Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La petite maison dans la banlieue

De bric et de broc

2 Avril 2012, 21:38pm

Publié par lapetitemaison

brocante

C'était notre troisième brocante, et nous pensions être aguerris. Celle-ci aurait lieu au pied de l'immeuble de JB et Marie, je dormirai chez eux la veille pour monter le stand dès l'aube, puisqu'à 7 h 30, tout emplacement non occupé n'était plus réservé. Le Capitaine me relaierait sur le stand vers 14 heures, et j'irais emmener Petit Brun et Petit Châtain chez leurs arrière-grands-parents, qu'ils n'avaient pas vu depuis le mois de janvier. Le soir, nous repartirions avec un bébé en plus : Gaby viendrait passer la nuit chez ses cousins, ses parents étant invités à un anniversaire dans un bar.
Une fois installée sur mon matelas gonflable, je tâchai de m'endormir. Un peu inquiète de me lever à l'aube, moi qui ne suis pas du matin, puis d'enchaîner avec les enfants l'après-midi, alors qu'un temps maussade était prévu. Enfants qui passeraient de 2 à 3 le soir, ne m'étais-je pas un peu enflammée sur ce coup-là.

4 h 30 : la dépanneuse et des passants qui devaient faire partie de l'organisation, chargés d'enlever les véhicules qui seraient encore restés malencontreusement garés. Puis le calme, à nouveau.
5 h 30 : nouveau réveil, avec du bruit, des camions que l'on gare et qu'on décharge. Je commence à me demander si on ferait pas mieux d'y aller.
5 h 45 : JB vient me réveiller. Je vais prendre une douche histoire de me réveiller. Et me laver les cheveux. Problème : il n'y a que du shampoing spécial boucles "effet salon" (ma belle-sœur a une chevelure de rêve TRES bouclée). Et je ne sais pas trop avec quoi mon frère se lave les cheveux. J'ai pique donc un peu de shampoing spécial boucles, en me disant que cela aura peut-être un effet curly sur mes baguette de tambour.
6 heures : une perfusion de café, vite.
6 h 15 : on descend chercher les tréteaux et les planches. JB s'aperçoit que le casque de Marie, qu'il a emprunté hier pour déplacer leurs bécanes et qu'il a posé sur les cartons que les voisins avaient entreposé dans la rue, avait disparu.
6 h 30 : à peine a-t-on posé les tréteaux et les planches sur nos deux mètres linéaires que des professionnels s'approchent, le tutoiement facile : "qu'est-ce que tu as ? de l'argenterie, des tableaux ? des statues ? Tu as des instruments de musique ?" Ben oui, une batterie, justement, mais il semblerait que les violons soient plus recherchés. Le deuxième type de chaland, qui achète pour lui ou pour revendre, se précipite lui aussi. JB m'avait certifié qu'il y avait de la monnaie dans la caisse, mais trois pièces de 5 centimes se battent en duel, alors que des paires de chaussures ont déjà trouvé preneurs.
7 heures : non, mes sacs ne sont pas en cuir, je n'ai pas de vieilles pièces de monnaie à vendre et visiblement, les trésors récupérés chez Belle-maman lors de son déménagement ne sont que du métal argenté.
7 h 30 : l'éclairage public s'éteint, une lumière bleue tombe sur le stand. Des dames distinguées, cabas sur l'épaule, éclairent notre stand furtivement de la lueur de leur lampe de poche. Je commence à avoir froid et à ne plus supporter mon frère qui pleure la perte du casque conjugal depuis 1 heure et demie "je vais me faire tuer, je vais me faire tuer". On a déjà amorti la location des mètres linéaires.

8 heures : je monte faire une pause pipi (c'est bien pratique, la base de repli) et je récupère une paire de chaussettes : la veille, il faisait 20 degrés à Paris, je suis en petites tennis en toile.
10 h : alors que les affaires battent leur plein, mon frère monte préparer le terrain (et demander du café). Il redescend, la mine sombre : visiblement, sa moitié n'est pas enchantée à l'idée de devoir courir dans un magasin de cycles retrouver un casque, alors qu'elle avait prévu avec le même montant de refaire sa garde-robe ce mois-ci.
13 heures : le rythme des ventes s'est bien ralenti, et on en profite pour déjeuner de pizzas. On a déjà vendu un immonde Bouddha, des gravures, un vélo d'appartement et surtout, surtout, le stepper réclamé par Marie pour un de ses anniversaires et qu'on a jamais réussi à vendre aux deux brocantes précédentes. Si on avait fait payer tous les gens qui ont voulu l'essayer, on aurait pu se faire trois fois son prix de vente. La batterie est toujours là, tout comme les deux éléphants, bien qu'on ait baissé leur prix.
14 h 30 : le Capitaine me relaie. Je suis exténuée. Les enfants sont en pleine forme.
15 heures : On est enfin arrivés chez Grand-Père et Mamie. Comme par hasard, des cannelés (plein de lait) tiédissent à la cuisine. Petit Brun, bien que sous antibiotiques à cause de son otite, en gobe deux illico. De toute façon, ils se sont rués vers le salon chiper des chocolats dans la boîte de la table basse, qui en contient toujours. J'ai droit à un café pour me réchauffer, les petits s'installent, vont chercher les voitures à la cave.
jardin15 h 15 : pendant qu'avec le petit Grand-Père on récupère les graines de pois de senteur et de marguerites qu'il avait mise de côté pour moi à l'automne, Petit Brun et Petit Châtain sortent brouettes et ballons sur la pelouse. Et parviennent à se disputer à deux les trois brouettes existantes.
15 h 20 : certaines graines de pois de senteurs sont pleines d'araignées. Enfin d'insectes, quoi.
15 h 25 : on décide de noyer les bêtes dans de l'eau et de planter les graines quand même, on verra bien. Il paraît que c'est même mieux de les faire tremper 24 heures avant. J'ai assez de graines de marguerites pour ensemencer tout mon jardin. "C'est facile, tu grattes la terre, tu creuses un petit sillon, tu sèmes à la volée, comme du blé [ Grand-Père oublie que je n'ai jamais semé de blé], tu recouvres et tu arroses". Tellement facile que le lendemain, en oubliant de bien refermer le pot de graines de marguerites (que j'ai essayé de répartir en plusieurs endroits du jardin), j'en ferais tomber un bon paquet sur la pelouse. Hum.
voiturerugby

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant ce temps, Petit Brun fait n'importe quoi avec les brouettes. Mamie leur montre comment faire des bagues avec les pâquerettes.
15 h 40 : une quarantaine de pâquerettes ont été décimées, offertes en bouquets, glissées dans mes cheveux ou derrière mes oreilles. Pour les bagues, c'est pas encore ça.
16 heures : On finit par les emmener faire un tour : escaliers roulants du Monoprix, tour dans les voitures-manèges installées devant le magasin (ils n'ont pas encore compris que c'était encore mieux si on mettait une pièce dedans), et hop, un chocolat de gagné chez le traiteur, et retour au point de départ, pile pour l'heure du goûter. Ils ne veulent pas donner la main et sont moyennement obéissants.
16 h 30 : En fait, ils se sont tellement gavés de chocolat qu'ils n'ont absolument plus faim. Petit Châtain se siffle un excellent jus de pomme, mais mange à peine. Son frère, pendant ce temps, regarde le rugby avec son arrière-grand-père. "Qui joue contre les Français ?" Ben en fait, c'est le Stade français contre Toulouse.
17 heures : On a fini par coller Petit Brun et Petit Châtain devant les vieilles cassettes VHS. Une heure de paix, à bavarder tranquillement, mis à part deux interventions pour aller aux toilettes, et un accident à déplorer. Mais par miracle, il reste des couches, de quoi faire le trajet retour tranquille.
18 heures : Le Capitaine appelle pour dire qu'ils sont en train de remballer. Nous partons, lestés du cadeau d'anniversaire de Petit Châtain, d'un pot de confiture de fraises, de graines de pois de senteur, de marguerites et de roses trémières. Pile au moment où Grand-maman et le grand Grand-Père arrivent. M'obligeant, comme aux pires heures de la conduite accompagnée, à faire une manœuvre, avec toute la sainte famille qui prodigue des encouragements sur le trottoir : sortir le minibus, garé derrière la voiture du petit Grand-Père, avec le grand Grand-Père en embuscade, prêt à récupérer ma place. Tout ça le jour où je suis debout depuis douze heures, déjà.
18 h 30 : la brocante est encore loin d'être terminée et c'est l'embouteillage vers la rue de JB et Marie. Je me poste un peu plus loin. Devant la statue de Santos Dumont, dont je trouve – merci le smartphone – l'histoire sur le net. Histoire de faire patienter Petit Brun et Petit Châtain, qui commencent à chouiner.
18 h 45 : à peine est-on tous installés dans la voiture, que Gaby émet un drôle de bruit. Le Capitaine assure que ce n'est rien, je découvrirai après qu'elle a régurgité un peu de lait.
19 h 15 : enfin à la maison, glaciale, puisqu'on avait arrêté le chauffage la semaine dernière, tellement il faisait chaud. Gaby dort, on la laisse dans la coque, le temps de mettre les garçons au bain et d'installer leur chambre pour la nuit.
19 h 30 : lit parapluie ok, affaires de la demoiselle ok, je descend la boîte de lait et le biberon. Ce matin, le Capitaine a acheté de l'eau en bouteille. Nous sommes parés.
19 h 45 : en attendant le dîner, Gaby est installée sur une couverture dans le salon. Ses cousins lui lisent un livre. Le tableau idyllique dure trois minutes : c'est l'heure d'aller manger.
20 heures : je commence le biberon. Petit Brun et Petit Châtain voudraient bien le donner eux aussi.
20 h 15 : j'emmène les garçons se coucher, le Capitaine prend le relais avec sa filleule. Ne pas avoir fait de sieste les a crevés.
20 h 30 : Ils sont tous les trois dans leur lit.
20 h 35 : Plus un bruit, miracle. Et ne se réveilleront qu'à 9 heures le lendemain...

Commenter cet article

Laeti 03/04/2012 15:20

Ooooh trop fort, vous avez vendu le vélo d'appartement et le stepper!!

tatagogo 03/04/2012 11:04

Hé, hé, cool...on rêve de se faire un we en amoureux à Paris pour faire du velib, boire des cafés et trainer le long de la seine ! Mais attention la sirène est une couche tôt comparée à Gabi, c'est
19h au lit dernier carat sinon elle ronchonne ;-)

tatagogo 03/04/2012 05:33

Mais dis donc ce casque de scoop, ça serait pas par hasard le mon-mien, snif, snif, mon fidèle compagnon a donc disparu ???

Je valide pour la belle soeur chevelure de rêve ! et j'aime beaucoup les questions sur le match de rugby ;-) Ah là là ils ont du bol de se faire des pyjamas party de cousins, nous on a hâte de
larguer la naine une fois de temps en temps !

lapetitemaison 03/04/2012 10:23



Non, c'est le tout neuf qui a disparu, tu penses, mais du coup, le ton-tien a repris du service... Et à partir de septembre, on récupère Marie-Vanille quand vous voulez !