Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La petite maison dans la banlieue

Le miracle de la vraie fausse dent

20 Décembre 2011, 23:04pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

(Pour ne pas choquer les âmes sensibles, ce billet ne comportera aucune photo. Le poids des mots suffira).
Lundi matin, je partais vers la gare en roulant avec précaution : visiblement, l'hiver était arrivé. Pile le jour où je décidai de faire un effort vestimentaire en mettant une JUPE. Et donc des collants. Dans le jardin, l'herbe était gelée, mais il n'y avait pas de verglas sur la route. Pas encore. 
Mais pile au moment de tourner à droite vers la gare, à dix mètres donc du parking à vélo, la plaque de verglas m'attendait. Juste au moment où la chaussée forme une petite butée, pas très épaisse. Mais j'avais eu le feu rouge et j'allais assez vite (vive les vacances et la circulation moins importante).
Je ne sais plus comment, mais toujours est-il que mon vélo est parti d'un côté, moi de l'autre. Atterrissant sur le côté gauche, et particulièrement sur le côté gauche du visage. Mes lunettes avaient valdingué, j'avais mal, la lèvre explosée. Trois personnes m'ont immédiatement relevée, enlevé ma bicyclette de la chaussée, me demandant si j'avais mal, où, envie de m'évanouir, j'avais perdu une dent.
Là, je me suis mise à pleurer. Peut importait que mon collant rouge soit tout déchiré, visiblement, je ne pourrais pas aller bosser aujourd'hui (et surtout faire mes dernières courses de Noël prévues entre midi et deux). Les gens ont dit : "on va appeler les pompiers". J'ai dit non, j'ai appelé le Capitaine, il m'a demandé s'il fallait qu'il vienne. J'ai dit non, il avait déjà dû revenir en catastrophe pour Petit Brun la semaine d'avant, on allait arrêter avec la famille Bras cassé.
La dame me dit : "Tenez, j'ai retrouvé le bout de votre dent".
Le monsieur me dit : "Il faut la mettre sous votre langue", j'ai pleuré de plus belle en disant que ça n'allait pas la tête, non. Il a insisté un peu, puis on a rangé mon bout de dent dans le mouchoir.
J'avais des difficultés à déglutir, je passerai la matinée à faire "slurp, slurp", comme si j'avais oublié mon dentier. Le monsieur a voulu que je m'installe au chaud dans sa voiture, il me demandait tout le temps si j'avais mal à la tête, envie de m'évanouir. La dame et la troisième personne ont attaché mon vélo avec ses antivols.
J'avais demandé à ce que le monsieur me dépose à la clinique la plus proche de la gare, là où Petit Châtain avait été bien soigné pour son bras cassé. Erreur. Il n'y avait pas de dentiste, et au lieu de m'envoyer directement ailleurs, la dame de l'accueil m'a envoyé faire une radio. Un peu sonnée, je n'ai jamais trouvé le service. Je suis tombée sur celui de gynécologie où un médecin m'a parlé comme à une débile, en me disant : "mmh, vous avez de légères abrasions sur le visage" (Je t'en foutrais. Plus tard, dans le miroir de la voiture, je me rendrais compte que j'ai un peu la tête d'une femme battue. Boxée, même. Pommette qui vire au bleu, éraflures sur le bas de la joue et le menton, lèvres explosées, comme botoxisées).
Re-en larmes, je rappelle le Capitaine. En lui demandant de me conduire aux urgences de l'hôpital de l'autre côté de la ville.
Après une attente qui me parut interminable, le Capitaine arriva enfin (il s'était, lui aussi, pris une gamelle, avait dû dégivrer le minibus...).
A l'accueil des urgences de l'hôpital, on comprit enfin (!) la gravité de mon cas. Une heure et demie après la chute. Une urgentiste me donna du doliprane et nous envoya aux urgences orthodentistes qui prennent les dents cassées en urgence le matin. Une chance. A l'accueil des urgences dentaires, la dame marqua "trauma" sur mon dossier. J'ai eu à peine le temps de lire Paris-Match, que, hop, une interne, Samia, arrivait et m'installait dans un box. Récupérait mon morceau de dent (que j'avais réussi à ne pas perdre) pour le mettre prestement dans un verre de serum physiologique. (Le monsieur qui m'avait dit de mettre le morceau de dent sous la langue avait raison : il faut garder la dent dans un environnement humide, si possible sans microbes). Hélas, je n'avais pas de verre de serum physiologique sur moi à la gare.
Le box était celui d'une autre interne, j'ai frôlé l'expulsion, mais heureusement, la gravité de la fracture de ma dent (la pulpe dentaire prend un peu l'air) fait que je ne quitterai plus le box 16. Au confort très rudimentaire. Et la salle de radio est encore pire, cela me fait regretter le fauteuil high-tech de mon gentil dentiste, qui prend les radios avec un bras téléguidé. Là, le bras de l'appareil pesait sur l'os de mon nez et je devais par moments maintenir avec le pouce une radio contre mon palais.
A midi, ma dent fracassée et moi avions été examinée par sept personnes différentes. Samia, pour plus de sûreté, avait pris des clichés de toutes mes dents. Heureusement, c'était la seule fracturée.
Le recollage fut mené par une très gentille dentiste qui officie en ville. C'est elle qui suivra ma dent recollée en post-op (si j'ose dire). Elle dirigeait un jeune interne, très gentil (et un brin stressé). Qui me fit les piqûres anesthésiantes (six. Le plus douloureux de toute cette affaire) puis le recollement de la dent, qui se remettait bien en place mais nécessitait un replâtrage avec des composites. Effectivement, sous le choc de l'accident, des petits morceaux de dents avaient atterri sur ma main.
Auparavant, un autre dentiste m'avait posé une digue marseillaise (laisse tomber, Google connaît pas. Ce doit être une blague de dentiste. En gros, ils ont isolé la dent à réparer et posé une sorte de champ (avec des clamps, comme dans les séries), un morceau de plastique violet qui tenait très mal dans un espèce de cadre. Je devais ressembler à un Indien d'Amazonie.
Après une heure d'intervention (j'avais pleine vue sur la pendule, bien pratique), j'étais délivrée. Avec une vraie fausse dent toute neuve. Sous surveillance pendant trois semaines, avant de procéder ou non à une dévitalisation si cela restait douloureux.
En rentrant à la maison, j'ai autorisé le Capitaine à prévenir Grand-maman (autant limiter les lamentations parentales). Qui devait passer récupérer les affaires de Princesse Louise. Après sa visite, j'ai fait une grosse sieste. Où j'ai rêvé que je perdais mes dents (en particulier celles du bas), évidemment ! 

Commenter cet article

resiliation mutuelle 17/01/2012 14:26

J'imagine la douleur que tu as enduré. Je suppose que tout va bien en ce moment.

Laetitia 21/12/2011 11:24

Je peux témoigner que le résultat est nickel!