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La petite maison dans la banlieue

Le télétravail, c'est la santé

27 Octobre 2011, 19:08pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

DSC05120-Pola-20111027201154Ce mercredi-là, Fatiha était en vacances (pour profiter du pont de la Toussaint) et Grand-maman s'envolait en fin d'après-midi à La Réunion réceptionner Marie-Vanille, la deuxième petite cousine. Petit Châtain ne montrant aucune volonté à tomber malade, il a bien fallu se résigner à télétravailler. Petit Brun, lui, irait exceptionnellement au centre de loisirs (et pendant tout le mois de novembre, en l'absence de Grand-maman).
7 h 30 : après une nuit merdique (où Petit Brun nous a appelé toutes les demi-heure en mode "je suis malaaaade, j'ai mal au ventre, j'ai le front tout chaud, j'ai de la fièèèèèèèvre"), alors que, en fait, rien, on se lève dans le cirage.
8 h 40 : le ventre vide (il a refusé de petit-déjeuner), mais finalement habillé (il prétend ne pas vouloir aller au centre de loisirs), Petit Brun part avec son père. J'ai habilement évité de préciser que je restais à la maison aujourd'hui pour m'occuper de Petit Châtain, sous peine de déclencher un drame. Petit Châtain, lui, est de fort bonne humeur. Nous nous installons dans le grenier où est sis l'ordinateur familial. Je suis encore en robe de chambre et pyjama, j'ai prévu de prendre ma douche à l'heure du déjeuner.

9 h 00 : l'ordinateur me demande d'installer 7 modules dont j'ai toujours remis l'installation à demain. Comme j'ai toute la journée devant moi, je clique sur "installer maintenant". Petit Châtain, tel un ange descendu du ciel, construit des châteaux avec les cubes.

9 h 25 : l'installation est enfin terminée j'ai cru que ça ne finirait jamais. Je me connecte sur Skype pour être joignable par le bureau (et bavarder avec mes copines collègues à distance), j'ouvre ma boîte aux lettres pro à distance et hop, c'est parti.
9 h 30 : l'architecte manifeste des signes d'impatience. Il demande très clairement à regarder la télé. Comme il a monté des livres avec lui, je lui suggère de lire un livre.
9 h 35 : premier arrêt pipi. Ce qui inclut de descendre l'escalier avec Petit Châtain, qui d'un coup, n'est plus du tout pressé et détaille tous les barreaux de la rampe.
9 h 50 : deuxième arrêt pipi. Pour trois gouttes. Ma productivité est au top.
10 h : troisième arrêt pipi. Heureusement qu'on est descendus, là, c'était la bonne. Et comme les garçons partent en train ce soir avec Mané, c'est vraiment pas le moment de laver des pantalons pour rien.
10 h 05 : Petit Châtain ne veut plus jouer aux cubes, ni lire Martine aux sports d'hiver, ni faire un puzzle. Il veut regarder la télé. Il me le répète en boucle depuis cinq minutes en me montrant du doigt l'écran, au cas où je n'aurais pas compris.
10 h 07 : mettant mes principes éducatifs dans ma poche, je lance un DVD de Petit Ours Brun. Pour me consoler, je me dis que, techniquement, Petit Châtain regarde un DVD sur l'écran de la télé, donc on ne peut pas vraiment dire qu'il regarde la télé. Si ?
10 h 20 : on enquille le 5e épisode de Petit Ours Brun, et j'ai de plus en plus de mal à me concentrer. J'ai l'impression que le générique revient à fréquence de plus en plus rapide.
10 h 25 : je chante sans m'en apercevoir : "tape tape dans tes mains, Petit Ours Brun, saute saute les pieds joints, Petit Ours Brun Petit ooooooouuuuuuuuuuuurrrssssssss Petit Petit Ours Brun". Petit Châtain, ravi, tape lui aussi dans ses mains.
10 h 30  : trop de culpabilité, trop de générique abrutissant, je coupe le DVD.
10 h 32 : Petit Châtain me fait clairement la gueule. En châtiment, je dois lui lire Martine aux sports d'hiver (prenons ça comme une pause). Mais je le comprends : clairement, il ne comprend pas pourquoi je suis là avec lui, rivée à l'ordi, sans jouer avec lui. D'un coup, c'est un peu une punition. Et il réclame sa nounou (la honte !)

10 h 45 : il accepte de bonne grâce de reprendre ses cubes. Il faut tenir jusqu'à midi, heure du dej. Jamais la matinée ne m'a paru aussi longue (ou disons pas depuis avant l'an 2000, en 1994 ou 1995, en cours de maths). Mais, effets non négligeables du télétravail : je bosse plus vite et me dis que, sur ce poste où il me manque quelques logiciels nécessaires à mon activité, puisque je bosse sur mon ordi perso et non pas sur un portable du bureau, j'aurais dû prévoir plus de choses pour aujourd'hui. Mais j'évite ainsi de prendre un jour sans solde, c'est mon banquier qui va être content.

11 h 45 : j'ai faim. On a petit déjeuné il y a quatre déjà.
12 h 00 : j'annonce noblement au reste du bureau - via skype - que je vais faire déjeuner le lardon.
12 h 05 : Petit Châtain regarde avec dédain l'assiette de courgettes préparées avec amour par son père la veille. "Fromaze", demande-t-il sans faire de manière en tendant la main vers le frigo.
12 h 40 : Je couche Petit Châtain pour la sieste. Il a très mal déjeuné, pas touché à ses courgettes, mangé beaucoup de fromage et de crumble aux pommes.
12 h 45 : Bien installé dans son lit, avec moult peluches, puzzles, etc, tout en se frottant les yeux, Petit Châtain m'annonce qu'il ne veut pas dormir. Je pars prendre ma douche.

13 heures : Petit Châtain ne dort toujours pas. Je l'entend bramer "pas dormir, pas dormir" derrière la porte. J'ai l'impression d'être un dictateur arabe, mais, en même temps, il faut bien que je bosse un peu. Et je comptais justement sur la sieste de cet enfant.
14 h 30 : c'est moi qui lutte contre le sommeil devant l'ordi. La nuit a vraiment été trop agitée. Et mon lit est juste un étage plus bas. Je m'autorise une micro sieste de 20 minutes. Petit Châtain brame toujours.
15 heures : Il s'est enfin endormi. Je n'ose pas ouvrir la porte pour vérifier. Je travaille l'esprit tranquille.
17 h 30 : Je réveille un Petit Châtain de fort mauvais poil. Son père et son frère sont censés revenir dans une demi-heure pour prendre les bains, finir leur paquetage et partir les déposer chez leur grand-mère.
18 heures : Nous avons fini de goûter, et en mode "image d'Epinal", lisons sur le canapé en compagnie du chat, Tihi, qui s'est enhardie au point de venir se nicher entre Petit Châtain et moi. Une première depuis la naissance des enfants. Je regrette de ne pas avoir d'appareil photo greffé au bout du doigt. Et j'ai laissé mon téléphone au grenier.
18 h 30 : Le Capitaine, qui avait pris tout son temps pour rentrer (puisque j'étais à la maison aujourd'hui, alors que je m'imaginais déjà veuve), arrive avec Petit Brun, qui a été absolument a-do-ra-ble toute la journée. Et me dit : "tu as l'air drôlement reposée. Tu devrais télétravailler plus souvent à la maison". Certes, travailler une journée loin du marigot du bureau, sans mes deux heures quotidiennes de trajet, c'est clairement moins fatiguant et on bosse beaucoup plus efficacement. Mais sans Petit Châtain, alors. Travailler et garder son gamin, ce n'est vraiment pas la panacée, surtout pour lui.

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