : je parviens à m'exflitrer du bureau. J'ai rendez-vous à 13 heures rue de Grenelle avec Amélie devant la boutique. D'après les commentaires laissés sur Internet, les vendeuses ont l'air odieuses. Alors j'ai enlevé mon uniforme jean-T shirt pour m'habiller un peu plus, histoire de ne pas faire tache dans l'écrin de la boutique.

12 h 35 : j'ai oublié mon portable à la maison. Si Amélie essaye de m'appeler, elle ne pourra jamais me joindre. Bon, après tout, elle n'a pas envoyé de mail pour dire qu'elle ne pouvait pas venir (en fait si, mais il est passé en spam et je ne m'en apercevrai que trois jours plus tard). Et dans les années 1990, au siècle dernier, quand on se fixait un rendez-vous, on arrivait quand même à se retrouver, non ?
12 h 50 : Mais où est le Saint des Saints ? Ha ha, suivant ma bonne habitude, j'ai pris la rue dans le mauvais sens.

12 h 58 : Amélie est là. On entre dans la boutique, moquette rouge partout, des Louboutins à perte de vue. Les deux vendeurs sont déjà occupés avec une blonde très indécise. Et une fille qui a un problème de semelles. On passe en revue les chaussures, on ose à peine les toucher.
13 h 05 : Amélie me dit que notre amie a flashé sur des balllerines, mais qu'elle trouve ça bizarre tout de même, de vouloir absolument une paire de ballerines de chez Louboutin. On tombe d'accord pour dire que des ballerines chez Repetto, ok, mais des ballerines de chez Louboutin… Pas question ! D'autant que celles en vitrine sont écossaises avec un bout argenté... sont un peu trop néo-16e. Bref, on reprend notre étude de marché.

13 h 15 : on a mis de côté les chaussures à paillettes (2 000 euros, prestement remises en place). On soupèse les chaussures, on les tourne de tous les côtés, les Pigalle vernies portent bien leur nom, je me laisserai presque tenter par les vernies rouge (et pourtant j'aime pas les chaussures vernies), finalement on se décide pour du velours. Ils sont hyper cools dans cette boutique, on peut tout toucher, commenter, critiquer, soupeser... Du velours, ok, mais quelle forme ? Pointue, ronde ? Finalement, un modèle (dont j'ai oublié le nom mais que je rebaptise "Audrey Hepburn")  me paraît fait pour notre amie : élégant, girly mais pas trop. Et on se décide pour le plus cher, comme cela, s'il y a besoin de faire un échange, notre amie n'aura pas besoin de compenser de sa poche, c'est tout de même plus élégant.
13 h 20 : on demande à John Lennon, euh au vendeur (pas du tout fringué, lui ! Cheveux longs en dessous des épaules, petites lunettes rondes, jean à trous et poétique tatouage de roses naïves qui s'enroulent autour de ses bras) une paire d'« Audrey Hepburn » en 37 1/2 (la taille a été dûment vérifiée par l'Homme de notre amie, et après avoir mené l'enquête auprès de détentrices de Louboutin, qui sembleraient tailler petit, on prend une demi-taille au dessus.
13 h 25 : John Lennon nous tend la boîte de chaussures entourée d'un joli ruban. Comme c'est un cadeau, je lui demande si on peut avoir un emballage, parce que tout de même, c'est un cadeau. « Christian ne veut pas », nous répond-t-il doucement mais fermement.
13 h 28 : d'un coup, je me demande si ma carte bleue va bien vouloir fonctionner, je n'ai plus en tête le montant hebdomadaire autorisé et ce serait ballot de devoir payer par chèque avec quatre pièces d'identité. Ouf, le dieu du commerce est avec moi, ça passe.
13 h 30 : on quitte à regret la boutique, mais je me dis qu'on peut toujours y retourner pour essayer sans acheter (en laissant la carte bleue et le chéquier au Capitaine, par exemple, pour éviter tout risque). D'autant que je ne sais pas marcher sur 12 cm de talons (« mais avec la plate-forme, la cambrure n'est que de 10 cm », nous a rassuré John Lennon.)
13 h 35 : je me la pète grave avec la poche estampillée Louboutin au bout des doigts.
13 h 40 : il commence à pleuvoir. Bien ma veine, la poche Louboutin est en papier kraft et elle doit survivre jusqu'à samedi. C'est pas gagné.
13 h 50 : alors que je rallie le bureau, une des lanières de la poche se détache. Je suis dégoûtée. Heureusement, à l'épicerie italienne, le patron me donne un coup d'agrafeuse pour que la poche tienne le coup jusqu'à samedi.
14 h 30 : les fashionistas du bureau tournent autour de ma « précieuse ». Mais hors de question de délier le nœud et de les regarder.
19 h 00 : je rallie les Champs-Elysées où je rejoins Sophie pour un ciné. C'est là que la deuxième lanière casse. Et pas la moindre agrafeuse à l'horizon.
19 h 30 : le seul endroit où dîner rapidement sur les Champs, c'est un restaurant gastronomique dont le nom commence par Q et finit par k. Je proteste mollement en disant que les Louboutin vont avoir l'odeur des frites et que l'on risque de faire des traces de gras sur la poche, où ce qu'il en reste, mais en même temps, j'ai hyper faim.
20 heures : je mets la poche sur un siège à côté de nous, histoire que personne ne le pique pendant la séance, sait-on jamais.
23 h 30 : j'ai passé 20 minutes dans le train à trouver une solution pour rentrer en vélo avec une poche contenant des Louboutin aux lanières cassées. Finalement une seule solution : poser le sac sur le siège bébé et pousser le vélo jusqu'à la maison.
Le lendemain, 19 heures :

Comme on est hyper à la bourre et que ce serait vraiment pas discret d'arriver avec la poche chez notre amie, profitant de ce que l'on enchaîne deux anniversaires de trentenaires, on planque le sac Louboutin avec nos déguisements de chasseurs (c'est une soirée d'anniversaire Chasse et moustaches) dans un énorme sac Tati. C'est là que je m'aperçois que nous n'avons pas utilisé toute la cagnotte.

19 h 30 : pour la solder, direction le fleuriste, pour un gros bouquet de fleurs et une orchidée.
00 h 15 : après avoir soufflé ses bougies, reçu son bouquet et admiré l'orchidée, notre amie reçoit de bonne grâce notre immonde sac Tati. Et s'illumine quand elle découvre la boîte à l'intérieur. Comme recommandé par John Lennon, on lui fait essayer les chaussures sur de la moquette, pour ne pas abîmer la semelle. Finalement, elles sont un peu grandes (les autres Louboutin girls auraient-elles des pieds larges ?), mais leur propriétaire est aux anges... et peut aborder sa nouvelle dizaine avec des semelles rouges aux pieds !

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Laetitia 12/10/2011 11:07


Hiiiiii! Trop cool d'avoir la genèse des Louboutin! Merci madame! Je retourne voir John Lennon très vite (ne serait-ce que pour admirer les vernies rouges et les paillettes!)