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La petite maison dans la banlieue

Cinq années-lumière

11 Mars 2014, 20:45pm

Publié par lapetitemaison

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Depuis fin février, Petit Châtain, tu a soufflé ses cinq bougies. Je ne les ai pas vues passer, ces cinq années. D'abord, parce que tu as été un bébé tranquille, souriant, que nous emmenions partout, qui restait à jouer dans son parc seul, ce qui n'a jamais été possible pour Petit Brun. Ensuite parce que tu as marché tôt, à un an, et que dès lors tu as suivi ton frère dans toutes ses aventures, dont tu partageais déjà la chambre.

Nous avons tendance à ne pas faire de différence entre vous, souvent à tort, car nous oublions alors que tu as deux ans de moins que Petit Brun. Souvent, tu dis que tu as les yeux et les cheveux noirs, comme lui. Alors que les tiens sont bleus et changeants comme le soleil sur la mer, selon que l'inquiétude les assombrissent ou que la joie les illuminent. Et tu as beau faire, si tes cheveux foncent avec le temps, chaque passage au soleil et au grand air ramène encore quelques paillettes d'or.
Tu as trépigné d'aller à l'école alors que ce n'était pas encore l'heure. Une fois en petite section, la maîtresse nous avait demandé si tu parlais à la maison, puisqu'elle n'entendait pas le son de ta voix en classe. Tu t'es rattrapé, n'hésitant pas à défendre son temps de parole "je parle ! Tu m'as coupé la parole !" J'ai rarement vu quelqu'un si heureux d'aller à l'école. Nous disant même, comme la semaine dernière, que les vacances avaient été un peu longues.
J'ai découvert cette année ta propension à te mettre la pression. Tout seul. « Il faut que je fasse pleins pleins d'efforts pour très bien travailler à l'école », m'as-tu confié un matin. Alors que nous ne faisons jamais de remarques sur ton travail – sauf quand tu refuses «d'être évalué en relation duelle sur les syllabes ». « J'ai complètement raté ton cadeau », m'as-tu dit un soir. Et au chalet, je t'ai retrouvé pas encore endormi parce que tu avais « de très gros problèmes en ski », alors que je ne t'ai jamais vu chuter au téléski et descendre les pistes si vite que je craignais à chaque fois le carambolage à l'arrivée.
Tu ne veux pas être grand. Mais pas être un bébé comme Colombine non plus. Tu as cherché ta place cet été dans cette nouvelle fratrie. Et tu l'as trouvée, dans ce duo complice avec ton aîné, ma plus grande fierté, et dans cette relation protectrice avec Colombine « la plus jolie des petites sœurs », comme vous le chantiez ce matin alors que nous étions une fois de plus à la bourre et qu'elle trépignait d'être dans sa chaise haute pendant que je me préparais à la hâte. Tu nous dis souvent que « quand on est vieux, on est mort », et je ne sais pas d'où te vient cette affirmation. L'autre jour, tu as demandé à ton père si tu pouvais l'accompagner à son bureau « quand je serais grand et qu'[il] ne sera pas encore vieux (sic) »...

Tu as encore le temps. Plusieurs quinquennats même. Profites-en !

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Laetitia 12/03/2014 14:19

C'est fou, même sur la photo de la maternité il est déjà bien reconnaissable! J'étais venue vous voir par un samedi très ensoleillé, et en regardant Ambroise j'avais dit "C'est tout petit!", et toi avec ta fierté maternelle: "Mais non, il mesure 52 cm!":)