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La petite maison dans la banlieue

Celle qui ne savait pas enfiler une aiguille

30 Avril 2015, 11:48am

Publié par lapetitemaison

Celle qui ne savait pas enfiler une aiguille

Jusqu'ici, j'avais toujours considéré que j'avais deux mains gauches. Ou disons, des idées de création (beaucoup), mais peu d'adresse (et de temps) pour les concrétiser (ou alors en passant par un tiers, plus doué). D'ailleurs, dans la fratrie, l'affaire était entendue : celle qui avait des doigts de fée, c'est elle (ici et ici, tu trouveras, lecteur, des aperçus de l'étendue de ses talents).

Autant te dire que l'an dernier, en juin, par une journée aussi pluvieuse que celle-ci, quand j'ai décidé d'acheter une machine à coudre (les initiées disent MAC, mais je n'adhère pas encore à l'acronyme) lors d'une vente S***** sur un site de ventes privées, ma sœurette m'a conseillée, mais en ricanant un peu. J'étais en arrêt maladie, ceci explique peut-être cela.

Quelques jours après, la machine à coudre est arrivée. Je l'ai regardée et laissée dans son carton, sous l'escalier, "parce que je n'avais pas la place de m'installer". Entretemps, la grêle a perturbé l'agencement du salon et mes ambitions sont passées au second plan, emportées par le flot de la vie quotidienne.

Mais à Noël, j'avais envie d'offrir une poussette à Colombine. Une avec du liberty enduit. Sauf que cela coûtait un bras et la moitié d'un rein (et que c'était pas vraiment le moment, si tu vois ce que je veux dire, niveau finances). Je me suis donc mise en quête d'une poussette canne sur LBC, ce merveilleux site de débarras, trouvée pour 10 euros, puis de toile enduite (et pas du tout un liberty comme prévu, une vingtaine d'euros le coupon déjà taillé et le biais), et d'un tutoriel... La poussette n'a jamais été prête pour Noël, mais Colombine n'y a vu que du feu, j'ai changé la toile entre Noël et Jour de l'An, avec l'aide de ma sœur et de Belle-maman, fine couturière en son temps (elle a ainsi dompté la pédale de la machine en deux secondes et terminé l'assise de la poussette en 3 minutes).

Avant/après. C'est mieux, non ?
Avant/après. C'est mieux, non ?

Avant/après. C'est mieux, non ?

En janvier, j'ai traînassé à la mercerie de la rue principale (oui car nous avons encore la chance inouïe d'avoir encore une VRAIE mercerie en ville, donc j'essaie de les aider en consommant local...). J'avais dans l'idée, pour remplacer les bavoirs revenus ruinés de la croisière en Guadeloupe (j'en avais pris six... Pour six enfants... Sans les laver en une semaine... Heureusement les nouilles à la tomate sont arrivés en fin de croisière...), de tailler des bavoirs dans de vieux draps de bain (dans le trip récup'). J'ai taillé les bavoirs, acheté du joli biais Liberty pour me motiver. Puis j'ai trouvé du boulot depuis la maison, les travaux de peinture ont failli commencer, et Petit Brun a décidé de ne plus avoir de bavoir mais une serviette de grand, Petit Châtain a suivi (on l'attache autour du cou avec une pince à linge).

Bref. Je suis partie en vacances avec les enfants mi-avril avec la machine à coudre, les bavoirs à terminer, et des tissus achetés/offerts et jamais transformés. A Pâques, j'avais oublié de prendre tout ça. C'est la première chose que j'ai mis dans le coffre.

Après le week-end (qui nous empêchait de squatter la salle à manger puisqu'on ne tient pas tous ensemble autour de la table de la cuisine à La Rinissé), nous avons sorti nos machines à coudre. Enfin surtout ma sœur, qui avait des robes et des hauts à finir pour ses filles. J'ai suivi. Nos machines sont restées en place toute la semaine, aucun enfant ne s'est piqué avec les épingles (note pour plus tard : s'acheter un aimant pour ramasser les aiguilles), j'ai non seulement mené à bien l'opération Bavoirs (et réalisé que la vendeuse ne m'avait pas vendu assez de biais pour faire quatre bavoirs, je vais devoir y retourner), mais également...
cousu...
de A à Z...
une tunique d'été...
... pour Colombine.

(sous vos applaudissements).

un bavoir recyclé mais joli/oh, un haut.../entier.../porté !un bavoir recyclé mais joli/oh, un haut.../entier.../porté !un bavoir recyclé mais joli/oh, un haut.../entier.../porté !
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Bilan des soirées couture :

J'ai eu de la chance d'avoir un super prof, qui avait le patron déjà tout préparé, et un patron assez facile. Ça aide. Surtout pour te traduire le langage "couture".

J'ai appris à connaître ma machine à coudre (et à me rendre compte que les Brother, c'est le nirvana, même si c'est très déconcertant de piquer sans pédale). J'ai eu droit à une séance d'humiliation au magasin S***** du coin, où j'ai débarqué en catastrophe parce que ma machine avait un bourrage au niveau de la canette. Le magasin était en liquidation judiciaire (ce qui est très triste). "Vous avez acheté votre machine en supermarché ?" "euh non sur internet". "Ah bah oui, tout le monde va sur internet et ne vient nous voir que pour des conseils". J'aurais pu acheter du fil ou du biais. Je suis repartie en rasant les murs, en ayant au moins appris que le problème venait de l'enfilage du fil qui n'était pas assez tendu.

Au collège, j'avais eu eu droit à une année de cours de couture. On pouvait choisir en option dessin, musique, couture et un quatrième truc qui m'échappe. J'aurais aimé faire du dessin, mais il n'y avait plus de place. J'ai donc échoué en couture, sans avoir appris les bases l'année d'avant pour réaliser une trousse de couture et une trousse de toilette. La dame âgée (entre 60 et 70 ans ce qui pour les greluches de 14 ans que nous étions nous semblait un fossile) nous proposait de faire une jupe droite à fermeture invisible. Sexy. Je n'ai jamais terminé la mienne (il fallait tout bâtir à la main avant de pouvoir piquer quoi que ce soit), et j'ai eu une très mauvaise expérience avec les canettes qui ne voulaient jamais de moi. Ma sœur m'a avoué avoir rêvé de faire cette option couture en 3e, mais c'était priorité aux nouvelles. Elle a dû faire du dessin. La vie est mal faite.

J'ai enfin commencé à utiliser le stock de tissu amassé depuis des années. Merci spécial à Alexandre, dont j'utilise enfin les 10 m de batik rapportés de Surabaya, notamment dans ce petit haut pour Colombine. Le batik, c'est fantastique. Je me suis même lancée dans la confection d'un sac/toile de jeu pour ranger les Lego des garçons.

Je sais maintenant que je peux m'amuser en cousant. Que le ronron de la machine m'apaise, que c'est satisfaisant de faire des choses soi-même. Bien sûr, je n'habillerai jamais entièrement Colombine en fait maison, ce n'est pas le but. Mais peut-être le début d'un nouveau hobby. Résolution pour la rentrée prochaine : trouver des cours. Parce que ma sœur habite encore trop loin pour des soirées couture/papote.

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Tatagogo 30/04/2015 16:18

Ah j'attendais l'article avec impatience, trop contente de ne plus faire de la couture en solitaire a RU,on va trop s'exploser comme dirait Alice, bravo pour les efforts maintenant que l'aiguille a piqué tout peut commencer.

Laetitia 30/04/2015 15:26

Bravo bravo!!! C'est super joli.