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La petite maison dans la banlieue

Demi-teinte

5 Mars 2012, 22:42pm

Publié par lapetitemaisondanslabanlieue.over-blog.com

tabledenuitCe week-end avait pourtant très bien commencé. Samedi, nous avions été à la bibliothèque rendre tous les livres empruntés pendant les vacances avec Petit Brun, dont un retrouvé au chalet et qui s'était fait la malle tout seul. Petit Châtain pleurait toutes les larmes de son corps à l'idée de devoir rendre “Tom Chaton”, de Beatrix Potter, mais est parti faire le marché avec son père. Et nous nous sommes retrouvés autour d'escalopes de veau monstrueuses (le boucher a la main leste) et de petits pois carottes. J'ai été la seule à faire la sieste gentiment, pendant que les petits investissaient fait vite le jardin, "c'est bon, on a fini de dormir" (en faisant tourner en bourrique leur père). Quand je les ai rejoint, nous avons enfin repris en main le jardin : première tonte 2012, désherbage, inspection des rosiers (qui ont tenu le coup malgré le gel, bien penser à les traiter contre les pucerons dans 15 jours), de la glycine (qui semblerait vouloir repartir. En tout cas, je l'espère très fort), du laurier rose, qu'il faudrait tailler à ras pour qu'il retrouve un air plus guilleret (certaines branches ont carrément grillé pendant les jours de gel). J'ai râlé contre les petits cailloux qui parsèment la pelouse, en me demandant si on aurait pas mieux fait de faire une terrasse à l'arrière en teck, ou en pin (plus économique), ça aurait un petit air marin, et on s'embêterait pas avec ces xdpwdf de cailloux qui font glong en passant dans la lame de la tondeuse (qui a plutôt bien résisté, merci). J'ai taillé à ras la menthe, la rose trémière a l'air de repartir en feuilles mais pas de vouloir grandir. J'étais bien contente de voir sortir jonquilles et tulipes, ça valait la peine de s'être gelé les doigts en novembre, il y a deux ans, pour planter la centaine d'oignons que, dans ma fièvre d'apprentie jardinière, j'avais acheté chez Botaland, “en plus, regarde, elles sont en promo, ce serait bête de se priver”. Surprise de voir que les iris, transplantés n'importe comment en juin avant les travaux, ont l'air de reprendre du poil de la bête, feron-ils des fleurs au printemps ? Le Capitaine a fini par débiter en bûchettes le sapin de Noël qui végétait dans un coin (rien ne se perd). Et nous sommes rentrés, avec la pluie, prendre le goûter.
Pendant la soirée, j'ai commencé à mal respirer. Le temps était humide, et d'habitude, deux bouffées de Ventoline, un comprimé de Polaramine, et tout rentrait dans l'ordre. Sauf que là, ça n'allait pas. J'ai fini par m'endormir, abrutie de sommeil. Et au matin, ça sifflait toujours. Comme un vieux soufflet d'accordéon qui expire, ce bruit qui exaspère et qu'on ne parvient pas à faire taire, respiration après respiration. Le petit-déjeuner, l'habillage des enfants suffit à m'épuiser suffisamment pour me recoucher. Et me rendormir presque aussitôt. C'était dommage pour le repas dominical où nous devions nous rendre, mais je n'étais pas en état. Vers 16 h 30, ils sont revenus et je les entendais jouer dans le salon avec les cadeaux reçus par Petit Châtain qui avait resoufflé ses bougies cet après-midi là. Sans être capable de les rejoindre. À 17 h 45 heures, tuile : plus de Ventoline, pas de deuxième tube dans la pharmacie, une respiration toujours plus étouffée et pas d'ordonnance valide sous la main pour envoyer le Capitaine me ravitailler (ce qu'il aurait fait en m'engueulant de ne pas avoir été prévoyante, et pourquoi n'avais-je pas un tube d'avance, etc, etc).

Pour la première fois de ma vie, j'ai appelé SOS Médecins. 36 heures que cela durait, sans amélioration aucune. J'étais épuisée et me voyais déjà sous masque à oxygène. Le médecin coordonateur de notre département a été très doux, prenant les renseignements usuels et demandant : "vous n'êtes pas seule ?", "vous pouvez prendre des respirations lentes ?". Une heure après, toujours pas de médecin. Je rappelais. Et passait illico en prioritaire. Les 20 minutes qui suivirent ont été très lentes. Je me demandais bien où pouvait être le médecin, peut-être de l'autre côté de la ville ? En train de chercher une place dans notre quartier ingarable ? perdu avec son GPS ?

Il finit par arriver (pile au moment où Grand-maman appelait). Le médecin ressemblait à Raphaël Mezrahi et avait l'air un peu dépassé et complètement paniqué parce qu'il avait laissé sa voiture devant un portail. Devant mon état, il me fit direct une piqûre de cortisone, une prescription de cheval (avec enfin de la Ventoline), et m'enjoignit de consulter un pneumo-allergologue, c'était bien une crise d'asthme, aucun doute et aucun signe d'une rhinite allergique là-dedans. Il ajouta que les causes de l'asthme étaient bien mystérieuses, même si un terrain allergique certes n'aidait pas. En cela, il rejoignait le docteur Lumière, qui m'avait dit la dernière fois, en mode gourou, que les crises d'asthme étaient une manifestation d'une inadaptation aux contrariétés du monde extérieur. Qu'il fallait apprendre à ne pas surréagir... Il partit en me disant d'arrêter mes mélanges dans mon coin, et sans m'avoir demandé si je travaillais ou pas (ni d'ailleurs en arrivant en me demandant si j'avais d'autres pathologie que la rhinite allergique ni même si j'étais enceinte, par exemple), j'en conclus que j'étais bonne pour aller pointer demain – ce que j'aurais fait de toutes façons. Pour les pharmacies de garde, comme c'était déjà la nuit (sic), le Capitaine appella le commissariat. Qui le renvoya sur le commissariat de la ville d'à côté. Finalement, il préféra faire un petit tour au Drugstore des Champs-Elysées, c'était beaucoup plus simple...

Dopée à la cortisone, je dormais presque comme un bébé. Le trajet au bureau fut une horreur : mon odorat, d'habitude endormi par la rhinite, est très limité. Là, je sentais TOUT, et de façon disproportionnée, je dois dire. Et spécialement les eaux de toilettes trop poivrées, les mauvaises haleines, le linge mal séché... Et aucune femme aspergée d'Angel de Mugler (le seul parfum qui surmonte la rhinite et le seul donc que je reconnaisse illico) ne passa près de moi... Dans l'open space, cela sentait les pieds, le café refroidi et une légère odeur de tabac froid de mes collègues fumeuses. J'ai terminé la journée sur les rotules, épuisée par tant d'émotions olfactives. Et avec un rendez-vous chez un pneumo-allergologue dans 15 jours...

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Laetitia 06/03/2012 11:15

Argh, 15 jours! Courage...

tatagogo 06/03/2012 04:24

Et bien alors!!! t'aurais pu me dire que t'avais joué à la locomotive vapeur tout le we, j'espère que ça va mieux ;-) je suis sure qu'un petit séjour au soleil sous les tropiques pour fuir les
contrariétés extérieures te fera le plus grand bien ;-)