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La petite maison dans la banlieue

120 mois

28 Mai 2017, 21:02pm

Publié par lapetitemaison

120 mois

120 mois de maternité - et de paternité. Bam. Déjà ?? Oui, si l'on en croit le compteur officiel d'Asparagus (qui, un mois avant le jour J, a tenu le décompte des jours restants avant son anniversaire tous les matins, entre deux bouchées de tartine, ce qui n'était pas toujours très intelligible) ?

Dix ans, putain, punaise. "Tu vas voir, ta vie va complètement changer après", m'avait dit à un dîner une belle-cousine. A l'époque, j'avais trouvé cela assez sot comme réflexion. Puis il y avait eu cette femme croisée chez le pédiatre, pour la visite des un mois d'Asparagus, alors que je venais de triompher d'un parcours du combattant, à savoir, entre deux biberons, harnacher l'être, le sac à langer, slalomer entre les poubelles avec la poussette jusque chez le pédiatre, défaire la coque, replier les pieds de la poussette, porter l'œuf jusque dans le cabinet, le désincarcérer de ladite coque et m'entendre dire : "profitez-en, ça passe tellement vite" (alors, que, personnellement, je trouvais que ce mois de mai 2007 n'en finissait pas).

Alors, oui, ma vie a complètement changé après. J'ai appris à démultiplier mon temps de cerveau disponible (et à laisser tomber la télé, on a même plus de poste), à dormir en mode veille (ce dont je me rends compte quand ils ne sont pas là), à trouver que un, ce n'est pas tellement de travail (parce que j'ai eu un bébé en or, qui mangeait bien, dormait bien, hormis quand il faisait ses dents la première année, ce qui fait qu'il a été très facile de repartir dans la folle aventure de la parentalité avec Nimbus 22 mois après son arrivée), à voir surgir des batailles, dont celles de l'eczema qui a bien pourri sa troisième année (nos nuits, nos jours, nos nerfs à tel point que l'on se demande encore comment nous y avons survécu) et s'est poursuivie jusqu'à ses 6 ans environ, conjointement avec celle de l'asthme (pas encore gagné, mais il a appris à le gérer comme un grand).

Alors oui, ça a passé tellement vite que les années parfois se mélangent dans ma tête, alors que je sais bien qu'Asparagus a dix ans et presque juste encore 20 cm de moins que moi, qu'il n'est qu'à une pointure de me piquer mes chaussures, que dans un an c'est le collège (et que je suis plus angoissée que lui à l'idée de batailler avec les profs et sa dysorthographie, qui passe jusqu'à présent pour une lubie de mère stressée – alors que le diagnostic est confirmé à la fois par son orthophoniste et une neuro-psy que nous sommes allés voir en janvier. Asparagus avait plié les tests à 13 h, et, au lieu de revenir chez la dame l'après-midi, nous allés déjeuner de l'autre côté de la Seine avec son père - il était aux anges.

120 mois

Pour son dixième anniversaire, nous avons offert un billet d'avion à Asparagus, direction Londres, chez son parrain. Très prosaïquement parce que Eurostar n'autorise pas les enfants non-accompagnés à bord avant leurs 12 ans. On a pris la voie aérienne (autorisée à partir de 7 ans). Asparagus, qui avait fait le fanfaron jusque-là (alors que son frère avait fondu en larmes à l'annonce de ce vol en UM : "mais comment va-t-il faire ? Il va se perdre et on ne le retrouvera jamais !"), n'en menait pas large à l'enregistrement ("mais pourquoi tu viens pas avec moi ?"), pour, au final, partir sans se retourner quand l'hôtesse est venue le chercher. Au retour, seul UM du vol, il a eu le droit d'aider le stewart à faire le service (et à gratter une cannette de coca supplémentaire), ainsi que, surprise, de venir dans le cockpit alors l'avion commençait sa descente sur Charles-de-Gaulle : voir Paris de nuit du ciel, le rêve !

Le jour J, j'avais été commandé un très bon framboisier à côté du bureau (les fraisiers avaient été pris d'assaut), que j'ai récupéré sous la pluie et porté comme un trésor à travers la foule de Saint-Lazare.

J'avais aussi, sur une excellente idée de sa marraine, édité dix droits pour ses dix ans (une idée recyclée à un ami qui avait eu les mêmes droits - en plus vintage - pour ses dix ans) :

- le droit d'avoir dix ans (ok, c'est un peu une arnaque, c'est pas vraiment un droit, mais il n'y en a plus que 9 à trouver. Pas mal, non ?)

- choisir ses vêtements : énorme challenge, Asparagus n'ayant pas exactement le sens des couleurs et des motifs. Mais il faut bien se lancer (oui je préparais leurs vêtements le soir, gain de temps le matin)

- lire jusqu'à 20 h 30 les vendredis et samedis soirs (easy. Mais le fait de gérer l'extinction de la lumière lui plaît beaucoup. En revanche, il réclame toujours bisou et câlin, on ne va pas s'en priver)

- prendre le bus seul : pas évident. Mais il l'a fait pour revenir d'un anniversaire un samedi matin, nous avions eu un SMS de la maman au départ d'Asparagus du Kids Palace, qui a pris le bus du soir, et descendu à son arrêt depuis trois ans. Opération réussie. En revanche, pour localiser le bus pour rentrer de l'escrime, ce n'est pas encore ça...

- 1 euro d'argent de poche tous les mois. Le Capitaine était contre, moi pour. Après tout, au même âge, nous avions , avec sa marraine, 1 livre d'argent de poche par semaine à Londres, nous ne pouvions rien acheter avec, économisions jusqu'à tout claquer dans le cadeau de la fête des mères - un vase que nous avions réussi à casser sur le trajet du retour à la maison. Succès total. Pour le moment, le versement de l'argent de poche est conditionné au comportement du week-end, et ça fonctionne pas trop mal... Asparagus n'a encore rien acheté avec mais prévoit malheureusement d'investir dans un horrible galion de pirates en plastique vu dans la boutique de souvenirs en Bretagne. Heureusement, il y a mon anniversaire avant, hin, hin, hin.

- choisir un menu par semaine : pas toujours appliqué, mais ça lui plaît. Et ça ne mange pas de pain.

- faire une activité une fois par trimestre avec ses chers parents : au départ, je m'étais enflammée sur une fois par mois. Une fois par trimestre c'est pas mal (et on a la pression d'ici à fin juin). Cela peut aller d'un ciné à un apéro, ou un DVD vu ensemble. Ou un truc vraiment trop cool (aka aller voir un match de foot ou de rugby).

- aller à la plage seul : dans les faits, c'est déjà le cas, enfin surtout pour rentrer seul de la plage. Mais cela veut dire aussi : cet aprem, tu fais ce que tu veux. Pas sûr que ce droit soit utilisé immédiatement...

- faire du vélo seul (et aller chercher le pain à la boîte à pain à La Rinissé) : parce que Asparagus aime faire du vélo. Mais seul, pas envie, pas là. Utilisera-t-il ce droit cet été ? Les paris sont lancés...

 

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