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La petite maison dans la banlieue

La mère corbeau

3 Décembre 2013, 22:26pm

Publié par lapetitemaison

Une portée de corbeaux bientôt abandonnés (teasing)

Une portée de corbeaux bientôt abandonnés (teasing)

Bon, j'étais toute contente de mon titre et pourtant, il paraît que la mère corbeau (Rabenmutter, Outre-Rhin), c'est un vieux cliché. Point vocabulaire : la mère corbeau désigne celle qui laisse ses enfants pour s'occuper de sa carrière ou de sa propre vie. Contrairement à la bonne mère dévouée à ses petits.

Point situation de crise (et un peu Milk aussi, vas faire un tour lecteur, c'est drôle. Enfin après, tu fais gaffes à ce que tu écris) : Petit Châtain a, comme tous les ans, chopé un "virus gastrique", dirons-nous pudiquement (tu es peut-être à table, et on ne parle pas de sujets médicaux à table, m'a-t-on appris). Qui nous a fait vivre une folle nuit de jeudi à vendredi (la machine de 3 h du mat à mettre en route, ma préférée, pour finir avec le nain dans le lit, à peler de froid parce que celui-ci, malgré la maladie, REPOUSSE la couette). Autant te dire que pendant que Petit Châtain couinait pour aller à l'école - alors qu'il devait rester au chaud - je luttais pour enchaîner le reste de la journée.

Vendredi soir, j'étais patraque, le Capitaine aussi. Tellement que samedi après-midi, on a supplié les deux grands de nous laisser faire un temps calme. Et dans la nuit de samedi à dimanche, bingo, c'est moi qui avait vraisemblablement gagné le virus : j'ai donc passé la journée au fond de mon lit, avec un bol de compote et une bouillotte.

Avec cette impression bizarre de me sentir aussi mal que quand j'attendais Colombine (mais voilà donc pourquoi j'étais si fatiguée, 9 mois avec un virus gastrique, comment te dire... En ce moment, la résilience corporelle naturelle me pousse parfois à me dire que je n'étais qu'une grosse feignasse l'hiver dernier. La journée de dimanche m'a rappelé qu'en fait, non).

Lundi, ça allait mieux. Colombine, qui visiblement avait rendu son biberon pendant la nuit (j'avoue monsieur le juge, cette enfant ne pleure pas la nuit et nous ne l'entendons pas), babillait, souriait et s'est enquillé son biberon sans sourciller. On est partis à 8 h 51 pour être 8 h 50 devant l'école de Petit Brun (ouais, c'était un poil serré et en plus lundi c'est jour de poubelles, donc slalom en poussette. Joie).

C'est vrai qu'en arrivant à la crèche, Colombine cocottait un peu. Mais, quand j'étais jeune maman à Paris, cela arrivait quasiment tous les matins à ses frères et le bébé puant était prestement pris en charge, fin du drame. Les dames de la crèche me mettant une pression monstre sur la santé de Colombine (qui avait une respiration un peu sifflante le matin, oh surprise, comme quelqu'un d'enrhumé... Moi par exemple), ayant donné lieu mercredi à un cache-cache téléphonique avec pédiatre chéri se terminant par : "vous avez déjà un enfant asthmatique, vous savez quand ça ne va pas, je vous fais plus confiance que la crèche" (reconnaissance éternelle, dans mes bras docteur). Et de fait, jeudi et vendredi s'étaient très bien passés.

Je reconnais avoir un peu déconné lundi matin, mais pendant l'heure qui a suivi son réveil, Colombine avait l’œil vif et le poil brillant, un appétit d'ogresse. Et pas de fièvre. Et moi une échéance au bureau à tenir. Et il y a de toutes façons des gastros qui circulent à la crèche, c'est affiché depuis une semaine. Du coup, je suis partie l'air dégagé, en signalant que l'enfant avait rempli sa couche sur le trajet, en proposant de la changer (on me répondit qu'on s'en chargerait) et en discutant même de l'éventualité de donner de la viande ou pas à la demoiselle.

Midi, pas d'appel de la crèche. Je commence à respirer. 14 heures, toujours rien. 16 heures, les planètes sont alignées, pour une fois tout se passe bien, je tiens l'échéance, je m'auto-octroie les félicitations du jury. 16 h 10 : "Oui, c'est la crèche, Maylis a fait deux selles liquides, elle a vomi deux fois, vous l'avez lâchée ce matin avec une selle sans la changer..."

Je ne lâche pas mes enfants, ai-je martelé. Je suis quand même restée cinq minutes dans la section, on avait le temps de me reprendre pour que je change ma fille s'il y avait un malentendu comme on le suggère. Hors de moi. Et de toutes façons, le temps de partir, ce serait l'heure où Cherry vient récupérer la troupe. Après avoir obtenu un rendez-vous chez le pédiatre le lendemain à 11 h 45 (histoire d'avoir une caution médicale vis-à-vis de la crèche). Au second coup de fil, le ton était plus mesuré.

Je ne suis pas une mère corbeau, je suis une mère qui va travailler, je reste s'il faut faire des câlins, aller mettre l'étiquette sur le tableau, chercher un doudou etc. (pour Petit Brun, la question est réglée, on entre plus dans l'école). Je fais les transmissions du week-end, je pense aux 5 couches de la semaine, je remets un change propre dans le sac, je reste le temps qu'il faut dans la section de Colombine, à disserter sur les aliments que l'on a introduit, si elle a bien dormi, je ne cours plus après le train (j'y ai laissé une dent). Et si je peux aller travailler tranquille, c'est parce que je sais que Colombine est entre de bonnes mains, et je respecte infiniment le travail du personnel des crèches, c'était mon choix de mode de garde. Et Dieu merci, c'est ma troisième, la culpabilité me touche beaucoup moins.

Bilan de la visite du pédiatre : l'enfant fait trois dents. Et risque de faire à nouveau des otites, mais pas question de la mettre sous antibiotiques tout l'hiver non plus. D'autant qu'il reste 15 dents à sortir, et que je ne prévois pas de ne pas mettre le nez au bureau d'ici début mars... Colombine est autorisée à reprendre le chemin de la crèche jeudi. Avant le prochain épisode.

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Laetitia 04/12/2013 10:24

Mais c'est pas des petits corbeaux: ce sont des souriceaux!:)
Elles abusent à la crèche... C'est pas fairplay de partir du principe que forcément, tu es de mauvaise foi. Ahlala, Wonderwoman, tout ça.