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La petite maison dans la banlieue

48 heures at home

1 Février 2013, 16:33pm

Publié par lapetitemaison

Quand je suis partie prendre le train à midi pour aller déjeuner à Paris du côté de Montparnasse, j'ai réalisé que cela faisait 48 heures que je n'étais pas sortie de la maison. Beaucoup trop long, pas étonnant que je commence à ruminer sur toutes les questions en suspens du moment et à mal dormir la nuit. Ce n'est pas que les conditions atmosphériques aient été particulièrement désastreuses en cette fin de semaine : pluie fine ou plus violente, plafond bas, que du très banal.

Non, c'est juste que mercredi matin, pour une raison inexpliquée, quand Grand-maman est arrivée (je devrais dire enfin arrivée tant les garçons l'attendaient avec impatience), mon estomac a rejeté tout net le petit-déjeuner. Je ne suis pas émétophobe, donc je suis malade à tous les coups. Grand-maman a illico remis son manteau, embarqué les deux loustics avec elle sous des trombes d'eau, me laissant misérablement blottie sous ma couette. Où je me suis endormie direct jusqu'à 15 h 30. Là, j'ai recommencé à manger avec précaution – en laissant un laps de temps de digestion important entre deux aliments –, mais à 15 h 30, on a pas vraiment envie de rôti de veau ou de tarte forestière. Donc une fois de plus, j'ai pris un goûter allongé : banane, fromage blanc, compote. En me demandant si j'allais être capable de tenir le coup le lendemain, jour de grève (et les institutrices de notre école sont TOUJOURS en grève).

J'avais eu des scrupules à mettre Petit Brun et Petit Châtain à l'accueil (le fameux service minimum) organisé par la mairie, priorité aux mamans qui travaillent. Je garde un souvenir cuisant de la première fois où j'y avais laissé Petit Brun, cette fois-là et l'école et le centre de loisirs étaient en grève contre les retraites – c'était en 2010. L'accueil ne se faisait pas dans "notre" centre de loisirs, ce n'était pas "nos" animateurs, mais dans le gymnase d'une école voisine. Petit Brun était alors en petite section, je l'avais quasiment abandonné près d'un tas de cubes au milieu du gymnase sans que personne ne soucie vraiment de son sort (culpabilité jusqu'à l'arrivée au bureau), et le soir, encore mal habituée de la crèche où l'on nous faisait le compte-rendu minute par minute de la journée de Monsieur, personne n'avait été capable de me dire si ça s'était bien passé...

Jeudi donc, pas de centre de loisirs. J'avais émis l'idée d'aller voir la galerie égyptienne du Louvre, ou celle des dinosaures au Museum d'histoire naturelle. En réalisant que tous les ateliers ou visites "jeunesse", ben c'est pour le mercredi ou les vacances. Le fait que vers 10 h 30, alors que nous lisions sur mon lit 13 histoires pour aller à l'école, je sois de nouveau malade – alors que prudemment, je n'avais avalé qu'un jus de pomme et la kyrielle de médicaments ad hoc – m'a dissuadée de toute tentative de sortie. Ce serait une journée lecture, Playmobils (selon les possibilités de jeux en commun de Petit Brun et Petit Châtain sans que cela ne tourne au drame). J'ai réussi à improviser un déjeuner, puis à coucher Petit Châtain pour la sieste et à négocier un "temps calme" au grenier pour Petit Brun avec deux chevaliers et deux livres. Son frère, qui a d'abord psalmodié "ze ne veux pas faire la sieste" pendant un quart d'heure, a finalement dormi jusqu'à 17 heures, j'ai réussi à terminer mon livre (parce que, une fois couchée, aucune envie de dormir) et à rembrayer sur les mêmes histoires que le matin, Petit Brun squattant depuis une heure mon lit ("je ne peux pas me reposer, la pluie fait trop de bruit").

Une après-midi vite pliée, suivie du goûter (Petit Châtain mal réveillé et d'une humeur de chien nous a snobé) et – c'est mal, mais c'est pratique et en plus c'était en anglais – visionnage de trois histoires de Peter Rabbit, je n'étais pas assez en forme pour me coltiner des épisodes de Zorro. Un mois de séries en VOSTF a grandement amélioré ma compréhension de ces épisodes et la traduction simultanée (il y a bien les sous-titres, mais comme les garçons ne savent pas encore lire...). A la fin du dernier épisode, le Capitaine avait été délivré de sa tour infernale et a pris le relais pour les bains et le dîner. J'avais survécu à la journée, ouf. Ce matin, c'est avec beaucoup de prudence que je me suis levée, que j'ai pris mes médicaments et ai mangé très très très lentement. Miraculeusement, c'était un bon jour. J'ai donc pu poster le courrier, prendre mon train sans malaise, aller déjeuner, faire même un crochet pour trouver un cadeau pour l'anniversaire auquel Petit Châtain est convié. Le tout à pas comptés.

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