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La petite maison dans la banlieue

Eiffel power

22 Septembre 2014, 19:55pm

Publié par lapetitemaison

Eiffel powerEiffel power
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Hier, on a dîné dans les nuages, arrimés au sol par quatre piliers en dentelle de fer. Pour célébrer une décennie et un septennat conjugaux, je complotais avec AnneDo depuis le mois de juillet pour réserver une table pour quatre au Jules Verne, le restaurant du deuxième étage. Oui, j'ai complètement craqué le Livret développement durable, oui c'était un peu de la folie, oui, on risque de ne manger que des pâtes tout l'hiver, mais on ne vit qu'une fois ! J'aurais aimé avoir une table notre jour J, mais les malices de la réservation en ligne ont rendu la chose impossible. Et finalement, cela tombait très bien, entre nos deux dates anniversaires. Plusieurs mails, SMS et même coups de fil de confirmation à passer : a priori, une table nous attendait bien pour 19 heures.

Seuls étaient dans la confidence (hormis Edouard et AnneDo) notre babysitter et le chauffeur de VTC (pas envie de conduire un dimanche soir pour aller au centre de Paris. Erreur, il n'y avait quasiment pas de monde, nous sommes arrivés très tôt sous la dame de fer. Mais aurions été incapables de conduire au retour après 5 ou 6 verres de vin).

Quand le babysitter est arrivé et que j'ai demandé au Capitaine de s'habiller chic, il a commencé par râler : "j'aime pas les surprises, j'ai pas d'autres chemises, je savais pas qu'il m'en fallait une pour ce soir, j'espère que tu sais où tu vas parce qu'il n'y a plus de sous sur le compte". Nous avions une demi-heure à attendre avant de pouvoir entrer dans le restaurant (enfin, emprunter l'ascenseur privé qui monte le long du pilier Sud). Après avoir fait un brin de queue au pilier Nord ("mais pourquoi tu n'as pas réservé les billets avant ?"), fourni des explications complètement foireuses, nos convives ont fini par nous rejoindre.

 

Eiffel power
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Il a fallu laisser passer quatre ascenseurs – que des touristes étrangers, Japonais et Américains – passer un portique de détecteurs de métaux et montrer le contenu de nos sacs à main avant de pouvoir entrer dans le restaurant. La salle n'est pas très large et la vue magnifique, mais très peu de tables en profitent – à moins de prendre le package total, qui te laisse totalement sur la paille. J'avais spécifié dans les 250 signes de commentaires lors de la réservation que nous aurions aimé avoir une table avec vue parce que nous venions fêter nos anniversaires de mariage.

Et table avec vue nous avons eue. Avec coucher de soleil sur les Invalides, l’École militaire, Montparnasse. L'autre partie de la salle donnait sur la vue trois étoiles Trocadéro/Arc de Triomphe/Seine/Concorde, mais nous étions ravis.
Grisée par la vue (et la coupe de champagne rosé en apéritif), je n'ai pas immortalisé tous les plats, mais la cuisine de Ducasse est aussi bonne au palais que belle à l'œil. Et le menu m'a semblé aller crescendo jusqu'au feu d'artifice final du dessert — ça tombe bien, je suis plutôt bec sucré.

Même si je n'aime pas la betterave ni le cœur d'artichaut, j'ai apprécié "l'escalope de foie gras de canard en cocotte, betteraves cuites et crues", suivi d'une "belle langoustine dorée, légumes croquants, sucs de cuisson", puis de "petits artichauts poivrade en barigoule". Pour le plat, avec Anne Do nous avions opté pour le "blanc de turbot à la plancha, oignon/raisin/noix, réduction d'un verjus", tandis que les messieurs se laissaient tenter par la "poulette de Bresse en fricassée, cèpes cuisinés, jus perlé".

Une fois que le soleil s'était couché, les lumières se sont tamisées, pour nous laisser profiter du spectacle de Paris la nuit. L'occasion de vérifier que les abords de la Tour sont très peu habités, au nombre de fenêtres éclairées... On a encore plus l'impression de flotter dans les airs, hors du temps (et au bout de trois excellents verres de vin, avec l'excitation de la surprise, il ne m'en fallait pas beaucoup pour être sur un petit nuage).

Eiffel power
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Au moment des "figues rôties en feuilles, brousse de brebis et cassis", nos quatre assiettes sont arrivées, décorées d'un "joyeux anniversaire" et d'une bougie, délicate attention qui nous a touché (j'avoue, j'ai brandi la pancarte "anniversaires de mariage" surtout pour avoir la table avec vue, et cela a fonctionné !)

Le bouquet final a été "l'Ecrou croustillant au chocolat", accompagné de guimauves, de macarons et de petits fours. J'ai regretté de m'être fait avoir par le "pain brioché" proposé dans l'énorme corbeille de pains qui revenait à chaque plat : en fait un croissant salé présenté sous forme de pain... Ne me demandez pas la carte des vins : elle n'était pas indiquée sur la carte et je ne les ai pas retenus.

Au moment de régler, les cartes bleues ne sont pas restées muettes (même si les comptes étaient un peu dans le rouge, il restait lundi pour rectifier le tour), ouf. Nous avons admiré les points de vue, la dentelle des poutrelles... Non sans projeter de revenir : pour la décennie de nos amis ? Dans dix ans ? Ou jamais ? Munis d'un menu-souvenir (ben oui, c'est la tour Eiffel tout de même) et de madeleines (proustiennes), nous avons repris l'ascenseur à regret... Regagner la terre( à terre) ferme, mais la tête encore un peu dans les nuages...

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