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La petite maison dans la banlieue

Mauvais karma

19 Juin 2014, 15:11pm

Publié par lapetitemaison

Mauvais karma

Je ne suis pas superstitieuse. Les chats noirs, les échelles à éviter, les parapluies à ne pas ouvrir à l'intérieur, ça m'a toujours dépassée. Mais si je repasse le film de la semaine dernière... Elle s'est ouverte sur un orage dimanche soir, pas très sonore (les orages dans les Pyrénées peuvent être beaucoup plus impressionnants), avec des éclairs très beaux, mais avec des grêlons chez nous gros comme des balles de golf. Je n'en avais jamais de pareils en région parisienne (ni même ma voisine, qui se rappelait des crues où la Seine montait jusqu'à la gendarmerie...), et encore, nous avions de la chance, un peu plus au Nord, les grêlons avaient la taille de balles de tennis.

des amas de grêlons comme des balles de golf.

des amas de grêlons comme des balles de golf.

A la première averse de grêlons, j'ai eu très peur que les velux ne résistent pas et que les enfants (qui dormaient comme des souches) se réveillent en panique au milieu d'éclats de verre. Nous avons temporairement descendu Petit Châtain et Petit Brun dans notre lit (leur sœur ne s'est pas réveillée), le temps de leur montrer les grêlons ramassés dans le jardin. Ils se sont recouchés et une deuxième averse de grêle est tombée, on entendait le bruit du verre des marquises des maisons autour qui finissaient par se casser.

La gouttière d'Yvonne, façon puzzle.

La gouttière d'Yvonne, façon puzzle.

Lundi matin, il faisait grand beau. A première vue, nous l'avions échappé belle : le toit en verre (vive les toits ouvrants !) du minibus avait résisté, il n'y avait que deux ou trois impacts sur le capot, assez court et qui avait été un peu abrité par le toit. Nos gouttières en zinc étaient comme neuves, alors que celles en PVC de nos voisins avaient été comme trouées par une perforeuse. Nous n'avions pas de marquise, donc pas de verre cassé à déplorer. Les fleurs dans le jardin avaient été réduites en bouillie, mais rien de grave.



Jusqu'à ce que les garçons me disent : « Maman, Colombine a fait pipi », au moment où nous allions partir déjeuner chez Grand-maman et que nous nous rendions compte que la nouvelle partie du salon, à droite de la cheminée était inondée. Je n'avais pas fermé totalement les velux la nuit d'avant... Le soir, il plut. Et le lendemain matin, de nouveau de l'eau au même endroit. Sauf que les velux avaient été convenablement fermé par le Capitaine et qu'il n'y avait aucune voie d'eau sur les murs. Mystère... Dans la journée (j'étais en arrêt maladie suite à mon urticaire géant), alors qu'il pleuvait à verse, je me rendis compte que l'eau s'infiltrait sous le plancher.



En urgence, il a fallu vider et déplacer le buffet qui se trouvait là (merci Seb), et éponger, éponger... Depuis, le plancher est tout gondolé, la peinture se craquelle sur les plinthes, les murs et la cheminée. Il y avait deux tuiles fendues sur cette partie du toit et la gouttière percée de notre voisine a dû créer une grosse voie d'eau. Vendredi dernier, les tuiles ont été changées et nous attendons la prochaine pluie pour voir si le problème vient bien de là. Cela veut dire de nouveau des peintures (et sans doute le plancher à changer), donc des travaux à l'automne. Joie.

Le paradou ?

Le paradou ?

Heureusement, le week-end allait rattraper toutes ces péripéties. Nous avions prévu depuis février de venir enfin voir à Avignon, Anne-Do, Edouard et leurs filles. Nous avons eu des frayeurs avec la grève de la SNCF, mais la roue tournait : notre train (celui du vendredi 13 de 11 h 07) était le seul à ne pas être annulé. Cela valait le coup de perdre une heure à l'agence mercredi matin pour changer les billets ! Nous avions commandé un taxi spécial nains, avec les sièges autos ad hoc, bien à l'avance, histoire de ne pas trop stresser.



Bien nous en a pris. Nous n'avions pas fait 2 kilomètres qu'un camion rasa d'un peu près notre taxi en dézinguant toute l'aile côté conducteur, la roue et le rétroviseur. Un peu compliqué de rallier Gare de Lyon dans ces conditions... Sans compter que nous étions en train de créer un superbe embouteillage près du dépôt RATP (avec des sorties et entrées de bus), aux portes de La Défonce. Heureusement, notre pauvre chauffeur de taxi réussit à nous trouver un taxi bis (avec 4 places, nous avons pris Colombine sur nos genoux), qui se mettait en quatre pour nous rassurer (soit regarder sur son smartphone le quai où serait notre train tout en conduisant, je ne sais pas comment nous avons évité un deuxième accident), et nous avons fini par arriver gare de Lyon en ayant 5 minutes pour monter dans le train. On était larges.



Sauf que dans le train, c'était l'Exode. Les voyageurs montés avec des billets sans réservation descendaient du train (tout ça avec des bagages monstrueux) quand nous avons tenté d'y monter. Nous avons fini par caser Petit Brun et Petit Châtain dans les toilettes, le temps pour le Capitaine de charger nos sacs, puis nous nous sommes enfoncés dans la voiture (notre carré était tout au fond), pour en déloger les squatteurs. Nous n'avons gardé qu'une grand-mère à minerve qui prétendait voyager assise dans l'allée, et avons occupé trois sièges sur quatre. Un des squatteurs est quand même resté rivé à son siège, malgré l'intervention des contrôleurs, qui lui ont demandé à trois reprises de quitter sa place...



On était bien contents d'être arrivés, de défaire nos valises et de piquer une tête dans la piscine. Je ne me sentais pas très bien depuis la veille, mal au ventre, impression d'être constipée (ce qui m'arrive souvent). À la fin du repas, le soir, j'avais mal au cœur et je me suis même forcée à finir l'excellente viande cuite à la plancha. J'ai quitté la table plus tôt que les autres pour aller me coucher, la chaleur, la fatigue du voyage.



Vers deux heures du matin, les maux de ventre devenaient intolérables. Je suis descendue (je me demande encore comment) m'allonger sur le carrelage du salon, où il faisait plus frais que dans la pièce sous le toit où nous dormions. Le Samu ne voulant pas se déplacer ("ma femme se tort de douleur et perd du sang" visiblement ce n'est pas assez alarmant), nous avons emprunté la Fiat d'Anne-Do, rentré l'adresse de l'hôpital du GPS, pris la route (en espérant que cet hôpital soit correct), galéré dans un parking qui rend fou et pris quelques sens interdits pour trouver l'entrée des urgences.



Là, un brancardier m'a entendue gémir et m'a immédiatement chargée sur une chaise roulante, amenée direct à un brancard, où les infirmières m'ont déshabillée, mise en chemise, posé un cathéter à chaque bras (j'ai essayé de négocier, mais non, on ne négocie pas ces choses là), donné de la morphine. Je croyais faire une crise d'appendicite, j'avais très mal du côté droit. C'était une grossesse extra-utérine, heureusement prise à temps.



Samedi matin, j'ai reçu le traitement de cheval. Du methotrexate, un produit utilisé dans le traitement de certains cancers. Qui m'a donné des nausées fortes (calmées en humant de la lavande et en cherchant la fraîcheur). Je suis sortie à 15 heures de l'hôpital, munie d'ordonnances pour faire des prises de sang hebdomadaires jusqu'à la disparition du taux d'hormones et en promettant d'aller voir mon gynécologue dès lundi. J'étais très vite fatiguée et ai beaucoup dormi. Dimanche, notre train était supprimé. Mané, qui passait également le week-end à Avignon, donna son billet du soir au Capitaine (qui rentrerait avec Petit Brun, lundi, c'était la sortie au Jardin des Plantes). Petit Châtain, Colombine et moi rentrerions en avion lundi depuis Marseille avec Mané.



Petit problème : je n'avais pas les passeports des enfants (qui n'ont toujours pas de carte d'identité...) et il fallait absolument réussir à garder la poussette prêtée pour Colombine jusqu'à l'avion, puisque l'unique recommandation des médecins (outre de faire prolonger mon arrêt) était de NE PAS PORTER la demoiselle. Monique, de l'équipe au sol, voulut bien faire une exception pour notre poussette, au contrôle des sacs, je dus abandonner un tube de crème solaire mis là vendredi et oublié ("ce n'est pas nécessaire pour le bébé" a tranché le monsieur de la sécurité), les papiers des enfants n'étaient pas un problème (merci Schengen)... et nous nous sommes envolés pour Orly.



J'ai trouvé l'avion plus confortable que la voiture, même si la position assise me fatigue énormément. En arrivant à la maison, Petit Brun et Cherry rentraient de l'école. Je me suis couchée direct, en espérant que les prochaines semaines seraient moins cataclysmiques que celle-ci !

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