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La petite maison dans la banlieue

À l'école de l'asthme

16 Mai 2014, 20:11pm

Publié par lapetitemaison

À l'école de l'asthme

En novembre, lors d'une visite chez le pédiatre, devant les résultats peu satisfaisants de Petit Brun au peak flow (petit appareil qui mesure le souffle), celui-ci grommela : « Je vais vous envoyer à l'école de l'asthme, ça ne va pas du tout, il ne prend pas son traitement correctement, et c'est bien pour vous aussi ». Le pneumoallergologue qui suit aussi Petit Brun (et qui lui aussi militait pour l'école de l'asthme) nous avait muni d'un carnet pour noter les mesures du peak flow et avoir une trace des évolutions avec un traitement longue durée.

J'étais un peu vexée. J'ai des crises d'asthme depuis mes 4 ans, je connais par cœur les symptômes. Le nez qui pique, la respiration qui siffle, l'air qui manque, l'impression d'avoir un corset d'acier autour des poumons, et puis la quête de l'inhalateur (qui n'est jamais au bon endroit, ou bien presque vide, de préférence un dimanche soir à 23 h 30, mais il y a une pharmacie 24/24 porte Maillot), délivrance, avec la bouffée de Ventoline, les bouffées même, au bout d'un moment on trouve que cela ne va pas assez vite, la respiration continue à siffler, puis finalement on s'endort, épuisé, au matin.

Je sais aussi qu'il faut éviter les plumes dans les oreillers et dans les couettes, les couvertures en laine (coucou les acariens !), les tapis et la moquette, bien aérer les pièces, faire le ménage régulièrement pour chasser la poussière. Dans mon cas il faut aussi éviter les maisons en bord de mer, restées longtemps fermées, humides (qui dit bord de mer dit humidité dit mosisissures) et parfois poussiéreuses (le grand chelem, crise assurée dans la nuit).

Six mois plus tard, j'allais donc à l'école de l'asthme en traînant les pieds. Déjà parce qu'on a pas vraiment le choix dans la date et l'heure (mais j'avais déjà fait décaler le rendez-vous une fois...), et que, manque de pot, cela tombait un jour de grève, sans crèche, et peut-être sans cantine et centre de loisirs pour Petit Châtain. Galère en vue. Finalement, le Capitaine posait une demi-journée pour me relayer avec Colombine pendant l'école de l'asthme et Petit Châtain bénéficiait finalement d'un "accueil du soir". Ouf.

En arrivant au service de pédiatrie de l'hôpital de notre ville (nous avons encore la chance d'en avoir un), nous avions scrupuleusement pris la trousse d'asthme. Comme prévu, Petit Brun resta avec les quatre autres enfants ("ils étaient tous plus vieux que moi, j'étais le plus jeune", glissera-t-il à la sortie, le "plus vieux" ayant 9 ans...), et moi avec les parents et la pédiatre qui animait la séance.

Contrôle des connaissances... Autour d'un café... Mises en situation...
Contrôle des connaissances... Autour d'un café... Mises en situation...
Contrôle des connaissances... Autour d'un café... Mises en situation...

Contrôle des connaissances... Autour d'un café... Mises en situation...

Qui dit école dit leçon... et devoirs. Moi qui croyait avoir à faire à un simple groupe de parole ! Pas du tout. Ici on explique la maladie, ce qui se passe au niveau des bronches pendant une crise. Ce que personne, finalement, n'avait jamais pris le temps de m'expliquer en 30 ans (et qui aurait pris cinq minutes. À méditer quand tu vas voir un spécialiste qui prend 50 euros minimum la séance, votre carte vitale, merci, la mutuelle complètera).

Pour contrôler nos connaissances en début de session, la pédiatre nous donna un premier questionnaire à remplir. Puis réexpliqua le code couleur des aérosols : bleu pour les broncho-dilatateurs (comme la ventoline), qui agissent vite mais ne traitent pas, rouge pour les anti-inflammatoires (qui calment l'inflammation des bronches), et... bleu + jaune = violet, pour le combo broncho-dilatateur et anti-inflammatoire, comme le Seretide que prend Petit Brun (et tous les autres enfants de la séance) comme traitement au long cours.

Puis vint l'étude des symptômes des crises légères/modérées/graves : pas inutile de savoir qu'un nez qui coule beaucoup, des yeux qui pleurent, qui grattent, un essouflement dans un jeu, une toux sont des signes de crise. Petit Brun sait généralement très bien exprimer la crise modérée avec des "j'arrive pas à respirer" pas du tout flippants...

Les facteurs déclenchants et les bonnes pratiques à avoir ont été l'occasion de débats : la moquette, facteur aggravant ou pas ? Une des mamans avait été complètement perdue devant les avis contradictoires des médecins alors qu'elle avait remarqué que l'arrivée dans un logement avec moisissures et moquette avait aggravé les crises de sa fille...

Les mises en situation ont été l'occasion de revenir sur des idées reçues : oui, les enfants peuvent tout faire si le traitement est adapté, non, le médecin n'est pas toujours disponible, il faut savoir prendre des décisions, et choisir les traitements adaptés selon le panel prescrits... En fin de séance, un nouveau questionnaire nous a été donné (pour vérifier que l'on ait bien suivi la séance, pas toujours évident quand les parents ne lisent pas bien le français, comme les parents de Brendan, arrivés du Sri-Lanka)...

Les choses étaient plus claires, pour Petit Brun aussi (trop content d'avoir vu un poumon en plastique et de montrer aux autres comment utiliser le peak flow en auto-mesure de souffle). Quel dommage que je n'ai pas bénéficié d'un tel système de "formation à la maladie" enfant...

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