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La petite maison dans la banlieue

Montagnes russes

5 Janvier 2012, 21:56pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

DSC05706DSC05620DSC05624DSC05643DSC05646DSC05707-copie-1DSC05758DSC05770DSC05785-copie-1Difficile de résumer autrement ces dix jours et quelques de vacances de Noël. L'arrivée du colis péi bouleversa un peu les plans de Grand-Maman, Marie-Vanille fut vite rebaptisée la petite sirène, après que nous ayons pu mesurer la puissance de son chant quand 1 elle avait faim, 2 elle n'était pas dans les bras de quelqu'un ou de sa mère, 3 personne ne berçait sa coque ou son couffin. Joie et excitation de la veille de Noël, où Petit Brun avait décidé de ne pas dormir pour voir arriver le Père Noël et s'est limite mis à pleurer lorsque j'ai eu l'idée (saugrenue) de fermer les volets : " Mais je vais pas voir le Père Noël arriver !" Pogo de joie de Petit Brun et Petit Châtain en découvrant les puzzles de Cars "Flasse Mac Couine ! Flasse Mac Couine !" hurlaient-ils, 9,90 euros, pas la peine de se ruiner pour leur faire plaisir... Bons vins et mets fins (j'ai quand même enlevé l'étiquette "85 francs" sur la bouteille de bordeaux, hum) et la fameuse bûche de Noël de Grand-maman, réclamée par Ségo "sinon c'est pas Noël", nécessitant l'évacuation de la maison par les petits et grands hommes "attention, c'est le plus difficile", étant l'antienne de chaque étape de ce fameux dessert... A peine sortis de table, que nous rallions St Cloud pour un deuxième Noël... et un goûter non moins fameux, même si en arrivant, l'inquiétude planait, le petit Grand-Père ayant été pris de crampes terribles juste avant notre arrivée. Plus de peur de que mal : il nous rejoignait et tout le monde se laissait tenter par un petit verre de pacherenc-du-vic-bilh (18 heures, c'est l'heure), délicieux avec la farandole de desserts déployée sur la table. Il était temps de rentrer découvrir ce que le Père Noël avait laissé sous l'arbre à Colombes (Petit Châtain n'avait absolument pas trouvé curieux de mettre ses bottes sous l'arbre la veille à 14 heures et m'avait aidé à préparer l'assiette de friandises pour le Père Noël). Re-pogo de joie à la vue du déguisement de pirate (celui-là même qui nous avait donné tant de mal), que Petit Brun revêtira tous les jours des vacances. Gros succès du garage (en kit, hum, joie du Capitaine) de Petit Châtain. Le déguisement, ce sera pour son anniversaire...

Deux jours plus tard, direction le Nord, pour aller voir mes grands-parents paternels dans leur maison de retraite. Après les alertes très sérieuses du mois d'octobre qui les avaient laissé tous les deux en très petite forme, c'était presque miraculeux d'aller fêter Noël avec eux. Contrairement aux autres années, les pièces rapportées ne feraient pas le voyage, tout comme les arrière-petits-enfants : une si longue route pour Marie-Vanille et Gaby, est-ce bien raisonnable, et puis il fallait déménager une imposante commode pour permettre la circulation des fauteuils roulants, donc partir avec le minibus, seul véhicule capable de nous transporter avec un chargement au retour. La veille, le Chien jaune nous avait fait un cirque jusque tard dans la nuit, refusant de rentrer dans la maison, malgré tout un tas de stratagèmes, de croquettes agitées. Nous étions donc passablement mal réveillés en montant dans le minibus, à 8 heures du matin, pour arriver suffisamment tôt pour profiter du meilleur de leur forme, déjeuner ensemble et partir avant la nuit, en ayant procédé au déménagement.
Gramie était beaucoup plus affaiblie qu'en octobre, mangeant encore moins qu'avant. Ecoutant nos bavardages, regardant toutes les photos qu'on put lui montrer sur l'ayaPhone de Grand-maman. Bon-Papa, que j'avais vu en octobre, me parut en bien meilleure forme. Mais ils étaient très vite fatigués.
Mais nous n'aurions pas cru que jeudi, en sortant de l'expo Babar, que les multiples messages laissés par Grand-maman sur mon portable étaient porteurs d'une mauvaise nouvelle. Bizarrement, jusqu'ici, je craignais les coups de fils matinaux, aux alentours de 8 heures du matin, plus particulièrement sur le téléphone de la maison.
Gramie était partie dans la matinée, dans son sommeil. Nous sommes rentrées en catastrophe récupérer Marie-Vanille et Petit Châtain, laissant le grand Grand-Père et Grand-Maman prendre la route. Non sans avoir avant validé une annonce de faire-part dans son quotidien préféré (et être légèrement estomaquée du tarif au passage...). Le chien jaune refusait de manger, de sortir de sous la table de la salle à manger où elle avait trouvé refuge. Ségo resta dormir seule, et le lendemain, Aline et Rémi ayant accepté de garder Marie-Vanille et Gaby (que l'on avait survendu en bébé a-do-rable-ne-pleurant-jamais), Ségo, Batiss et Ma'ie dormiraient sur place avec les bébés. L'enterrement aurait lieu samedi matin, avant le retour de Ségo à La Réunion. Qu'il fut difficile de trouver une église, un prêtre, un diacre ou même un laïc pour diriger la cérémonie. Finalement, la dame qui devait diriger la bénédiction fut frappée d'une gastro-entérite et les prêtres de la paroisse rentrèrent plus tôt que prévu. En 24 heures à peine, Grand-maman et le grand Grand-Père réussirent à organiser une cérémonie sobre, mais belle. De très jolies fleurs sur son cercueil pour celle qui les aimait tant. Avec un orgue qui réchauffait l'église et même une petite chorale. La présence d'un prêtre, l'homélie, fut un réconfort. On écourta les condoléances, entre deux portes à la sortie de l'église – dehors, il pleuvait un fin crachin. Bon-Papa, trop fatigué pour aller au cimetière, emmitouflé dans sa couverture, sur sa chaise roulante, partit déjeuner à la maison de retraite en compagnie de son frère aîné, Raymond (96 ans) et de sa sœur Nicole. Didier, le fils de Raymond, les accompagnait. Il avait notamment pour mission d'obtenir deux plateaux repas supplémentaires pour leur déjeuner (ceux-ci doivent être commandés 48 heures à l'avance. Or, 48 heures auparavant, on ne pouvait pas savoir qu'ils déjeuneraient là...). Le reste de la troupe prenait la direction du village natal de ma grand-mère, en pays minier, avec des terrils à droite, à gauche, qui dans la brume prenaient des airs de pyramides égyptiennes. Au cimetière ancien, on retrouva des cousins, le voisin qui avait racheté la maison de mes arrières-grands-parents. Entre deux ondées, on lui dit adieu. Le soir, Petit Brun me demanda où était Gramie. Je lui dit qu'elle avait une jolie maison dans un petit cimetière où les oiseaux chantaient. Ce qui ne lui posa aucun problème avec le fait qu'on lui ait dit qu'elle était au Ciel. On a passé suffisamment de messes dans des cimetières lorsqu'ils entourent les églises pour que cela ne lui semble pas incongru.

Le soir, Anne-Dodominique et Ebouard avaient préparé tous les petits plats du réveillon qui devait avoir lieu chez nous. Fait une quantité impressionnante de nourriture, un repas gargantuesque. Ce fut un réconfort de se mettre les pieds sous la table chez soi, en petit comité, en profitant de ceux qui venaient de loin. Et finalement de se coucher très tard (mais à ce moment-là, levée depuis 6 h 45, j'avais l'impression de commencer une 3e journée, voire une 4e). La première journée de l'année se déroula dans du coton. On passa pour le café une dernière fois dans l'appartement de Manée, qui accueillerait ses nouveaux propriétaires dans le courant du mois de janvier.
Lundi, il fallut bien aller travailler. En douchant l'enthousiasme de mes petits camarades à chaque joyeux "Bonne année !" "Tu as passé de bonnes vacances ?" (hum, oui, alors, euh...) Ce qui fait que je fus presque soulagée en recevant l'appel de Grand-Maman à 16 h 45. Elle gardait Petit Brun et Petit Châtain (pas de Fatiha, pas encore rentrée du ski. Et pas d'école, mais ça, je l'ai découvert le 15 décembre et j'avais pas vraiment réalisé pourquoi tout le monde au bureau posait son lundi, quelle drôle d'idée). Ségo avait mal lu les horaires de son billet d'avion... et devait rallier Orly plus tôt que prévu. On l'aurait bien gardée plus longtemps, était-il vraiment nécessaire qu'elle rentre ?
Evidemment, malgré ses promesses, Grand-maman pleura à l'aéroport. Et gagna ainsi le droit de passer après l'enregistrement, grâce au bon cœur d'une hôtesse de l'air grand-mère elle aussi. Comme l'avion était en retard (car pas nettoyé), elle gagna un dernier biberon avec Marie-Vanille, toute calme, comme si elle savait qu'elle rentrait au péi…
ps : après ne rien avoir mangé pendant quatre jours et inquiété ses maîtres, le Chien jaune fut traîné chez le vétérinaire, ce qu'elle déteste. Après une batterie d'examens médicaux et essayage de diverses croquettes, il s'avéra que la bête pétait la forme et n'avait fait que réagir au deuil qui frappait la maison... Le Chien jaune médium ?

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