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La petite maison dans la banlieue

Miam miam, loto, dodo

17 Mars 2014, 21:00pm

Publié par lapetitemaison

Miam miam, loto, dodo

Mardi soir, alors que je rentrais exceptionnellement tôt à la maison (soit à 19 h 25), je trouvais les enfants en train de dessiner à la cuisine, le Capitaine préparant le dîner (non, je ne cuisine toujours pas) et Cherry qui donnait le repas de Colombine. Vision idyllique du foyer après une harassante journée de travail (à lire avec le nez bouché comme un speaker d'avant-guerre).

« Bonsoir ! Tout s'est bien passé ? » demandai-je, histoire de vérifier puisque visiblement oui. En fait, non. « Petit Brun a fait une énorme bêtise », annonça le Capitaine, visage fermé. Je pensais à quelque chose de matériel. Cherry, raide comme la Justice, m'expliqua alors que le papa de Zoé l'avait alpaguée alors qu'elle allait chercher Petit Châtain au centre de loisirs. Le mot de "racket" fut prononcé : une sombre histoire de goûter.

Petit Brun n'en était pas à son premier fait d'armes, hélas : il y avait eu l'histoire des boulettes de papier toilette balancées au plafond des WC, le harcèlement d'une petite fille bouclée qu'il poursuivait avec ses acolytes K et E : "on va te brûler les cheveux !" « L'année de moyenne section, c'est un peu l'adolescence de la maternelle », avaient dit les institutrices pour nous consoler.

En comprenant que ça allait barder pour lui, Petit Brun adopta sa technique de défense préférée : faire semblant de pleurer très fort (ce qui sature nos oreilles), rejoint par solidarité par Petit Châtain. Une fois Cherry partie, Petit Brun fut dûment interrogé (et sa version mise par écrit, parce qu'elle avait déjà plusieurs fois changé depuis l'arrivée de son père).

En CP, les enfants n'ont plus de goûter préparé par le centre de loisirs et pris à la cantine comme en maternelle : chacun ramène une boisson et des gâteaux (l'institutrice ayant bien spécifié à la réunion de septembre que les chips et biscuits apéritifs étaient interdits) et le mange dans la cour.

Le « jeu du miam-miam », m'expliqua Petit Brun consiste en l'affrontement de deux bandes, qui se piquent plus les cartables que les goûters. Il faut éviter d'être pris et narguer les autres si possible en leur piquant leur cartable. Rien de nouveau sous le soleil.

Nous étions furieux que Petit Brun ait suivi le chef de file de son équipe sans jamais se poser de questions, que Cherry ait été alpaguée à notre place (il aurait été plus simple de juste lui demander nos coordonnées ou d'aller voir directement les animateurs du centre de loisirs, responsables de la surveillance de la cour).

Je complétais mon enquête par un coup de fil à la maman de S. « C'est dommage, S. dort déjà sinon je lui aurais posé la question ». Le lendemain elle confirma la version de Petit Brun. Mercredi soir, je fis un crochet par le centre de loisirs. Au fur et à mesure de mon récit, le responsable du centre de souriant devenait blême, m'assurant que les animateurs seraient avertis et qu'un point serait fait avec la directrice dès le lendemain. Plus besoin de mettre un mot dans le carnet de liaison de Petit Brun – celui-ci voulait échapper à la punition générale qui risquerait de tomber « c'est vraiment pas juste que ceux qui n'aient rien fait soient punis ». Le message était passé.

Miam miam, loto, dodo

Petit Brun faisant profil bas, aucune raison de ne pas aller au loto organisé à l'école le vendredi soir (en plus, une excellente excuse pour partir tôt du bureau, héhé). Deux heures de loto dans la grande salle qui sert de centre de loisirs m'a totalement lessivée. Nous avions eu la bonne idée de nous installer pile en face des enceintes, ce qui n'était pas très malin (mais bien pratique pour entendre les numéros).

Nous étions répartis en deux équipes : Petit Brun et son père, moi et Petit Châtain (scotché sur mes genoux à enquiller les verres d'Oasis). Les parents étaient censés amener à boire et à manger, las, pas de miracle de multiplication des chips ou des verres de Coca ce soir-là...Au tour de chauffe, Petit Châtain a gagné un ma-gni-fi-que stylo (publicitaire EDF 2013).

Heureusement, ce fut notre seul fait d'arme. Nous n'avons pas réussi à aligner 5 haricots sur la même ligne, ou 10 haricots sur deux lignes ou 15 haricots sur trois lignes... Yeux pleins d'étoiles de Petit Brun quand on énonça le lot pour les 3 lignes complètes de la première carte "une boîte de magicien", son air tragique et furieux – pour un mauvais joueur, l'essentiel n'est pas vraiment de participer — quand il a réalisé qu'il perdait non seulement sur la première carte mais aussi pour la deuxième... Avant de retrouver le sourire quand il pouvait enfin placer quelques haricots : « J'ai presque gagné ! » Mais la chance n'était avec nous, nous sommes repartis bredouilles, fauchés… et épuisés !

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