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La petite maison dans la banlieue

Broc au soleil

15 Septembre 2014, 20:37pm

Publié par lapetitemaison

Broc au soleil

Hier, j'étais aphone mais j'étais sur le pied de guerre dès 6 heure du mat. Champ de bataille : la brocante du quartier d'à côté. Objectif : vider la cave chambre du sous-sol de toutes les merdouilles merveilles dont nous n'avons plus l'utilité. Soit une huitaine de cartons qui remplissaient tranquillement le minibus.

On s'était décidés pendant le pont du 14 juillet, en allant acheter de la peinture pour retaper une armoire pour Petit Brun (attention teasing, billet "home staging" à venir). Par chance, la dame du pressing s'était désistée, on a récupéré ses deux mètres linéaires, extrêmement bien placés : pas loin du carrefour qui mène à la gare, avec les principaux lieux de restauration, en face du café (extrêmement pratique pour aller aux toilettes). De quoi voir défiler toute la foule devant soi.

Quand nous sommes arrivés sur les lieux, il faisait encore nuit, on ne voyait que les lampes de poche des "pros", qui t'abordent sans un bonjour alors que tu es à peine réveillée et que tu dois monter ton stand à toute vitesse (l'Homme étant parti garer la voiture... à deux pas de la maison tellement le quartier était saturé de véhicules. Il reviendra en vélo). "Est-ce que vous avez des jeux vidéos ? Des téléphones portables ? De l'argenterie ? Des bijoux ? Des cartes postales ? Alors, vous avez déballé vos trucs anciens ?" Parfois, ils regardent un truc dans tes cartons, généralement d'un air dégoûté...

Je regrette de ne pas avoir pris un pull, mais comme mon frère et ma belle-sœur sont venus dormir à la maison, impossible de remonter prendre un pull dans ma chambre (nous avons dormi à la cave. Dans la cave, on entend pas les enfants). Brrr. Avec mon frère, nous avions monté un plan de garde machiavélique : on gardait samedi mes nièces pendant que leurs parents étaient d'EVJF/EVG et le lendemain, ils gardaient la troupe pendant que nous étions à la brocante.

"Il y a juste un truc que tu brades pas, c'est l'ordinateur", m'a lancé le Capitaine en allant se garer. Pour finir, on a tout bradé, parce qu'au bout d'un moment, le plus important, c'est de repartir avec presque rien. L'acheteur ne s'attend pas à payer le prix indiqué, mais monnaye au plus bas "c'est ton dernier prix ?". A tel point qu'en allant chercher des mouchoirs (because sinusite) et des chips (because la faim) au Franprix, j'avais très envie de marchander moi aussi : "ce paquet de mouchoirs, c'est ton dernier prix ? Allez, 2 euros".

Il y a les acheteurs qui sont équipés : charrette de marché, valises à roulettes. Qui savent ce qu'ils veulent et font leur super marché. Et ceux qui se promènent, spécialement l'après-midi, en faisant la tronche devant ce qui est exposé, comme s'ils s'attendaient à retrouver le Carré des antiquaires du Louvre. Bizarrement, mes chaussures les plus loufoques (des instants d'égarement) et mes robes chics-mais-que-je-mets-plus n'ont pas forcément trouvé preneur : chez les vraies dames, la taille M c'est trop petit...

Il y a eu des moments étranges : cette dame qui marchande des fleurs artificielles dont je lui vante la qualité et qui balance : "de toute façon, c'est pour le cimetière, ça fera l'affaire". Ce jeune homme qui tombe en pâmoison devant les 26 volumes de la collection du Royaume des animaux, mais qui n'a pas encore son propre chez-lui "parce que sinon je vous les aurais pris, c'est tellement génial". La tronche des amateurs de vinyles, silencieux comme des chats, qui font un petit tour et puis s'en vont, et parfois en prennent qui n'avait jamais trouvé jusque là. Cette dame qui revient une fois, deux fois, trois fois regarder une des robes. Puis s'éloigne. Je regrette de ne pas l'avoir rattrapée pour lui demander combien elle m'en donnait et lui laisser la robe. Le gamin qui achète l'ordinateur (bradé à 20 euros par un Capitaine attendri), "c'est la première fois que je dépense autant d'argent, je suis fou !" avec sa sœur qui levait les yeux au ciel à côté... Le monsieur qui regarde une robe sur le portant, demande la taille et est reparti offusqué parce que le Capitaine avait tenté une blague : "c'est pour vous la robe ?" Il a été interdit de trait d'humour autour du portant jusqu'à la fin de l'après-midi...

C'est ce qui me plaît le plus dans les brocantes : vider ses placards, faire de la place, bien sûr, voir sa caisse se remplir petit à petit et ressentir l'excitation de la vente, se faire un (tout petit) peu de beurre, mais surtout observer les gens. La débauche de fringues qui est mise en vente (à côté mon portant à 15 cintres avait l'air de venir de Corée du Nord), tout comme l'étrangeté des objets achetés (le rotin a la cote cette année, sachez-le).

Je ne me suis éloignée du stand que pour des besoins essentiels. Interdit de revenir avec autant de trucs que nous étions venus : nous avons un certain nombre de bricolages en retard à terminer avant de retourner écumer les brocantes côté allées !

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tata gogo 15/09/2014 22:42

Ah ça fait envie, j'aimerais bien aussi faire une brocante histoire d'alléger nos futurs cartons de déménagement mais décider le marin à se séparer des choses n'est pas une mince affaire, en attendant vive emmaus/la borne recyclage de tissu/la déchetterie !!