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La petite maison dans la banlieue

Onze jours sur l'eau

31 Juillet 2017, 14:13pm

Publié par lapetitemaison

Onze jours sur l'eau

Jour 1/Oublis en série

On a d’abord oublié les gourdes à La Rinissée, occasionnant un premier demi-tour. Puis, en allant prendre de l’essence, nous avons eu le temps de réfléchir, eu égard aux nombreux travaux que la DDE d’Indre-et-Loire avait choisi de réaliser ce matin-là, et de réaliser, que, beau temps aidant, nous avions totalement oublié de prendre… les vestes de quart Décathlon des enfants. Alors que nous avions tenté une expédition le 14 juillet, aux 4 Temps (l’enfer sur Terre. Plus jamais jamais ça), exprès pour éviter d’y faire un petit tour à Vannes. « La prochaine fois, on s’arrête directement à D… de Vannes pour faire les courses », en a conclu le Capitaine. D’autant que, le temps passant, il était l’heure du déjeuner pour nous 6 (cette semaine, nous avons en guest la cousine Gabirelle).

 

Après une pause galette (personne de malade, juste un déjeuner breton) et l’achat des indispensables vestes de quart et lunettes de soleil, nous sommes enfin arrivés à destination, le temps  de nous poser chez Mané et de coucher Colombine pour la sieste (dont elle avait grand besoin mais qu’elle n’a absolument pas faite, en revanche, je me suis écroulée de fatigue), et Gabirelle, qui bien qu’ayant claironné qu’elle n’avait plus besoin de la faire, a dormi 2 heures pleines.

 

Pendant ce temps, « Capitaine Papa » écumait l’Intermarché du coin et le primeur, histoire d’assurer notre bonne pitance pour les quinze prochains jours. Il a également commencé à vider le minibus, le tout sur un cagnard de folie. A 18 h il est venu nous chercher, nous avons fini de récupérer les affaires laissées dans la maison (duvets, draps, taies d’oreiller, débarbouillettes du bateau, torchons et divers matériels de pêche and co) pour enfin descendre sur les pontons installer le bateau – aka faire les lits, défaire les sacs de chacun et serrer les affaires dans les minuscules placards, organiser un minimum l’espace, trouver une place – la plus intelligente possible – pour les provisions, jouer à un Tetris géant. Le tout en commençant de faire dîner les mousses, que nous avions vissé devant un DVD dans la cabine avant histoire de nous mouvoir plus facilement dans le carré : « quoi ? il est 19 h 30 ? mais c’est l’heure de dîner ! » (#maisonderetraitebonjour. Ces enfants ne sont absolument pas dans la disruption, ils vont finir sur le bord de l’autoroute de la Start-up Nation, je vous le dis !)

 

Bref, à 21 h, la petite troupe était à peu près couchée. Il faisait encore très chaud et personne ne dormait. Il a fallu séparer les filles tellement c’était la foire, puis Capitaine Papa et moi-même avons dîné sur le pont où il faisait enfin un peu frais. Avant de nous apercevoir, à 22 h, qu’on avait totalement oublié d’installer les filets le long des filières – notre protection antichute d’enfants. Dont acte, puis, alors que le carré était enfin rangé au cordeau, la vaisselle faite et rangée, Capitaine Papa s’est avisé d’aller prendre une douche (plutôt que d’aller dormir sur le pont). Et c’est là que nous nous sommes aperçus que nous avions oublié les serviettes de toilette chez Mané. J’ai gagné au passage une couette (sinon c’était battle pour le drap et la couverture pendant 15 jours).

Onze jours sur l'eau

Jour 2/Larguer les amarres

 

Bien décidés à partir au plus vite, nous nous divisons en deux équipes après le petit-déjeuner, pris dans le carré extérieur : moi aux douches, le Capitaine et les enfants au marché pour un dernier plein de frais. Au moment de partir les rejoindre, trois gouttes de pluie tombent, le tonnerre tonne, le ciel est noir « tu es sûr que je devrais pas repasser au bateau fermer les hublots et prendre les vestes de quart des enfants ? La tienne ? » « Oui, si tu veux, mais on est à l’abri, là ». Une demi-heure après, nous repartions du marché sous le déluge, en ayant à peu près complété nos courses (mais en ayant oublié le couvercle pour les casseroles et l’entonnoir pour remplir les gourdes à partir d’un bidon de 5 l… En pleine mer, c’est précieux). On attend la fin de la pluie pour partir – enfin – avec une première marche arrière un peu périlleuse pour sortir Boléro de sa place, en évitant un moteur et que notre ancre ne racle la coque du gros bateau avec lequel nous étions à couple.

 

Il est 14 h et des brouettes, Colombine fait la sieste, nous mettons le cap sur Belle-Ile, avec un premier bord avec beaucoup de vent et un bateau qui gîte pas mal – au grand dam des enfants « Papa, tu peux mettre le bateau à plat ? ». Mais dans l’ensemble, tous se déplacent sans trop de mal et Asparagus est un mousse particulièrement efficace. Nous mouillons en fin d’après-midi aux Grands Sables et, une fois l’annexe gonflée, le Capitaine emmène la troupe sur la plage, pendant que j’essaie de calmer une horrible migraine : j'ai pas eu mon café du matin, il n'y avait que du Nescafé... Je le paie cher.

 

Deux heures après, ils sont de retour, prennent une douche froide sur le pont (nous avions oublié de brancher le chauffe-eau la veille), puis leur dîner à l’intérieur, et s’endorment quasiment instantanément. Il n’y a pas de vent au mouillage, mais un peu de clapot (en clair : le bateau oscille très régulièrement d’un côté à l’autre MAIS ne tape pas l’eau d’avant en arrière. C’est beaucoup plus confortable, mais c’est pas top non plus). C’est là que nous nous rendons compte que les distances sièges/table dans le bateau ne sont pas du tout adaptés à des enfants… Pas étonnant, quand ça clapote en plus, qu’une fois sur deux il y ait des chutes de nourriture sur les vêtements ou sur le sol… Pendant nous dînons, un brouillard se met à tomber sur Belle-Île, et se transforme en fin crachin – alors que, bien évidemment, tous les maillots de bain, T-shirt anti-UV, serviettes de bain… sèchent sur les filins.

Onze jours sur l'eau

Jour 3/Groix devant

Il crachine toujours au petit matin, nous nous levons donc relativement tard – 9 heures. Une heure après, il fait toujours aussi moche et de la pluie est prévue dans la journée. Nous décidons de partir directement à l’île de Groix – cinq heures de navigation -, nous déjeunerons en mer. Pour une fois, c’est même moi qui barre, jusqu’à Birvido. C’est beaucoup plus facile de tenir un cap avec un repère sur la côte – une pointe, un phare – que de regarder le compas. Un grain nous tombe dessus au large du Palais et de la pointe des Poulains, mais les enfants s’en contrefichent. L’apéritif en pleine mer alors que le bateau gîte et que la mer se creuse un peu les ravit – même si Nimbus vire au blanc et ne veut rien manger du tout. Ils finissent par s’endormir à moitié, Colombine et Gabirelle sont mises à la sieste malgré leurs protestations et s’endorment, bercées par le bateau.

 

Au Birvido, je passe la barre au Capitaine – j’ai moi-même un peu mal au cœur et je finis par m’endormir dans la cabine des garçons. Asparagus me réveille 20 minutes avant d’arriver à Groix. Nous sommes arrivés trop tard pour la place au pontons, nous aurons donc la joie de jouer au Tetris du marin : l’amarrage à la bouée – je déteste. Là, comble de joie, il nous faut en plus prendre la place en marche arrière – comme s’il fallait garer le bateau en épi. Heureusement, nos voisins de tribord sont au taquet, prêts à récupérer nos amarres et à repousser le bateau – nous avons manqué de taper deux petits bateaux à l’avant, tant nous avions peu de place pour redresser Boléro – qui n’a pas de direction assistée pour ce genre de manœuvre…

 

Une fois bien arrimés – ainsi que nos nouveaux voisins de babord, la vaisselle de midi faite et les affaires de toilette prêtes, nous nous entassons dans l’annexe – avec les poubelles et la bouteille de gaz vide que nous devons mettre à la consigne. Nous arrivons plutôt dignement sur le quai – hormis les pleurs de Colombine qui a mis sa sandalette dans l’eau. Dans le seul rayon de soleil de l’après-midi, après avoir trouvé le local poubelles et le code des WC et des douches, nous prenons une glace sur le port – sans serviette ni mouchoirs dans nos sacs, un massacre, seuls le Capitaine et moi sommes capables de manger un cornet sans nous salir, puis nous mettons en quête de l’Intermarché pour notre fameuse bouteille de gaz.

 

Las, il n’y a pas de consigne, il faut aller plus loin, à la station service ou au Bricorama, mais il est 19 h passée, un grain vient de tomber, la jeune troupe pleure, soupire et râle (nous n’avons même pas fait une balade d’un kilomètre). Tant pis pour la douche, nous regagnons le bateau. Problème : il y a tellement de bateaux à couple et tellement d’annexes sur l’eau que nous ne voyons pas très bien comment regagner le nôtre… En soulevant quelques bouts (et s’arroser d’eau du port au passage), nous y parvenons.

Les crêpes salées achetées la veille ayant moisi (nous ne les avions pas mises dans le frigidaire), ce sera des pâtes et des crêpes sucrées.

 

Pendant la nuit, le vent forcit énormément, même à l’abri du port. Bien plus que la musique habituelle du vent dans les haubans, on dirait qu’avec les autres bateaux auxquels nous sommes accrochés, que le vent passe sous les coques pour les soulever. Au milieu de la nuit, un Asparagus mort de trouille s’est réfugié dans notre cabine : trop de bruits bizarres, trop de vent, trop peur. S’il ne se met plus en travers de la couchette comme quand il était petit, il prend néanmoins de la place. Nous passons donc une nuit… assez mauvaise.

Onze jours sur l'eau
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Jour 4/Exploration

Aujourd’hui, exploration de l’île à vélo ! Nous reprenons nos réflexes de plaisanciers : ce coup-ci, on met toutes nos chaussures dans un dry bag : ça évite les drames à l’arrivée de l’annexe (devant l’hotel et le café de la jetée). Finalement, nous faisons l’impasse du pique-nique : nous sommes déjà suffisamment chargés rien qu’avec les vestes de quart (méfiance), les gourdes et le goûter, sans compter le bras du moteur électrique – énorme succès avec nos voisins de mouillage et le loueur de vélos… qui habite sur le bateau « Sea sheperd » juste à côté de nous.

 

Chez l’unique loueur ouvert ce jour-là (deux enseignes ont l’air de se partager le marché de la location de vélos et de voitures électriques sur l’île), nous optons pour deux vélos adultes, dont un avec un siège enfant, initialement occupé par Colombine puis par le sac à dos, une charrette – tirée par le Capitaine, initialement occupée par Gabirelle, puis Colombine qui trouvait qu’il faisait « trop froid » sur mon vélo – et deux vélos enfants pour Asparagus et Nimbus. Et casques pour tous les nains. « Et pourquoi pas vous ? » (Parce que c’est moche et que ça tient chaud et qu’on va pas faire une course de vitesse).

 

Nous commençons notre balade par monter la côte à pieds (trop raide), puis pédalons en direction de la pointe des chats (en gros, nous avons choisi nos buts de randonnée en fonction de la poésie de la toponymie : va donc pour la pointe des chats, le trou de l’enfer et le camp des gaulois. Moyennant quoi, nous ne verrons aucun des menhirs de l’île, puisque nous pédalerons essentiellement en direction du sud-ouest et que ceux-ci se trouvent… de l’autre côté).

 

Le temps se couvre quand nous arrivons à la pointe des Chats (nous n’avons pas trouvé l’explication de ce nom), mais les longs éperons rocheux qui s’enfoncent dans la mer valent le détour. Le phare est fermé et ne se visite malheureusement pas, au grand dam des enfants, mais jouer dans les rochers a suffi à leur bonheur ! Pour le déjeuner, nous repartons vers Locmaria où nous avions repéré le Pop’s tavern : nous nous installons dans le grand jardin et les enfants jouent avec les chaises longues (qu’ils ne casseront miraculeusement pas) en attendant le robuste déjeuner : croque-monsieur et double dessert breton : gâteaux bretons nature et à la framboise.

 

Nous repartons affronter le faux-plat de Groix, direction le trou de l’enfer. Les distances ne sont pas énormes, mais les vitesses des vélos de location sont parfois obscures et Nimbus a été particulièrement méritant avec celles de sa monture. Installées dans la charrette, les filles chantent à pleins poumons et sont en pleine forme, nous causant quelques sueurs froides en bordure de falaise. On fait un stop à l’église de La Trinité, admirer les bateaux ex-voto offerts par les équipages reconnaissants, et on arrive sous un grand soleil au départ du sentier qui mène au trou de l’enfer, faille très profonde et abrupte dans la falaise.

 

Nimbus nous fait un magnifique vol plané à l’arrivée. A part quelques mouettes et un tapis de crottes de lapin, il n’y a pas beaucoup d’animaux en haut de la falaise. Le trou de l’enfer est effectivement impressionnant même si, la mer étant plutôt calme cet après-midi là, les vagues sont assez modérées. Gabirelle se pique sur des piquants qui lui déclenchent une série de petits boutons rouges visiblement assez douloureux, heureusement ils auront quasiment disparu à la fin de la balade – nous nous apprêtions à faire un stop à la pharmacie, voire à trouver le médecin pour faire examiner l’éruption.

A 16 heures, il nous reste encore deux heures avant que le loueur ne ferme.

 

Asparagus ayant repéré sur le plan le « camp des gaulois », nous choisissons notre troisième but de balade du jour – d’autant que cela a l’air plus près en distance que la pointe St Nicolas et que la troupe tire la langue – Nimbus, notamment. Avec le plan très sommaire donné par le loueur de vélo, en suivant les directions peintes sur la route et les panneaux, nous finissons par découvrir l’éperon rocheux où des traces d’un oppidum romain ont été découvertes. Plus loin, nous apercevons le seul menhir que nous verrons de notre séjour – mais l’heure tourne et nous n’aurons pas le temps d’y arriver.

 

Après avoir trouvé la biscuiterie du gâteau breton au sarrasin et à la confiture de framboises (miam !), nous allons rendre nos vélos et rembarquons pour préparer nos affaires pour aller prendre une douche (ce qui est quand même le gros avantage du port !) et prendre une glace – à une boule, et avec les serviettes de table dans le sac, c’est beaucoup plus jouable – sur le port, pour nous récompenser de nos efforts.

Surprise : le bassin s’est vidé de ses occupants et nous héritons de nouveaux gentils voisins à tribord. Un gros coup de vent se prépare pour le lendemain, et au vu des prévisions météos, soit nous partons à 7 h 30 pour avoir le temps de rallier Concarneau dans des conditions potables, soit nous restons à Groix un jour de plus.

 

Au vu de la fatigue de la troupe et dans la perspective d’avoir une place au ponton (plus chère mais offrant la possibilité de faire le plein d’eau et d’électricité en étant mieux protégé du vent à la bouée en cas de tempête) nous choisissons la deuxième option.

Nous repartons en annexe à la douche et nous séparons en deux épuipes : les garçons et les filles. Comme nous n’avons qu’un seul savon et un seul schampoing, les garçons passent d’abord à la douche, puis je m’occupe de Colombine (qui hurle comme un cochon qu’on égorge parce que c’est une douche fixée au mur, qui plus est la dernière de la colonne avec un filet d’eau chaude, donc quasiment froide), et de Gabirelle.

 

Nous regagnons le bateau et renonçons à faire dîner les enfants sur le pont : notre voisin fait de l’électricité en faisant tourner son moteur, dégageant une bonne odeur de gasoil et puis la fraîcheur tombe. En revanche, tout le linge laissé sur les filières pendant la journée a bien séché. Une omelette et un fruit, et hop ! tout le monde au lit. Nous pensions que les filles seraient assommées de la journée : pas du tout, il a fallu encore séparer les demoiselles pour le début de la soirée.

Onze jours sur l'eau

Jour 5/Îliens un jour de plus

Après un réveil relativement tardif, 9 heures et des brouettes, le petit-déjeuner, le gars de la Capitainerie nous informe que nous pouvons avoir une place au port. Nous décidons alors de bouger – soit ranger l’annexe, le moteur, descendre les pare-battages parce que le ponton sera plus bas – avant que le Navix faisant liaison Lorient-Groix ne parte. Le vent commence à se lever, et nous déporte vers notre voisin : nous heurtons un de ses chandeliers en nous séparant – ce qui nécessitera de le changer – et manquons de peu de taper un autre bateau, nous réussissons finalement notre demi-tour, aidés par le bateau de la Capitainerie qui nous pousse pour nous redresser – en marche arrière, Bolero est très peu mobile. En arrivant sur l’autre ponton, heureusement nos nouveaux voisins nous voient arriver et nous aident à nous amarrer, ce qui nous évite une deuxième avarie. Pour la blague, notre voisin de tribord se retrouve entre deux… Bolero.

 

En remontant l’annexe pour aller régler notre sinistre de chandelier, le Capitaine s’aperçoit que le moteur s’est désaxé par rapport à l’hélice – et bien évidemment, il n’a pas la clé Allen de la bonne taille… Il n’y a pas de magasin d’acastillage à Groix, mais nous sommes amarrés pas loin de l’atelier du rouquin-marteau, qui restaure des bateaux… et qui a le bon outil. Finalement, plus de peur que de mal : le capitaine et Asparagus peuvent partir régler l’affaire du chandelier, à l’amiable, autour d’un verre de blanc et d’un coca-cola, et en y gagnant peut-être un futur équipier pour les régates.

Pendant ce temps, j’avais préparé des salades de tomates pour le déjeuner – que nous avons pris à l’extérieur -, avec du jambon et des abricots. Puis sieste pour les filles – qui avaient été très sages, faisant des dessins -, lecture et dessins pour les garçons.

 

Et là, nouveau drame : la pompe des toilettes, qui fuyait un petit peu, a rendu l’âme, les rendant inutilisables. Nous devons aller aux toilettes sur le quai (ce qui nécessite d’escorter les enfants qui n’ont jamais envie en même temps d’y aller). Après le goûter, nous partons faire une mini-balade et en profitons pour visiter l’éco-musée : il fait moche et froid, pas possible d’aller à la plage aujourd’hui. L’éco-musée est très bien fait, retraçant l’histoire de l’île depuis le Néolithique (et même avant, Groix ayant un intérêt géologique certain), en passant par les saints solitaires (Saint Tudy serait arrivé sur un menhir), le développement des flottes de pêche et le sauvetage en mer, Groix étant l’une des premières stations de sauvetage en mer installées sous Napoléon III en France. Bien évidemment, nous l’avons visité au pas de course, mais cela valait le coup.

 

Après un petit détour par la boulangerie pour avoir de quoi petit-déjeuner demain matin, nous regagnons le bateau, en ayant acheté le dîner spécial Groix des adultes : des huîtres (plus simple que le homard). Nous regagnons le bateau juste avant le début de la tempête, mettons les enfants en pyjama pendant que le Capitaine prépare des pizzas maison pour leur dîner. Nous prévoyons de partir tôt le lendemain puisqu’un nouveau coup de vent est prévu demain vers 14 h : en partant tôt nous aurons le temps d’arriver à Concarneau où la pièce pour réparer nos toilettes nous attends (Happy end). A la fin de notre dîner, le ciel se dégage, mais le mur de la jetée nous cache le coucher de soleil : nous décidons de confier le bateau au mousse en chef, Asparagus : tout le monde a l’air de dormir ou presque et profitons un peu de la lumière du soir.

 

Quand nous rentrons, Asparagus nous débriefe la soirée : tout le monde s’est relevé pour « aller aux toilettes » (aka le seau) après notre départ, mais le calme règne dans le bateau. Nous nous endormons à peine qu’un groupe de jeunes squattant devant la capitainerie en profite pour mettre du rap à fond la caisse et ce jusqu’à 2 h du matin. Etonnement, alors que pendant deux jours, nous avons vu les gendarmes (dont la caserne est juste au-dessus du port) patrouiller au milieu des cyclistes, des retraités en voiturettes électriques, tout juste débarqués du Navix, et des gamins léchant des glaces sur le pont, là, visiblement, il n’y avait plus personne pour intervenir…

Onze jours sur l'eau

Jour 6/Où l'on arrivera jamais à Concarneau

Comme prévu, le réveil programmé à 8 heures sonne. Et là, surprise, il faut lever les mousses presque de force (ceux-ci s’éveillant pourtant naturellement et à grands bruits entre 8 h et 8 h 30 tous les matins), le seul matin où il faut se presser un peu. A 9 h 15, nous quittons (à peu près proprement en termes de manœuvre) le port de Groix, croisant tous les bateaux de la SNSM (nous avons appris hier en visitant l’écomusée que Groix avait été la première station de sauvetage en mer de France en 1866 grâce au don d’un canot de sauvetage par l’impératrice Eugénie, le développement des transports maritimes où la rentabilité primait sur la sécurité – oh wait ! – entraînant également une multiplication des naufrages, notamment à la pointe des Chats et au trou de l’Enfer).

 

Dès la montée de la grand-voile, j’ai bien senti que le vent était déjà bien fort, le bateau s’est mis à fortement gîter directement – ce qui n’a absolument pas dérangé Colombine et Gabirelle qui continuaient à dessiner impertubablement dans le carré alors que tout valdinguait autour d’elles. Impression renforcée une heure plus tard, quand j’ai dû prendre la barre pendant que le Capitaine faisait prendre un ris à la grand-voile (la réduisait pour que nous perdions un peu de vitesse et de gîte). Les vagues me semblaient énormes et décider à ma place de la direction que prenaient le bateau. Une, deux, trois, quatre… à la dixième je déclarai forfait et qu’il était hors de question de subir cela pendant quatre heures jusqu’à Concarneau. Décision a été prise donc de rallier Port-Louis (avec un peu moins de mer et de vent au final).

 

J’ai mis les filles chacune dans une cabine, rangé les feutres et les crayons de couleur, fermé la cocotte minute pour y contenir les haricots verts et l’ait coincé dans l’évier. Au bout d’une demi-heure, Colombine, apeurée, m’a appelée et je suis restée avec elle dans la cabine quasiment jusqu’à Port-Louis. Je n’avais jamais entendu Boléro craquer et gémir comme ça. Et je crois que j’ai eu un début de mal de mer pour la première fois, qui ne s’est estompé qu’après le déjeuner. Sortir de la cabine pour aider à la manœuvre d’amarrage à Port-Louis a été une lutte. Heureusement, la capitainerie est très organisée et nous avions prévenu de notre arrivée, nous avions deux places de ponton pour nous installer et n’avons pas trop foiré la manœuvre.

 

En allant à la capitainerie nous déclarer, nous décidons d’aller déjeuner à la Cité de la mer et de la visiter par la même occasion : le bateau-bus met à 10 minutes de trajet le port de plaisance et la Cité de la mer. Auparavant, le Capitaine file chez Uship récupérer la pompe des toilettes afin de la changer, mais le magasin est déjà fermé, il devra y retourner à 14 h – celle de Concarneau secourera d’autres marins – et nous allons checker les horaires de messe – il y en a une ce soir à 18 heures, parfait. D’autant que Gabirelle nous quitte ce soir pour regagner la Touraine.

 

Nous décidons d’aller déjeuner à la Cité de la mer et de la visiter : le bateau-bus qui rejoint Lorient en dix minutes fait un arrêt au pied de la Capitainerie. Ensuite, un bus fait la correspondance jusqu’au musée. Au troisième restaurant – une crêperie qui a ouvert au début du mois – nous trouvons enfin une table qui nous accepte tous les 6, de bonne tenue. Le Capitaine m’avoue alors avoir un peu sous-estimé la houle, et que, oui, des vagues de 2 mètres, ça fiche un peu la trouille. Je confirme.

Pendant que le Capitaine tente de récupérer la fameuse pompe, les enfants testent la super nouvelle aire de jeu de la Cité de la mer, d’où ils ne veulent plus repartir quand il s’agit de visiter la Cité elle-même.

 

Nous n’avons parcouru que l’aile consacrée à la navigation, hyper bien faite, où tout le bateau est expliqué de A à Z. On peut essayer de barrer sur des simulateurs, hisser le foc ou la grand-voile, je me suis fait mal au bras sur un moulin à café (un winch à double manivelle)… Mais la petite troupe se fatiguant vite et l’heure tournant, nous sommes rentrés pour avoir le temps de gouter, de faire la valise de Gabirelle en essayant de ne rien oublier, lancer une machine à la laverie et partir à la messe dans la jolie église 18e. En sortant, j’ai couru après des pièces de 2 euros pour le sèche-linge (2 euros le cycle de 20 min). Pour une très grosse machine (tambour quasi-plein à ras-bord), il m’a fallu trois cycles de séchage pour arriver à un résultat correct. Le fait d’avoir embarqué la marchette pour transporter le linge a été assez pratique.

 

Quand je suis rentrée au bateau, Pam venait d’arriver pour chercher Gabirelle, qui, au grand dam de ses cousins que nous avons mis au lit à grand-peine, a eu le droit de rester à l’apéritif dans le carré. Après leur départ, j’ai plié le linge, et mis à sécher sur les filières tout ce qui n’était pas entièrement sec, en ayant vérifié avant qu’il ne pleuvrait pas cette nuit. En revanche, le vent s’était bien levé : ici aussi, on avait l’impression qu’il faisait vibrer la coque du bateau sous l’eau.

Onze jours sur l'eau

Jour 7/Sous la pluie

Ce matin, le Capitaine est allé nous chercher des croissants et des pains au chocolat. A 9 heures et des brouettes, une voix flûtée m’apprend qu’il y a un eu un pipi au lit dans la cabine de Colombine : le temps de sortir ses draps et ses affaires et de la rhabiller, la pluie commence à tomber et j’ai tout juste le temps de récupérer le linge sur les filières, qui est sec, heureusement. Nous rangeons les cabines avec les garçons et prenons ensuite le petit-déjeuner.

 

Au menu de ce matin : douches et machines (il me restait une pastille de lessive). Le Capitaine doit racheter une bouteille de gaz et mettre la nôtre à la consigne – un feuilleton qui dure depuis trois jours – et part donc en vadrouille. Les douches de Port-Louis sont les plus cosy que nous ayons vues : un petit salon d’attente avec « Le Télégramme » du week-end pour patienter et un canapé, des douches ultra-modernes avec : de l’eau chaude, une pomme de douche et même un siège pour les vieux marins et des petits lavabos individuels à la bonne hauteur. Hyper agréable, même Colombine l’a reconnu, un peu marquée par la douche quasi froide de Groix. Comme il pleut des trombes dehors, je ne lui lave pas les cheveux. Les garçons ne voulant pas accompagner leur père en courses, ils sont censés garder leur sœur… Et bien évidemment se chamaillent tous les trois si fort que je les entend même sous la douche. En plus, on s’est fait doubler pour le sèche-linge par nos voisins de ponton.

 

Sous une trombe d’eau – le crachin s’est clairement intensifié - , nous partons en quête d’un restaurant et essuyons deux échecs avant de trouver une taverne accueillante près de l’église, où nous nous régalons de moules frites. Le Capitaine rentre coucher la troupe – Colombine a la sieste, nous savons que les après-midis comme hier où elle ne dort sont suivies de journées assez pénibles, la demoiselle étant alors d’une humeur de dogue – pendant que je retente ma chance au sèche-linge. Celui-ci est encore plein de linge – sec – que je plie, pendant que mon linge tourne. Comme la machine était vraiment à moitié pleine, deux cycles de séchage suffisent.

 

Au lever de la sieste, nous voulions aller visiter le musée de la Compagnie des Indes, mais Colombine refuse de marcher et de bouger. Le Capitaine et les garçons partent donc pour la citadelle et je reste avec la demoiselle sur le bateau. Ils reviennent enthousiasmés par leur visite. La pluie continue de tomber, l’humidité envahit le carré – mon jean teint en bleu la banquette – alors que, jusqu’ici nous trouvions que le bateau tenait pas mal l’humidité. Nous espérons que le beau temps revienne demain, pour pouvoir faire un petit saut de puce sur la côte.

Onze jours sur l'eau

Jour 8/Où l'on se retrouve à Ploemeur

Je suis réveillée par… une goutte d’eau qui tombe directement dans mon oreille : du fait du froid hier soir, nous avons dormi hublots et porte fermée (nous avons laissé le radiateur dans la voiture en partant, pensant ne pas en avoir besoin…). Résultat : il y a de l’eau sur toutes les parois, ce qui nécessite de tout essuyer et de bien ventiler le bateau. Nimbus ayant eu un accident de pipi au lit, nous sommes bons pour un nouveau cycle de lessive, ce qui me laisse le temps d’aller visiter la citadelle – je me limite au musée de la Compagnie des Indes et à l’exposition temporaire connexe, « Rien que pour vos yeux », qui est magnifique. Il fait grand beau et le spectacle de la baie depuis la citadelle est splendide. L’opération « fruits frais » du Capitaine et des enfants s’est soldée par un échec, nous partons quand même, avec dans l’idée d’aller à la plage pas très loin, à l’ouest de Port-Louis. Les Glénans, ce sera pour une autre fois.

 

Il y a encore de la mer et du vent, mais longer la citadelle à la voile est vraiment chouette. Croiser un pétrolier prénommé Aristide un peu moins – c’est vraiment très impressionnant, la masse sur l’eau de ce cargo. Nous voyons ensuite une nuée de planches à voile, partant de Groix et de Port-Louis, je n’en avais jamais vu autant sur l’eau. Le bateau gîte énormément et notre cap nous oblige à de nombreux virements de bord, avec Asparagus – nous aurons même du mal à rentrer le foc tellement celui-ci était tendu en arrivant à la plage du Stole de Ploemeur – pas du tout là où nous pensions arriver.

 

Et pile au moment où nous nous amarrons à un corps mort – qui ont l’air d’être non nominatifs, personne ne viendra nous demander ce que nous faisons là. Il y a de nombreux petits bateaux à moteur et à voile, mais nous sommes les seuls à passer la nuit là – j’entends une respiration « fffffouf » et un « splatsh » d’une quue… de dauphin ! Notre premier dauphin, qui vient nager autour du bateau, les enfants sont aux anges. Il est visiblement l’attraction de Ploemeur cet après-midi et nous le verrons nager plus loin dans l’après-midi, mais il ne reviendra pas près de nous, au grand dam des enfants (cela les aura bien occupés, merci Flipper).

 

Nous déjeunons à 14 h d’un poulet (acheté à Port-Louis) et de légumes, puis, après la sieste de Colombine, nous partons en annexe à la plage pour le goûter. A 19 h, les sauveteurs en mer sonnent la fin des bains et nous regagnons le bateau. Les enfants filent se coucher sans demander leur reste et nous pouvons profiter de l’apéritif sur le pont et du coucher de soleil (l’un des premiers de la croisière ! Nous avons beaucoup moins de chance que l’an dernier). Le bateau gîte beaucoup… mais cela nous berce vite pour dormir.
 

Onze jours sur l'eau

Jour 9/ Vamos a la playa

 

Après le petit-déjeuner, une fois la vaisselle faite, le Capitaine a mis au four un « jifoutou » (une tarte poulet tomate) et nous repartons en direction de Groix, en visant la plage des Grands Sables : une navigation facile d’une heure et demie, au soleil, en évitant le ballet des planches à voile, entre celles partant de Ploemeur et celles partant de Groix. Nous dégustons le « jifoutou » en arrivant, en déjeunant dans le carré extérieur. Puis, comme tous les jours, Colombine part faire la sieste et les garçons lisent dans leur cabine avant de se baigner du bateau sur un pare-batage attaché à un bout.

 

A 15 h 30, nous partons en annexe pour la plage, longue étendue de sable blanc, eau turquoise, avec quelques gros rochers et l’école de planches à voile et de Hobie Cat. On pourrait presque (presque) se croire aux Antilles. Les garçons se baignent, Colombine aussi, buvant même la tasse. Quand nous repartons à 17 h 30, le vent avait levé et les vagues s’étaient formées : le trajet en annexe nous a semblé particulièrement long et la remontée sur le bateau un peu périlleuse.

 

Puis, après la douche et le rhabillage des enfants, nous avons déplacé le bateau pour la nuit pas loin de la pointe de Chats, en espérant que la houle et le vent y seraient moins forts. Au milieu de la nuit, la pluie se mit à tomber… alors que toutes les serviettes de plage et de toilette séchaient sur les filières, sans compter les innombrables débarbouillettes (nous sommes un bateau 0 sopalin).

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Jour 10/Scottish day

Quand nous nous levons, un fin crachin tombe, tout le linge est trempé et nous avons 5 heures de navigation devant nous pour rejoindre Belle-Île : comme nous rendons le bateau vendredi, nous n’avons plus le temps de tergiverser : il faut faire la route ce matin d’autant que la pluie s’annonce l’après-midi.

 

Nous nous habillons chaudement, sortons les vestes de quart pour une traversée assez sportive – mer grise, vagues avec creux de 1 m, bateau constamment à la gîte mais heureusement sans trop de virements de bord. Nous chantons toutes les chansons que nous connaissons pour faire passer le temps (et la trouille aussi), finissons par déjeuner en mer – d’abord un apéritif, fromage et saucisson – puis la tarte chèvre-aubergines qui a cuit en navigation. Comme le pilote automatique (qui ne marchait pas depuis notre départ) fonctionne à nouveau, le Capitaine peut aller nous chercher les plats dans le carré, que nous mangeons à la main, façon pique-nique, on allait pas en plus sortir la vaisselle.

 

Nous arrivons à Belle-Île sous la pluie, décidons, au vu des vagues, de ne pas aller au Palais ni aux Grands-Sables (en plus il fait moche), mais de gagner la pointe en espérant être plus à l’abri de l’autre côté. Peine perdue : à Port-Blanc, il fait froid, il y a du vent et de la houle, mais nous avons trouvé un corps mort et nous posons là.

 

Au goûter, nous fêtons mon anniversaire, puis les enfants regardent un film (Peter Pan 2, je vous déconseille, c’est extrêmement mauvais), après leur dîner et leur coucher rapide (entretemps, il pleut, et le linge mouillé que nous avions mis à sécher est de nouveau trempé), nous dînons à notre tour et, comme nous n’avons pas pensé à prendre de DVD de grands, je choisis l’œuvre du soir : « Cendrillon ». C’est mon anniversaire, après tout !

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Jour 11/Houat, avant-dernière étape

Après la nuit la plus merdique de toute la croisière (en terme de houle, j’avais juste l’impression qu’une main secouait Boléro selon une chorégraphie très travaillée : appuyer deux fois sur l’avant du bateau – bam ! bam ! – puis deux fois par l’arrière en nous remuant de gauche à droite, puis nous laisser souffler une à deux minutes avant de reprendre de plus belle et ce jusqu’à 7 heures du matin – à peu près), nous avons vite rangé le bateau (en laissant le temps aux enfants de commencer « Cendrillon », puisque Colombine nous avait surpris en flag hier soir en allant aux toilettes) puis sommes partis, à petite allure (3 nœuds), ce qui nous a changé des jours précédents.

 

Il y a même eu un peu de soleil pour nous réchauffer (et commencer de sécher le linge), et nous sommes arrivés à Houat, sur la grande plage, sous un grand soleil. Nous avions projeté de déjeuner au bourg, et avons particulièrement bien réussi notre débarquement, en comparaison de celui de l’an dernier. Si la houle nous semble très faible par rapport à celle de la veille, il y a un peu de vent. Nous allons déjeuner au café du bourg puis sommes redescendus à la plage, où les garçons ont entrepris d’écrire « Vive les vacances ! » sur le sable (entreprise rendue impossible par leur sœur qui s’ingéniait à marcher dessus), après avoir vu un « Houat ze Fuk » en débarquant du bateau, qui les a enchantés. Nous avons ramassé moult coquillages avec Colombine (nous sommes arrivés à marée basse), des coquilles d’oursins qui n’ont pas tenu le choc, des carapaces de crabe vides et comme tatouées.

 

A 16 h, le Capitaine est remonté au bourg – l’épicerie et la boulangerie venaient de rouvrir – pour compléter notre dîner de légumes frais – des tomates en l’occurrence, puis tous se sont baignés et nous sommes repartis à 17 h 30, non sans nous être mouillés les fesses dans les vagues en remontant dans l’annexe – le tout assez dignement et sans larmes. Puis ceux-qui-étaient-plein-de-sable se sont lavés sur le pont, j’ai ramassé le linge qui était enfin sec et réentendu les serviettes, etc., les enfants ont dîné sur le pont… Et nous à l’intérieur, surveillés par une mouette postée sur la bouée de secours, qui entendait bien récupérer la peau du hareng fumé que nous avions au menu ce soir. Nous avons regardé le coucher de soleil en grelottant (on peut les compter sur les doigts d'une main, pour cette croisière), le joueur de biniou d'un bateau voisin n'a pas tenu très longtemps lui non plus.

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Jour 11/Retour à terre

Dernière journée en mer, petit pincement au cœur à l’idée de retourner à terre : ça veut aussi dire qu’on entame la deuxième partie des vacances et que ces jours sont passés trop vite. Mais la houle qui fait valser le bateau – pendant que le Capitaine et les enfants sont descendus pour une dernière partie de plage, je commence les sacs et à ranger – nous met presque de bonne humeur pour rentrer, après un pique-nique sommaire. Colombine part faire la sieste et nous levons l’ancre.

 

Nous avançons à bonne allure, sur une baie de Quiberon presque déserte. D’ailleurs, comparativement à l’été précédent, nous avons croisé très peu de bateaux sur l’eau, comme au mouillage (à part dans les ports). En arrivant au Trého avant de nous engager dans le chenal, nous affalons les voiles, mais le foc s’enroule mal, trop vite, et forme une coque. Le Capitaine me donne la barre, va à l’avant tenter de démêler le coquetier, en vain. Evidemment, le couteau de cockpit a été rangé dans le sac de pêche… qui est au fond du coffre. Un coup de couteau plus tard dans l’écoute, le foc est finalement bien rangé, mais dans la bataille, je suis de nouveau mal tombée sur le bras droit, réveillant la douleur que j’avais réussi à calmer à coup de baume de St Bernard depuis mercredi : je suis bonne pour aller chez l’osthéopathe une fois à terre.

 

Nous devons refaire le plein d’essence, mais il y a foule à la pompe et nous devons faire des ronds dans l’eau (pas facile parce que le moteur de Boléro n’est pas très puissant et que le courant du port nous déporte) en attendant notre tour. Heureusement, comme nous sommes arrivés relativement tôt, nous avons une « vraie place » au ponton. Nous commençons à vider le bateau avec les sacs déjà bouclés (je ne peux rien soulever avec mon bras), les enfants remontent à la maison avec leur grand-mère et une partie de nos affaires. Les équipes du loueur n’ont pas le temps de faire le ménage du bateau et nous font comprendre que ce serait mieux si nous nous en chargions… Ce que nous ferons. En gros, il nous faudra 4 heures pour ranger, vider, enlever les filets et laver le pont… Notre espace est pleine jusqu’au plafond MAIS avec l’argent économisé sur le ménage du bateau nous avons une cagnotte pour prendre un pot-dîner bien mérité.

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