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La petite maison dans la banlieue

Faux départ

3 Juillet 2012, 20:16pm

Publié par lapetitemaison

glycine.jpg

Partir un vendredi soir au moment où les vacanciers de juillet se mettent en route, coffres pleins à craquer, toits surchargés, vélos en équilibre. Faire une route terriblement peu chargée, un petit miracle, pour arriver aux environs de minuit. Se glisser dans les lits et ne se réveiller qu'aux environs de 9 heures, vérifiant une nouvelle fois le miracle du sommeil à la campagne, qu'aucun bruit ne vient perturber.
Ouvrir la maison, enfin au minimum, puisque ce ne sont pas encore les vacances pour nous. S'apercevoir en ouvrant les volets que les pluies régulières (pour ne pas dire continuelles) de ce printemps ont profité au jardin. La glycine a des allures de Raiponce et envahit largement la terrasse, s'immisçant dans les volets. La vigogne, elle, est carrément tombée sous son propre poids.

JardinRU

Le jardin, et sa bordure, puisque la maison a été un temps partagée en deux, en reste la trace avec cette bordure centrale, n'a jamais eu l'air aussi... anglais. Boule de lavande prête à éclore et à parfumer l'air, géranium géant, trémières colossales, et surtout, pelouse ENFIN verte... D'habitude, à cette époque-ci, elle est d'un beau jaune sable, et le grand Grand-Père s'escrime tout l'été à lui redonner un peu de vert...
Notre journée à la campagne a été vite pliée : une sortie culturelle (faire le plein au grand supermarché d'à côté, quitte à partir avec un minibus quasi vide, autant en profiter), un tour chez nos arboriculteurs préférés qui nous avaient indiqués dans leur newsletter avoir de nouveau des fraises, prendre des barquettes pour nos repas ainsi que du jus de pomme-cassis, faire une sieste magistrale. D'abord avec les enfants dans leur chambre, moi dans la mienne, puis avec les deux, puis enfin seule avec Petit Châtain, Petit Brun ayant déserté pour rejoindre son père, qui pensait dormir tranquille... Si nous avons écrasé une bonne partie de l'après-midi, le Capitaine s'est assoupi une demi-heure seulement. Et Petit Brun ? Il n'a pas fermé l'œil et a passé la journée à jouer avec le bracelet d'ambre (enfin le collier passé en deux boucles autour de son poignet). Béné nous avait parlé de sa nièce dont l'eczema était miraculeusement parti après le port d'un collier d'ambre. On constate une petite amélioration, mais le sujet ne doit pas le porter assez longtemps...

coquelicots

Il était déjà 17 heures passées quand nous sommes sortis profiter du jardin. Pendant que nous réduisions l'avancée de la glycine, enlevions des mauvaise herbes (et des bonnes, comme les marguerites, qui avaient décidé d'annexer la pelouse), coupions les têtes des pivoines séchées, Petit Brun et Petit Châtain cueillaient des coquelicots qu'ils coinçaient derrière mes oreilles, se disputaient l'unique tricycle de la maison (pour 24 heures, nous n'avions pas descendu le vélo), demandaient au Capitaine de lire un numéro vintage de Pomme d'Api qu'ils connaissent sans doute par cœur... Ils sont partis en mission "œufs", et en sont revenus avec de quoi faire un délicieux dîner d'œufs à la coque maison, ravis d'avoir vu des lapins, visité le poulailler, "il y avait une poule morte, tu sais". C'est là que je me suis félicité de ne pas avoir pris part à l'expédition, ladite poule morte étant même, d'après le Capitaine, en voie de décomposition avancée... Est-ce pour cela que Petit Châtain nous a fait relever dix fois dans la nuit, hurlant qu'il voulait sa maman ??? (mais refusant de dormir avec moi, trop la honte sans doute).

Le lendemain matin, il faisait grand beau. La tentation de ne pas rentrer et de rester là profiter de l'été fut grande. Mais nous étions de baptême dans la capitale du Maine-et-Loire, il fallait fermer la maison à peine ouverte et vite prendre la route pour ne pas être en retard, le Capitaine était parrain. Trois semaines à tirer avant de prendre la route de l'été, un mariage, une semaine helvétique, avant de retrouver le charme de La Rinissé. Regarder les enfants marcher pieds nus, profiter des longues journées, des couchers de soleil sur la Loire, écouter le chant des hirondelles et les regarder regagner la vieille grange sans jamais s'assommer dessus, lire les vieux livres qui traînent ou aller en prendre à la médiathèque sans se planter dans les horaires, bronzer au bord de la piscine. Décider d'un programme de ministre pour ne finalement rien faire. Mais, cette année, ne pas le regretter. Juste regarder le monde bouger. Presque sans nous.

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